Once you've crossed the line, there's no turning back [Byron Saberhagen]

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Once you've crossed the line, there's no turning back [Byron Saberhagen]

 par Kirk H. Abberline le Jeu 25 Oct - 18:11

Once you've crossed the line, there's no turning back
Depuis ce que la presse a surnommé le “Poison Birthday”, la ville devient petit à petit folle. Tout d’abord, l’instauration d’un couvre feu. Ensuite la haine contre les mutants qui s’accentue. Et surtout, mais beaucoup plus personnel, je n’ai presque pas de nouvelles de Byron. Ca peut sembler trivial comme information, mais pas pour moi. J’ai l’habitude d’aller en pause et de voir trente messages (si ce n’est pas plus), douze snaps et trois messages sur ma boîte vocale de Byron. Ca me tire toujours un petit sourire parce qu’à lui tout seul j’ai dû vider trois fois ma messagerie depuis que j’ai mon téléphone. Il me parle beaucoup, me raconte plein de petites choses, parfois totalement ridicules et insignifiantes à part pour lui probablement, ou alors des choses plus importantes. Dans tous les cas, il sait très bien qu’il a mon entière attention quand je ne travaille pas. hors de mes journées de travail et à moins de ne pas pouvoir accéder à mon téléphone, il a une réponse dans la minute qui suit son sms. Jamais bien longue, quelques mots mais qui tombent justes; ma grande force.

Mais depuis le Poison Birthday, presque rien. Les premiers jours, j’ai mis ça sur le compte du choc de ce qu’il s’est passé. C’est compréhensible; ce qu’il s’est passé durant cette soirée fut particulièrement violent et intense. Les émotions ont battus à plein régime, il a été blessé, des amis à lui et moi aussi...Ce n’est pas quelque chose dont on ressort indemne. J’ai encore des cauchemars de cette soirée funeste et pendant trois jours je n’ai presque rien pu avaler tant j’avais l’estomac en pelote de nerf. Mais ça fait plus d’un mois maintenant. Je ne dis pas qu’il serait remis, qu’il irait “bien”, non, je ne pense pas, mais je pensais...non, j’espérai qu’il ira suffisamment mieux pour reprendre un rythme de correspondance presque habituel. Oui, de correspondance parce que ça semble devenu mission impossible de le voir en ce moment. Il m’a prévenu, dans un sms plus que laconique, que sa mère l’a privé de sortie (ce qui s’envisage même si c’est pas vraiment de sa faute si l’autre tordu a attaqué ce soir-là), et qu’il avait un emploi du temps de ministre. Mais privation de sortie mise à part, il a toujours eu un emploi du temps de ministre et on a toujours trouvé du temps pour se voir.

Non, ce n’est pas normal. Il ne va pas bien et je refuse de le laisser sombrer sans rien faire. Il a été là quand j’ai dû affronter les démons de mon passé, il m’a hébergé la nuit du Poison Birthday, pour ne pas que je sois seul chez moi avec mes yeux qui ne fonctionnaient pas bien. De manière générale, il a toujours été là pour me soutenir, pour m’aider...Il était là pour moi. Cette fois, c’est à moi d’être là pour lui. Après une ultime tentative de l’avoir au téléphone (se soldant par un échec cuisant), ma décision est prise: je me rend chez lui.

Je ne suis pas des plus à l’aise alors que je conduis vers la maison des Saberhagen. J’ai une crainte énorme: croiser sa mère. Cette nuit fatidique, j’ai failli à ma promesse, celle de ramener Byron sain et sauf de cette soirée. Je me sens déjà mal de profiter de son mentorat alors que je lui cache la maladie de Byron, en plus des sentiments que je ressens pour lui qui n’aident pas à me sentir à l’aise aux repas de famille. Je n’ai d’ailleurs pas encore repris rendez-vous avec elle pour une nouvelle leçon, je n’en n’ai pas la force pour le moment. Donc non, je ne suis pas comme un coq en pâte en allant chez lui, mais c’est nécessaire. Je dois savoir comment il va et...il me manque, tout simplement. C’est difficile de se dire que j’ai autant besoin de lui, de sa présence pour aller bien, mais c’est vrai. J’ai eu la mauvaise idée de me laisser aller à l’enlacer plus d’une fois ces derniers mois et si c’est toujours resté très chaste...Je ne peux pas m’empêcher de rêver de plus…

Je me rabroue pour sortir ces pensées de ma tête et arrive chez lui. Je me gare devant et monte jusqu’au porche. Je sonne et très vite la porte s’ouvre. Je m’attends à voir un de ses parents, ou Byron lui-même, mais non, je dois baisser le regard pour voir William ouvrir la porte. Je force un sourire sur mon visage.

“Salut Munchkin. Est-ce que Byron est là?” le petit sourit au surnom que je lui donne, il l’aime bien visiblement, en est presque fier, et hoche la tête vivement.
“Oui, je vais le chercher.”

Et il file à toute vitesse chercher son frère aîné, tandis que je rentre dans l’entrée en fermant la porte derrière moi. Je n’ose pas bouger plus tant qu’il n’est pas revenu, avec ou sans Byron.
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Re: Once you've crossed the line, there's no turning back [Byron Saberhagen]

 par Byron G. Saberhagen le Dim 28 Oct - 4:38

ONCE YOU'VE CROSSED THE LINE, THERE'S NO TURNING BACK
Ceux qui connaissent vraiment Byron, c’est-à-dire bien peu de gens au compteur, savent que le jeune homme est loin d’être aussi social et extraverti qu’il faisait mine de l’être. Il aimait cultivé un certain retrait du monde, garder l’appui d’un unique groupuscule d’humains qui avaient sa confiance et ne pas s’entourer d’amis avide de célébrité. Il refusait une grosse majorité des fêtes de lycées et prétendait que c’était pour se faire désirer, ne fréquentait que très casuellement les gens populaires au lycée pour leur préférer la compagnie de nerds et geeks, et mise à part le théâtre, refusait toute entrée à des clubs. Il n’avait même pas 5 personnes de son lycée dans son répertoire téléphonique.

Mais même pour lui, son comportement du dernier mois avait été particulier, il le savait. Il s’était même éloigné d’instagram, sa petite bulle personnelle, pour privilégier de longues soirées de lecture entre deux cauchemars perturbants. Et surtout, il s’était éloigné de son meilleur ami, avec pour excuse bateau sa privation de sortie et ses répétitions qui étaient de plus en plus fréquentes. Alors certes, il aurait été difficile d’aller manger ensemble le soir, ou bien de trainer en ville. Mais rien qui ne justifier le peu de communication que Bryon avait envoyé à Kirk. Alors qu’il le noyait habituellement sous des dizaines de messages stupides. Mais depuis cette nuit funeste, même penser à lui avait été aussi compliqué que perturbant. Et pourtant, il n’y avait pas une seule minute sans que le charpentier n’envahisse son esprit. Et pour une raison qu’il ignorait, ce n’était pas comme avant. Maintenant ça le faisait perdre tout ses moyens, et les quelques discussions sur le sujet avait ses rares amis ne l’avaient absolument pas rassuré. Quelque chose était en train de se passer. Il ne savait pas quoi, ni pourquoi, ni l’exprimer, ni même comment s’était arrivé au milieu d’une tragédie pareille.

Pour l’heure, il sait juste que c’est dangeureux, peut-être déstructeur, anormal et que ça menace d’exploser à tout moment. Il ne veut pas que  ça eclabousse Kirk qui n,a rien demandé. Il en a tellement bavé quu’il n’a pas besoin des etats d’esprits discutable d’un jeune adolescent trop bête. Alors il a coupé les vannes. Il ignore si ça touche vraiment son meilleur ami : apres tout peut-être que ça va faire presque deux ans qu’il l’étouffe et que maintenant que l’autre petit abruti lui fout un peu la paix, il respire mieux. Du moins il préfère penser ça, même si ça lui pince le cœur : au moins il fait de la peine à personne. Il voit bien les sms de Kirk défiler, périodiquement sur son téléphone. Mais toujours, il espère qu’il est le seul à souffrire de la situation. C’est le seul qui mérite un chatiment ici.

Le visage et le cheveux humide, il sort à peine de la douche quand il voit son jeune frère courir vers lui comme une flèche pour lui rentrer dans l’estomac sans autre forme de procès. Byron ricane et en profite pour le chatouiller sans vergone, avec le dernier né qui se contortionne pour en réchapper.

« Alors ?! Qu’est ce que tu as, p’tit Willy ? »

Le petit le fixe et annonce fiérement : «Kirk veut t’voir ! Il est à la porte. »

Et là, il se fige. Merde. Il aurait pas parié sa main que ça arriverait, et en tout cas, pas si tôt. Il ne sait pas vraiment quoi faire, il se doute que c’est important parce que Kirk ne se déplace pas pour r… en fit si Kirk s’est déplacé pour rien des dizaines de fois dés qu’il lui a demandé. Mais là, il sent l’urgence poindre et de toute façon, il ne peut pas le congédier. D’un côté, Kirk lui a manqué, et il n’a qu’une envie c’est de galoper à l’entrée.

Il regarde son frère, il frotte la joue et use de son autorité de grand frère pour ordonner gentiment. « Allez, va dans ta chambre. »

Le gamin fait brièvement la moue, mais juste pour la forme. Kirk n’aimait pas jouer, et quand il insistait pour rester avec eux quand le grand était là, il s’ennuyait ferme. Alors il obéit sans protester. Byron espérait juste que le petit n’irait pas chercher Margaret pour avoir l’idée d’écouter aux portes.

Il enfila un pull immense et beaucoup trop large : une nouvelle preuve de son moral défaillant depuis l’attaque du Poison Prince, et se rendit à l’entrée pour acceuillir Kirk. Il n’eut pas à forcer pour afficher un sourire.

« Salut Buddy ! Excuse, je ressemble à rien, mais j’ai eu une grosse journée de répétition.. » Il l’invita d’un signe à le suivre vers sa chambre et ferma la porte derrière eux. Et là, il se senti mal à l’aise. Déjà : il est en tort. Et en plus, il ignore complètement ce que Kirk lui veut, et ça le stresse.

« Alors… tu vas bien ? Qu’est-ce qu’il se passe ? » Commença-t-il avant de s’asseoir sur le lit, avec Batman le chat qui ouvrit un œil paresseux, roulé en boule sur un des oreiller, avant de le refermer aussitôt. Il n’était pas très éloquent quand il était en panique, et il ne savait pas du tout à quoi s’attendre, ou comment réagir. « Rien de grave au moins ?... » Avec tout ce qui a pu se passer récemment, on était jamais à l'abris d'une mauvaise surprise...



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Re: Once you've crossed the line, there's no turning back [Byron Saberhagen]

 par Kirk H. Abberline le Mar 30 Oct - 23:03

Once you've crossed the line, there's no turning back
Je préfère ne pas vérifier le temps qui défile pendant que j’attends, parcourant un peu en long et en large la pièce dans laquelle je me trouve. Au moins, j’aurais le coeur net si Byron m’évite vraiment ou non avec cette visite. Parce qu’il est toujours assez simple de trouver une excuse pour ne pas venir quelque part, surtout avec une vie aussi chargée que celle du danseur. Cependant, si je viens chez lui, il ne peut pas esquiver de me voir, à moins de vraiment m’éviter et de trouver une excuse du type maladie ou trop occupé mais quand même. Bon, il y a une autre possibilité, beaucoup moins nombriliste de ma part et surtout plus inquiétante: que Byron n’aille vraiment, vraiment pas bien. Dans ce cas il aurait tendance à éviter tout le monde et pas seulement ma petite personne, mais ça voudrait dire qu’il n’est pas loin du fond du trou et je refuse de le laisser sombrer sans rien faire. Dans tous les cas, une visite impromptue était de mise, quelle que soit la réponse finale à son silence radio.

Au bout d’un moment, j’entend des pas descendre l’escalier, et je reviens près de ce dernier. Je m’attendais à voir William arriver mais non, c’est l’aîné de la fratrie en personne qui me rejoint. Je vois bien qu’il a les cheveux humide, sortant donc très probablement d’une douche. En d’autres circonstances cette constatation aurait déjà permis à mon cerveau de partir un peu trop en direction du caniveau mais je me serais repris à temps pour ne pas risquer d’embarrasser Byron. Sauf qu’aujourd’hui, il y a d’autres détails qui m’attirent plus l’oeil, et qui auraient tendance à pointer vers la solution la moins nombriliste, mais la plus inquiétante aussi. Les vêtements trop larges, lui qui n’a pas l’habitude d’en porter à quelques exceptions près; c’est lui qui se chagrine que je souhaite rester un fashion disaster comme on m’a déjà appelé parfois. Puis il y a ses yeux. Des yeux avec de lourdes et vives cernes qu’il est difficile de rater. Tellement secoué de voir Byron aussi différent de ce que l’on connaît de lui, je réponds presque mécaniquement.

“C’est rien, t’inquiète.”

Je le suis sans rechigner jusqu’à sa chambre, bien content de ce fait parce que vu la conversation qu’ils vont avoir, je préfère ne pas avoir d’audience. Un autre signe que tout ne va pas bien: je sais qu’il est d’un naturel anxieux, mais quand il se fait aussi laconique, malgré le grand sourire qu’il m’a affiché en descendant me chercher, c’est qu’il est à la limite de la panique. Bon sang. Je m’assois à côté de lui, juste assez près pour sentir la chaleur de son corps mais sans le toucher pour autant (oui, je suis maso comme ça) et j’ai un petit rire à sa dernière question.

“C’est à toi que je devrais demander cela…” je soupire et me tourne un peu plus vers lui, l’observant pleinement “Sans même parler des cernes qui montrent que tu ne dors pas assez...Tu ne me parle plus autant qu’avant.” mes épaules s’avachissent un peu “Je comprends bien que se voir est devenu compliqué et vraiment, je comprends. Mais tes textos intempestifs sont devenus presque rares...Je ne vais pas y aller par quatre chemins Byron; tu me manques. Nos conversations sur des sujets un peu ridicules mais si drôles, tes réactions à des petites choses du quotidien que moi je ne remarquerais même pas.” je hausse les épaules “Je sais pas...Si j’ai fait quelque chose de mal, dis-le moi, que je tente de rectifier le tir, mais s’il te plaît…”

Et je lui dis quoi là? Ne m’efface pas de ta vie? Ne me laisse pas sur le bord de la route? Reviens? Expliques moi? Je ne sais pas, alors je referme la bouche, et j’attend sa réponse.
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Re: Once you've crossed the line, there's no turning back [Byron Saberhagen]

 par Byron G. Saberhagen le Dim 4 Nov - 4:47

ONCE YOU'VE CROSSED THE LINE, THERE'S NO TURNING BACK
Ça lui avait atrocement manqué, malgré l’ambiance sinistre a coupé au couteau. Juste se retrouver seul à seul avec lui. Il se rendait bien compte que c’était parfaitement stupide de sa part de se priver de quelque chose qui lui faisait autant de bien. Et qui même dans les pires moments, avait cet aspect rassurant et cosy. Trop rassurant et cosy, quand il se souvenait subitement de la raison qui lui avait fait prendre la décision subite que c’était mieux pour le moment de prendre ses distances.

Kirk s’installe a ses côtés, et lui parle avec une franchise assez… déroutante. Kirk est pragmatique, silencieux, et ne se confie pas aisément. Même à lui. Pour savoir ce qui lui pose problème, lui faut être extrêmement patient, voire lui arracher les vers du nez –bien que cette technique c’est plutôt celle de son meilleur ami, Byron préfère attendre que le bon moment pour les confessions. Mais ce qui ne lui dit, ne le met pas plus à l’aise. Il sent sa gorge qui se dessèche, la culpabilité le ronger, et pas uniquement celle de l’avoir laissé sur le carreau. Il est même presque sûr d’avoir les joues en feu, et il n’est pas sûr que de toute sa vie, ça lui ait arrivé plus de 3 fois. Alors quand il l’entend supplier une réponse dans sa dernière phrase, Byron ne tient plus. Il descend du lit et lui fait face, secouant vivement la tête, presque outré de la question.

« Non ! »

Il est surprit de la véhémence de ce simple mot et commence à perdre ses doigts dans ses cheveux en fixant tout ce qu’il peut dans sa chambre en cherchant ses mots pour expliquer sa façon de penser, tout en essayant d’en dire le moins possible. Un exercice qui lui serait pas spécialement le plus difficile… si il était pas dans un état aussi difficile, et qui plus est, face à Kirk.

Il soupira et secoua la tête, fixant son meilleur ami avec un regard sincèrement attristé. Il s’est rarement senti aussi mal à l’aise, aussi en faute, et aussi misérable.

« C’est pas ta faute Kirk. T’as rien fait de mal. J’ai jamais voulu que tu te sente comme ça…. » Il triture son pull trop grand pour s’occuper les mains, les lèvres pincée, incapable de savoir s’exprimer, tout simplement parce qu’il ignore déjà pourquoi il agit comme ça. Il se résout à invoquer en boucle la même excuse, parce que c’est la seule qu’il a su identifié. Mais même lui n’est pas assez stupide pour ne pas comprendre qu’il y avait autre chose sous jacent. Il ne savait pas juste quoi. Et ça commençait à lui faire perdre pied avec toute logique.

« C’est… après la soirée, le Poison Prince… J’arrive plus à rien depuis Kirk. Je vois les cadavres dès que je ferme les yeux. J’arrive plus à sortir, apprécier les petits moments banals. Je vois le monde devenir taré et je pense à ce que vont subir mes frères et sœurs quand leur mutation va sortir et qu’on va être obligés de les marquer comme du bétail… »

Il soupire, s’oubliant au passage que la menace valait aussi pour lui, et frotte une de ses tempes, tremblant presque. Les mots sortent et ne font pas bien de sens, il le sait, mais son angoisse parle pour lui, comme toujours. Il lève encore les yeux devant le charpentier et se confond en excuse.

« Je suis tellement… tellement désolé Kirk ! Je pensais vraiment pas que ça te ferrait autant de mal. Je pensais… » Il secoue la tête en levant les yeux au ciel, affligé par sa propre stupidité. « …je pensais que tu serais content d’être tranquille. Ou que… pfff… j’en sais rien, je sais pas comment je réfléchis. » Avoue-t-il piteusement en se frottant les yeux dans un énième soupire. Il sait qu’il ne va pas aimer la suite, mais il sait aussi qu’il n’a pas vraiment le choix. Pour tout un tas de raison, Byron doit mettre un holà direct. La raison reste floue, mais il est persuadé que quelque chose explosera sous peu, et ça il ne peut pas se le permettre.

« Je… je pense juste qu’il faut vraiment qu’on garde nos distances pour le moment. » Ça tombe comme un couperet aussi pour lui, mais il hoche la tête, les yeux exorbités qui veulent probablement hurler le contraire.  « Je t’ai dit : je sais pas si le Poison Prince en a après moi après que je l’ai vu... On sait pas à quoi il ressemble… et puis le couvre-feu, ma privation de sortie, les répétitions et les cours… »

Mais ce n’était pas la seule raison, il le sait, et d’ailleurs il craque et succombe. Il baisse les yeux et soupire en secouant la tête.

« Tu me manques aussi… » Annihilant ainsi tout un semblant d’effort. Aussi perdu que seul dans l’immense verre d’eau qui est en train de le noyer.

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Re: Once you've crossed the line, there's no turning back [Byron Saberhagen]

 par Kirk H. Abberline le Sam 10 Nov - 10:38

Once you've crossed the line, there's no turning back
Je le vois se lever d’un coup et j’en sursaute presque tant c’est soudain et sans vraie raison dans mon esprit. Je dois avoir l’air d’un poisson hors de l’eau pendant un moment, avec mes yeux exorbités de surprise et le visage de manière générale perdu face à la réaction de Byron. Il y a définitivement baleine sous gravillon là. Je ne sais pas ce qu’il lui passe par la tête depuis un mois, mais ça le ronge et ça me fait mal de le voir comme ça. Bien évidemment qu’il n’est pas aussi confiant qu’il en donne l’air au monde extérieur. Je suis probablement le mieux placé pour le savoir et je peux le comprendre. Entre la pression familiale et son impression constante de n’être bon à rien, parce qu’à part le sport et le théâtre il a pas des notes faramineuses en cours, je comprends qu’il se sente ainsi. Je tente de me faire la voix de la raison, de me faire rassurant, en général. Chose qui est bien un comble quand j’ai du mal à m’accepter moi-même pour quelque chose sur lequel je n’ai aucun contrôle à l’origine. Enfin, si, je contrôle ma mutation, de mieux en mieux, mais je ne suis toujours pas en paix avec ce qu’elle représente. Mais même pour quelqu’un comme Byron, son attitude ici est étrange.

Je me reprend et l’écoute attentivement, l’observant aussi. J’ai presque envie d’écouter son flux sanguin pour m’assurer qu’il n’a pas de problème de ce côté-là mais ça voudrait dire ne plus pouvoir l’entendre et je ne veux pas. Je veux le comprendre et surtout, comprendre comment il pense en ce moment et pour ça, je dois l’écouter. Evidemment, ça parle du Poison Prince et c’est normal. Je détourne un instant les yeux quand il parle des cauchemars qu’il a encore à cause de cette soirée. Des cadavres...Je ne peux même pas lui dire que je comprend, parce que pas vraiment. Moi aussi je ne suis pas au mieux de ma forme depuis cette soirée, mais comment lui avouer que quand je ferme les yeux, tout ce que je vois c’est son visage à lui, tordu de douleur avant que ma vision ne s’estompe pour ne plus rien voir jusqu’au lendemain matin, où je me suis réveillé avec lui dans mes bras, aux petites heures du matin? Comment je peux lui dire que malgré le traumatisme présent (oh que oui), cette soirée m’a apportée comme une nouvelle chaleur dans la poitrine? Comment sans passer pour un type horrible et sans coeur? Egoïste? Alors je me tais.

Pourtant, je retourne mon attention vers lui quand il m’annonce qu’il pensait que...Ca me ferait plaisir d’avoir la paix? Oui, dans l’absolu, c’est vrai. J’aime ma tranquillité, mais pas...Pas pour lui. C’est bien là que le bas blesse. Il pourrait m’envoyer un message au milieu de la nuit pour m’envoyer simplement une photo de Batman dans une position improbable, et jamais je ne lui en voudrais. J’en suis bien incapable.

“Non...Byron, J-”

C’est comme une douche glacée qui me tombe soudainement dessus. Je voulais le rassurer, lui dire que s’il y a bien une personne pour qui je troquerais ma tranquillité c’est lui, qu’il ne m’embête jamais et que de toute façon, si je ne veux ou ne peux pas répondre à ses messages, je ne le fais pas et puis point barre. Mais ce qu’il me dit...J’ai l’impression qu’on a arrêté le temps au pire moment de ma vie. Il tente de se justifier mais pour moi, il n’y a aucune justification valable, encore moins celle qu’il me donne. Pas pour moi. Je fronce les sourcils, inquiet, mais aussi...triste, et un peu en colère quelque part. Pas contre lui, non, lui n’est qu’une autre victime dans cette histoire, mais contre ce putain de Poison Prince qui semble si prompt à me prendre ce à quoi je tiens sans même lever le petit doigt. J’allais lui dire que ça ne fait aucun sens, que s’il n’a pas le temps de me voir (ça je ne peux pas jurer que c’est faux donc admettons), il peut toujours m’appeler, m’envoyer des SMS. Lui dire qu’il peut rêver s’il croit que je le laisserai s’enterrer seul dans cette situation. Mais il dit une phrase, une seule phrase et quelque part, elle fait encore plus mal que la précédente. Parce que c’est la preuve qu’il y a un vrai problème. Et je sais que je ne devrais pas m’énerver, que je devrais tenter de calmer la chose de le rassurer...Mais l’ascenseur émotionnel que je viens de vivre avec les vifs sentiments que ça a suscités ont raison de cette apparence de calme que j’affiche la plupart du temps.

“Alors pourquoi?! Pourquoi tu t’éloignes comme ça?” je me lève aussi, pas prêt de me laisser faire, pas ce soir, pas maintenant. Oh je l’aime, je l’aime à en crever, et c’est peut-être ça qui pose problème ici “Qu’on ait pas le temps de se voir ne veut pas dire que tu dois essayer de m’effacer de ta vie comme ça! Je comprends que la soirée du Poison Birthday t’ai marqué, franchement je comprends, bon sang Byron j’ai cru que j’allais t’y perdre!”

Rien que de le revoir comme il était lors de cette soirée, la chemise tâchée de sang, le visage tordu de douleur, je dois me forcer à fermer les yeux un instant pour effacer la superposition de cette vision sur le Byron que j’ai en face de moi et un grand soupire pour calmer un peu mon esprit, mais je n’en n’ai pas fini pour autant.

“Mais tu sais que tu peux toujours venir vers moi pour parler, pour pleurer, pour n’importe quoi. Tu es...tellement important pour moi, ne crois jamais que tu me déranges.” je n’ose pas m’approcher de lui pour le moment “Le Poison Prince pèse sur la ville comme une épée de Damoclès, et j’ai bien conscience qu’il t’inquiète tout particulièrement parce que tu l’as vu et il t’a très probablement vu, mais ça ne doit pas t’obliger à t’isoler.” je ravale ma supplique et continue “Il n’a pas le pouvoir ici malgré tout!” je me sens m’emporter et je ne peux rien y faire “Il n’est qu’un lâche qui se cache pour attaquer, et s’il en vient à s’en prendre à toi que Dieu lui vienne en aide; parce que s’il n’a pas besoin de toucher les gens pour leur faire du mal, moi non plus!” je ne sais pas si ça le rassure en fait mais là mon cerveau est en roue libre “Et que ça te plaise ou non, je serais capable de faire beaucoup” beaucoup trop me susurre une voix traîtresse dans mon esprit “pour te protéger. Il n’a pas le droit de détruire tout ce qu’on a construit! Je ne le laisserai pas faire!”

Je ne me rend compte de l’énergie que j’ai dépensée durant ce petit monologue que lorsque je m’arrête et que je sens ma respiration haletante d’avoir parlé, beaucoup, et vite. Je ne sais pas si j’ai eu l’effet escompté, mais je suis en proie à mes instincts à cet instant, ma rationalité s’est fait la malle.
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Re: Once you've crossed the line, there's no turning back [Byron Saberhagen]

 par Byron G. Saberhagen le Jeu 15 Nov - 5:15

ONCE YOU'VE CROSSED THE LINE, THERE'S NO TURNING BACK
Là ou le discours de Byron est hésitant, pâteux, effrayé, et sans grande consistance, malgré l’assurance dont il fait habituellement preuve, Kirk est aux antipodes. Byron a peu ou prou la même réaction quand il est aux prises avec ses parents : il se sent stupide, prit en défaut, et extrêmement mal à l’aise. Ses arguments ont la même substance qu’un lait fraise qui a tourné, et il détourne rapidement le regard quand il a fini de parler. Il n’est pas prêt à affronter celui de Kirk apres lui avoir clairement dit qu’il ne veut pas prendre le risque de reprendre leur amitié là ou il l’a laissé. Une part de lui sait bien que c’est la solution de facilité, et il en a honte. Il sait bien que Kirk n’a pas beaucoup de soutien, et apres lui avoir révélé une partie de son passé douloureux, il a le sentiment de l’abandonner comme l’ont fait ses parents voilà des années. Mais il a peur. Il est terrifié. La simple idée d’avoir pu être lié de prêt ou de loin à quelque chose qui aurait pu lui faire du mal l’angoisse au plus haut point. Ça menace de le rendre fou.

Mais une autre partie de lui sait aussi qu’il se voile la face, et qu’il y a une autre raison pour laquelle il se fait aussi direct. La même pour laquelle il lui avoue piteusement que pour lui aussi, c’est vraiment difficile. Que se retenir de l’inonder sous les messages c’est un combat de tous les instants, et qu’il se maudit d’être plus doué à ça que de se souvenir des règles élémentaires d’algèbres.

Alors quand Kirk bondit de son lit à sa suite, étonnant le chat par la même occasion, Byron sursaute. Ses arguments déjà branlants s’éffondrent comme neige au soleil quand Kirk persiste et signe à lui dire qu’il se trompe, et qu’il n’a pas à l’écarter de sa vie d’une pichenette. Byron balbutie un peu, tente de ne pas perdre complétement pied, mais c’est un exercice périlleux pour lui. Il est supposé être un meilleur acteur que ça, mais la soudaine véhémence de son meilleur ami lui coupe l’air sous les pieds.

« C’est… » Il rate le coche  quand Kirk martèle qu’il n’a pas à s’isoler à cause du Poison Prince. « C’est pas… » Il dégluti quand son meilleur ami lui juge qu’il n’hésitera à l’attaquer si la menace de Killingworth s’approche de lui, et Byron se mord vaguement la lèvre avant de finalement prendre son courage à deux mains quand il s’égosille qu’il ne le laissera pas se mettre entre eux. « Ça a rien à voir avec moi ! »

Lui aussi s’emballe, la tension artérielle qui fait du deltaplane et le cœur au bord des lévres, il ne sait même pas par quoi commencer, parce qu’il sait bien que plus il parle, plus il a l’air parfaitement idiot. Mais en quoi ça le changeait après tout ? Il avait toujours été du genre stupide, il le sait, alors il continue. Se drapant dans sa propre bétise parce que c’est la seule protection qu’il a actuellement. Il est terrifié, d’imaginer qu’un jour comme un autre, même au chaud chez l’un d’entre eux, le pire arrive, et si il peut gérer une attaque sur sa personne, sur les autres il ne peut pas. Ni ses parents, ni ses frères et sœurs, ni Vi, et encore moins Kirk.

« Après tout, ça fait quoi si il me tombe dessus ? Tu es bien placé pour savoir que de toute façon je suis déjà un pied dans la tombe. » Finit-il par dire sur le coup de la panique, ne réalisant pas vraiment l’impact malheureux que cette phrase sortie d’un ton anodin pourrait avoir. « Tu peux juste pas partir du principe que tu tiens à moi, donc je dois ignorer toute les menaces qui peuvent t’approcher. Ça marche pas comme ça Kirk ! »

Il aura tout le temps plus tard de mesurer l’impact de ces mots. Il les a juste entendu, sans vraiment les assimiler, son cerveau n’a pas assez d’espace en tête pour y réfléchir. Parce qu’il sait qu’à partir du moment ou il va prendre un quart de seconde pour les écouter, le résultat sera catastrophique. Il est sensible, trop sensible, et si il ne se bride pas sur le champ, ce n’est pas uniquement lui qui va souffrir.

« Parce que moi aussi je tiens à toi, et que je ne peux pas prendre la responsabilité que quelque chose t’arrive ! J’ai pas les épaules pour ça… »

Il inspire bruyamment pour se calmer, mais il sent son cœur s’emballer. Dans tous les sens du terme, et il a honte, aussi bien de sa faiblesse, que de ce qui dort au fond de lui et qu’il essaye tant bien que mal d’étouffer. Il écrase ses mains sur son visage, se force à reprendre son souffle, mais soupire quand même, difficilement.

« Tu m’as sauvé déjà deux fois ! En début d’année et pendant le Poisoned Birthday. Et moi j’ai fait quoi pour toi ? Je t’ai trainé dans un traquenard, et j’ai pas été capable de te protéger. Laisse-moi au moins faire ça pour toi ! »

Et tant pis pour ce qu’il restera de lui après ça. Des gamins débiles obsédés par les likes, il y avait qu’à se baisser pour en ramasser. Mais plus jamais il ne veut voir des gens qu’il aime souffrir autour de lui. Sa crise cardiaque l’avait fait courir a 6h du matin dès le lendemain, prêt à affronter le danger avec la rage de vaincre digne de lui. Mais ça, ce fut au-delà de ses forces, et de loin.


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Re: Once you've crossed the line, there's no turning back [Byron Saberhagen]

 par Kirk H. Abberline le Ven 16 Nov - 0:15

Once you've crossed the line, there's no turning back
Je vais vous avouer quelque chose: je ne m’attendais pas à cette réponse. Je m’attendais à bien des arguments, à bien des réactions (une partie de moi espérait qu’il me tombe dans les bras, en effet, mais cette partie est si minoritaire à cet instant), mais pas à ce qu’il nie qu’il n’y a rien à voir avec lui dans cette histoire. Un son d’ahurissement quitte ma gorge alors que je me détourne de lui un instant, tentant de reprendre les rênes de ma raison. Peine perdue. Je finis par replanter mon regard sur lui, incapable que je suis de rester neutre face à lui. Je ne l’ai jamais pu et je ne le pourrais jamais. Pas quand il réveille en moi tant de chose qu eje pensais mortes à jamais. Pas quand il me redonne confiance en moi et qu’il éloigne de mon esprit la terreur que m’a toujours insufflée ma mutation. Pas quand il est mon ancrage ici, celui qui m’évite de couler d’une traite faire le fond du trou et de m’y complaire dans un état cathartique.

La suite me fait l’effet d’un coup de poing dans le ventre. Ca ferait quoi s’il lui tombait dessus? Sérieusement, il ose poser cette question. J’ai envie de hurler tellement j’enrage qu’il puisse se poser cette question. Même s’il ne sait rien de l’ampleur des sentiments que j’ai pour lui, il doit bien voir à quel point il m’aide, à quel point j’ai besoin de lui. Je ne comprends comment cette question peut lui passer par l’esprit et le reste…Le reste n’aide pas mon humeur, vraiment, et je fronce les sourcils au fur et à mesure qu’il continue, incapable de rester neutre face à de telles...énormités.

Bien, qu’il ait du mal à envisager que sa mort puisse avoir un réel impact sur moi, admettons. Je sais qu’il a des soucis de confiance en lui et d’estime de soi, donc admettons qu’il n’ait pas compris l’importance qu’il a pour moi (même si je viens littéralement de lui dire). Mais de là à me prendre pour un arriviste qui essaye juste de se faire bien voir de Byron en espérant qu’il lui rende un service en retour, non. Jamais. Je doute que ce soit exactement ainsi qu’il l’ait pensé au départ, mais c’est comme ça que je prend cette gifle verbale. Tout à fait, une gifle. Je grogne, essayant de me calmer, de me contrôler, mais non, c’est trop tard pour ça, c’est comme tenter de retenir l’eau qui déborde d’un vase: impossible. Alors je craque. Et je sais que je regretterai probablement une partie de ce que je vais lui dire, mais je n’arrive plus à compiler les informations, mon filtre a grillé et c’est mes sentiments crus et brûlants qui s’expriment.

“Parce que tu crois que j’ai fait ça pour que tu me rendes un service en retour?! Sérieusement?” je m’approche de lui, à la limite de le toucher, et je ne compte plus reculer “Tu ne t’ai pas dis que si j’avais fait ça c’était simplement pour ne pas te perdre, tout bêtement?!” je secoue la tête, atterré “Tu crois que moi j’ai les épaules pour supporter ta disparition? Tu te mets le doigts dans l’oeil jusqu’à l’épaule Bryon!” je pose un doigt sur son torse, accusateur “Alors oui, ça fait peur qu’il puisse m’arriver quelque chose, mais news flash: tu ne peux pas tout contrôler, si ça se trouve demain je vais tomber d’un échafaudage et me casser un jambe, ou un bras, ou que sais-je encore? Et tu sais quoi? T’y pourras rien.” je sais que je me fais presque cruel, mais il a besoin d’entendre ça “Tu crois vraiment que le Poison Prince il va se dire ‘ah tiens, ils se voient plus, bon bah je laisse le pote tranquille’? J’étais là lors du Poison Birthday, tout comme des dizaines d’autres personnes et il m’a très probablement vu, il a très probablement vu que j’oeuvrais pour le contrer dans la limite de mes capacités! Alors arrête de croire que tu portes le poids du monde sur tes épaules, ce n’est plus le cas, toute la ville est une cible géante pour lui, avec le choix de l’écran de score!” mon doigt devient ma main, parce que je sens bien que son coeur s’emballe et j’ai peur qu’il ne me rejoue la scène de mon anniversaire, alors je me prépare au cas où, aussi enragé puis-je être “Tu te demandes ce que ça ferait s’il te tombait dessus? Si t’y passais? Je vais te le dire: je serai au fond du trou. J’ai besoin de toi Byron. J’ai vraiment, vraiment, vraiment besoin de toi. Si j’ai pu évoluer ces dernières années, sortir un peu de cette apathie toxique dans laquelle je me complaisais, c’est grâce à toi. Alors arrête de croire que tu comptes pour personne. C’est pas vrai”

D’un soupir, c’est comme si toute la colère qui m’a habité une seconde plus tôt s’envolait, remplacée par une lassitude immense. Pourquoi j’en suis à me disputer avec le seul être qui me donne encore de l’espoir en ce putain de bas monde? J’use de ma mutation pour remettre sa tension artérielle à un niveau plus normal, et retire ma main.

“Je comprends que tu ais peur, crois-moi, je comprends.” parce que cette peur, je la ressens à chaque fois que je te vois affaibli pour une quelconque raison “Mais je ne peux pas te laisser faire ça. Parce que tu n’as pas à porter le poids du monde tout seul. Parce que tu ne mérites pas tout ce qu’il t’arrive et que je veux être auprès de toi, pour te soutenir autant que tu m’as soutenu jusque là. Tu te demandes ce que tu as fait pour moi? Bon sang Byron, réveilles-toi...Tu m’as apporté ce que l’on m’a toujours refusé dans ma vie. Tu m’as montré que ma mutation n’était pas forcément un synonyme de douleur et de mort...Arrêtes de croire que tu n’as rien fait pour moi…”

Je ne sais plus quoi ajouter. Je pense que maintenant, si Byron continue à me renvoyer au loin, je n’aurais plus qu’une seule option...
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Re: Once you've crossed the line, there's no turning back [Byron Saberhagen]

 par Byron G. Saberhagen le Lun 19 Nov - 2:24

ONCE YOU'VE CROSSED THE LINE, THERE'S NO TURNING BACK
Sur des tas de choses que Byron arborre, le conflit est en très bonne position. Kirk et lui avaient eu quelques mots plus haut que les autres, mais rien de bien méchants et qui ne s’étaient pas réglés avec une pizza et une tape dans le dos. Mais là, Byron le sent bien, il a blessé son meilleur ami. Et à cause de ça, il est en train de se faire disputer sévérement. Et si déjà il n’a jamais vraiment supporté qu’on lui hurle dessus, quand c’est Kirk, c’est encore beaucoup plus difficile pour lui. Il a confiance en Kirk, il lui a même partagé sa plus grande faiblesse, celle qu’il n’a jamais osé confié à ses propres parents, mais surtout : Kirk a confiance en lui. Il a l’impression horrible de l’avoir trahit tout en voulant le protéger, et le jeune lycéen a le cœur au bord des lèvres.

Il sent bien que sa défense pitoyable ne tient pas la route face aux arguments du charpentier, mais c’est surtout quand il sent que même sous l’influence de la colère la plus noire, il est actuellement la main sur sa poitrine, en train d’agir sur son cœur qui menace d’exploser après la plus hardcore des zumba. Même quand Byron persiste et signe a agir comme le dernier des petits cons, Kirk est toujours là pour lui sauver la peau. Parce que, comme il le dit, il a besoin de lui. Il ne sait pas trop pourquoi, il ne voit pas quel effet positif il peut avoir sur quelqu’un, mais juste à entendre ça en sentant son cœur se calmer, ça lui serrait – tristement ironiquement- le palpitant. Il se sentait si mal, si triste, coincé dans son propre piège, face à son ami qui ne comprend pas sa réaction. Il mérite la vérité, il le sait, mais il ne sait même pas par quoi commencer. Il ne sait pas comment il peut expliquer l’inexplicable. Parce que  même en se confiance à ses amis, il n’a toujours pas su démêler ce qui se passait au sein de son crâne. Et si encore tout se passait juste dans son crâne… Il avait pensé qu’en s’isolant il aurait épargné ses états d’esprits à tout le monde, mais il avait inquiété Marcus, rendu Polina triste, et avait fait du mal à son meilleur ami. S’il y avait une solution au merdier qu’il avait créé tout seul, il ne la connaissait pas.

Et le reste de la diatribe de Kirk n’arrange pas la situation. Les mots sont absolument tout ce qu’il a besoin : rassurants et encourageants, et pourtant il se met soudainement à renifler. Ses yeux se gonflent et n’arrive plus à le regarder. Quelque part, il a honte, et il ne sait même pas pourquoi.  Il sait juste que l’émotion lui vient d’un coup, alors il hoquete, et piteusement, il baisse le regard.

« J’ai… j’ai tellement peur Kirk… »

Il colle ses mains contre ses mirettes, et reprend difficilement une respiration entrecoupée de petits sanglots. « J’ai peur… mais pas juste à cause du Poison Prince. »

L’aveu est lourd de conséquence, il le sait. Il a menti. Il a salement menti à son meilleur ami, en espérant le protéger de ce qui dort en lui. Sauf que ça marche pas. Et qu’il est terrorisé de ce qui se passera quand il tentera maladroitement de coller les morceaux côte à côte. Mais c’est mal parti. Il hoquette, panique, et les larmes menacent de couler par elles-mêmes.

« J’ai peur pour les mutants, j’ai peur pour ma famille, j’ai peur de l’évolution de cette situation, c’est vrai… Mais c’est pas que pour ça que j’ai peur. J’ai peur parce que tout est en train de me glisser entre les doigts. C’est même plus une question de ma maladie… enfin si un peu parce qu’un jour ou l’autre mes parents vont le découvrir… et j’ai peur de ce que ça va donner. Mais là c’est même pas la priorité… »

Il renifle, et finit par lâcher les écoutilles. Les larmes tombent sur ses joues et il secoue la tête. « J’ai peur que tu me laisses tout seul…. Je sais c’est complètement con de faire le mort pendant un mois et de te sortir ça juste après… mais je.. » Il renifle de plus belle, secouant la tête, perdu face à sa propre incapacité d’être explicite face à Kirk, et encore plus face à lui-même. « Je sais pas ! J’ai juste… tellement peur depuis cette nuit.

Il secoue la tête, se rabroue en essayant de sortir de cette état pitoyable pour essayer d’exprimer péniblement de qu’il ressent. Il positionne ses mains vers la gauche, levées parallèlement l’une à l’autre. « Il y a eu un avant… » Il les ramène vers la droite. « … Puis un après. Et… »

Il hausse les épaules et les laisse retombée d’un air fataliste. « Je sais même pas si je veux revenir à l’avant… »

L’avoir devant lui tout en se souvenant de sa présence rassurante après la terreur de la nuit, il mourrait d’envie de s’enterrer dans ses bras, mais il sait que ce sera loin, loin d’être aussi simple. Il ignorait même si c’était juste possible, surtout après un tel aveu. Il ignore si il va le prendre de cours, lui faire peur, le faire fuir… mais il mérite la vérité. Du moins ce qu’il peut en dire.

« Tu m’as manqué… tellement manqué Kirk. Et j’ai peur… »  Et là c’est trop pour lui, les sanglots reviennent alors qu’il se rassoit sur son lit d’un coup en sanglotant le plus silencieusement possible pour ne pas attirer les petites oreilles curieuses à sa porte. « Je sais même pas de quoi j’ai peur ! Je sais pas ce qui m’arrive. Je rumine ça depuis cette nuit, je sais même pas pourquoi… » Il remonte des yeux larmoyants vers son meilleur ami, et demande doucement, se détestant  pour oser réclamer une chose pareille « Dis-moi juste que tu vas pas partir en courant… pitié… »



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Re: Once you've crossed the line, there's no turning back [Byron Saberhagen]

 par Kirk H. Abberline le Mar 20 Nov - 23:03

Once you've crossed the line, there's no turning back
Je déteste le voir ainsi: les yeux humides, à la limite de déverser des larmes douloureuses, au bord de la rupture. Pire encore: j’en suis la cause cette fois. Car ça n’est pas la première fois que je le vois dans cet état; il est anxieux de nature et il est déjà arrivé qu’une crise de panique ou quelque chose l’ait suffisamment secoué pour qu’il soit comme ça. Mais par ma faute directe? Jamais. Parce que ce n’est pas ce que je veux pour lui. Bon sang, c’est même aux antipodes de ce que je veux pour lui; il mérite le ciel et la terre cette homme. Il mérite bien plus que ce que la vie a pu lui donner jusque là, et surtout, il ne mérite pas sa putain de maladie. Je sais bien qu’avec des “si” on pourrait réécrire le monde entier voir l’univers, mais je ne peux m’empêcher d’imaginer ce que l’on serait s’il n’était pas malade? Probablement qu’il n’aurait pas besoin de moi. Qu’il aurait donc vu bien plus mes défauts et serait peut-être déjà parti. Dans le monde des “si”, je fais dans l'annihilation, c’est pas mal comme truc. Ô douce ironie, quand tu nous tiens.

Mais je dois bien reconnaître quelque chose: mon éclat permet qu’à présent la conversation avance vraiment, plutôt que de balancer arguments et contre-arguments à tort et à travers. Je me tais et surtout, je me fais violence pour ne pas le prendre dans mes bras dans la seconde et lui dire qu’il peut laisser tomber, que ce n’est pas grave, qu’on verra plus tard. Je pourrais, lui dire de laisser tomber pour ce soir, que la soirée a été assez éprouvante comme ça, et pourtant je ne le fais pas, parce qu’il commence à m’apporter des réponses et je veux comprendre ce qu’il lui passe par la tête en ce moment.

Alors je l’écoute sagement, ne voulant pas mettre mes mains dans mes poches, ni croiser les bras, et je ne sais pas trop quoi faire de mes bras et mains à dire vrai. Il a peur, mais ne sait pas exactement de quoi, hormis le Poison Prince. Je ne vais pas le cacher, le fait de découvrir qu’il soit réticent à me dire la vrai raison de sa détresse, me mentant par omission au passage, ça fait mal. Mais je me tais, parce que je me dis qu’il doit bien y avoir une raison à tout cela et j’attend la suite, j’attends la résolution de ce mystère.

Et quelle résolution! Je ne peux m’empêcher de hausser les sourcils à cet aveu, effectivement illogique comparé à ce qu’il a fait ces derniers temps: il a peur que JE parte. Il ne pourrait pas être plus éloigné de la vérité. Sauf que ça, il ne peut pas le deviner, c’est sûr. Pendant une demi-seconde, je me demande de quelle nuit il parle, si c’est celle de mon anniversaire, ou d’il y a un mois, cette nuit fatidique, déclencheur de sa détresse visiblement. La suite me fait vite comprendre que c’est la seconde option mais je...ne comprends pas vraiment. Une différence depuis cette nuit? Alors de mon point de vue, à part qu’il m’a évité pendant des semaines, je ne vois pas vraiment de différence. Mais ce n’est pas la question, n’est-ce pas? Pour lui il y a eu un changement, mais je ne sais pas lequel exactement, à part que ça a un rapport avec moi. Sa dernière demande me parvient, et je ne peux pas m’empêcher un petit soupire d’amusement. Je viens littéralement de lui énumérer pourquoi je ne pouvais pas partir et lui me demande de ne pas partir…

“Si j’avais voulu partir...Je l’aurais déjà fait.”

Je vais m’asseoir à côté de lui, hésitant un instant dans ma tête à le serrer contre moi, mais je ne sais pas si cela l’aidera ou l’amènera vers un état pire encore, alors je m’abstiens. Je m’assois suffisamment près pour que nos bras se touchent presque et je reprends la parole.

“Je ne pars pas. Je n’ai jamais eu l’intention de te laisser seul Byron. Je sais que tu mérites mieux qu’un type perclu de traumatismes comme moi, même pas capable de se sociabiliser tout seul, mais j’y peux rien. Je t’aime, c’est tout.”

Aussitôt que les derniers mots ont franchis ma bouche, je me plaque une main sur les lèvres, conscient de la véritable bombe que je viens de lâcher. C’est à mon tour de paniquer, mais je suis tétanisé sur place, les yeux écarquillés et inquiets, rivés sur Byron, attendant sa réaction avec le coeur sur le point d’exploser et la respiration retenue. Bon sang, mais pourquoi j’ai dit ça moi?
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Re: Once you've crossed the line, there's no turning back [Byron Saberhagen]

 par Byron G. Saberhagen le Mar 4 Déc - 6:27

ONCE YOU'VE CROSSED THE LINE, THERE'S NO TURNING BACK
Les grandes eaux sont lâchées, le peu de contrôle que pouvait avoir Byron sur sa sanité vent d’exploser. Éparpillé aux quatres vents, dans des éculubrations qui n’ont aucune logique. Il le sait et il se déteste. Il aimerait lui dire à quel point il est désolé, à quel point il se sent misérable, et mettre enfin des mots sur ce qui le ronge. Les malheurs et les questions lui tombent dessus depuis quelques mois, sur un chemin qui s’éloigne toujours plus de celui que ses parents ont tracés pour lui. Quand il s’agit de sortir des sentiers battus, il est perdu et esseulé. Il a toujours pu leur confier toutes ses peines, sans aucune crainte. Mais depuis sa maladie, tout allait à vaux l’eau. Il n’avait plus l’impression d’avoir la main basse sur quoique ce soit. Et aujourd’hui, il n’avait plus d’autres choix que de s’avouer vaincu et de déposer les armes. Il n’arriverait définitivement plus à rien. Aucune de ses angoisses ne pouvait être calmée, et maintenant qu’il avait vomi toute sa peur et ses indécisions sans queue ni tête, il se sentait encore  pire qu’avant. Vider son sac ne l’avait absolument pas soulagé, il ne pouvait que regarder son meilleur ami avec un regard qu’il imaginait aussi pitoyable que digne du pire chantage. Des larmes comme unique défense pour le supplier de ne pas le laisser seul alors qu’il avait passé tout un mois à l’éviter. Mais il était si perdu, si seul, et la seule idée que Kirk s’en aille, lassé d’être lié à  un pleurnichard qui a même besoin de lui pour ne pas clamser pathétiquement, capable de ruiner son anniversaire parce qu’il n’est pas capable d’avoir un fichu cœur qui fonctionne normalement…

Ok ça n’avait peut-être pas de sens, mais lui, il était terrifié. Et il s’en voulait affreusement. Il ne savait même plus trop pourquoi, et il n’avait plus rien à dire en guise d’argument. Kirk les avait tous brisé un à un avec logique, et Byron n’avait plus aucune carte à abattre, maintenant qu’il avait jeté celle de la vérité sur la table. Il finit même par détourner un peu les yeux, juste avant qu’il ne sente le lit s’affaisser sous le poids du charpentier qui vient s’asseoir à ses côtés. Il ne sait pas si c’est bon signe ou pas, il sait juste qu’il ne peut pas le regarder maintenant. Il ne sait même pas si il appréhende la suite de la manœuvre, parce que sincérement, il a l’impression qu’il n’arrivera plus à respirer normalement après cette journée. Il ne sait même pas si il souhaite une fin à ses tourments, parce qu’ils finiront quand les mutants seront en paix, et il comprend bien que cela n’arrivera jamais. Ou du moins pas de son vivant. Il parvient à sentir la chaleur de son meilleur ami contre lui, mais tourne vivement la tête vers lui quand il finit sa phrase.

Kirk a l’air de celui qui vient de lâcher la pire connerie de sa vie, et Byron ne sait pas si il est d’accord ou pas. Il ne peut que le regarder, les yeux exorbités, a éructer un pateux et roquailleux « Euh…. Quoi …? »

Il a compris. Il a  bien entendu. Ça il en est certain. Il aurait pu jouer à l’imbécile heureux, prétendre n’avoir rien entendu, et juste apprécié le fait qu’il sait que Kirk ne partirait pas. Mais il s’y refuse. Ça pourrait être confortable pour eux, mais le confort était depuis longtemps jeté aux oubliettes. Mais il ne comprend pas tout, Byron. Les mots il les connait, il les a lu, récité, apprit parfois, mais ils n’ont jamais eu vraiment de place dans son univers. Pour lui c’était une simple métaphore, comme un conte de fée. Mais il ne sait pas si cela a bien plus de sens aujourd’hui pour lui.

Tout ce qu’il sait, c’est qu’il a ce besoin irrépréssif de le toucher. Maintenant. C’est viscéral et puissant. Alors il lève une légère main timide sur son épaule, mais ce n’est toujours pas suffisant. Il plonge ses yeux dans les siens, sans trop savoir comment ni pourquoi, et il glisse sa paume libre dans la sienne, la serre fort. Il soupire, comme si un poids invisible s’était retiré de sa cage thoracique. Mais ce n’est toujours pas suffisant.

« Parles-moi. »
Supplie-t-il une nouvelle fois. « … J’ai besoin de comprendre. » Dit-il sobrement. Parce qu’il ne comprend pas vraiment, si ce n’est qu’il serre ses mains comme jamais auparavant. En espérant que cela suffise pour ne pas qu’il s’enfuit. Il n’est pas certain de pouvoir le supporter le cas échéant.




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Re: Once you've crossed the line, there's no turning back [Byron Saberhagen]

 par Kirk H. Abberline le Dim 9 Déc - 22:30

Once you've crossed the line, there's no turning back
La réaction de Byron ne se fait pas attendre, il se tourne vivement vers moi, mais ne dit rien, se contentant de m’observer avec des yeux grands ouverts, comme cherchant à sonder mon âme, à sonder si je lui dis la vérité ou non. Vu mon état émotionnel actuel, je ne pense pas que je serais capable d’émettre le moindre mensonge à Byron. C’est au-dessus de mes forces en cet instant. Tout est trop cru, à vif entre nous ici. Toutes les émotions sont misent à nue, exposées au regard de l’autre comme une offrande à un Dieu en espérant sa miséricorde sur nos pauvres âmes écorchées. Il dit deux mots mais les miens sont bloqués dans ma gorge, encore incapable d’accepter ce que j’ai pu lui dire. Enfin, pas tant le quoi mais le fait que je l’ai juste...Dit. J’ai prononcé ces mots fatidiques qui pourraient tout ruiner entre nous, encore plus sûrement que cet éloignement que Byron a tenté d’instaurer entre nous dernièrement.

Je ne bouge plus d’un cil, la respiration m’est difficile et j’ai l’impression que le temps tourne au ralenti, comme refusant de me faire quitter cet état à la foi de grâce et de mortification intense. Ou comme me donnant une chance de tout mettre à plat, de m’assurer qu’il resterait auprès de moi malgré mon aveu impromptu. A dire vrai, je ne sais plus ce que je dois croire. C’est comme si mon coeur était en roue libre et que mon cerveau essayait de se raccrocher aux branches, avec un succès mitigé. Très mitigé. Je tente de parler, de m’expliquer.

“Je...Enfin…”

Na gorge se noue et je préfère fermer la bouche, limiter les dégâts qui ont risqué de pleuvoir autant qu’un matin d’automne. Puis je sens sa main timide sur mon épaule et mes yeux vont vers elle. Ils la suivent jusqu’à ce qu’ils croisent son autre main et j’observe le tout, comme en dehors de mon corps, présent mais incapable de bouger, prisonnier de mon corps. Il serre mes mains et c’est comme un électrochoc. Je reprend contrôle de mon corps et resserre mes mains dans les siennes, nécessitant ce contact, m’y raccrochant comme à une ligne de survie. Puis il parle. Il parle et ses mots me font peur. Car je ne sais pas comment je peux expliquer ce que je ressens pour lui. Mais en même temps...je soupire de soulagement. Il ne me rejette pas, il veut comprendre, mais il ne me rejette pas, il n’aurait pas eu ces gestes, il n’aurait pas ce regard s’il me rejetait. Il y a encore possibilité qu’il le fasse après, mais pour le moment, l’espoir allume une petite flamme en moi et m’aide, me libère d’un poids. Je prend une grande inspiration et je commence.

“Je ne sais pas si je pourrais te l’expliquer clairement. Ou si j’arriverai à l’expliquer tout court. Mais je vais essayer” un petit sourire et je reprend “Quand je suis avec toi, c’est comme si...Comme si rien ne pouvait m’atteindre, en un sens. J’ai l’impression que je peux vraiment être moi-même. Pas seulement un mutant, pas seulement ce type un peu associable, mais vraiment moi. Je sais que tu ne pousseras jamais à parler si j’en ai pas envie sans que j’ai à me justifier, que tu seras là si j’ai besoin d’aide même quand j’en demande pas. Je me sens...vivant quand je suis avec toi Byron. Ca peut paraître ironique mais c’est vrai. Et je sais aussi que je ne supporterai pas de te perdre.” je caresse ses mains de mes pouces “Ca c’est une certitude…”

Je ne sais pas quoi ajouter de plus, mais je recroise son regard, et ne le lâche plus, attendant le verdict final, celui qui peut tout autant me libérer que me blesser à vif.
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Re: Once you've crossed the line, there's no turning back [Byron Saberhagen]

 par Byron G. Saberhagen le Mer 26 Déc - 20:03

ONCE YOU'VE CROSSED THE LINE, THERE'S NO TURNING BACK
Ses yeux veulent a tout prit rejoindre le sol, pour le pas affronter le regard bleu de Kirk qui a l’air aussi perdu que le sien, mais il tient bon. Il veut absolument savoir, l’accompagner, être présent pour lui. C’est un moment important pour les deux, mais encore plus pour Kirk. Il n’avait jamais été très bavard, mais maintenant, il a l’air tellement seul, muet, mortifié, et surtout terrorisé. Et Bryon n’a jamais voulu ça. Il ne veut que pouvoir le rassurer et lui dire que tout se passera bien, parce qu’il refusera que ça se passe autrement. Il ne peut pas se séparer de Kirk, et il ne le laissera pas partir de chez lui dans un froid. Quoi qu’il ait a lui dire, quoique ça puisse vouloir dire, et quoiqu’il puisse se passer.

Il serre sa main pour l’encourager a parler quand il voit qu’il en perd son latin. Tout va bien, il est là. Il lui rend son sourire et hoche la tête. « Prends ton temps… » ose-t-il dire à mi-voix, pour surtout ne pas le brusquer. C,est son meilleur ami ici, celui qui l’a toujours soutenu et qui le soutiendra toujours. Il lui doit la vie, par deux fois, et jamais il n’oubliera ça.

Alors il l’écoute religieusement, lui dire l’impassable. Il ignorait que tout le monde avait finit par comprendre le petit jeu qui se jouait sous le nez du pauvre Byron, qui n’avait pas la moindre idée de ce qui était en train de se passer. Ou peut-être il n’avait jamais vraiment voulu comprendre. Il sait juste que ce Kirk est en train de lui fait bizarrement écho à ce qui le traverse et le torture depuis un mois. Kirk est plus intelligent que lui, comme tout le temps. Il sait mettre des mots sur ce qui l’habite, alors que Byron en est incapable. Il se sent tellement mal d’avoir été si stupide, et surtout, il ne sait pas par quoi commencer. Si les mots de Kirk sont limpides et qui arrive à les écouter sans que son cerveau ne finisse par s’éteindre à cause du surplu d’information, lui, se sent muet. Et c’est bien une première fois. Il ne sait pas quoi faire, pas quoi dire. Ce ne sont pas des mots qu’il a apprit, ce n’est pas comme ça qu’il a été élevé. Il ne sait même pas si il est ce dont Kirk a besoin. Il ne sait pas dans quelle mesure il sera capable d’être ce dont il a besoin, alors qu’il lui confie qu’il ne peut pas supporter d’être séparé de lui.

« Je…. »

Finit-il par dire, pateux et maladroit, avant de finalement regarder la main de son meilleur ami, et de la serrer doucement contre lui. Il soupire, et si il a besoin d’une explication, il la tient d’un lointain souvenir dans sa mémoire. « je veux que la voix de la plus noire envie; Elève au ciel ma gloire et plaigne mes ennuis; Sachant que je t'adore et que je te poursuis… »

Il soupire derechef : voilà, c’est dit. De la seule façon dont il est capable. Il est soulagé, quelque chose est enfin débloqué chez lui. Le nœud qui avait envahit ses pensées se dilue en douceur. Il commence a y voir plus clair. Il remonte son regard pour trouver celui de Kirk, qui n’a pas bougé, en serrant toujours sa main contre son torse, comme terrifié de la relâcher.

« Je suis désolé… » Avoue-t-il doucement. « J’aurai aimé être meilleur, être plus intelligent, comprendre mieux, te parler comme tu peux le faire… Je… »

Il hoche la tête, reprenant contenance, prêt à affronter ce qui se dresse devant lui, et son regard prend une nouvelle détermination.

« Je te mentirai si je te dirais que je te disais que je suis sûr de quoique ce soit, Kirk… Mais il y a une chose dont je suis certain… » Le sourire a ses lèvres vient naturellement et il finit par murmurer «… C’est que personne ne t’aime et ne tient à toi comme moi… »
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Re: Once you've crossed the line, there's no turning back [Byron Saberhagen]

 par Kirk H. Abberline le Lun 31 Déc - 13:02

Once you've crossed the line, there's no turning back
La peur se bat avec la panique pour prendre possession de moi. Byron ne m’a pas rejeté tout de go quand je lui ai avoué mes sentiments. Pourtant je ne sais pas, car ces trois mots, ce “Je t’aime”, est une phrase que l’on utilise (l’humanité en générale) tellement souvent pour désigner tout et rien qu’ils perdent de leur force quand bien même les sentiments derrière sont les plus forts que l’on puisse expérimenter. Alors il a voulu que je lui explique et je l’ai fait. Maintenant j’attends et son manque de réponse n’aide pas l’état de mes nerfs à l’heure actuelle. Je suis à deux doigts de tout laisser tomber et de partir en courant, m’enfermer dans mon appartement ou pire, de faire mes bagages et de dégager de la ville pronto. Ca serait probablement la pire chose à faire à cet instant précis, d’autant plus qu’avec sa mutation, Byron aurait largement les moyens de me couper la route rapidement avant même que je ne sorte de l’immense bâtisse qu’il appelle “maison”.

Il serre ma main, la mène à son torse et je retiens mon souffle sans même m’en rendre compte, les yeux rivés sur lui, son visage, alors que mon estomac est noué comme jamais et mon coeur ne sait plus sur quel rythme danser. Et quand il parle...Mon dieu quand il parle c’est comme si on détruisait l’étau qui m’enfermait depuis tellement longtemps. Ce n’est pas un retour exacte des mots que j’ai prononcé, mais c’est bien mieux, bien plus. Des mots de théâtre, des mots que l’on a expliqués ensemble, des mots qui m’ont fait reconnaître mes propres sentiments pour lui, il y a deux ans. Il ne le sait pas, mais ces mots ont un impact bien plus fort sur moi qu’il ne l’imagine et je souris. Un grand sourire, un de ceux que même lui ne voit que rarement, parce que c’est aussi rare que je sois aussi heureux. L’air que je retenais dans mes poumons s’échappe en un petit rire

“C’était ma réplique ça.” une petite boutade, gentille, presque euphorique, pour lui rappeler les circonstances de cette réplique précise.

Ses prochains mots me font un peu mal pour lui, mais n’entâchent pas ma joie actuelle, honnêtement, je pense que je pourrais même dîner avec mon père alors qu’il m’insulte que je n’en n’aurais rien à faire. Pas aujourd’hui en tout cas. Je pose une main sur sa joue, doucement.

“Shh...Ce n’est pas grave Byron. Tu n’aurais pas pu trouver meilleurs mots, crois-moi.” j’espère faire taire ses doutes, mais je doute que cela soit aussi facile.

A sa dernière phrase, enfin, je ne peux empêcher mes larmes de joie de s’échapper de mes yeux et je pose mon front contre le sien, fermant les yeux.

“J’avais si peur...Peur de tout gâcher entre nous, alors que j’ai toujours fait attention, pour ne pas te faire fuir.”


En cet instant je remercie toute force supérieure de m’avoir accordé cette bénédiction.
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Re: Once you've crossed the line, there's no turning back [Byron Saberhagen]

 par Byron G. Saberhagen le Sam 12 Jan - 23:41

ONCE YOU'VE CROSSED THE LINE, THERE'S NO TURNING BACK
Il rit avec lui, un peu gauchement, mais il a raison : C’est sa réplique. Et elle n’a jamais sonné si vrai qu’à ce moment-là. Byron ne sait pas vraiment ce qui est en train de se passer dans son for intérieur. Il est stressé, perdu, peut-être un peu apeuré, très certainement angoissé, mais tout ce genre de sentiment est littéralement écrasé et balayé dès qu’il sent la main de Kirk se poser doucement sur sa joue. La sensation est tout à fait inédit pour lui, mais pour lui, c’était comme si cela avait toujours été naturel. Il se love dans la paume chaude que lui tend son meilleur ami, en soupirant d’un air comblé. Pendant cet instant, il se sent en paix, et ça, c’est d’une trop grande rareté pour ne pas qu’il se laisse aller au présent, posant sa main sur celle qui lui tient le visage, appréciant la proximité quand Kirk pose son front contre le sien. Ils ont déjà été dans une proximité physique telle que celle-là, mais jamais aussi tendre, et jamais été aussi viscérale. Il soupire doucement derechef, et hoche la tête. Lui qui avait été terrorisé que cette relation tombe en poussière, ne peut que comprendre la peur qu’il avait eu au ventre. Mais pendant combien de temps Kirk s’est ainsi torturé l’esprit ?

« J’aurai jamais fuis tu sais… » Murmure-t-il, en retirant doucement les larmes qui perlent aux yeux de Kirk, même si elles sont un peu contagieuses, alors qu’il sent sa vision se brouiller. Il ne l’a jamais vu pleuré, et si la vision lui serre un peu le cœur, il sait que ce sont des mois d’angoisse qui s’échappent pour lui, alors il se fait patient, pour celui qui l’a toujours été avec lui. « Je tiens trop à toi pour ça. »

Et puis il craque. Doucement il fait en sorte de se blottir avec tendresse  dans ses bras, se lovant contre son torse et respirant à fond son odeur. Juste pour franchir les dernières étapes et sceller doucement ce qu’ils ont fini par construire doucement, petit à petit entre eux. Donner un peu plus de sens à cette évidence intrinsèque entre eux : Ils ne peuvent pas être l’un sans l’autre. Aucun des deux ne peut le supporter. À cette pensée il s’accroche à lui peut-être un peu trop hardement. Mais il n’y peut rien, après tellement de temps en solitaire il a besoin de le sentir proche de lui. Il sait que c’est sa faute, mais il ne peut pas s’en empêcher. Maintenant il lui semble que tout ira mieux, et que tout problème à sa solution.

Ou presque. Il reste lové ainsi pendant un long moment, mais qui lui parait toujours affreusement court, jusqu’à ce que finalement les angoisses reviennent toute seule. Déjà, il est perdu, il ne sait pas vraiment ce qui va changer à partir d’aujourd’hui, il sait juste une seule chose. Il se décale un peu de lui, sans être capable de le lâcher pour autant, ses doigts qui s’aggripe à son pull et il dégluti un peu.

« … on ne peut pas en parler à mes parents… » Ni à personne d’ailleurs. C’est trop dangereux, pour lui et pour Kirk. Il sait que ce qui vient de naître est encore fragile et  a protéger. Et il ne supporterait pas que tout vol en éclat.

« Il va se passer quoi à partir de maintenant ?... » Lui dit-il en le regardant dans les yeux, serrant encore une fois ses mains contre lui, incapable de rompre le contact, juste un instant. Il ne peut pas. Il a l’impression que tout va se rompre a l’instant même ou leur peau ne se toucheront plus. « J’veux dire… j’y connais que dalle… »

Non il n’y connait rien. On lui a toujours dit que c’était un bonus, voire un contretemps, mais certainement pas pour quelqu’un comme lui. Qu’il était destiné à mieux, qu’il n’aurait pas le luxe du choix à c sujet. Pudiquement, il n’ose même pas faire mention de ce qu’ils sont actuellement. Probablement toujours ami ? Enfin… c’est pas un peu plus normalement ? Et on fait quoi dans ce cas précis ?  On est sensé se comporter comment ? il y avait des règles précises à suivre non ? Bon sang qu’est-ce qu’il ne donnerait pas pour être moins gauche… il devait vraiment avoir l’air d’un enfant à cet instant présent. Et il était presque certain que ce n’était pas ce que Kirk cherchait, et encore moins ce dont il avait besoin...

… Mais lui avait besoin de Kirk. Maintenant plus que jamais.
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Re: Once you've crossed the line, there's no turning back [Byron Saberhagen]

 par Kirk H. Abberline le Lun 14 Jan - 12:55

Once you've crossed the line, there's no turning back
Le sentir se lover contre moi est quelque chose qui me rend encore plus heureux que je ne le suis déjà, et je passe mes bras autour de lui, le serrant contre moi. C’est comme si je le protégeai du monde extérieur ainsi, aussi idéaliste cette idée puisse-t-elle être. Mais c’est ce que je voulais faire autant que faire se peut: le protéger de toute ce qui pourrait chercher à lui nuire. Sa maladie est malheureusement hors de ma portée, bien que j’arrive à avoir une vague influence bénéfique dessus, mais pour le reste? Il faudra me passer sur le corps pour atteindre Byron et j’en fais le serment ici et maintenant, peu importe les conséquences. Je les accepterai de bonne grâce, car il est tout pour moi. Je n’aurais jamais cru cela possible, trouver quelqu’un pour qui je serais prêt à mettre ma vie en jeu, de manière entière et complète, et pourtant, voilà où j’en suis et je ne changerai les choses pour rien au monde.

Quand il bouge un peu, je desserre ma prise sur lui, et je crois son regard, les angoisses qui y nagent et ça me fait mal. Mais je savais dans quoi je plongeai en me déclarant à lui et en m’attachant à lui. Je connais son caractère anxieux, ses angoisses multiples, ses peurs et la pression sous laquelle il vit. J’ai conscience de tout cela et je ferai de mon mieux pour le soutenir à travers ces aléas de la vie. Jusqu’au bout et plus encore. Je hoche lentement la tête à son affirmation. Je n’ai pas besoin d’ajouter qu’il ne faut rien dire au miens non plus, c’est une évidence claire et nette. Finalement, je serre un peu mes mains sur lui, et dépose un doux baiser sur son front.

“Maintenant on fait...Comme on le souhaite. Certains diront qu’il y a des règles strictes, mais je ne pense pas. Rien n’a vraiment besoin de changer par rapport à ce qu’on faisait avant. Seulement, on sait qu’il y a plus qu’une simple amitié entre nous” je souris.

Je ne veux pas qu’il angoisse en pensant qu’il DOIT faire quelque chose ou ceci parce que c’est ce qu’on attend d’un couple “normal”. Évidemment que des choses seront différentes, on sera plus proches lors de nos soirées films à la maison, on pourra même dormir dans le même lit, mais autrement? Rien n’a BESOIN de changer.

“Le plus important est de parler, de communiquer. Il faut que n’aies pas peur de me dire ce que tu veux, ce que tu ne veux pas. Surtout si tu ne veux pas quelque chose. Tu ne me dois rien Byron. Jamais. Jamais tu ne dois te sentir forcé à faire quoi que ce soit. Tu ne veux pas qu’on change nos habitudes? Dis-le…”

Je paraît peut-être un peu lourd, mais je veux qu’il soit parfaitement conscient de cela. Je ne veux pas qu’il croit devoir dire oui à tout parce qu’on est ensemble. Certainement pas. Soudain quelque chose me frappe et je grogne un peu.

“Pour tout dire, il vaut mieux que personne ne soit au courant pour nous deux pendant au moins quelques mois…” je n’ai pas envie de lui dire comme ça, mais on ne peut pas non y aller par quatre chemin “Parce que tu es encore mineur et...moi pas. Donc si quelqu’un l’apprenait et même si on a rien…’fait’ “ je ne peux pas m’empêcher de rougir car je ne vais pas me faire passer pour ce que je ne suis pas, j’y ai déjà pensé, aussi coupable puis-je m’être senti après “Des gens pourraient croire le contraire et...Bref, il vaut mieux garder ça pour nous pour le moment.”

D’un coup, j’ai l’impression d’être très sale. Parce que j’ai terriblement envie de l’embrasser depuis que lui aussi m’a avouer ses sentiments, mais je ne peux pas. Je ne peux pas prendre ce risque, même si à priori il n’y a que nous dans cette pièce. Je ne veux pas l’inquiéter encore plus, mais je ne veux pas non plus qu’il croit que mes refus sont en lien avec son apparence ou lui, car ce n’est clairement pas le cas.

“Je suis désolé...Ca ne va pas être très confortable au départ…”

Et puis je pense à mon père et je me dis que même si je ne vis plus avec lui, je travaille avec lui et rien que ça pourrait mettre un sale coup à notre relation naissante. Sans rien dire de plus, je prends la décision de chercher un nouveau boulot dès que possible. Comme ça, même si mon père l’apprend, il n’aura plus de moyen de faire pression sur moi, pas sans vouloir se retrouver avec une plainte de harcèlement au cul et ça, il est suffisamment intelligent pour ne pas en vouloir une.
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Re: Once you've crossed the line, there's no turning back [Byron Saberhagen]

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