Once you've crossed the line, there's no turning back [Byron Saberhagen]

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Once you've crossed the line, there's no turning back [Byron Saberhagen]

 par Kirk H. Abberline le Jeu 25 Oct - 18:11

Once you've crossed the line, there's no turning back
Depuis ce que la presse a surnommé le “Poison Birthday”, la ville devient petit à petit folle. Tout d’abord, l’instauration d’un couvre feu. Ensuite la haine contre les mutants qui s’accentue. Et surtout, mais beaucoup plus personnel, je n’ai presque pas de nouvelles de Byron. Ca peut sembler trivial comme information, mais pas pour moi. J’ai l’habitude d’aller en pause et de voir trente messages (si ce n’est pas plus), douze snaps et trois messages sur ma boîte vocale de Byron. Ca me tire toujours un petit sourire parce qu’à lui tout seul j’ai dû vider trois fois ma messagerie depuis que j’ai mon téléphone. Il me parle beaucoup, me raconte plein de petites choses, parfois totalement ridicules et insignifiantes à part pour lui probablement, ou alors des choses plus importantes. Dans tous les cas, il sait très bien qu’il a mon entière attention quand je ne travaille pas. hors de mes journées de travail et à moins de ne pas pouvoir accéder à mon téléphone, il a une réponse dans la minute qui suit son sms. Jamais bien longue, quelques mots mais qui tombent justes; ma grande force.

Mais depuis le Poison Birthday, presque rien. Les premiers jours, j’ai mis ça sur le compte du choc de ce qu’il s’est passé. C’est compréhensible; ce qu’il s’est passé durant cette soirée fut particulièrement violent et intense. Les émotions ont battus à plein régime, il a été blessé, des amis à lui et moi aussi...Ce n’est pas quelque chose dont on ressort indemne. J’ai encore des cauchemars de cette soirée funeste et pendant trois jours je n’ai presque rien pu avaler tant j’avais l’estomac en pelote de nerf. Mais ça fait plus d’un mois maintenant. Je ne dis pas qu’il serait remis, qu’il irait “bien”, non, je ne pense pas, mais je pensais...non, j’espérai qu’il ira suffisamment mieux pour reprendre un rythme de correspondance presque habituel. Oui, de correspondance parce que ça semble devenu mission impossible de le voir en ce moment. Il m’a prévenu, dans un sms plus que laconique, que sa mère l’a privé de sortie (ce qui s’envisage même si c’est pas vraiment de sa faute si l’autre tordu a attaqué ce soir-là), et qu’il avait un emploi du temps de ministre. Mais privation de sortie mise à part, il a toujours eu un emploi du temps de ministre et on a toujours trouvé du temps pour se voir.

Non, ce n’est pas normal. Il ne va pas bien et je refuse de le laisser sombrer sans rien faire. Il a été là quand j’ai dû affronter les démons de mon passé, il m’a hébergé la nuit du Poison Birthday, pour ne pas que je sois seul chez moi avec mes yeux qui ne fonctionnaient pas bien. De manière générale, il a toujours été là pour me soutenir, pour m’aider...Il était là pour moi. Cette fois, c’est à moi d’être là pour lui. Après une ultime tentative de l’avoir au téléphone (se soldant par un échec cuisant), ma décision est prise: je me rend chez lui.

Je ne suis pas des plus à l’aise alors que je conduis vers la maison des Saberhagen. J’ai une crainte énorme: croiser sa mère. Cette nuit fatidique, j’ai failli à ma promesse, celle de ramener Byron sain et sauf de cette soirée. Je me sens déjà mal de profiter de son mentorat alors que je lui cache la maladie de Byron, en plus des sentiments que je ressens pour lui qui n’aident pas à me sentir à l’aise aux repas de famille. Je n’ai d’ailleurs pas encore repris rendez-vous avec elle pour une nouvelle leçon, je n’en n’ai pas la force pour le moment. Donc non, je ne suis pas comme un coq en pâte en allant chez lui, mais c’est nécessaire. Je dois savoir comment il va et...il me manque, tout simplement. C’est difficile de se dire que j’ai autant besoin de lui, de sa présence pour aller bien, mais c’est vrai. J’ai eu la mauvaise idée de me laisser aller à l’enlacer plus d’une fois ces derniers mois et si c’est toujours resté très chaste...Je ne peux pas m’empêcher de rêver de plus…

Je me rabroue pour sortir ces pensées de ma tête et arrive chez lui. Je me gare devant et monte jusqu’au porche. Je sonne et très vite la porte s’ouvre. Je m’attends à voir un de ses parents, ou Byron lui-même, mais non, je dois baisser le regard pour voir William ouvrir la porte. Je force un sourire sur mon visage.

“Salut Munchkin. Est-ce que Byron est là?” le petit sourit au surnom que je lui donne, il l’aime bien visiblement, en est presque fier, et hoche la tête vivement.
“Oui, je vais le chercher.”

Et il file à toute vitesse chercher son frère aîné, tandis que je rentre dans l’entrée en fermant la porte derrière moi. Je n’ose pas bouger plus tant qu’il n’est pas revenu, avec ou sans Byron.
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Re: Once you've crossed the line, there's no turning back [Byron Saberhagen]

 par Byron G. Saberhagen le Dim 28 Oct - 4:38

ONCE YOU'VE CROSSED THE LINE, THERE'S NO TURNING BACK
Ceux qui connaissent vraiment Byron, c’est-à-dire bien peu de gens au compteur, savent que le jeune homme est loin d’être aussi social et extraverti qu’il faisait mine de l’être. Il aimait cultivé un certain retrait du monde, garder l’appui d’un unique groupuscule d’humains qui avaient sa confiance et ne pas s’entourer d’amis avide de célébrité. Il refusait une grosse majorité des fêtes de lycées et prétendait que c’était pour se faire désirer, ne fréquentait que très casuellement les gens populaires au lycée pour leur préférer la compagnie de nerds et geeks, et mise à part le théâtre, refusait toute entrée à des clubs. Il n’avait même pas 5 personnes de son lycée dans son répertoire téléphonique.

Mais même pour lui, son comportement du dernier mois avait été particulier, il le savait. Il s’était même éloigné d’instagram, sa petite bulle personnelle, pour privilégier de longues soirées de lecture entre deux cauchemars perturbants. Et surtout, il s’était éloigné de son meilleur ami, avec pour excuse bateau sa privation de sortie et ses répétitions qui étaient de plus en plus fréquentes. Alors certes, il aurait été difficile d’aller manger ensemble le soir, ou bien de trainer en ville. Mais rien qui ne justifier le peu de communication que Bryon avait envoyé à Kirk. Alors qu’il le noyait habituellement sous des dizaines de messages stupides. Mais depuis cette nuit funeste, même penser à lui avait été aussi compliqué que perturbant. Et pourtant, il n’y avait pas une seule minute sans que le charpentier n’envahisse son esprit. Et pour une raison qu’il ignorait, ce n’était pas comme avant. Maintenant ça le faisait perdre tout ses moyens, et les quelques discussions sur le sujet avait ses rares amis ne l’avaient absolument pas rassuré. Quelque chose était en train de se passer. Il ne savait pas quoi, ni pourquoi, ni l’exprimer, ni même comment s’était arrivé au milieu d’une tragédie pareille.

Pour l’heure, il sait juste que c’est dangeureux, peut-être déstructeur, anormal et que ça menace d’exploser à tout moment. Il ne veut pas que  ça eclabousse Kirk qui n,a rien demandé. Il en a tellement bavé quu’il n’a pas besoin des etats d’esprits discutable d’un jeune adolescent trop bête. Alors il a coupé les vannes. Il ignore si ça touche vraiment son meilleur ami : apres tout peut-être que ça va faire presque deux ans qu’il l’étouffe et que maintenant que l’autre petit abruti lui fout un peu la paix, il respire mieux. Du moins il préfère penser ça, même si ça lui pince le cœur : au moins il fait de la peine à personne. Il voit bien les sms de Kirk défiler, périodiquement sur son téléphone. Mais toujours, il espère qu’il est le seul à souffrire de la situation. C’est le seul qui mérite un chatiment ici.

Le visage et le cheveux humide, il sort à peine de la douche quand il voit son jeune frère courir vers lui comme une flèche pour lui rentrer dans l’estomac sans autre forme de procès. Byron ricane et en profite pour le chatouiller sans vergone, avec le dernier né qui se contortionne pour en réchapper.

« Alors ?! Qu’est ce que tu as, p’tit Willy ? »

Le petit le fixe et annonce fiérement : «Kirk veut t’voir ! Il est à la porte. »

Et là, il se fige. Merde. Il aurait pas parié sa main que ça arriverait, et en tout cas, pas si tôt. Il ne sait pas vraiment quoi faire, il se doute que c’est important parce que Kirk ne se déplace pas pour r… en fit si Kirk s’est déplacé pour rien des dizaines de fois dés qu’il lui a demandé. Mais là, il sent l’urgence poindre et de toute façon, il ne peut pas le congédier. D’un côté, Kirk lui a manqué, et il n’a qu’une envie c’est de galoper à l’entrée.

Il regarde son frère, il frotte la joue et use de son autorité de grand frère pour ordonner gentiment. « Allez, va dans ta chambre. »

Le gamin fait brièvement la moue, mais juste pour la forme. Kirk n’aimait pas jouer, et quand il insistait pour rester avec eux quand le grand était là, il s’ennuyait ferme. Alors il obéit sans protester. Byron espérait juste que le petit n’irait pas chercher Margaret pour avoir l’idée d’écouter aux portes.

Il enfila un pull immense et beaucoup trop large : une nouvelle preuve de son moral défaillant depuis l’attaque du Poison Prince, et se rendit à l’entrée pour acceuillir Kirk. Il n’eut pas à forcer pour afficher un sourire.

« Salut Buddy ! Excuse, je ressemble à rien, mais j’ai eu une grosse journée de répétition.. » Il l’invita d’un signe à le suivre vers sa chambre et ferma la porte derrière eux. Et là, il se senti mal à l’aise. Déjà : il est en tort. Et en plus, il ignore complètement ce que Kirk lui veut, et ça le stresse.

« Alors… tu vas bien ? Qu’est-ce qu’il se passe ? » Commença-t-il avant de s’asseoir sur le lit, avec Batman le chat qui ouvrit un œil paresseux, roulé en boule sur un des oreiller, avant de le refermer aussitôt. Il n’était pas très éloquent quand il était en panique, et il ne savait pas du tout à quoi s’attendre, ou comment réagir. « Rien de grave au moins ?... » Avec tout ce qui a pu se passer récemment, on était jamais à l'abris d'une mauvaise surprise...



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Re: Once you've crossed the line, there's no turning back [Byron Saberhagen]

 par Kirk H. Abberline le Mar 30 Oct - 23:03

Once you've crossed the line, there's no turning back
Je préfère ne pas vérifier le temps qui défile pendant que j’attends, parcourant un peu en long et en large la pièce dans laquelle je me trouve. Au moins, j’aurais le coeur net si Byron m’évite vraiment ou non avec cette visite. Parce qu’il est toujours assez simple de trouver une excuse pour ne pas venir quelque part, surtout avec une vie aussi chargée que celle du danseur. Cependant, si je viens chez lui, il ne peut pas esquiver de me voir, à moins de vraiment m’éviter et de trouver une excuse du type maladie ou trop occupé mais quand même. Bon, il y a une autre possibilité, beaucoup moins nombriliste de ma part et surtout plus inquiétante: que Byron n’aille vraiment, vraiment pas bien. Dans ce cas il aurait tendance à éviter tout le monde et pas seulement ma petite personne, mais ça voudrait dire qu’il n’est pas loin du fond du trou et je refuse de le laisser sombrer sans rien faire. Dans tous les cas, une visite impromptue était de mise, quelle que soit la réponse finale à son silence radio.

Au bout d’un moment, j’entend des pas descendre l’escalier, et je reviens près de ce dernier. Je m’attendais à voir William arriver mais non, c’est l’aîné de la fratrie en personne qui me rejoint. Je vois bien qu’il a les cheveux humide, sortant donc très probablement d’une douche. En d’autres circonstances cette constatation aurait déjà permis à mon cerveau de partir un peu trop en direction du caniveau mais je me serais repris à temps pour ne pas risquer d’embarrasser Byron. Sauf qu’aujourd’hui, il y a d’autres détails qui m’attirent plus l’oeil, et qui auraient tendance à pointer vers la solution la moins nombriliste, mais la plus inquiétante aussi. Les vêtements trop larges, lui qui n’a pas l’habitude d’en porter à quelques exceptions près; c’est lui qui se chagrine que je souhaite rester un fashion disaster comme on m’a déjà appelé parfois. Puis il y a ses yeux. Des yeux avec de lourdes et vives cernes qu’il est difficile de rater. Tellement secoué de voir Byron aussi différent de ce que l’on connaît de lui, je réponds presque mécaniquement.

“C’est rien, t’inquiète.”

Je le suis sans rechigner jusqu’à sa chambre, bien content de ce fait parce que vu la conversation qu’ils vont avoir, je préfère ne pas avoir d’audience. Un autre signe que tout ne va pas bien: je sais qu’il est d’un naturel anxieux, mais quand il se fait aussi laconique, malgré le grand sourire qu’il m’a affiché en descendant me chercher, c’est qu’il est à la limite de la panique. Bon sang. Je m’assois à côté de lui, juste assez près pour sentir la chaleur de son corps mais sans le toucher pour autant (oui, je suis maso comme ça) et j’ai un petit rire à sa dernière question.

“C’est à toi que je devrais demander cela…” je soupire et me tourne un peu plus vers lui, l’observant pleinement “Sans même parler des cernes qui montrent que tu ne dors pas assez...Tu ne me parle plus autant qu’avant.” mes épaules s’avachissent un peu “Je comprends bien que se voir est devenu compliqué et vraiment, je comprends. Mais tes textos intempestifs sont devenus presque rares...Je ne vais pas y aller par quatre chemins Byron; tu me manques. Nos conversations sur des sujets un peu ridicules mais si drôles, tes réactions à des petites choses du quotidien que moi je ne remarquerais même pas.” je hausse les épaules “Je sais pas...Si j’ai fait quelque chose de mal, dis-le moi, que je tente de rectifier le tir, mais s’il te plaît…”

Et je lui dis quoi là? Ne m’efface pas de ta vie? Ne me laisse pas sur le bord de la route? Reviens? Expliques moi? Je ne sais pas, alors je referme la bouche, et j’attend sa réponse.
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Re: Once you've crossed the line, there's no turning back [Byron Saberhagen]

 par Byron G. Saberhagen le Dim 4 Nov - 4:47

ONCE YOU'VE CROSSED THE LINE, THERE'S NO TURNING BACK
Ça lui avait atrocement manqué, malgré l’ambiance sinistre a coupé au couteau. Juste se retrouver seul à seul avec lui. Il se rendait bien compte que c’était parfaitement stupide de sa part de se priver de quelque chose qui lui faisait autant de bien. Et qui même dans les pires moments, avait cet aspect rassurant et cosy. Trop rassurant et cosy, quand il se souvenait subitement de la raison qui lui avait fait prendre la décision subite que c’était mieux pour le moment de prendre ses distances.

Kirk s’installe a ses côtés, et lui parle avec une franchise assez… déroutante. Kirk est pragmatique, silencieux, et ne se confie pas aisément. Même à lui. Pour savoir ce qui lui pose problème, lui faut être extrêmement patient, voire lui arracher les vers du nez –bien que cette technique c’est plutôt celle de son meilleur ami, Byron préfère attendre que le bon moment pour les confessions. Mais ce qui ne lui dit, ne le met pas plus à l’aise. Il sent sa gorge qui se dessèche, la culpabilité le ronger, et pas uniquement celle de l’avoir laissé sur le carreau. Il est même presque sûr d’avoir les joues en feu, et il n’est pas sûr que de toute sa vie, ça lui ait arrivé plus de 3 fois. Alors quand il l’entend supplier une réponse dans sa dernière phrase, Byron ne tient plus. Il descend du lit et lui fait face, secouant vivement la tête, presque outré de la question.

« Non ! »

Il est surprit de la véhémence de ce simple mot et commence à perdre ses doigts dans ses cheveux en fixant tout ce qu’il peut dans sa chambre en cherchant ses mots pour expliquer sa façon de penser, tout en essayant d’en dire le moins possible. Un exercice qui lui serait pas spécialement le plus difficile… si il était pas dans un état aussi difficile, et qui plus est, face à Kirk.

Il soupira et secoua la tête, fixant son meilleur ami avec un regard sincèrement attristé. Il s’est rarement senti aussi mal à l’aise, aussi en faute, et aussi misérable.

« C’est pas ta faute Kirk. T’as rien fait de mal. J’ai jamais voulu que tu te sente comme ça…. » Il triture son pull trop grand pour s’occuper les mains, les lèvres pincée, incapable de savoir s’exprimer, tout simplement parce qu’il ignore déjà pourquoi il agit comme ça. Il se résout à invoquer en boucle la même excuse, parce que c’est la seule qu’il a su identifié. Mais même lui n’est pas assez stupide pour ne pas comprendre qu’il y avait autre chose sous jacent. Il ne savait pas juste quoi. Et ça commençait à lui faire perdre pied avec toute logique.

« C’est… après la soirée, le Poison Prince… J’arrive plus à rien depuis Kirk. Je vois les cadavres dès que je ferme les yeux. J’arrive plus à sortir, apprécier les petits moments banals. Je vois le monde devenir taré et je pense à ce que vont subir mes frères et sœurs quand leur mutation va sortir et qu’on va être obligés de les marquer comme du bétail… »

Il soupire, s’oubliant au passage que la menace valait aussi pour lui, et frotte une de ses tempes, tremblant presque. Les mots sortent et ne font pas bien de sens, il le sait, mais son angoisse parle pour lui, comme toujours. Il lève encore les yeux devant le charpentier et se confond en excuse.

« Je suis tellement… tellement désolé Kirk ! Je pensais vraiment pas que ça te ferrait autant de mal. Je pensais… » Il secoue la tête en levant les yeux au ciel, affligé par sa propre stupidité. « …je pensais que tu serais content d’être tranquille. Ou que… pfff… j’en sais rien, je sais pas comment je réfléchis. » Avoue-t-il piteusement en se frottant les yeux dans un énième soupire. Il sait qu’il ne va pas aimer la suite, mais il sait aussi qu’il n’a pas vraiment le choix. Pour tout un tas de raison, Byron doit mettre un holà direct. La raison reste floue, mais il est persuadé que quelque chose explosera sous peu, et ça il ne peut pas se le permettre.

« Je… je pense juste qu’il faut vraiment qu’on garde nos distances pour le moment. » Ça tombe comme un couperet aussi pour lui, mais il hoche la tête, les yeux exorbités qui veulent probablement hurler le contraire.  « Je t’ai dit : je sais pas si le Poison Prince en a après moi après que je l’ai vu... On sait pas à quoi il ressemble… et puis le couvre-feu, ma privation de sortie, les répétitions et les cours… »

Mais ce n’était pas la seule raison, il le sait, et d’ailleurs il craque et succombe. Il baisse les yeux et soupire en secouant la tête.

« Tu me manques aussi… » Annihilant ainsi tout un semblant d’effort. Aussi perdu que seul dans l’immense verre d’eau qui est en train de le noyer.

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Re: Once you've crossed the line, there's no turning back [Byron Saberhagen]

 par Kirk H. Abberline le Sam 10 Nov - 10:38

Once you've crossed the line, there's no turning back
Je le vois se lever d’un coup et j’en sursaute presque tant c’est soudain et sans vraie raison dans mon esprit. Je dois avoir l’air d’un poisson hors de l’eau pendant un moment, avec mes yeux exorbités de surprise et le visage de manière générale perdu face à la réaction de Byron. Il y a définitivement baleine sous gravillon là. Je ne sais pas ce qu’il lui passe par la tête depuis un mois, mais ça le ronge et ça me fait mal de le voir comme ça. Bien évidemment qu’il n’est pas aussi confiant qu’il en donne l’air au monde extérieur. Je suis probablement le mieux placé pour le savoir et je peux le comprendre. Entre la pression familiale et son impression constante de n’être bon à rien, parce qu’à part le sport et le théâtre il a pas des notes faramineuses en cours, je comprends qu’il se sente ainsi. Je tente de me faire la voix de la raison, de me faire rassurant, en général. Chose qui est bien un comble quand j’ai du mal à m’accepter moi-même pour quelque chose sur lequel je n’ai aucun contrôle à l’origine. Enfin, si, je contrôle ma mutation, de mieux en mieux, mais je ne suis toujours pas en paix avec ce qu’elle représente. Mais même pour quelqu’un comme Byron, son attitude ici est étrange.

Je me reprend et l’écoute attentivement, l’observant aussi. J’ai presque envie d’écouter son flux sanguin pour m’assurer qu’il n’a pas de problème de ce côté-là mais ça voudrait dire ne plus pouvoir l’entendre et je ne veux pas. Je veux le comprendre et surtout, comprendre comment il pense en ce moment et pour ça, je dois l’écouter. Evidemment, ça parle du Poison Prince et c’est normal. Je détourne un instant les yeux quand il parle des cauchemars qu’il a encore à cause de cette soirée. Des cadavres...Je ne peux même pas lui dire que je comprend, parce que pas vraiment. Moi aussi je ne suis pas au mieux de ma forme depuis cette soirée, mais comment lui avouer que quand je ferme les yeux, tout ce que je vois c’est son visage à lui, tordu de douleur avant que ma vision ne s’estompe pour ne plus rien voir jusqu’au lendemain matin, où je me suis réveillé avec lui dans mes bras, aux petites heures du matin? Comment je peux lui dire que malgré le traumatisme présent (oh que oui), cette soirée m’a apportée comme une nouvelle chaleur dans la poitrine? Comment sans passer pour un type horrible et sans coeur? Egoïste? Alors je me tais.

Pourtant, je retourne mon attention vers lui quand il m’annonce qu’il pensait que...Ca me ferait plaisir d’avoir la paix? Oui, dans l’absolu, c’est vrai. J’aime ma tranquillité, mais pas...Pas pour lui. C’est bien là que le bas blesse. Il pourrait m’envoyer un message au milieu de la nuit pour m’envoyer simplement une photo de Batman dans une position improbable, et jamais je ne lui en voudrais. J’en suis bien incapable.

“Non...Byron, J-”

C’est comme une douche glacée qui me tombe soudainement dessus. Je voulais le rassurer, lui dire que s’il y a bien une personne pour qui je troquerais ma tranquillité c’est lui, qu’il ne m’embête jamais et que de toute façon, si je ne veux ou ne peux pas répondre à ses messages, je ne le fais pas et puis point barre. Mais ce qu’il me dit...J’ai l’impression qu’on a arrêté le temps au pire moment de ma vie. Il tente de se justifier mais pour moi, il n’y a aucune justification valable, encore moins celle qu’il me donne. Pas pour moi. Je fronce les sourcils, inquiet, mais aussi...triste, et un peu en colère quelque part. Pas contre lui, non, lui n’est qu’une autre victime dans cette histoire, mais contre ce putain de Poison Prince qui semble si prompt à me prendre ce à quoi je tiens sans même lever le petit doigt. J’allais lui dire que ça ne fait aucun sens, que s’il n’a pas le temps de me voir (ça je ne peux pas jurer que c’est faux donc admettons), il peut toujours m’appeler, m’envoyer des SMS. Lui dire qu’il peut rêver s’il croit que je le laisserai s’enterrer seul dans cette situation. Mais il dit une phrase, une seule phrase et quelque part, elle fait encore plus mal que la précédente. Parce que c’est la preuve qu’il y a un vrai problème. Et je sais que je ne devrais pas m’énerver, que je devrais tenter de calmer la chose de le rassurer...Mais l’ascenseur émotionnel que je viens de vivre avec les vifs sentiments que ça a suscités ont raison de cette apparence de calme que j’affiche la plupart du temps.

“Alors pourquoi?! Pourquoi tu t’éloignes comme ça?” je me lève aussi, pas prêt de me laisser faire, pas ce soir, pas maintenant. Oh je l’aime, je l’aime à en crever, et c’est peut-être ça qui pose problème ici “Qu’on ait pas le temps de se voir ne veut pas dire que tu dois essayer de m’effacer de ta vie comme ça! Je comprends que la soirée du Poison Birthday t’ai marqué, franchement je comprends, bon sang Byron j’ai cru que j’allais t’y perdre!”

Rien que de le revoir comme il était lors de cette soirée, la chemise tâchée de sang, le visage tordu de douleur, je dois me forcer à fermer les yeux un instant pour effacer la superposition de cette vision sur le Byron que j’ai en face de moi et un grand soupire pour calmer un peu mon esprit, mais je n’en n’ai pas fini pour autant.

“Mais tu sais que tu peux toujours venir vers moi pour parler, pour pleurer, pour n’importe quoi. Tu es...tellement important pour moi, ne crois jamais que tu me déranges.” je n’ose pas m’approcher de lui pour le moment “Le Poison Prince pèse sur la ville comme une épée de Damoclès, et j’ai bien conscience qu’il t’inquiète tout particulièrement parce que tu l’as vu et il t’a très probablement vu, mais ça ne doit pas t’obliger à t’isoler.” je ravale ma supplique et continue “Il n’a pas le pouvoir ici malgré tout!” je me sens m’emporter et je ne peux rien y faire “Il n’est qu’un lâche qui se cache pour attaquer, et s’il en vient à s’en prendre à toi que Dieu lui vienne en aide; parce que s’il n’a pas besoin de toucher les gens pour leur faire du mal, moi non plus!” je ne sais pas si ça le rassure en fait mais là mon cerveau est en roue libre “Et que ça te plaise ou non, je serais capable de faire beaucoup” beaucoup trop me susurre une voix traîtresse dans mon esprit “pour te protéger. Il n’a pas le droit de détruire tout ce qu’on a construit! Je ne le laisserai pas faire!”

Je ne me rend compte de l’énergie que j’ai dépensée durant ce petit monologue que lorsque je m’arrête et que je sens ma respiration haletante d’avoir parlé, beaucoup, et vite. Je ne sais pas si j’ai eu l’effet escompté, mais je suis en proie à mes instincts à cet instant, ma rationalité s’est fait la malle.
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Re: Once you've crossed the line, there's no turning back [Byron Saberhagen]

 par Byron G. Saberhagen Aujourd'hui à 5:15

ONCE YOU'VE CROSSED THE LINE, THERE'S NO TURNING BACK
Là ou le discours de Byron est hésitant, pâteux, effrayé, et sans grande consistance, malgré l’assurance dont il fait habituellement preuve, Kirk est aux antipodes. Byron a peu ou prou la même réaction quand il est aux prises avec ses parents : il se sent stupide, prit en défaut, et extrêmement mal à l’aise. Ses arguments ont la même substance qu’un lait fraise qui a tourné, et il détourne rapidement le regard quand il a fini de parler. Il n’est pas prêt à affronter celui de Kirk apres lui avoir clairement dit qu’il ne veut pas prendre le risque de reprendre leur amitié là ou il l’a laissé. Une part de lui sait bien que c’est la solution de facilité, et il en a honte. Il sait bien que Kirk n’a pas beaucoup de soutien, et apres lui avoir révélé une partie de son passé douloureux, il a le sentiment de l’abandonner comme l’ont fait ses parents voilà des années. Mais il a peur. Il est terrifié. La simple idée d’avoir pu être lié de prêt ou de loin à quelque chose qui aurait pu lui faire du mal l’angoisse au plus haut point. Ça menace de le rendre fou.

Mais une autre partie de lui sait aussi qu’il se voile la face, et qu’il y a une autre raison pour laquelle il se fait aussi direct. La même pour laquelle il lui avoue piteusement que pour lui aussi, c’est vraiment difficile. Que se retenir de l’inonder sous les messages c’est un combat de tous les instants, et qu’il se maudit d’être plus doué à ça que de se souvenir des règles élémentaires d’algèbres.

Alors quand Kirk bondit de son lit à sa suite, étonnant le chat par la même occasion, Byron sursaute. Ses arguments déjà branlants s’éffondrent comme neige au soleil quand Kirk persiste et signe à lui dire qu’il se trompe, et qu’il n’a pas à l’écarter de sa vie d’une pichenette. Byron balbutie un peu, tente de ne pas perdre complétement pied, mais c’est un exercice périlleux pour lui. Il est supposé être un meilleur acteur que ça, mais la soudaine véhémence de son meilleur ami lui coupe l’air sous les pieds.

« C’est… » Il rate le coche  quand Kirk martèle qu’il n’a pas à s’isoler à cause du Poison Prince. « C’est pas… » Il dégluti quand son meilleur ami lui juge qu’il n’hésitera à l’attaquer si la menace de Killingworth s’approche de lui, et Byron se mord vaguement la lèvre avant de finalement prendre son courage à deux mains quand il s’égosille qu’il ne le laissera pas se mettre entre eux. « Ça a rien à voir avec moi ! »

Lui aussi s’emballe, la tension artérielle qui fait du deltaplane et le cœur au bord des lévres, il ne sait même pas par quoi commencer, parce qu’il sait bien que plus il parle, plus il a l’air parfaitement idiot. Mais en quoi ça le changeait après tout ? Il avait toujours été du genre stupide, il le sait, alors il continue. Se drapant dans sa propre bétise parce que c’est la seule protection qu’il a actuellement. Il est terrifié, d’imaginer qu’un jour comme un autre, même au chaud chez l’un d’entre eux, le pire arrive, et si il peut gérer une attaque sur sa personne, sur les autres il ne peut pas. Ni ses parents, ni ses frères et sœurs, ni Vi, et encore moins Kirk.

« Après tout, ça fait quoi si il me tombe dessus ? Tu es bien placé pour savoir que de toute façon je suis déjà un pied dans la tombe. » Finit-il par dire sur le coup de la panique, ne réalisant pas vraiment l’impact malheureux que cette phrase sortie d’un ton anodin pourrait avoir. « Tu peux juste pas partir du principe que tu tiens à moi, donc je dois ignorer toute les menaces qui peuvent t’approcher. Ça marche pas comme ça Kirk ! »

Il aura tout le temps plus tard de mesurer l’impact de ces mots. Il les a juste entendu, sans vraiment les assimiler, son cerveau n’a pas assez d’espace en tête pour y réfléchir. Parce qu’il sait qu’à partir du moment ou il va prendre un quart de seconde pour les écouter, le résultat sera catastrophique. Il est sensible, trop sensible, et si il ne se bride pas sur le champ, ce n’est pas uniquement lui qui va souffrir.

« Parce que moi aussi je tiens à toi, et que je ne peux pas prendre la responsabilité que quelque chose t’arrive ! J’ai pas les épaules pour ça… »

Il inspire bruyamment pour se calmer, mais il sent son cœur s’emballer. Dans tous les sens du terme, et il a honte, aussi bien de sa faiblesse, que de ce qui dort au fond de lui et qu’il essaye tant bien que mal d’étouffer. Il écrase ses mains sur son visage, se force à reprendre son souffle, mais soupire quand même, difficilement.

« Tu m’as sauvé déjà deux fois ! En début d’année et pendant le Poisoned Birthday. Et moi j’ai fait quoi pour toi ? Je t’ai trainé dans un traquenard, et j’ai pas été capable de te protéger. Laisse-moi au moins faire ça pour toi ! »

Et tant pis pour ce qu’il restera de lui après ça. Des gamins débiles obsédés par les likes, il y avait qu’à se baisser pour en ramasser. Mais plus jamais il ne veut voir des gens qu’il aime souffrir autour de lui. Sa crise cardiaque l’avait fait courir a 6h du matin dès le lendemain, prêt à affronter le danger avec la rage de vaincre digne de lui. Mais ça, ce fut au-delà de ses forces, et de loin.


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