"You are all that I think of.." Ft Swann Weavers

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"You are all that I think of.." Ft Swann Weavers

 par Johana Von Schürmann le Mar 7 Aoû - 17:57


You are all that I think of..
Swann x Johana


Cela faisait maintenant quatre jours que Johana avait arrêté cet homme qui l'avait gentiment envoyé à l'hôpital, lui offrant un magnifique froissement de l'épaule ainsi qu'une brulure au second degré. Le médecin avait voulu lui donner une semaine de repos, et à ce moment-là, il ne le savait pas encore, mais il avait bien fait de refuser. Bien entendu, ses supérieurs refusaient qu'il aille sur le terrain, lui donnant plus de paperasse que l'habituelle. Mais ce n'était pas un mal. Il avait pu de ce fait faire plus d'interrogatoires, choses qu'il adorait faire quand il était encore au FBI. C'était même surement ce qu'il préférait dans son travail, et ce, plus ou moins grâce à son don. Car il arrivait toujours à faire craquer les gens afin qu'ils disent la vérité, refusant de quitter la salle tant que les paroles de son interlocuteur n'étaient pas limpide comme de l'eau de roche. Et visiblement il n'avait pas perdu la main, même si en réalité il ne s'agissait là que de "proies" faciles.

Une mère qui frappait sa fille pour se venger du père qui la frappait elle, un petit dealer de drogue, un voleur à la sauvette, et un agresseur sexuel. Pour ce dernier il n'avait eu aucune pitié. Sûrement à cause de son propre passé dont il ne voulait pas spécialement se rappeler. Mais dans ce genre de situations, il n'avait pas vraiment le choix. Et même s'il ne s'agissait là "que" d'une main aux fesses dans le métro, pour lui c'était un acte impardonnable, et il lui avait bien fait comprendre. Il doutait fortement qu'il recommence un jour au vu de l'enfer que lui avait fait vivre Johana, il s'en souviendrait même sûrement plus que l'amende conséquente qu'il lui avait donné. Car même si en Angleterre le Harcèlement de rue, et Harcèlement tout court, était puni, la ville de Newcastles était réputée pour être une des plus intransigeantes sur ce sujet, surtout depuis l'arrivée de Johana au poste de Surintendant.

Et de ce fait en premier temps le nombre de plainte avaient doucement augmenté, les victimes osant de plus en plus venir au commissariat pour ce faire entendre, et de ce fait, petit à petit, le taux agression diminua. Très sensiblement car cela ne faisait pas longtemps, mais c'était un bon début. Et Joh était plutôt fier de lui il devait l'avouer. Même si en réalité il ne prenait la peine de penser à ce genre de choses que lors de jours comme ceux qu'il passait dernièrement, c'est-à-dire en faisant des rapports et des dossiers.

Un sourire étira ses lèvres quand il tomba sur une petite pochette sur une de ses premières affaires ici. Ils avaient dû intervenir dans une « bagarre » qui avait générée entre deux mutants à la sortie d'un bar parce que les deux se disputaient à savoir lequel avait une meilleure mutation que l'autre. L'un était capable d'assimiler toutes les danses qu'il voulait en un temps record, l'autre pouvait moduler sa voix à volonté. Autant dire que dans le cas présent, aucune des deux mutations n'était réellement utile... Et la bagarre en était d'ailleurs plutôt ridicule, car ils ne se frappaient pas, mais faisaient une sorte de battle, l'un chantant à tue tête, l'autre enchaînant les pas de danses effrénés, le tout sur le trottoir en pleine matinée. Au final il n'y avait pas eu tant d'esclandre que ça, ils avaient réussi à les calmer et ils étaient tous les deux venu au commissariat quelques heures afin de dégriser, puis étaient repartit tout penauds.

Quand il y repensait, la situation avait été plutôt comique, et aujourd'hui il en riait, même si sur le coup, il aurait volontiers pris un des deux pour taper sur l'autre. Alors qu'il venait de finir de ranger les quelques dossiers qu'il avait trié aujourd'hui, le fait de penser aux mutant fit dériver son esprit vers Swann, et il serait mentir de dire qu'il ne pensait pas à lui chaque jour. Ce mec lui avait complètement retourné l'esprit. Mais ce qui le perturbait le plus c'était la manière dont ils s’étaient quittés.

Swann avait eu l'air presque triste de lui dire au revoir, un peu comme un adieu. Alors que Johana pensait qu'ils se reverraient. Mais ce n'était visiblement pas les intentions du plus jeune, il était partit le lendemain alors que Joh était déjà parti au travail. Sans toucher à l'argent qu'il lui avait laissé pour le taxi ou encore même le petit mot avec son numéro de téléphone. Il ne semblait pas avoir déjeuné non plus. Quand Johana était entré dans la chambre c'était comme s'il était parti dans la précipitation. Son paquet de cigarette était encore là, ainsi que l'une d'entre elles, entamée sur le balcon. Le lit n'était ni fait, ni défait, et les affaires qu'il lui avait sortit était à leur place, tandis que la chemise était au pied de la porte.

Certain l'aurait pris comme de l'impolitesse, mais Joh doutait que ce soit le genre de Swann. C'était presque comme s'il avait juste disparu. Mais il n'y croyait pas trop. Si sa mutation avait été de se téléporter il serait rentré chez lui la veille. Il était simplement partit. Ne laissant aucun moyen à Johana de le contacter.

Un profond soupire lui échappa à cette pensée et il se laissa aller contre le dossier de son siège. Il ferma les yeux quelques instants. Il était pratiquement 4pm, et il n'avait pas levé le nez de sa paperasse sauf pour aller manger une petite demi-heure. Si bien qu'un début de mal de tête pointait le bout de son nez. Il se pinça l'arête du nez. C'était un mauvais tic qu'il avait prit depuis qu'il était dans la police. Chaque fois que quelque chose l'agaçait ou le fatiguait, il avait se réflexe qui lui donnait un air condescendant d'après ses collègues qui en riaient bien.

Collègues qui avaient l'air de s'en donner à coeur joie au vue des éclats de rires qu'il entendait dans le commissariat. Il se concentra pour écouter ce qu'il se disait. Et il comprit vaguement pourquoi ils s'amusaient. De ce qu'il comprenait, l'agent Juliet était encore en train de se faire sermonner par un civil. Un nouveau soupir lui échappa. Cette jeune fille n'avait décidément pas de chance. Tous les civils gueulards étaient pour elle. Et comme elle n'avait pas de répondant elle se faisait marcher dessus à chaque fois. Ce qui était dommage, parce que s'était une fille extrêmement intelligente et pleine de surprises. Mais socialement parlant, elle était une vraie catastrophe.
Il se leva alors lentement et sortit de son bureau, lançant un regard mauvais aux deux agents qui se moquaient de la pauvre jeune fille qu'il entendait à présent bredouiller des phrases peu compréhensibles.

-Ne vous étonnez pas si le jour où vous avez besoin d'aide l'on vient rire à votre nez.

Les deux jeunes hommes se turent aussitôt, regardant Johana avec une légère crainte qui ne leur prêta pas plus d'attention et s'approcha du guichet, les yeux rivés sur sa jeune collègue, ne prêtant pas attention à la personne en face d'elle.

-Agent Juliet, tout va bien ?

Du moins jusqu'à ce qu'il soit tout de même interpellé par la dégaine du civil. Fin, pas très grand, de longs cheveux blancs en désordre, une voix des plus sexy. Et quand il se retourna, en même temps que la jeune femme, le monde disparut autour de Joh.

-Swann... ?






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Re: "You are all that I think of.." Ft Swann Weavers

 par Swann Weavers le Sam 18 Aoû - 13:15


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Swann Weavers & Johana Von Shürmann


Tout employé du secteur hospitalier est capable de le dire, il n'y a rien, absolument rien de pire que les urgences. Malgré la phobie de Swann avec le secteur pédiatrie, qui s'apparente bien plus à une peur telle que celle des clown ou des araignées mêlé à une haine viscérale, les urgences restent la pire corvée qu'on puisse se voir imposée.

Ça aurait pu bien se passer. La matinée avait été coriace mais on avait réussi à faire avec, d'autant que Patrice nous avait payez le déjeuné. « La grosse Patrice » Comme dirait Swann. Parce que oui, il faut se rendre à l'évidence, elle a vraisemblablement de l'embompoint et aime particulièrement cuisiner des cookie, des brownies, des tartes, des meringue, de scones et autre pâtisserie qu'elle peut emmener au boulot et partager avec les collègues parce que ouais, elle aime ça. C'est une fille gentille, un peu bébête, mais comme qui dirait on l'aime bien au village quoi. En soit, elle est pas méchante et à le cœur sur la main, mais ça, Swann, ça l'insupporte. Faute à son côté opportuniste, j'imagine. Envisager que quelqu'un puisse être simplement gentil et généreux envers les autres sans raison lui paraît improbable. Quelque part je le rejoins un peu, même si les récents événements me poussent à réellement y croire.

Depuis ce fameux soir où j'ai eu la bonne idée de me bourrer la gueule dans un parc et que je suis tombé sur le surintendant Von Schürmann, je n'ai pas eu la possibilité de sortir, et encore moins de le remercier. Notre mutation étant des plus incontrôlée, elle ne fonctionne qu'en quelques occasions, et la plupart du temps, motivée par des événements. En l’occurrence, l’événement de ce jour s'appelait Larry. Larry O'connor. Un irlandais d'une cinquantaine d'année qui s'est rendu de lui-même aux urgences. Travaillant dans un abattoir, le gueux s'est ouvert l'index avec une machine. Quelque chose d'assez classique, en soit. L'interne présente l'a examiné, à ordonné quatre points de sutures, et une demi heure après, c'est nous qui nous y collions.

Jusque là, rien de très alarmant. Larry était sous analgésique et comatait pendant l'opération, le doigt endormi par une petit anesthésie locale. Sauf que visiblement, pour certain, quand la douleur est présente, elle n'est pourtant pas ce qui occupe le plus leur pensée. Il a commencé à nous questionner. Swann a répondu dans un premier temps, des phrases fermées, histoire de tenir la conversation sans pour autant l'inciter à la poursuivre. Puis il a continué. Jusqu'à entamer la question qui fâche. Nous demander si on était un mec ou une nana. Quoique déjà bien soûlant à la base, il aurait put s'arrêter là lorsque Swann lui a répondu : je suis un homme, tenez vous tranquille maintenant.
Mais non. Non il ne s'est pas arrêté là. Sitôt la suture terminé, la chaise repoussée et le matériel remballé, il à posé sa main valide sur notre entrejambe pour « vérifier » apparemment. Le fait d'avoir les bras chargé de matos à contenu mon originel qui était bien tenté de lui en coller une, grand blessé qu'il était ou pas. Puis il nous a traité de travelo, avant d'ajouter que ça le dégouttait de voir une pédale pareil, et tout un tas d'autres noms d'oiseaux comme quoi on profitait de la faiblesse des autres en « se faisant passer pour une fille ».

C'est à ce moment là que c'est arrivé. Seuls dans la chambre, Swann à posé son matériel sur la table attenante, à plaqué ses mains sur le bord du lit avant de lui balancer qu'il pouvait toujours lui défaire ses sutures, et le laisser pisser le sang par le doigt jusqu'à en être vidé. L'homme à ensuite rétorqué qu'il se ferait une joie de lui démonter sa face de sale fiotte quand il serait remis sur pied. Alors je suis arrivé. Je l'ai plaqué sur le lit dans une pulsion de haine et lui ai clamé qu'actuellement la sale fiotte avait plus de conscience que lui, et que quand on a un minimum d'instinct de survit, on ne provoque pas quelqu'un qui a une seringue d'anesthésiant dans la main. C'était du bluff, bien sûr. Et sitôt sa sale grande gueule fermée, Swann m'a arraché ladite seringue des mains et m'a foutu dehors en m'ordonnant de me barrer de là au plus vite.

Je me suis exécuté, évidemment. J'avais aucunement l'envie de rester là à patauger dans la marrée de grands blessés. Je suis passé par le vestiaire, me suit débarrassé de la veste et j'ai embarqué la monnaie de Swann, son sweat et le paquet de clope dans son sac avant de passer la porte de l’hôpital. La veste de costume beige, non merci.  

Je laisse tomber mon mégot dans le caniveau, puis avance vers le commissariat. Un sac plastique en main, j'ai été acheter une boite de chocolats. Loin d'être le genre de truc que j'aime en particulier et ne connaissant absolument pas les goûts de Johana, j'ai choisi de prendre un assortiment de pralines belges. Je me dis que dans le tas, y'en aura bien une qui devrait lui plaire.

Ce serait mentir que de dire que dés que j'ai passé la porte de l'hosto, la pensée d'aller le voir ne m'a pas sauté a la gueule. Au contraire, je me sens même affreusement redevable et plutôt con d'avoir disparu de cette manière. Cela dit, la manière dont s'est terminé cette soirée est loin d'avoir été anodine. Je dois admettre que si le temps ne me glacait pas l'épiderme, j'aurais probablement les joues en feu à l'instant où j'entre dans le commissariat.

Je jette un œil autour de moi, me mords la lèvre un instant. Bordel, je me sens tellement con. Mes yeux se posent sur une femme derrière un bureau qui semble être l'acceuil. Mes yeux se posent un instant sur son badge, j'y lis le prénom de Juliet.

- Euh, bonjour, est-ce que Johana Von Shürmann travaille ici ?

Elle lève les yeux vers moi, me toise de la tête aux pieds – ou de la tête à la taille parce que je doute qu'elle puisse voir jusque là au delà de son comptoir.

- Oui.

Moment de malaise. Je pensais qu'elle aurait pigé rien qu'avec ça que je voulais le voir.

- Je pourrais le voir, s'il vous plaît ?

Elle fronce les sourcils, puis se frotte la tête. Elle à l'air d'être à l'ouest.

- Vous avez rendez-vous ?

Je nie de la tête. Je me doute que son job doit être prenant.

- Non, mais j'en ai pas pour longtemps donc s'il est occupé je peux attendre.

- Oui mais il faut prendre rendez-vous.

Je pousse un soupir. Prendre rendez-vous s'est bien gentil mais je ne contrôle pas mes apparitions, moi.

- Je peux pas prendre rendez-vous, j'en ai vraiment pas pour longtemps donc s'il est occupé dites moi juste où je peux me mettre et j'attendrais.

Sa tête commence à changer, j'ai l'impression qu'elle commence à entrer dans une phase de panique, ou d'agacement. Elle a franchement pas l'air futée.

- Oui mais vous devez prendre rendez-vous...

Nouveau soupir, je commence à perdre ma patience déjà faible.

- Alors foutez moi un rendez-vous pour aujourd'hui si ça vous arrange, je dois le voir.

Elle commence à secouer la tête frénétiquement, passe la main dans ses cheveux, nerveusement.

- Les rendez-vous c'est quarante huit heures minimum à l'avance pour que Mr Von Schürmann puisse s'organiser...

Cette fois, un nouveau soupir s'échappe de mes lèvres. Elle commence vraiment à me courir sur le bourrichon cette potiche.

- Non mais j'en ai rien à foutre moi de ces histoires de rendez-vous, même si je dois le voir pendant sa pause café peu importe, je dois juste le voir. J'sais pas moi, appelez le depuis votre ligne et demandez lui à quel moment on peu se voir aujourd'hui. Je m'appelle Swann Weavers. J'en ai vraiment pas pour longtemps alors soyez cool, je demande que deux minutes.

Bien sûr, j'aurais aimé avoir plus que ça, mais si je dois m'en contenter tant pis. Au moins pour le remercier d'avoir disparu comme un voleur, simplement m'expliquer. Mais visiblement, la secrétaire est pas foutue de comprendre ma position.

- Je suis désolée mais je ne peux pas le déranger pour une prise de rendez-vous c'est à moi de m'en charger normalement...

- Mais je veux pas d'un putain de rendez-vous merde ! J'ai l'air de faire partie des flic ? Je veux juste le voir c'est pas compliqué à comprendre bordel.

J'ai craqué. Mais honnêtement, j'en peux plus de me répéter.

- Madame calmez vous je...

Alors là, je crois qu'elle pouvais pas faire mieux.

- J'ai l'air d'être une putain de meuf ?!

Elle se ratatine sur sa chaise, se confonds en excuse. Putain j'ai pas la patience de Swann.

- Je... Pardon... Mad...Monsieur, tout ce que je peux faire c'est prendre un message éventuellement...

- Mais putain si je voulais juste lui laisser un message j'aurais appelé et dis ça sur un répondeur bordel ! Je vous demande juste de décrocher votre putain de téléphone et de lui demander quand est-ce que je peux le voir aujourd'hui en quoi c'est compliqué à comprendre bordel ?

- Agent Juliet, tout va bien ?

Mon cœur s'emballe brusquement dans mon thorax. Sa voix, l'odeur de son parfum qui semble se rependre tout autour de moi. Mon rythme cardiaque déraille sévèrement alors que nous nous tournons tous les deux vers le nouvel arrivant. Le surintendant se trouve devant moi, l'air aussi troublé que nous.

Mes lèvres s'étirent légèrement, je tente un sourire, malgré l'énervement toujours présent dans mes membres. Je crois que je rougis, pas étonnant dans un sens, étant donné la situation et la manière dont nous nous sommes quittés.

- Johana !

C'est sorti tout seul. J'aurais probablement dut rester plus formel, d'autant plus que j'ai le sentiment que tout le commissariat nous regarde. Je suis en train de piquer un violent fard. Bordel. J'approche de quelques pas, baisse un peu les yeux et lui tends le sac plastique, en tentant d'ignorer les regards braqués sur nous.

- Je vous ai apporté des chocolats... Pour vous remercier.

Lorsque nous nous sommes quittés, on avait passé la barrière du vouvoiement, et nous avions déjà entamé le « et plus si affinités ». Mais la sobriété, la situation, l'agacement et la gêne se font un méchant gang-bang dans ma tête, et je n'arrive tout simplement pas à rationaliser mes pensées. Encore plus face à sa présence.  Bordel, je me sens tellement con.


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Re: "You are all that I think of.." Ft Swann Weavers

 par Johana Von Schürmann le Sam 18 Aoû - 16:46


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Cette journée qui avait commencé comme toute les autres et ne promettait pas plus de péripéties que les précédente venait de prendre un tournant bien plus intéressant et tout autre. Swann se tenait là, debout devant lui. Il avait visiblement l’air aussi surpris et hébété que lui-même ne l’était, presque comme s’il ne s’attendait pas à le voir. Alors que visiblement il était en train de faire un scandale quelques secondes avant pour pouvoir le rencontrer.

Cette simple pensée alluma un feu dans sa poitrine, comme cette fameuse nuit où ils s’étaient quitté bien trop abruptement à son goût. Ce qui étira un sourire sur ses lèvres qu’il ne pu contenir. Il était si content de le voir que plus rie ne semblait exister autour d’eux. Ni ses collègues, ni l’agent Juliet qui s’était littéralement liquéfiée sur son siège, ni même les quelques personnes qui patientait gentiment dans la salle d’attente.

Alors quand le décoloré s’avança vers lui, un petit sac en plastique à la main, après avoir prononcé son prénom dans une exclamation de pure joie, il ne pu que fondre de bonheur. Il était aussi beau que dans ses souvenir, et même encore plus maintenant qu’il n’avait plus les traits tirés par la fatigue et l’alcool.

- Je vous ai apporté des chocolats... Pour vous remercier.

C’était adorable… Même si en réalité il n’aimait pas les chocolats, il ne les refuserait pour rien au monde, car il venait de Swann. Il ne pu que sourire de nouveau face à ce geste, et avant de prendre le petit contenant, il lui posa sa seule main valide, l’autre toujours dans son écharpe, sur sa tête.

-C’est très attentionné de ta part. Merci.


S’ils n’avaient pas été en plein milieu du commissariat il n’aurait pas cherché bien longtemps et se serait penché pour lui ravir un baiser afin de lui montrer à quel point il lui avait manqué. Si bien que inconsciemment il avait commencé à se baisser légèrement, sa main ayant dérivée sur la joue du blond. Mais un raclement de gorge très discret de sa plus jeune collègue le sorti de sa petite rêverie et il se redressa en reprenant un visage neutre et implacide.

-Je te prie d’excuser l’agent Juliet, elle ne faisait que son travail.

Il se tourna vers la jeune femme et lui fit un signe de tête. Pour lui signifier qu’elle n’avait rien fait de mal. Car visiblement elle avait retenu la leçon lorsqu’il l’avait réprimandé après la nuit où elle l’avait dérangé. Même si elle n’était pas encore suffisamment sûr d’elle visiblement.

- Agent Juliet, si on me demande appelé moi, sans quoi je ne suis là pour rien d’autre.

Elle acquiesça et retourna à ses papiers, les joues rouges. Johana attrapa le petite sac plastique et se baissa pour lui dire doucement à l’oreille avec une voix qui se voulait empreinte d’assurance. « Attends moi là, j’arrive. »

Il s’éloigna assez rapidement vers son bureau, mit les chocolats dans un de ses tiroirs, ainsi, même s’il ne les mangeait pas tout de suite, il aurait le présent du jeune homme avec lui au quotidien, vu qu’il passait plus de temps au travail que chez lui.

Il revint quelques minutes après, non pas sans avoir prit ses affaires, remit ses cheveux en place en refaisant sa petite queue de cheval, et mit sa veste sur son dos. Il vint rejoindre le jeune homme et lui fit un très léger sourire en lui désignant la porte par la quelle Swann était rentré. Son cerveau tournait à plein régime, réfléchissant à un endroit où il pourrait aller, un endroit calme où il n’aurait personne, et en même temps, il ne voulait pas se retrouver isolé avec lui, parce qu’il se connaissait et il savait qu’il risquait vite de déraper tant Swann avait de l’effet sur lui.

Il eu alors un soudaine idée et se dirigea vers sa voiture avant de se tourner vers son visiteur. Il prévoyait de l’emmener quelque part mais il ne lui avait même pas demander s’il avait du temps devant lui où s’il était pressé.

-Est-ce que tu as quelque chose de prévu ? Je connais un parc plutôt calme non loin d’ici..

Il espérait vraiment que Swann n’était pas venu juste pour lui déposer les chocolats et comptait repartir tout de suite. Il avait tellement espéré le voir ces dernières semaines, que si Swann décidait de repartir maintenant alors qu’il le retrouvait finalement. Il déverrouilla sa voiture en se mordant la lèvre inférieure un peu nerveusement.

Swann avait le don de lui mettre la tête sans dessus-dessous. Si bien qu’il agissait un peu comme une adolescente. Voyant qu’il n’avait pas l’air de réagir tout de suite, il glissa tout doucement sa main dans la sienne, entremêlant ses doigts avec les siens. Ce contact l'électrisa lui-même, mais il ne laissa rien passé sur son visage vers le quel il avait porté leurs mains liées afin d’y déposer un très léger, presque imperceptible avant de murmurer contre celle-ci, son souffle chaud venant s’écraser contre le haut de ses phalanges.

-J’aimerais énormément passer un peu de temps avec toi cette après-midi…

Il ne lui avoua pas tout de suite qu’en réalité c’était comme ça depuis qu’il l’avait quitté, et qu’il pensait à lui au moins une fois chaque jour depuis cette fameuse nuit où il n’avait jamais été aussi allumé et frustré de toute sa vie. Non, ça pour le moment il le gardait pour lui, il risquait de passer pour un mec qui creepy qui faisait une fixation sur lui alors qu’il n’avait passé qu’une soirée avec lui. Bon certes, une soirée un peu hors du commun et forte en émotions qui avait bien faillit finir en une nuit blanche de sport intensif. Mais le fait qu’ils ai été interrompu rendait la chose encore plus forte, parce que du coup, Swann n’était pas qu’un coup d’un soir, il ne s’était pas quitté en se disant que ça ne recommencerait pas. Non, la nuit s’était terminé sur un « Une autre fois peut-être ».

Si bien que, le fait qu’il débarque au poste, en pleine journée, alors que Johana travaillait, était une preuve qu’il avait simplement envie de le revoir lui aussi. Du moins, c’est ce qu’il espérait du plus profond du cœur.



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Re: "You are all that I think of.." Ft Swann Weavers

 par Swann Weavers le Jeu 6 Sep - 12:38


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Mon plan était simple, pourtant. Sortir, aller acheter des chocolats, puis les apporter à Johana. Honnêtement, je n'avais absolument pas prémédité la suite. Si j'avais dû en inventer une, j'aurais pensé me retrouver seul avec lui dans son bureau – en supposant qu'il en ait un, ce qui me semblerait logique puisqu'il a l'air d'être haut gradé – et avoir la possibilité d'échanger quelques mots. Notamment des excuses quand à l'état déplorable dans lequel il m'a trouvé.

La surprise s'est emparée de moi lorsque sa main à toucher ma joue, d'autant plus quand je l'ai vu se pencher vers moi. L'espace d'un instant, j'ai même vraiment cru qu'il allait m'embrasser en plein milieu du commissariat. Non pas que ça m'aurait déplu totalement, mais autant être honnête, j'aurais vraiment pas su où me foutre. Néanmoins la demeurée de l'accueil a compris ce qui se tramait et à réagi a temps pour l'arrêter.

Mon aorte manque l'infarctus quand il se penche une nouvelle fois, m’imprégnant de son odeur qui m'avait tant marqué le dernier soir, et qui me reviens comme un parpaing dans la gueule à ce momet précis. Sa voix glisse au creux de mon oreille, m'arrache un torrent de frisson. L'attendre là ? Est-ce qu'il compte aller quelque part ? Peut-être que la perspective de discuter de ce qui c'est passé entre nous à son taff ne l'enchante pas. Ce que je peux comprendre, en un sens. Je me vois mal essayer de lui expliquer en détail ce en quoi consiste ma mutation et la raison de mon départ soudain ici, encore moins parler de ce qui s'est passé juste avant. J'ai beau ne pas avoir froid aux yeux, je suis loin d'être aussi à l'aise.

De retour et l'air d'être encore plus beau qu'a son arrivée précédente, il m'indique la sortie d'un signe de tête, et je m'engage à sa suite, non sans jeter un dernier regard a la femme de l’accueil. Elle a véritablement l'air stupide, pauvre fille.

Je marche sur le parking, en fixant mes pieds, ma démarche maladroite. Je ne sais absolument pas comment réagir, ni même quoi lui dire. Il a conscience du fait que j'étais ivre lorsqu'il m'a trouvé, alors que compte-t-il me dire ? Je me souviens qu'il avait l'air de redoubler de précautions pour à peu près tout, alors peut-être qu'il souhaite s'excuser ? En soit l'attention serait louable, mais dans mes souvenirs je le voulais tout autant que lui, donc il n'y aurait pas de raison. Je crois que nous nous sommes arrêtés à cause d'un coup de téléphone. Mais il faut que je lui dise que je n'étais pas dans mon état normal. Au moins histoire qu'il ne se fasse pas d'idées sur mon compte, je ne tiens pas à avoir la réputation de Swann. A savoir celle d'être une salope.

Je sursaute lorsque je sens les doigts de Johana glisser entre les miens, me poussant à relever les yeux vers lui. A nouveau, mon rythme cardiaque déraille, et cette fois, ce n'est pas seulement à cause de l'effet que le surintendant à sur moi. C'est bien au delà de ça. La proximité qu'il a envers moi me trouble au plus haut point, et je commence à penser que cette histoire est loin d'être aussi simple que ce que je pensais. Est-ce qu'il a déjà catégorisé notre relation ? Après tout je ne le connaît pas, malgré la proximité que nous avons eu la dernière fois, je ne sais pas grand chose sur lui. Peut-être qu'il est du genre rapide et très fleure bleue...

Ses lèvres embrasse le dos de ma main, et cette fois je me sens fondre comme neige au soleil lorsqu'il m'intime qu'il souhaite passer du temps avec moi, l'air d'être pratiquement suppliant. Bordel, je ne suis vraiment pas habitué à ce genre de démonstrations, et je ne sais vraiment pas comment réagir en de telles circonstances, notamment quand le mec en question me plaît à ce point. Parce que oui, il faut bien l'admettre, le policier est loin, très loin de me laisser insensible. Et bordel, ça fait tellement longtemps que j'ai pas ressenti de tels sentiments.

Je force un sourire néanmoins, tente de rester le plus sympathique possible en retirant doucement ma main pour la poser sur mon bras. Tout ce que j'espère c'est qu'il ne le prendra pas mal. Passer du temps en sa compagnie me fait plaisir, mais je suis bien loin d'être aussi à l'aise que le soir où il m'a ramassé torché, et encore moins aussi débridé à ce niveau là.

- Je n'ai rien de prévu donc on peut passer du temps ensembles si vous voulez.

C'est plus fort que moi, je ne peux pas m'empêcher de le vouvoyez, malgré le fait que lui ne semble pas avoir ce problème. Est-ce que c'est parce qu'il ne me laisse pas indifférent que je suis aussi troublé face à lui ? Ou bien le fait qu'il soit affreusement adorable malgré sa stature ?

Je me pinces les lèvres en ouvrant la portière, m'installe sur le siège passager. Une vague de souvenir de la fameuse nuit me reviens en mémoire, je tourne la tête vers la place conducteur, y observe Johana, à présent installé à mes côtés. J'espère vraiment ne pas l'avoir vexé.

- Je suis vraiment désolé d'être parti aussi précipitamment... Je ne le contrôle pas. C'est ma mutation. J'aurais aimé venir plus tôt mais je n'ai pas pu... Me libérer. J'ai été très occupé par mon colocataire.

Je me mords la lèvre. Je n'aime pas spécialement mentir, et il me semble qu'il m'avait évoqué un certain rejet face au mensonge. Mais je ne peux pas lui dire la vérité sur ce sujet, c'est impossible. Lui parler du fait que j'ai un don d'ubiquité en soit, ne serait pas si dramatique. Ca pourrait même être un avantage dans le sens qu'il faut une sacrée préparation mentale s'il doit un jour rencontrer Swann. Mais lui dire que je suis le produit de la mutation de Swann et non l'originel, ça j'en suis absolument incapable.



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Re: "You are all that I think of.." Ft Swann Weavers

 par Johana Von Schürmann le Ven 7 Sep - 12:20


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Swann x Johana





Johana y avais visiblement été un peu fort.. Du moins, il s’entait bien qu’il avait été trop direct et que cela mettaitmal à l’aise le plus jeune. Il fallait qu’il y aille plus doucement, après tout, le jeune homme ne se souvenait peut-être pas de tout ce qu’il s’était passé la veille. Peut-être que la seulle chose dont il se souvenait était qu’il l’avait ramassé… Si c’était le cas, il avait clairement agit de manière trop familière. Et il commençait à s’en vouloir pour ça. Surtout quand Swann retira sa main de la sienne, visiblement bien plus géné qu’il ne l’aurait pensé.

Sans réellement le véxé, ce refus l’attrista quelque peu, même s’il comprenait complètement cette réaction, qui était des plus normal face à un inconnu. Car au fond, c’est ce qu’il était, un simple inconnu, avec qui il n’avait passé d’une début de nuit, sans rien partager d’autre.

Un petit pincement lui noua l’estomac, mais il souria doucement en hauchant très doucement la tête afin de ne pas laisser parraître ce qui lui traversait l’esprit. Il fit un pas en arrière pour lui rendre son espace personnel, et étirra un sourire plus sincère, heureux qu’il accepte sa proposition. Il fit donc le tour de la voiture afin de se mettre derrière le volant. Il mit le contact mais se tourna vers lui assez soudainement, sourcils froncés.

Il avait des souvenirs de la veille donc. Mais ce qui le fit tiquer ce n’était pas ça, ni le fait qu’il s’excuse d’être parti. Mais le fait qu’il lui mente. Quel besoin y avait il à cela, surtout qu’il lui avait avoué la veille sa propre mutation.

Mais le visage de Swann semblait vraiment sincère, comme s’il était en un sens contraint de mentir, et même triste que ce soit le cas. Alors il ne releva pas et se contenta d’allumer la musique avant de démarrer.

-Tu n’as pas à t’excuser, je peux comprendre que tu ai été un peu perturbé en te reveillant, tu ne devais pas te souvenir de grand-chose à ton reveil vu comme tu étais ivre la veille. Et puis.. tutoie moi s’il te plais. Je me sens vieux quand tu me vouvoie.

Il eu un petit sourire en coin, et enmoins de temps qu’il ne fallut le dire, il furent arrivé aux fameux endroit qu’il avait en tête. Le petit parking de gravié était désert, et il n’y avait pas signe de vie autour d’eux. Il déverrouilla de nouveau les portes et coupa le moteur avant de sortir de l’habitacle. Une fois à l’extérieur il était possible de voir qu’ils étaient juste à coté de la cathédrale Sainte Marie. Il lui fit un petit signe de tête et commença à avancer afin de quitter le parking et aller rejoindre un tout petit square accolé au monument religieux. Il n’avait jamais été particulièrement croyant. Mais le calme qui reignait près de ces lieux avait le don de le rendre plus serein, et le détendait vraiment.

Il trouva un banc, pas trop au centre afin de ne pas être à première vue de tout passant, mais pas non plus trop caché, que Swann ne se sente pas prit au piège.

-Pourquoi m’avoir menti un peu plus tôt dans la voiture ?

Et merde… il avait recommencé. Il ne voulait pas le brusquer, ni lui faire peur, mais c’était assez étrange tout de même que Swann lui mente alors qu’il savait qu’il n’entendait pas les mensonges.

-Tu sais.. si il y a quelque chose que tu ne veux pas me dire, tu n’es pas obligé de le faire. Je préfère un refus qu’un mensonge.. Puisque de toute façon je ne l’entendrais pas…


Il ne voulait pas lui faire la moral et avait essayé d’être le plus doux possible dans ses mos et son ton, mais c’était assez compliqué quand il évoquait ce genre de choses, le mensonge l’énervait au plus haut point. Mais c’était Swann, et il avait toujours été plutôt sincère, du moins, il était sincère lorsque cela ne touchait pas sa mutation ou la personne avec qui il vivait. Cette dernière pensée le fit tiqué. Et si c’était parce qu’il avait quelqu’un. Tout serait beaucoup plus logique.

-Dis moi, cette personne avec qui tu vis, est-ce ton partenaire ? Si c’est le cas je comprendrai, et m’excuse pour l’autre nuit.. Et je ne chercherai plus à te faire d’avance..  

Cela lui couterai sûrement énormément, mais il refusait de le mettre dans l’embarras s’il avait déjà quelqu’un. Même s’il s’était déjà attachéà lui bien plus qu’il ne l’aurait voulu. Il se pinça alors l’arrete du nez, contrarié par ses propres mots, s’adossant au dossier du banc derrière lui. Il en profita pour enchainer avant que Swann n’ai pu répondre.

-Désolé… Ma mutation fait que j’ai tendance à parler plus vite que je ne le voudrais.. Si mes questions sont trop impersonnel, ne t’embête pas à y répondre.

Il fit une petite moue, n’osant pas se tourner vers lui. Il avait sincèrement peur de la réaction et surtout de sa réponse. Bizarement quand il était dans ce genre de situations il perdait toute son assurance de flic en chef, et devenait juste un grand dadet un peu bête.



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Re: "You are all that I think of.." Ft Swann Weavers

 par Swann Weavers le Ven 28 Sep - 16:22


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Swann Weavers & Johana Von Shürmann

Ma voix se meurt en remarquant le visage de Johana, l'air beaucoup plus troublé que plus tôt. Je me pince les lèvres en reportant mon regard sur le tableau de bord. Le pauvre, lui qui a l'air si attentionné je suis en train de le faire redescendre avec la finesse d'un pachyderme. Non seulement je lui ai mis râteau sur râteau, mais visiblement, j'en suis au point de le faire culpabiliser si bien qu'il en fini par avoir la tête de celui qui se justifie pour les autres. C'est à l'image de celui qui m'a récupéré, et touchant. Très franchement, je n'ai vraiment pas envie de lui mentir, encore moins de le rendre triste.

Aie, visiblement le fait que je le vouvoie est passé vraiment mal. Je peux le comprendre cela dit, dans mes souvenirs, nous nous sommes quittés quand nous avions atteint un point bien plus intime qu'une simple rencontre entre deux étrangers. Je commence à nier de la tête, prêt à répondre lorsque la musique se fait entendre. Je crois reconnaître du rock des années quatre vingt, mais il est possible que je me plante complètement, j'y connais pas grand chose en musique. J'ai le cerveau dans tous les sens. Comment lui dire les choses sans lui dévoiler la totalité ? Lui expliquer que, au contraire, j'ai passé une très bonne nuit en sa compagnie et que j'aurais, de loin, préféré rester davantage ?

- Non, non Johana ce n'est pas ça. Je n'ai pas pu rester.

J'insiste bien sur le mot, pour tenter de lui faire comprendre ma position.

- A cause de ma mutation je ne peux pas contrôler ma présence. Je ne sais pas combien de temps je vais rester dans un endroit avant de partir, ni même quand j'y reviendrais.

Je me frotte la tête, regarde mes genoux un instant. Si je vais plus loin je devrais tout lui expliquer. Je ne peux pas faire ça. Il considérerait que je n'ai tout simplement pas d'existence, comme tout ceux qui nous ont vu Swann et moi. Notre propre frère réfute mon existence, en m'affublant même du patronyme de « Sis » pour bien nous différencier. Je suis quasiment certain que si Jared avait constaté notre mutation plus tôt, il aurait agi de la même manière. En quelque sorte, le docteur Stepanovic nous as rendu un fier service. Je veux mon existence, je veux mon indépendance.

Je constate en arrivant que je n'ai même pas prit la peine de clore ma ceinture. Une part de moi me fait penser que le policier est tellement déstabilisé par ma réaction qu'il ne m'en fait pas la remarque. De quoi renforcer ma culpabilité grandissante.

Je descends du véhicule, regarde autour de moi avant de plisser les yeux, un peu ébloui par le soleil. Nous sommes à côté de la cathédrale de Newcastle. Je l'ai déjà vu au loin, mais je ne me rappelle pas y être déjà venu. Ou peut-être une fois, pas de moi-même, mais je suis quasiment certain que Swann s'y est déjà rendu pour l'heure du déjeuner.

Le surintendant se dirige vers le parc accolé au bâtiment, je m'engage à sa suite, cherchant dans mes poches pour sortir le paquet de cigarette de Swann. Je coince une menthol entre mes lèvres et l'allume distraitement, les mains tremblantes. Il faut que je me calme, je ne peux pas me permettre de disparaître sans avoir éclaircit les choses avec lui. Je lui dois bien ça.
Il s'installe sur un banc, je m’assoit à ses côtés, l'observe quelques secondes. Qu'il est beau. Encore plus en plein jour. Même s'il a l'air préoccupé.

La question qu'il pose me prends de court, mon palpitant s'emballe. Il semblerait que ça l'ait vraiment troublé, j'imagine que ça doit faire parti d'une des raisons pour lesquels il n'a même pas remarqué je ne m'étais pas attaché.
Ce sur quoi il enchaîne me retourne d'autant plus. Il est bien trop attentionné, bien trop gentil. Typiquement le genre de personne pour qui quelqu'un comme Swann ne serait pas fait, il boufferait en moins de deux. Pourtant j'ai ce sentiment de culpabilité qui ne cesse de grandir face à cet homme avec qui je n'ai pourtant partagé qu'un début de nuit. J'ai le sentiment d'avoir fait quelque chose de mal, comme si j'avais assassiné un de ses animaux et tenté de lui dissimuler les preuves alors qu'un cadavre trône en plein centre de son jardin.

J'échappe un lèger soupir contrit, passe la main dans mes cheveux avant d'attraper l'élastique accroché à mon poignet pour les attacher, juste après avoir coincé la cigarette entre mes lèvres. Je pourrais lui dire tellement de choses pour me déculpabiliser, mais lui mentir serait inutile. Maintenant qu'il m'en reparle, je crois me souvenir que sa mutation concerne justement le mensonge. Ce qui doit être vachement pratique en tant que flic.
Je m'empare de ma cigarette une nouvelle fois, tire dessus un bon moment avant d'expirer une longue goulée de fumée. Si lui dire que je suis en couple pouvait lui remonter le moral, je le ferai, mais là encore, ce serait mentir.

- Non Johana, je n'ai personne. Je ne suis pas en couple. Je partage mon appartement avec six chats.

Je pousse un nouvelle expiration enfumée, pince les lèvres avant de porter à nouveau la sèche à celle-ci, dans l'espoir infondé qu'elle me détende. Si je ne peux pas lui mentir, alors autant ne rien dire de plus.

- C'est tout ce que je peux te dire, je suis désolé, vraiment. Ce n'est pas contre toi.

Le voyant tourné, ma main vient se poser sur son épaule. Je ne suis vraiment pas tactile, et encore moins du genre à approcher les autres pour les prendre dans mes bras où leur déposer une bise. Je pourrais le faire, si je décidais d'imiter Swann et d'en faire une caricature. Mais ce n'est pas mon cas. Et a moins que je ne m'achète une bouteille d'alcool et la vide à moi seul, il y a peu de risque pour que ça arrive. Les démonstrations d'affection ça n'a jamais été mon truc.

Je lève la tête vers le ciel en laissant s'échapper la fumée de ma bouche, avant de baisser à nouveau mon regard vers le policier. Lui qui semblait avoir tant d'assurance et d'engouement tout à l'heure quand nous sommes revus semble tout à coup complètement penaud. Me dire que je suis la cause de ce changement d'humeur est loin de me réjouir, j’enchaîne doucement, les yeux à nouveau levé vers les nuages.

- Je me souviens de quasiment tout, je crois. Mais pour être honnête, la personne que j'ai été quand tu m'a vu bourré est bien loin de la réalité. Je ne suis loin d'être aussi à l'aise ou sociable que tel que lorsqu'on s'est rencontré...

Ma voix baisse un peu, je souffle la suite, si bas que je me demande s'il est capable de la percevoir.

- Et en vérité, c'est rare que ce soit moi qu'on apprécie.


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