Edward | Stay by my side

Message par Rosamund A. Fraser le Sam 21 Juil - 17:07


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La sensation d'étouffer. La bouche qui s'ouvre et qui se ferme, vainement, à la recherche d'un air inexistant. Les lumières aveuglantes de l'ambulance, les bruits stridents de la sirène des pompiers, les blouses fluorescentes qui s'agitent, les massages sur sa poitrine, puis le noir.
Rosamund sombra dans un profond sommeil sans rêves. Il lui semblait, de temps à autres, entendre des bruits, des cliquetis, parfois le son d'une voix qui appelait son nom, très loin d'elle. À tel point qu'elle doutait qu'il s'agisse d'un rêve ou de la réalité. Parfois, elle avait presque l'impression qu'on la touchait. Elle se rappelait, ou du moins, elle pensait se rappeler d'une main dans la sienne.

Elle avait ouvert les yeux, quelques fois. Dans l'aveuglement de la blancheur de sa chambre d'hôpital, elle se rappelait simplement de l'éclat des fleurs qui l'entouraient, et d'une odeur boisée. Peut-être une tache anthracite, semblable aux costumes d'une personne qui lui étaient familières. Plusieurs fois, dans un souffle gémissant, elle s'entendit appeler son nom.

Lorsque Rosamund ouvrit les yeux ce matin là, elle avait l'impression de sortir d'un sommeil profond. Elle saisit sa tête entre avec la sensation désagréable d'avoir la pire gueule de bois de sa vie. Ce fut à ce moment qu'elle prit conscience des cathéters qui parcouraient ses mains et du tuyau transparent qui pénétrait ses narines pour l'aider à respirer.
Tout lui revint comme un choc et elle se laissa retomber contre ses coussins. Combien de temps depuis le Cosmic Ballroom ? Qu'était-il arrivé aux autres ? Avait-on attrapé le coupable ?
Sa respiration s'accéléra. Elle avait un mal fou à reprendre ses esprits et sa poitrine était douloureuse. Soudain, tout dans cette chambre lui parut dangereusement froid. Seuls les bouquets de fleurs, tous impeccablement frais, créaient des points visuels auxquels elle se raccrochait pour se rassurer. Elle alla pour se lever lorsqu'une infirmière entra dans la pièce.

Ah, mademoiselle Fraser ! Contente de vous voir plus lucide ! Vous vous sentez mieux ? Tenez, je vous apporte votre déjeuner et vos médicaments.

L'avocate avisa le triste plateau et les gélules d'un air méfiant. Le pudding en carton ne lui faisait vraiment pas envie et les cachets rose vif lui inspiraient encore moins de confiance. Elle se détourna presque immédiatement de ce qu'on lui présentait pour reporter son attention sur la femme d'un certain âge qui lui faisait face.

Est-ce que vous pourriez m'expliquer ce qui se passe ? Depuis combien de temps suis-je ici ? Qu'est-ce que vous m'avez fait ?! J'ai un travail qui m'attends, je dois sortir au plus vite !

Alors qu'elle tentait de se lever, l'infirmière la plaqua d'une main ferme mais pas spécialement douloureuse avant de ravancer le plateau vers la patiente.

Vous êtes arrivée ici il y a deux semaines pour un collapsus pulmonaire, nous avons dû vous opérer. Vous garderez malheureusement une cicatrice à vie et vos capacités respiratoires ne seront jamais tout à fait les mêmes qu'avant.... Nous vous avons maintenu dans un coma artificiel pendant une semaine avant de vous traiter avec de la morphine, ce qui explique que vous vous souveniez peu des jours précédents bien que vous étiez consciente.

Rosamund ouvrit grand la bouche et se rencogna dans son lit avant d'écarter légèrement un pan de sa chemise d'hôpital, avisant alors avec horreur l'énorme pansement qui recouvrait le centre de son plexus. Sentant ses mains trembler légèrement, elle souffla pour tenter de se calmer et passa ses mains pleines de tuyaux sur son visage.

Bon sang, deux semaines... Mais... Et Calixte ? Et les autres ? Quel est le bilan ?? Et le coupable, l'a-t-on arrêté ?

Elle gigota pour tenter d'attraper son téléphone portable sur la table de chevet, sans succès. L'infirmière face à elle restait strictement professionnelle bien que ses yeux trahissaient une certaine compassion.

Mr Seymour est toujours dans le coma... Il me semble qu'il y a eu malheureusement quelques morts mais la plupart des victimes ont pu être soignées rapidement grâce aux pouvoirs des membres de la famille Cavendish. Cependant, comme vous êtiez inconsciente et que personne de votre famille n'a pu donner son accord pour l'utilisation de soins mutants, nous vous avons traitée de manière plus traditionnelle... Vous êtes une des dernières victimes encore ici.

La jeune femme se sentit pâlir encore davantage. Des morts ?? Elle sentit son coeur chuter à une allure folle. Et si Pandora figurait parmi la liste des victimes ? Elle devait savoir !! Comme pour répondre à sa question muette, l'infirmière poussa le plateau vers elle d'un air sévère.

Ne vous faites pas de mauvais sang inutile. Mangez, je vais vous apporter les journaux qui racontent les événements ainsi que la liste des malheureuses victimes. Une interne passera en début d'après-midi pour vous aider à vous laver et vous habiller, le médecin pense que vous pouvez rentrer chez vous dès ce soir.

A sa moue réprobatrice, on pouvait déduire qu'elle pensait que c'était bien trop tôt. Mais les nuits à l'hôpital coûtaient bien plus cher qu'une surveillance à domicile. Cela n'étonna pas Rosamund qu'on lui montre si délicatement la porte de sortie alors qu'elle tenait à peine encore sur ses deux jambes. Faisant contre mauvaise fortune bon coeur, elle se plia aux exigences du personnel soignant et avala sa purée en grimaçant. Les médicaments la firent somnoler pendant encore deux heures avant qu'une femme un peu plus jeune qu'elle ne la réveille pour l'aider à se préparer. On retira la plupart de ses cathéters mais on en laissa un dans ses narines, relié à une bouteille d'oxygène montée sur un petit sac qu'elle pouvait transporter. Après la toilette la plus humiliante de toute sa vie, elle passa avec peine une robe pull blanche toute neuve qu'elle ne se rappelait pas avoir acheté et tenta de mettre de l'ordre dans ses cheveux blonds avant de commencer à rassembler ses affaires;
Elle se rendit soudainement compte d'à quel point ce séjour de deux semaines à l'hôpital l'avait marquée de toutes les courbatures possibles et imaginables. En soupirant, elle abandonna la valise qu'elle tentait désespérément de faire et se laissa tomber sur le matelas, en relisant pour la troisième fois les articles qu'on lui avait apporté plus tôt. Elle avait constaté avec un plaisir qu'elle jugea coupable qu'elle ne connaissait aucune des personnes décédées. Bien qu'elle compatissait à la douleur des familles, elle ne pouvait que remercier le ciel d'avoir épargné ses amis.

Elle fronça les sourcils. Le coupable courait toujours et les tensions semblaient monter toujours plus. Rosamund craignait que des émeutes ne secouent la ville dans les prochaines semaines.

Après un long moment passé à soupirer et tenter de se lever, sans succès, elle se redressa pour s'approcher du riche bouquet qui se trouvait près de sa table de chevet. Les teintes jaunes, orangées et roses se mariaient à merveille. Elle sourit de plaisir en détaillant la finesse de la composition florale et se prit soudain à se demander qui avait pris la peine de fleurir sa chambre et lui apporter les vêtements de rechange qu'elle avait pu trouver dans la penderie.

En soupirant devant tout le désordre qu'il lui restait à ranger, elle n'entendit pas tout de suite la personne qui toqua à sa porte. D'une voix étouffée, elle tenta de descendre de son lit pour aller ouvrir.

Entrez, entrez... J'arrive !

Elle s'arrêta net lorsqu'elle reconnut la haute silhouette austère et l'air fatigué de la personne qui lui faisait face, dans son costume anthracite. La pâleur de son visage se rehaussa d'une légère teinte rosée qu'elle ne contrôla pas.

Edward... Bonjour.

Trop fatiguée pour réagir davantage, trop perturbée par cette apparition qu'elle n'attendait pas, elle ne trouva rien à dire de plus, bien que ses yeux trahissaient son soulagement de le voir ici.
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Message par Edward T. Seymour le Jeu 2 Aoû - 0:06


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Les heures s'étaient muées en jours, puis en semaines et désormais, Edward avait davantage l'impression d'être un fantôme hantant les couloirs de l'hôpital qu'un véritable être humain. Par deux fois déjà, les infirmières l'avait mis gentiment mais fermement à la porte en lui ordonnant de se reposer. L'ennui, c'était qu'Edward ne trouvait plus le sommeil. Chaque fois qu'il fermait les yeux, il se retrouvait projeté dans le plus effroyable des songes qui soit : un charnier, empestant le souffre, la décomposition et le brûlé, des cadavres ça et là, les regards vitreux et sans vie des morts, l'angoisse qui l'étranglait... et puis Calixte, qu'il trouvait lui aussi au milieu de cet enfant, gisant dans une mare de sang. Il hurlait, cherchait Rosamund dont il percevait la voix au loin, mais chaque fois qu'il avait le sentiment de se rapprocher d'elle, elle lui échappait. Ce cauchemar ne le menait jamais qu'à une seule issue : le réveil brutal, le cœur battant à tout rompre et la sueur sur son front. Edward ne dormait plus, il s'effondrait lorsque l'épuisement se montrait.

Après les premiers jours, Edward avait fini par apporter quelques affaires et avait demandé à ce que l'on laisse un lit d'appoint dans la chambre de son frère, au cas où il se réveillerait. Malheureusement, les jours passaient et Calixte restait muré dans le silence, ce qui ne lui ressemblait absolument pas. Quant à Rosamund, la frustration et le dépit d'Edward grandissaient chaque jour : la porte de sa chambre restait désespérément close car il ne faisait pas partie de sa famille. Alors il déposait fleurs, livres et autres cadeaux aux infirmières tous les jours, trahissant ainsi les sentiments qu'il éprouvait à l'égard de la jeune, intentions qui, pour lui, étaient simplement de se racheter un peu. Il avait été odieux, plus qu'odieux, ces dernières semaines. Après un baiser et des promesses à moitié formulées, il s'était éloigné sans un mot, sans une explication... éloigné car, alors qu'il aurait souhaité se défaire de ses obligations envers Diana, il s'y était finalement un peu enchaîné en promettant à son père de lui apporter rapidement un faire-part de mariage. À présent pris au piège, il avait passé les dix derniers jours à passer de « je vais tout dire à Rosamund » à « mieux vaut ne rien lui dire ». Elle allait pourtant se poser des questions à sa son réveil, en découvrant les somptueux bouquets de fleurs qu'il avait fait préparer pour elle, les ouvrages de poésie et traités musicaux qui le trahissaient, la jolie robe qu'il avait fait confectionner pour et qui, il l'espérait, lui irait comme un gant... ses petite attentions trahissaient l'exact contraire de ce qu'il disait.

Mais ce jour-là, il avait appris que la jeune femme était réveillée et qu'il allait enfin pouvoir la voir. Qui plus est, il n'avait pas hésité une seule seconde lorsqu'une infirmière lui avait dit que Rosamund allait avoir besoin qu'on la raccompagne et qu'un peu de compagnie l'aiderait sûrement. Qu'il devait être risible, pataud comme il l'était... Il hésita à prendre des fleurs mais se souvint qu'il avait déjà largement abusé ces derniers jours, envisagea des chocolats avant de se souvenir qu'étant diabétique, la demoiselle n'y avait peut-être pas droit et opta finalement pour une solution très simple : il quitta la chambre de Calixte les mains vides pour se diriger vers celle de Rosamund. L'espace d'un instant, il hésita à frapper, se vit faire demi-tour et finalement, il entendit le tapotement de ses doigts sur la porte avant même d'y avoir songé. Cette fois, il ne pouvait plus faire marche arrière et lorsqu'il entra dans la chambre, il se raidit plus encore que d'habitude. Avec son teint pâle et sa stature rigide, il avait l'air d'un croque-mort.

Bonjour, Rosamund, je... je suis contente de te voir sur pieds.

Content était un bien faible mot en comparaison de ce qu'il éprouvait : le soulagement et la joie faisaient battre son cœur, cœur qui peinait à se faire une place dans une cage thoracique aussi rigide. Edward balaya la chambre du regard et remarqua les fleurs qui égayait toujours un peu la pièce.

Désolé pour l'avalanche de fleurs... je ne savais pas trop lesquelles te plairaient et... et la robe te va très bien.

Il n'avait pas besoin d'ajouter quelque chose pour qu'elle comprenne qu'il s'agissait aussi d'un cadeau de étrange prétendant. Edward ne savait véritablement plus où se mettre, il était figé près de la porte alors qu'il mourait d'envie de la prendre dans ses bras pour s'assurer qu'elle n'était pas un mirage.

Ne te préoccupe pas des frais d'hospitalisation, d'ailleurs... mes... ma famille a choisi de prendre tout en charge pour dédommager les victimes.

Il évite d'ajouter que dans le cas de Rosamund, il avait lourdement insisté pour qu'elle n'ait pas à payer quoi que ce soit. Il envisagea même de s'excuser, de tout lui dire pour Diana, pour son père... mais il y avait une chose qu'il avait encore plus besoin de dire :

Comment te sens-tu ?
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Re: Edward | Stay by my side

Message par Rosamund A. Fraser le Jeu 9 Aoû - 16:58


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Déjà plus que pâle, l’avocate perdit encore une teinte de blanc lorsqu’elle se retrouva nez à nez avec la haute silhouette d’Edward Seymour. Elle trembla presque devant son allure, à la vue de ses joues creusées et de ses yeux gonflés par le manque de sommeil. On aurait dit un cadavre tout juste sorti de sa boîte, dans son costume de cérémonie. Et pourtant, pourtant elle ne pouvait s’empêcher de lui trouver quelque chose de terriblement attirant et singulier. Comme pour se protéger, elle recula d’un pas alors qu’il lui disait qu’il était ravi de la voir debout.
Elle avait encore en tête la violence avec laquelle il l’avait ignorée et écartée de leur affaire ces dernières semaines. Elle se rappelait de sa froideur et de son mutisme inattendus après leur étreinte dans ce petit bar. Elle en avait souffert, terriblement. Elle avait pensé que cette fois, ce serait différent, qu’elle ne serait pas blessée comme il y avait huit ans. Mais ces histoires qu’elle pensait mortes et enterrées étaient pourtant revenues la torturer avec plus de virulence encore.

Elle s’était maudite de s’être encore une fois laissée prendre au jeu. De s’être ouverte à cet insupportable noble pour se faire éconduire encore. Mais qu’attendait-elle ? Il était fiancé, au fond sa démarche ne pouvait qu’être compréhensible…

Rosamund avait nagé en eaux troubles avant son coma et le retour à la réalité rendait l’épreuve encore plus difficile. Elle haussa un sourcil quand il s’excusa pour les fleurs et la complimenta sur sa robe. Un instant de flottement la submergea, pendant lequel elle ne réussit pas à donner le moindre sens à cette remarque, jusqu’à-ce que la réponse ne vienne s’afficher en petits néons clignotants dans son esprit assombri.

- Je… Euh… Tout ça c’est toi ? Seigneur, il ne fallait pas… C’est…

La jeune femme passa ses deux mains sur son visage et fit un lent tour sur elle-même, comme pour redécouvrir cette chambre et réaliser l’ampleur des attentions que le futur duc avait eu pour elle. Ses yeux s’attardèrent enfin sur la robe blanche qu’elle portait. Il l’avait fait faire ?!
Un sourire mi figue mi raisin s’afficha sur son visage d’une pâleur lunaire. Elle ne pouvait nier l’évidence. Ces attentions la flattaient au plus haut point et elle était ravie d’avoir la preuve que cet incorrigible emmerdeur tenait à elle, plus qu’il ne voulait le dire. Et simultanément, elle sentit la colère monter, accentuée par le jeune prolongé et les médicaments. Pourquoi faisait-il cela après l’avoir éconduite ? Pourquoi prenait-il un malin plaisir à l’approcher, la mettre en confiance pour la rejeter et refaire surface lorsqu’elle était au plus mal ? Rosamund ne pouvait plus supporter ce petit jeu, alors même qu’elle commençait à toucher du doigt la raison pour laquelle l’attitude d’Edward envers elle lui importait autant.

Après un long moment de silence, elle se contenta d’un simple :

- C’est vraiment très gentil de ta part Edward. Toutes les fleurs son magnifiques. La robe me plaît beaucoup… Merci.

Elle croisa les bras et ne bougea pas quand il lui annonça que sa famille prenait en charge les frais d’hospitalisation cela la surprit un tantinet mais elle trouvait cela légitime, l’anniversaire de Calixte étant le déclencheur fortuit de cette tragédie. Elle hocha calmement la tête dans un geste d’approbation. Les Seymour faisaient partie de la noblesse mais restaient justes et conscients de leurs responsabilités, c’était appréciable. Elle espéra qu’en tant que Duc, son interlocuteur saurait prendre des décisions semblables.

- Ta famille est très prévenante… C’est très beau de leur part comme geste.

Elle ne savait pas quoi lui dire. Elle voulait le gifler, le harceler de questions, et en même temps elle ne pouvait que remarquer son air las et la profonde tristesse qui se dégageait de ses yeux. Son frère ne s’était toujours pas réveillé. Il devait sans doute se faire un sang d’encre pour lui, malgré leurs différents. Et s’il ne se réveillait pas ? Ce serait un désastre pour lui. Tiraillée entre l’envie de le réconforter et la rancœur, elle resta là, pantoise, jusqu’à-ce que sa dernière question achève de la désarçonner. L’air songeur, elle décroisa les bras et perdit son regard dans les tons roses d’un bouquet de fleurs.

- Comment je me sens… ? Je… Je viens de passer deux semaines dans le noir et j’ai l’impression d’avoir juste fait un affreux cauchemar… J’ai perdu quatorze jours de ma vie, entre les mains de gens que je ne connais pas, à cause d’un criminel que je n’ai toujours pas réussi à identifier et… Et...

Au fur et à mesure qu’elle parlait et mettait des mots sur son malaise, sa voix commença à prendre une intonation tremblotante. Ses jambes lui semblaient se ramollir de seconde en seconde.

- Je n’arriverai jamais à respirer comme avant, j’ai le torse complètement balafré et la morphine qu’ils m’obligent à bouffer me fait oublier chaque jour la moitié de ce qui s’est passé la veille… Je… Je suis furieuse, furieuse de ce qui m’est arrivé et, en même temps, je me trouve si ingrate quand je pense que d’autres n’ont pas eu ma chance…

Sa lèvre inférieure trembla furieusement alors qu’elle se recroquevillait un peu sur elle-même. Sa vision se troubla alors que ses yeux s’embuaient de larmes qui, pourtant, refusaient de couler.

- Je suis désolée, Edward, je…

Elle avait envie de hurler. De se jeter contre lui, de s’agripper à son costume anthracite et de déverser son chagrin sur son épaule. Chaque cellule de son corps lui réclamait son contact à grands cris mais elle se le refusa, par peur d’un nouveau rejet. Toutes ces pensées contradictoires se bousculèrent, tant et si bien qu’elle préféra garder le silence, alors que tous ses membres se mettaient à trembler.
D’un geste qu’elle trouva incroyablement faible, elle parvint à essuyer ses yeux et ravala douloureusement les sanglots qui menaçaient d’éclater. Elle n’avait pas le droit de s’apitoyer sur son sort. En rassemblant son énergie, elle s’approcha du noble, petit pas après petit pas. Sa respiration était encore sifflante.
Elle leva enfin les yeux vers lui, après avoir évité son regard pendant tout ce temps.

- Je sais que c’est difficile, pour toi aussi. J’espère que tout va s’arranger.

Elle fit un geste, comme pour poser sa main amaigrie sur son bras de costume, mais s’arrêta en plein milieu, par peur soudainement de commettre un impair ou de déclencher sa colère. Ses oreilles sifflaient et son cœur tambourinait douloureusement dans son sein meurtri.

- Adrenalean 2016 pour Bazzart.
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