(Rosamund) | You will not fight alone

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(Rosamund) | You will not fight alone

 par Pandora A. O'Sullivan le Ven 20 Juil - 16:57


You will not fight alone
Rosamund & Pandora






Aoutch ! Et merde, doublement merde, fais chier, fais... merde.

Agitant ma main rougie par une vilaine brûlure, je contemple le carnage de la cuisine. Les cadavres d'œufs glorieusement morts au combat gisent sur le plan de travail, un empilement d'ustensiles encombrent le lavabo et quand je vois le résultat de ce qui vient de sortir du four, je me demande si je n'ai pas plutôt tenter de créer une bombe radioactive. Le dessus est trop cuit, l'intérieur l'est à peine et je ne suis plus tout à fait certaine de savoir ce que j'ai tenté de faire à la base. Un bête gâteau au chocolat, il me semble...

Pfff... c'est définitif, je ne sais pas cuisiner.

Ça m'emmerde bien parce que ce gâteau, je comptais l'apporter fièrement pour l'heure du thé mais... il a tout sauf l'allure de celui qui est en photo sur la recette. « recette facile, un inratable de la pâtisserie », qu'ils disent... mes fesses, oui ! Bougonne, je laisse le malheureux gâteau où il est, éteins le four et entreprends de nettoyer la cuisine avant que Marcus ne fasse une syncope en voyant le carnage. Sifflotant pour me donner du courage, j'astique l'évier, le four, le plan de travail, tout y passe jusqu'à ce qu'au bout d'une heure, tout brille. Au moins, je suis visiblement plus douée pour le ménage que pour la cuisine. Super... Un nouveau soupir s'échappe de mes lèvres tandis que je me redresse après avoir fini de sortir les dernières poubelles. D'instinct, je pose une main sur mon ventre et la retire presque immédiatement. Ça va faire cinq semaines... et je ne sais toujours pas quoi faire. Impossible d'aller voir Calixte, impossible d'en parler à Marcus ou Charlie tant que je ne sais pas quoi faire... enfin si, je sais exactement ce que Charlie va me dire et je n'ai pas envie de l'entendre. Je n'ai pas envie de confier ça à n'importe qui, pas envie qu'on me juge, pas envie que... il n'y a bien que Rosamund que j'imagine assez raisonnable pour ne pas me sauter à la gorge et puis... je lui fais confiance, réellement. Enfin... je lui fais confiance, mais je m'apprête à lui apporter un gâteau à peine comestible, on a vu mieux ! Quand je songe à ce qu'elle a récemment traversé, ça me peine. J'ai vite repris connaissance à l'hôpital, notamment grâce aux perfusions, et j'ai pu donné mon accord à Marcus pour qu'il signe à ma place et autorise ces mutants sortis de nulle part de me soigner. Mais Rosamund... quelque part, c'est là que je me rends compte que la médecine a bien du retard par rapport aux capacités de certains mutants.

Je finis par troquer la tronche enfarinée et le tablier pour une tenue un peu plus décente et embarque gâteau raté, fraises tagada et bonbons artisanaux sans sucre avec moi pour affronter le froid glacial de ce début du mois de mars. Il fait humide et triste, à cette saison, les gens préfèrent la chaleur de leur salon et des cafés à la morosité de l'extérieur et tandis que je me hâte dans les rues, je ne croise pas grand monde. Malgré un manteau épais et une grosse écharpe, je grelotte et peste contre le temps pourrit de la région : c'est trop demandé, un peu de soleil ? Oui, c'est l'irlandaise qui pense ça. Arrivée dans le vieux quartier de Killingworth, j'aperçois avec joie la petite maison que Rosamund m'a décrite et... c'est bluffant. On est loin des grands lofts impersonnels que s'offrent les riches, loin des villas traditionnelles des nobles familles du coin, ÇA c'est original, ÇA ça a de la gueule ! C'est une jolie petite maison de mineur entièrement retapée et décorée avec goût : dès le perron, on s'y sent bien. J'appuie alors sur la sonnette et attends que Rosamund vienne m'ouvrir en dansant d'un pied sur l'autre pour lutter contre le froid. Et lorsque la porte s'ouvre, je dois bien reconnaître qu'elle est loin d'avoir l'air aussi en forme que lors de nos autres rencontres. Elle est pâle, les yeux cernés, et j'imagine que je dois lui renvoyer un reflet assez similaire. Il faut dire que les événements de la soirée d'anniversaire de Calixte ne sont pas si loin de nous...

Hello ! J'espère que je suis à l'heure et... tadaaam ! J'ai ramené de quoi t'empoisonner ! Enfin heu... désolée. Mauvaise blague, pour le coup.

Je lui fais une moue désolée, espérant qu'elle ne prendra pas mal mon humour douteux et lui tends le gâteau ainsi que les confiseries le temps d'enlever mon manteau et mon écharpe.

J'adore ce que tu as fait de cette maison ! C'est vraiment superbe ! Ça t'a pris longtemps ?

Il n'y a pas à dire, l'intérieur respire l'élégance et la simplicité, c'est joli sans en faire trop, c'est... bien différent de l'appartement que je partage avec Marcus qui, lui, ne ressemble à rien. Une fois les affaires posées, j'attrape les mains de Rosamund avec un regard inquiet.

Tu vas bien ? Pas trop de séquelles depuis ta sortie de l'hôpital ? Et ils t'ont donné des médicaments ? Oh désolée... J'ai eu tellement peur, ce soir-là, et ayant déjà vécu ce qui t'est arrivé, je sais à quel point ça peut être douloureux.

Depuis notre rencontre dans la salle d'attente du docteur Harms, Rosamund et moi partageons ce secret un peu honteux qu'est la santé défaillante. Elle fait partie des rares personnes à savoir et surtout, l'une des seules qui sait à quel point il peut-être désagréable d'être regardée avec pitié.
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Re: (Rosamund) | You will not fight alone

 par Rosamund A. Fraser le Sam 21 Juil - 12:44


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Rosamund avait retrouvé le confort de sa petite maison quelques jours plus tôt seulement. Edward l'avait reconduite, depuis le froid hôpital de Newcastle, jusqu'à ce nid douillet qu'elle avait investi depuis peu. Malgré le retour à la normale, le plaisir de retrouver ses murs, une alimentation un peu plus éloignée de la bouillie de papier mâché qu'on lui servait et le confort de son lit, elle ne parvenait pas à récupérer. Le souvenir du Cosmic Ballroom était toujours bien trop présent et la figure austère de l'aîné des Seymour occupait chaque jour davantage ses pensées. Tout cela la fatiguait bien plus que ce qu'elle n'aurait imaginé. Elle avait perdu du poids, les cernes s'étaient transformées en valises et ses joues habituellement rondes s'étaient creusées.

L'idée de recevoir Pandora chez elle lui faisait beaucoup de bien. Elle s'était levée tard, et avait commencé à préparer de la musique et quelques pâtisseries, lovée dans un gros pyjama en pilou. Quand la sonnerie avait retenti, elle était apparue à la porte avec un grand sourire. Mais malgré les cheveux fraîchement lavés, l'odeur de fleur d'oranger de son gel douche et le gros pull en laine tout neuf qu'elle portait, on ne pouvait que lire la fatigue sur son visage. Fatigue qu'elle retrouva dans les yeux de son amie, dont l'éclat des cheveux roux s'était terni et dont le teint paraissait moins rose qu'à l'accoutumée. Ni l'une ni l'autre n'étaient ressorties indemnes de cette affaire, bien que Pandora ait pu échapper plus rapidement qu'elle aux mains des médecins.

- Hey ! Pandora ! Ça va et toi ? Elle rit à sa blague vaseuse et la laissa entrer. Mais non ne t'inquiètes pas, c'était drôle. Bienvenue chez moi !

Tout était peint dans les tons de bleu/gris et blanc, et rehaussé par de légères touches de jaune bouton d'or et de vieux rose. La pièce principale baignait dans une odeur chaude de citron, qui venait des gâteaux encore chauds que l'avocate venait de poser sur la table. Elle rougit aux compliments et se dirigea vers la bouilloire qui fumait, derrière le comptoir de sa cuisine à l'américaine.

- Oh c'est allé... Je crois que ça m'a pris un mois à plein temps. En septembre, mon boss m'a fait la proposition pour l'emploi que j'occupe maintenant, en octobre j'ai commencé à faire des allers-retours réguliers entre Londres et Killingworth pour retaper cette maison et en novembre je me suis installée ! Je suis contente que ça te plaise !

Elle versa la boisson dans une jolie théière en porcelaine rose et posa le tout sur un plateau, avec soucoupe et tasses assorties. Quand elle eut tout déposé, elle laissa Pandora lui prendre les mains et lui adressa un sourire contrit.

- Ça peut aller... Je me sens encore assez faible et parfois je panique dès que je perds mon souffle mais au moins je suis en sécurité chez moi. C'est Edward qui m'a ramenée ici, je crois qu'il est venu régulièrement prendre de mes nouvelles alors qu'on me maintenait en coma artificiel.

Ignorant son léger rougissement, elle riva ses yeux noisettes dans ceux de son amie et serra à son tour ses mains dans les siennes. Progressivement elle l'amena à s'asseoir et essaya de sonder son visage. Elle savait qu'elle aussi avait souffert et son hémorragie avait été bien trop impressionnante pour ne pas laisser de séquelles.

- Et toi, comment te sens-tu ? Je... Je sais qu'il est toujours inconscient à l'heure qu'il est. J'imagine que ce n'est pas simple mais il me semble que les médecins ont dit que rien n'était perdu.

Rosamund ne savait pas vraiment comment tourner la chose. Elle savait que Calixte comptait pour son amie et elle la connaissait suffisamment pour savoir que c'était moins sa convalescence qui la perturbait que le fait de savoir que le dernier Seymour se trouvait toujours dans un état critique. Cependant, la jeune avocate ne savait pas encore jusqu'où leur relation se profilait. Avec un léger sourire, elle soupira.

- Nous voilà bien lotie, avec deux phénomènes pareils...
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Re: (Rosamund) | You will not fight alone

 par Pandora A. O'Sullivan le Ven 10 Aoû - 16:33


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Étant donné le froid qui règne dehors, je ne me fais pas prier lorsque Rosamund me propose d'entrer. Outre la température, il règne chez elle une atmosphère relaxante, celle d'un cocon tout doux, tout moelleux : c'est tout à fait le genre de petite maison qu'on pense ne jamais voir que dans les films et qu'on envie à tous les héros de ce répertoire.

Wouaw... ça a dû être sportif, dis-moi ! Déjà que faire l'aller retour entre ici et Londres c'est long, j'en sais quelque chose, mais en plus pour te remettre au bricolage, tu as un sacré courage !

Mais ce qui m'intéresse plus encore que cette maison, c'est l'état de santé de mon amie. Y a l'aspect physique qui se réparera forcément mais je sais pour ma part que les séquelles psychologiques seront plus longues à soigner. La peur et l'angoisse me compriment sans cesse l'estomac et il n'y a pas que la grossesse qui me rende nauséeuse, j'en suis bien consciente. Killingworth et Newcastle ont quelque chose d'angoissant, ces derniers temps. Quelque part, c'est normal que nous nous dévisagions tous dans la rue, nous demandant si ce type-là ne serait pas le meurtrier ou si ça ne serait pas plutôt cette femme-là. Le coupable est partout car il n'a pas de visage, pas d'identité, rien... tout ce qu'on sait de lui, c'est l'odeur de cadavre qu'il laisse traîner derrière lui. Pourtant, les mots de Rosamund parviennent à m'arracher un sourire attendrit.

Il a l'air de tenir à toi... je sais bien que tu ne veux pas te faire d'idées, mais je ne suis pas certaines que les autres patientes aient reçu des fleurs. En tout cas moi, je n'ai rien eu !

Je prends un air faussement vexé, sans pour autant me départir de mon sourire. C'est drôle de voir la maladresse de l'aîné quand on sait comment est Calixte. Et en songeant à lui, mon sourire se fane. Sans cesse, mes pensées se tournent vers lui, virent à l'obsession et je ne sais plus quoi faire à part attendre, désespérément attendre. Mon air mélancolique doit se lire avec évidence sur mon visage car immédiatement, Rosamund embraye sur le sujet. Je relève les yeux, me mordille la lèvre mais ne parviens pas à formuler la moindre réponse. Je préfère aller m'asseoir dans un fauteuil et attrape la tasse de thé brûlant que me tend Rosy.

Ça va, oui... en réalité, je me suis rétablie très rapidement car mon frère n'a pas hésité à signer pour que ces mutants, les Cavendish, s'occupent de mon cas. En quatre ou cinq jours, j'étais sur pieds, bien qu'un peu fatigant. Pour ce qui est du reste...

À savoir l'épineux sujet des Seymour qui me prend bien trop la tête.

À vrai dire... Edward et Calixte sont très différents, j'ai l'impression. Je suis là, à me mettre la rate au court bouillon, à attendre des nouvelles mais on n'a rien d'un couple, Calixte et moi. Disons plutôt de bons amis avec une trop forte tendance à franchir des limites qui ne sont pas là pour rien.

Des limites qui ont été franchies une fois de trop mais que je préfère ignorer pour le moment.

J'espère aussi qu'il se réveillera bientôt... les médecins refusent qu'il ait des visites si ce n'est pas la famille mais une infirmière m'a confiée qu'à défaut de s'améliorer, son état était stable...

L'inquiétude se lit dans ma voix et, pour la seconde fois, c'est instinctivement que ma main se pose sur mon ventre, comme pour protéger ce que je ne suis même pas certaine de vouloir réellement.

C'est quand même amusant... toutes ces attentions qu'Edward a pour toi, c'est à l'opposé de ce que j'ai pu entendre à son sujet. J'ai envie de dire que c'est mignon mais tu vas me dire que je suis niaise !

J'éclate de rire, attrape un bonbon dans la boîte posée sur la table et le mâchonne en attendant que mon thé refroidisse un peu.

Au passage, si jamais tu as besoin d'aide avec ton... problème pulmonaire, n'hésite pas. Ça fait bientôt 30 ans que je dois passer 20 minutes par jour à faire des exercices respiratoires un poil fatigants mais vraiment bien fichus, on peut les faire ensemble, si tu veux !

Comme un appel à l'aide, ma proposition sonne davantage comme un « pitié, ne me laisse pas seule ». Marcus est là, prévenant, inquiet, mais c'est justement ça l'ennui : il n'a pas vécu la soirée et surtout, il est capable de se mettre à paniquer à une vitesse si folle qu'il serait capable d'aggraver les choses sans le vouloir. Rosamund, elle, sait... elle a tout vu.
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Re: (Rosamund) | You will not fight alone

 par Rosamund A. Fraser le Ven 17 Aoû - 22:42


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La jeune femme sourit et regarda son petit salon, à mi chemin entre l’ancien et le moderne. Il avait quelque chose de ce que l’on aurait pu attendre de la pièce à vivre de Sherlock Holmes, avec ces étagères remplies de livres et d’antiquités, pourtant impeccablement rangées. Le blanc des murs, le bleu, le jaune et le rose pâle de la décoration rendaient cependant la pièce bien plus lumineuse et large que le cabinet du célèbre détective !

- Ahahaha, oui c’était sportif mais j’étais vraiment motivée… Jusqu’à présent j’ai toujours loué des meublés, je n’ai jamais vraiment pu décorer mon appartement comme je le voulais, alors que j’adore ça !

Aux mots qui suivirent, l’avocate leva les yeux au ciel et eut un sourire qu’elle sentit très niais alors que le rose colorait doucement ses joues. Peut-être que si une personne extérieure identifiait ces signes comme des marques d’affection… Cela pouvait signifier que le futur duc tenait à elle et ne faisait pas simplement démonstration d’une politesse d’un autre âge ?

- Je crois que je suis la seule à avoir reçu des fleurs en effet... Tu sais qu’il a également fait faire une robe à mes mesures pour que j’ai quelque chose de prorpre à mettre sur le dos à ma sortie d’hôpital ? Il est très prévenant…

Elle assit son amie dans un fauteuil et s’installa dans le canapé en face d’elle après lui avoir servi du thé. Elle s’empara ensuite de sa propre tasse. Elle était rassurée de savoir que Pandora s’était remise rapidement de son hémorragie. Peut-être serait-elle également sortie plus vite si quelqu’un de sa famille avait pu signer l’autorisation de soins… N’importe qui la connaissant un minimum savait qu’elle ne s’y serait pas opposée.
Elle haussa un sourcil amusé lorsqu’elle lui parla des frères Seymour. Ainsi donc Pandora et Calixte aimaient franchir les limites… Elle se doutait qu’il s’appréciaient, mais elle n’aurait pas imaginé qu’ils seraient allés jusqu’au stade d’amants… peut-être projetait-elle sur eux sa propre incapacité à avoir avec Edward une relation qui sorte du cadre professionnel ?
Alors que l’irlandaise semblait s’inquiéter du réveil du cadet, la jeune femme nota, en sirotant son thé, que son amie posait sa main sur son ventre. C’était la deuxième fois depuis qu’elle était arrivée ici d’ailleurs… L’esprit vif de la jeune femme n’eut aucune difficulté à trouver la solution à l’équation. Une liaison, des nausées et maintenant ce tic régulier…. Se pouvait-il que… Non, ce serait inconvenant de lui poser la question de façon si directe ! Et si elle se trompait, de quoi aurait-elle l’air ? Si cela se trouvait, elle traçait des plans sur la comète et se fourvoyait totalement ! Finalement, elle choisit de ne rien dire et profita du changement de sujet de son amie pour rougir un peu plus.

- Je me doute de ce que l’on dit de lui… Edward peut souvent se comporter comme un connard mais c’est quelqu’un d’attentionné… Il a simplement été élevé avec une charge très lourde et je pense que c’est sa façon à lui de gérer la situation… En tentant de se couper du monde et des gens

Elle eut un petit sourire contrit et se coupa une part de gâteau, comme pour noyer son amertume dans la rondeur douce du chocolat. Au fond elle souffrait de cette distance qu’il lui fallait respecter car il avait une carrière et un titre en jeu, alors qu’elle mourrait d’envie de le faire sortir de sa coquille.

- Ça m’enrage parfois. Tantôt il est adorable, tantôt il me jette comme si j’avais tenté de lui faire du mal… Tu sais que nous travaillons ensemble sur une affaire n’est-ce pas ? Figure toi que fin janvier, on s’est retrouvés dans un bar et… Enfin… Il m’a embrassée.

La blonde écossaise rougit plus qu’une pivoine et tourna nerveusement sa cuillère dans sa tasse avant de reprendre.

- Il ne s’est rien passé de plus que cela...  Tout était parfait, nous nous sommes quittés sur un sourire. Et les trois semaines qui ont suivi, il a été imbuvable. Froid, distant, à me reprendre au moindre geste… Puis il y a eu l’anniversaire de Calixte et il est revenu me voir. Je n’en peux plus de ces changements d’humeur, je ne sais jamais sur quel pied danser et… Et c’est vexant, voilà !

Rosamund releva les yeux quand son amie lui proposa les exercices respiratoires. Elle comprenait aisément les intentions derrière ce service si gentiment proposé. Se retrouver entre victimes, discuter, exorciser le traumatisme… C’était nécessaire à la reconstruction.

-Oh, avec plaisir, si ça peut m’aider à éviter d’être essoufflée dès que je m’active plus de 5 minutes ! On pourra faire ça chez moi, il y a de la place et j’ai du thé pour nous abreuver jusqu’à la fin des temps !

Après un petit rire chaleureux, ses yeux se portèrent discrètement vers le ventre de son amie. Rosamund avait besoin de savoir si elle se faisait ou non des idées. Si ce qu’elle pensait était vrai, alors Pandora allait avoir besoin de son aide.

-Mais, dis moi… Tes nausées se sont calmées après ta sortie de l’hôpital ? C’était lié à tom hémorragie ou pas, finalement ?

Toute en finesse et en discrétion. La blonde écossaise n’était pas avocate pour rien.

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Re: (Rosamund) | You will not fight alone

 par Pandora A. O'Sullivan le Sam 15 Sep - 23:20


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Il faut bien avouer une chose, c'est que la maison de Rosamund a ce charme que mon appartement n'a pas. La décoration a été choisie avec soin, le bon goût, l'élégance et la simplicité sont là et surtout, on sent qu'on est chez elle et pas chez quelqu'un d'autre. Immédiatement, j'ai l'impression d'être dans un cocon tout doux, c'est vraiment agréable.

Ah ça, je ne peux que te comprendre... la plupart des meublés sont tous aménagés de la même manière, c'est tellement impersonnel !

Et je sais de quoi je parle pour avoir passé ma vie à déménager d'un point à un autre. Mais ce qui est important pour le moment, ce n'est pas la décoration des lieux mais plutôt l'intérêt que l'aîné Seymour semble porter à la belle avocate. C'est amusant, jusque sur ses joues roses et son sourire, je lis l'affection qu'elle éprouve pour lui. C'est touchant, vraiment. Je n'ai pas entendu que du bien à propos d'Edward Seymour, au contraire, mais le rigide frère de Calixte a l'air de réellement s'intéresser à Rosamund. Je ne peux contenir un sourire amusé tandis qu'elle me dit qu'il est « prévenant ».

Prévenant ? Quand je suis prévenante avec quelqu'un, je lui passe un coup de fil... je ne lui envoie pas des tonnes de fleurs et je ne fais pas faire une robe sur mesure ! Si tu veux mon avis, Edward en pince pour toi !

Si je connaissais l'histoire de Rosamund et Edward, je serais sûrement moins enjouée à l'entendre dire tout ça. Parce que si je connaissais son histoire, je lui dirais de fuir cet espèce de pervers narcissique qui ne sait pas ce qu'il veut au plus vite. J'avale une gorgée de thé, attrape un biscuit et le grignote tandis que Rosamund m'explique pourquoi Edward a tendance à se comporter comme une huître perdue sur un rocher au milieu de l'océan. C'est tellement étrange de voir à quel point Calixte et son frère peuvent être différents !

C'est fou, ça... Calixte me disait qu'il a lui aussi été élevé avec cette charge assez lourde sur les épaules, avec tous les problèmes que peut avoir un cadet dans ce genre d'histoire et pourtant, ils sont radicalement différents. Calixte est... je ne sais pas, j'ai l'impression qu'il aime quand on le voit, quand on l'entend, et parfois, j'ai envie de lui demander si ce n'est pas parce qu'il a peur qu'on l'oublie. Ils ont vraiment des tempéraments différents et... j'ai l'impression qu'ils ne s'entendent pas trop.

Calixte est un beau parleur qui aime s'écouter causer mais s'il y a bien un sujet qu'il tait la plupart du temps, c'est bien celui qui concerne son frère. Il n'aime pas évoquer leurs différends mais il n'y a qu'à voir son expression que quelqu'un évoque le sujet pour savoir que c'est tendu.
Mais sitôt la comparaison faite, Rosamund passe aux confidences. C'est tout aussi étrange, car... Calixte n'a aucun scrupule, nous sommes pareils là-dessus : les conquêtes, c'est pour le sexe et point barre. Rosamund et Edward, ça a l'air tellement différent ! Un baisé a suffit à faire basculer leur relation et je me surprends à éprouver une pointe de jalousie. Ce baiser, il a du sens, alors que tous ceux que nous avons pu échanger avec Calixte font partie de la banalité de notre relation basée sur rien du tout, finalement. D'un baiser, ils sont allés bien plus loin et avec le recul, avec la situation actuelle, je me rends compte que j'en aurais bien besoin, d'une relation stable et posée. Ne serait-ce que pour le bébé... du moins si je le garde. Mais avec Calixte, c'est impossible, de ça j'en suis sûre.

Mais... est-ce qu'il sait ce qu'il veut, en fait ? Il ne peut pas jouer avec tes sentiments comme ça, c'est cruel ! Il ne peut pas t'embrasser, te délaisser sans un mot et revenir avec des fleurs et une robe ! Non mais c'est quoi, ce type ?

Je m'agace parce que je vois la tristesse, la colère et l'incompréhension dans les yeux de Rosamund. Ce n'est pas normal qu'un crétin lui fasse du mal comme ça, tout comme ce n'est pas normal qu'il fasse le yo-yo.

À mon avis, tu devrais lui en parler. Lui dire que ça ne peut pas continuer comme ça et qu'il doit arrêter de te faire tourner en bourrique. Soit il éprouve quelque chose pour toi, auquel cas les bisou, les claques sur les fesses et ronflements en chœur sous la couette seront d'actualité, soit il n'y a rien et il doit garder ses distances une bonne fois pour toutes. Je n'aime pas te voir comme ça, Rosy... et crois-moi, ce type serait un sacré con s'il choisissait la seconde option !

Sérieusement, qu'est-ce qui le bloque ? Rosamund n'est pas assez bien pour elle ? Bullshit, oui !

Bref... du coup voilà, à ta place, j'irais lui en parler. Il ne faut pas qu'il ait l'impression qu'il peut aller et venir sans fin, sinon tu vas souffrir et lui ne verra pas le problème dans l'histoire. Promets-moi que tu vas lui parler, d'accord ?

Sinon, Panda véner lui refait le portrait, au Seymour ! Le portrait façon Picasso ! J'avale une nouvelle gorgée de thé, me cale contre le dossier du fauteuil et vient le sujet des soucis de santé de Rosamund. Instinctivement, mes yeux cherchent la cicatrice qu'elle doit porter à la poitrine et qui est pudiquement cachée sous ses vêtements. Ce n'est pas le genre de blessure que l'on arbore fièrement et pour le coup, je sais de quoi je parle.

J'ai fait un collapsus pulmonaire quand j'avais une quinzaine d'années. J'étais sur scène pour la première fois, je jouais dans les noces de Figaro et... enfin tout ça pour dire que je sais ce que c'est et je sais que c'est douloureux. Mais si ça peut te rassurer, on vit bien avec, hein ! Tu verras, je vais te filer mes ruses de sioux, et pour un thé aussi délicieux que celui d'aujourd'hui, je te suivrai partout !

Quand j'ai vu l'état de Rosamund se dégrader à la fête, j'ai paniqué. Je me suis revue sur scène, ce jour-là, paniquée, terrifiée, et les secouristes m'ont emmenée trop tôt pour que je sache comment elle allait. C'est une chose que je ne souhaite à personne, une chose douloureuse qui laisse des séquelles.

Promis, c'est moins physique que de faire un footing !

Un léger rire m'échappe, rire qui s'efface rapidement tandis que je m'étouffe avec mon thé. Rosamund est observatrice... et elle n'oublie pas si facilement. Pendant un moment, je reste silencieuse et pose ma tasse à moitié vide. Je dois pâlir à vue d'œil et, dans un soupir, me prends la tête entre les mains. Lorsque je relève la tête, c'est pour mieux la poser sur mes doigts liés, comme si elle était brusquement devenue trop lourde.

Non, c'est... l'hémorragie a été causée par le mutant qui a déclenché tout ça. Les nausées... bon sang, Rosy, je suis dans la merde...

En général, une grossesse rend plutôt heureuse. En général, parce que je fais partie de celles qui ne s'en réjouissent pas.

Je suis enceinte... et étant donné le stade, je sais qu'il est de Calixte...

Et ça, c'est mauvais, ça pue, ça craint...

Je ne sais pas quoi faire... j'ai voulu aller le voir à l'hôpital mais sa famille a interdit les visites qui ne sont pas du cercle familial et de toute manière, il est toujours dans le coma. J'angoisse quotidiennement à l'idée qu'il ne se réveille pas, mais... je ne sais même pas si je vais pouvoir le lui dire. Ça serait tellement plus simple si je pouvais juste avorter et oublier ça, faire comme si de rien n'était...

Mais ça ne me ressemblerait pas. Ce n'est pas le genre de mensonge que je suis capable d'assumer sans ciller.

Nous ne sommes pas du même monde, il a son foutu poids familial sur les épaules qui, de toute manière et j'en suis sûre, va le clouer sur place et ça ne changerait rien, 'fin... C'était une histoire sans lendemain, à la base, ça n'aurait jamais dû arriver. Je ne sais pas quoi faire...

Lui dire ? Ne pas lui dire ? Faire mes valises et fuir une fois de plus pour ne pas avoir à assumer de tout lui révéler ? Au fond, y a-t-il seulement une bonne solution dans l'histoire ?
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Re: (Rosamund) | You will not fight alone

 par Rosamund A. Fraser le Sam 29 Sep - 13:05


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Plus elle se confiait à Pandora et plus Rosamund semblait voir clair en elle… Enfin, autant qu’elle le pouvait avec son esprit de convalescente tenant à peine sur ses guibolles. Elle rougit lorsqu’elle lui énonça les signes pourtant évidents de l’affection qu’il lui portait. Des signes que ni lui, ni elle ne voyaient. À moins qu’ils ne souhaitaient tout simplement pas les voir…
Elle fronça les sourcils avec un air de profonde réflexivité lorsque son amie lui parla du tempérament du cadet. Dire qu’ils étaient différents n’était là qu’un euphémisme. Les mésententes qui les séparaient avaient au moins la profondeur de la fosse des Mariannes. La jeune avocate le sentait, bien que son collègue soit resté très vague sur le sujet. Quelques regards à la dérobée et deux ou trois allusions lui avaient suffi pour qu’elle se fasse son idée du personnage. En mordant dans un petit bout de gâteau avec un air pensif, elle soupira.

- Edward est d’un naturel introverti et solitaire… Je pense qu’il déteste le Monde, il déteste les ronds de jambe et le protocole mais il est coincé dans son carcan d’héritier, fiancé à quelqu’un qu’il n’aime pas et ça le rend terriblement amer… Pour Calixte je ne sais pas, tu le connais certainement bien mieux. Mais j’imagine qu’il doit envier la position de son aîné sans en comprendre les difficultés et que ces deux imbéciles ne parviennent pas à communiquer sur leurs ressentis respectifs…

Et lorsque Pandora s’énerva, arguant qu’il la traitait moins comme un être humain que comme un jouet, elle ne put que hausser les épaules, soupirer et acquiescer. Elle avait raison, le noble la prenait et la jetait selon des motifs obscurs qui semblaient ne trouver de sens que dans les profondeurs abyssales de son esprit. Elle ne savait pas pourquoi elle continuait d’endurer tout cela… Cela ne lui ressemblait pas vraiment d’ailleurs. Dans le passé, elle avait déjà réussi à se défaire de relations compliquées et abusives du même genre. Mais pas avec lui.
Elle ne répondit pas et attendit la fin du diatribe de sa chère amie pour esquisser un pâle sourire. Elle aurait apprécié être aussi sûre d’elle que ce qu’elle semblait l’être. Mais bien qu’elle doutait encore un peu de ses capacités à parler au noble, l’irlandaise commençait à faire naître en elle une étincelle de confiance.

- Je… Tu as raison. De toute façon on ne peut pas continuer comme ça avec sa famille et toutes ses responsabilités au milieu… Il faut que je lui parle c’est certain, mais comment amener le sujet dans la conversation ? Oh, j’ai tellement peur que cela tourne mal si tu savais !

Ses doigts se tordirent sur sa serviette alors qu’elle acquiesçait d’un lent hochement de tête.

- Ça va être dur mais… J’irai lui parler, promis. Sinon tu auras le droit de me botter les fesses la prochaine fois que tu viendra prendre le thé !

Lorsqu’elle lui parla de son propre collapsus pulmonaire, elle ne dit rien mais elle posa doucement une main sur la sienne, en signe de compréhension et d’affection. Elle comprenait la douleur qu’avait ressentie la jeune femme et elle savait qu’elle comprenait la sienne. Le reste se passait de verbalisation. Elle sourit simplement et hocha la tête à la promesse de ses exercices bienvenus et finit par s’enquérir de l’état de l’Irlandaise.

Elle pâlit immédiatement à la vue de son visage qui perdait toute composition. Avant qu’elle ne parle, elle avait compris. Rosamund n’avait jamais été enceinte mais plusieurs amies étaient passées par ce stade. Elle en connaissait les signes et il y avait trop d’indices qu’elle n’avait pu ignorer. Instinctivement, elle se leva pour s’asseoir à côté d’elle et la prit par les épaules, pour lui signifier que tout irait bien…
Enfin non, tout n’irait certainement pas bien, surtout au vu du background du père, mais au moins elle était là pour l’assister.
Elle comprenait beaucoup trop bien les angoisses qu’elle formulait de sa voix paniquée. Elle les connaissait autant qu’elle les craignait car cela aurait pu lui arriver avec Edward, 8 ans plus tôt. Ces craintes, elle y avait déjà réfléchi, à base de « et si… ? » quelques jours après le bal, jusqu’à-ce que le test de grossesse ne lui révèle le résultat négatif, à son plus grand soulagement.

- Pandora, essaye de te calmer… Calixte ne se réveillera sans doute pas tout de suite mais Edward m’a dit que son état était stable. Il est très certainement hors de tout danger mortel à l’heure qu’il est…

Mais combien de temps avant son réveil ? Des jours ? Des mois ? Des années ? Combien de victimes de comas profonds étaient restés stabilisés mais incapables de se réveiller ? Et si Pandora n’avait pas les moyens de partager la nouvelle avec le noble avant son réveil ?
L’air contrit, elle pinça les lèvres et joua avec la tasse de thé entre ses doigts. Si Pandora avait des nausées, elle devait avoir achevé son premier mois… Le temps était compté avant le dépassement du délai légal pour l’avortement.

- Je sais que c’est difficile mais à mon avis, dans l’état actuel des choses, si Calixte ne se réveille pas d’ici deux semaines, tu devras prendre ta décision seule. Si tu ne te sens pas capable d’élever cet enfant seule, ne t’impose pas une grossesse, quand bien même il n’a pas été mis au courant.

Elle ne voulait pas briser le cœur de son amie, qu’elle devinait bien plus affectée par la situation que ce qu’un simple sex friend l’aurait été. Mais il fallait néanmoins être réaliste… Calixte aimait se montrer et enchaîner les conquêtes. Il serait, tout comme son frère, marié à une héritière et Pandora n’aurait jamais sa place dans la famille… Que ferait-elle, en tant que mère célibataire ? Et si la famille avait connaissance du bâtard ?

- Vous êtes deux responsables dans la création de cette vie mais c’est toi qui va devoir donner de ton corps pour la porter pendant 9 mois… C’est toi également qui va devoir élever seule ce petit bout si jamais il ne se réveille pas ou qu’il…

Elle se mordit la lèvre, incapable de finir. Délicatement, elle posa sa tasse et détailla le doux visage de sa rousse amie. Elle savait qu’elle avait grandi sans père. Elle devinait la crainte logée dans son petit cœur bien meurtri.

- Tu sais mieux que personne ce que ça fait que de grandir sans un de ses parents et je doute que tu veuilles imposer la même chose à ce… Ce futur potentiel enfant. J’espère que Calixte se réveillera à temps pour que tu puisses lui en parler et qu’il ne se comportera pas comme un salaud.

Elle regarda en l’air, visiblement ennuyée. Elle avait grandi avec des parents assez libres penseurs malgré son éducation catholique. Mais elle savait que pour d’autres et encore plus pour des irlandais, la question de l’avortement était une gageure.

- La décision finale te revient et je ne veux pas que tu te limites à mon seul avis… Mais si Calixte n’est pas réveillé d’ici deux semaines, à ta place je prendrais mes dispositions pour mettre un terme à cette grossesse… J’ai peur qu’elle t’apporte plus de problèmes que de bonheur et tes enfants ne méritent pas de naître dans un contexte familial aussi compliqué que celui qui se profile avec un héritier Seymour…

Et là, Rosamund, amère, parlait moins pour la violoncelliste que pour elles deux.

- Adrenalean 2016 pour Bazzart.

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Re: (Rosamund) | You will not fight alone

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