What a surprise! [Pandora O'Sullivan]

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What a surprise! [Pandora O'Sullivan]

 par Kirk H. Abberline le Ven 4 Mai - 20:32

What a surprise!
"Non maman, je ne viendrai pas dîner ce soir, ni demain, ni un autre jour, et tu le sais très bien." Je l’écoute essayer de me convaincre une énième fois de passer à la maison familiale, entendant mon père grommeler dans le fond, et je soupire "Au revoir maman"

C’est tout sauf poli, mais je lui raccroche au nez. Je ne sais pas si elle tente vraiment de me tendre une main chaleureuse, cherchant à renouer contacte après toutes ces années à me considérer comme moins qu’un homme à cause de ma mutation, ou bien si c’est une façon de me piéger pour m’amener un peu plus vers le fond. M’inviter à la maison, me faisant miroiter les années de mon enfance qui restent intactes dans leur joie et leur bonheur, pour finalement tout détruire tel un château de carte ? Je ne préfère pas prendre ce risque. Surtout si mon père est présent. Ma mère est une femme intelligente, elle sait que si elle veut me parler en relative paix, il faudra qu’elle le fasse seul à seul, sans mon père pour vérifier ce qu’elle me dit, sans me brider, sans nous brider.

Ce n’est pas le cas en cette après-midi pluvieuse. D’habitude, des après-midi pareilles, je les passe chez moi, bien au chaud sur mon canapé à m’abrutir devant des rediffusions de séries passables mais étrangement addictive, oubliant la pluie dehors. Pas aujourd’hui. Si je reste ici, même devant une série, je sais que ce qu’elle m’a dit va tourner, encore et encore, dans mon esprit sans que je ne puisse y faire quoi que ce soit. Que je passerai mon temps à essayer de deviner les messages cachés dans chacune de ses paroles, et ce n’est pas bon. Non, il faut que je me vide la tête, que j’efface cette conversation de ma mémoire pour pouvoir passer à autre chose. Dessiner. Voilà ce qu’il faut que je fasse. C’est bien, il y a une nouvelle exposition au musée.

Les Instruments de musique de la Renaissance. Pas un thème qui m’inspire particulièrement en soi, mais d’une part, ça me permettra de voir si elle peut vraiment intéresser Byron, d’autre part, ça me changera des œuvres habituelles. Je n’ai encore jamais dessiné de clavecin, il faut une première à tout comme on dit. Paquetant tout ce qu’il me faut dans mon sac à dos, je sors pour me diriger vers le centre-ville. S’il ne pleuvait pas, au moins, j’aurais pris le bus. Mais là, vu mon humeur en plus, je préfère prendre le pick-up, tant pis si je vais galérer à trouver une place pour me garer.

Ils sont beaux, ces instruments. Tout en dorures et couleurs encore vives malgré le grand âge de certains d’entre eux. D’autres sont de simples reconstitutions, mais beau malgré tout. Mon bloc de feuilles et mon crayon noir à la main, je parcours la salle pour trouver un instrument qui me plaît. J’allais changer de salle quand quelque chose m’attira l’œil. Un orgue. Gigantesque, magnifique, avec des dessins qui feront de parfaits entraînements aux détails, et des couleurs peu communes. M’approchant, je commence à laisser courir le crayon sur le papier, et me décale de temps à autres pour éviter les gens qui ne veulent pas prendre la peine de faire un pas sur le côté en me voyant planter là avec mon crayon et mes feuilles.

C’est quand je me décalais une nouvelle fois, un peu plus largement que jusqu’à maintenant, que je finis par percuter quelqu’un, me destabilisant moi aussi, et mon matériel chute au sol. Confus sans fin, je me retourne en m’excusant déjà.

"Désolé, je ne regardais pas où…" ma phrase s’interrompt en plein milieu, car je reconnais ce visage, c’est…"J’allais…Miss O’Sullivan ? C’est une surprise."

Remarquant mes feuilles qui s’éparpillent et que menacent de se faire piétiner sans vergogne par des visiteurs peu attentif à ce qu’il se passe sous leurs pieds, je me baisse pour les ramasser en toute hâte.
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Re: What a surprise! [Pandora O'Sullivan]

 par Pandora A. O'Sullivan le Dim 27 Mai - 18:02


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Aaah l'Histoire... que ferait-on sans elle ? C'est grâce à elle que l'on sait d'où l'on vient, grâce aussi à elle qu'on est censé pouvoir éviter les erreurs du passé – mais quand je vois le actuel, je me dis que l'humanité n'apprendra jamais. L'Histoire nous a forgés, l'Histoire peut nous avoir barbé avec ses milliers de dates, l'Histoire nous fait prendre conscience des dizaines de générations qui ont vécues avant nous et pour ma part, l'Histoire m'a toujours fait un peu peur pour une raison très bête : à l'échelle de l'humanité, je ne suis rien de plus qu'un tout petit élément imbriqué dans une longue succession de vies. À l'échelle de la Terre, je ne suis même pas un grain de sable... mais alors à l'échelle de l'univers ? On se sent si petit ! Alors elle me fait peur mais elle me fascine aussi, cette histoire. Chaque fois que je mets les pieds dans ce musée, je respire avec félicité cette odeur de vieux papiers, de vieilles pierres et d'histoires à raconter qui imprègne les lieux. Je dépasse l'aile des antiquités égyptiennes que j'ai de trop nombreuses fois arpentée pour ne pas la connaître par cœur, dépasse la galerie des peintres un peu fous qui peignaient des formes sans queue ni tête et jette mon dévolu sur la dernière exposition en date : les instruments de la Renaissance.

C'est en ça aussi que j'aime l'Histoire. Elle a fait de la musique ce qu'elle est aujourd'hui. Dans les premières vitrines, j'aperçois des hautbois anciens, taillés dans un bois plus clair que les actuels et dont le timbre est plus nasillard et plus rond que celui des hautbois modernes. À côté de la vitrine, un lecteur de disque passe le concerto pour hautbois de ce cher Wolfgang, joué sur un instrument sensiblement plus moderne que celui qui est dans la vitrine. Un peu plus loin, ce sont des cuivres qui sont exposés. J'adore cette époque et la manie qu'avaient les musiciens de se dire « bon les mecs ! On a qui au pipeau ce soir ? Y a machin au cor, bidule au violon et truc au clavecin ». Et à partir de là, on vous composait un truc sur mesure. On avait besoin d'un cor ? Pas de souci ! On vous le faisait fondre avec une forme assez approximative et une fois qu'on en avait plus besoin, on refaisait fondre le métal pour en faire une arme ou des pièces de monnaie. J'aime voir cette évolution, cette originalité et le caractère unique d'instrument confectionnés pour une occasion et pas une autre. On est bien loin des instruments fabriqués à la chaîne dans des usines comme aujourd'hui !

Je m'arrête devant chaque vitrine, inspecte les instruments avec attention mais ne trouve pas pour le moment mon bonheur. J'ai manqué une occasion unique de m'emparer de l'alto de Calixte, la dernière fois que nous nous sommes vus, mais... je ne sais pas pourquoi, je commence à avoir des scrupules avec lui. Je suis censée n'en avoir rien à faire, après tout ce n'est qu'un plan cul comme un autre ! Mais je n'ai pas envie de lire la déception ni la colère dans son regard si je parvenais enfin à m'emparer de son instrument, je... je n'ai tout simplement pas envie que la timide et naissante confiance qu'il y a entre nous s'étiole pour un vol d'instrument. L'ennui, c'est que je l'ai promis à un acheteur, ce Vuillaume, et que si je ne le lui amène pas, je ne donne pas cher de ma peau.

Je pousse un léger soupir, continue ma route à la recherche d'un instrument à cordes que je pourrais présenter à mon acheteur pour le faire patienter. C'est finalement dans cette grande salle où une partie de la foule est amassée autour d'un bel orgue à qui il ne manque qu'un ou deux tuyaux – ce qui est franchement exceptionnel – que je trouve finalement mon bonheur. Sur une petite estrade où ont été disposées des chaises anciennes aux pieds ouvragés et aux sièges brodés à la main se trouvent un petit ensemble à cordes, dont une viole de gambe. Le bois est remarquablement préservé et la tête a été sculptée à l'effigie de la muse du luthier, si j'en crois le petit panneau explicatif. Parfait ! Ça ajoute du drama à l'histoire, c'est ce qu'il me faut ! Je commence à farfouiller dans mon sac à la recherche de mes lunettes d'intello du dimanche puis entreprends de trouver un carnet et un crayon pour réaliser quelques croquis de l'instrument. Le nez dans l'immense fourre-tout qui me sert de sac, je ne remarque pas le jeune homme qui se rapproche de moi et, lorsqu'il me percute, j'en fais tomber le crayon que j'ai en main.

« Hey ! Faites attention ! »

Ce n'est qu'en relevant les yeux que je m'aperçois que le malotru ne m'est pas inconnu et ma moue agacée se transforme en un sourire radieux.

« Kirk ! C'est... Ah non, hein. Ne m'appelle pas Miss O'Sullivan, j'ai l'impression d'être une vieille fille de soixante-quinze ans. »

Je ramasse mon crayon, l'aide à rassembler ses affaires éparpillées au sol et me relève avec un sourire malicieux aux lèvres.

« Tu peux m'appeler Pandora, je ne vais te mordre. Et... je ne savais pas que tu dessinais ! Tu me montres tout ça ? »

J'apprécie énormément Byron et lorsque j'ai découvert qu'il fréquentais Kirk, je n'avais pas pu m'empêcher d'éprouver cette méfiance de maman poule qui jure particulièrement avec mon attitude au quotidien. Il est tellement... différent de Byron ! Il y a cette aura de mystère qui l'entoure et je n'arrive pas à savoir s'il cherche à cacher des choses ou s'il est simplement réservé. Ce qui est certain, c'est qu'il apprécie beaucoup plus Byron qu'il ne veut bien l'admettre et ses intentions ne m'ont pas l'air si mauvaises à son égard. Enfin... ça, c'est ce que me dit mon intuition. Kirk pourrait aussi bien être un bisounours qu'un tueur en série, je n'aurais rien vu venir tant il est... tant il est mystérieux, définitivement, je ne vois pas d'autre terme.
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Re: What a surprise! [Pandora O'Sullivan]

 par Kirk H. Abberline le Dim 24 Juin - 21:07

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C’est fou comme on peut se sentir idiot en utilisant simplement une formule de politesse. Je suis beaucoup de chose. Revêche, têtu, un ours mal léché...Faites votre choix ou rajoutez-en si vous le souhaitez, mais s’il y a une chose que mes parents m’ont inculqué et qui reste bien dans mon esprit, c’est la politesse. Il est vrai qu’il m’arrive d’être fort peu aimable parfois, mais je ne suis que rarement malpoli, ou alors c’est que l’autre l’a cherché. Ici, avec Pandora, alors qu’en plus je suis en faute car je ne regardais absolument pas où j’allais, je ne risquais pas de faire manque de politesse. Cependant, le Miss ne lui plaît pas et elle me le fait savoir. Pour le coup j’aimerais bien qu’un petit trou de souris apparaisse et que je puisse me rétrécir pour m’y engouffrer. Terrible. Je hoche simplement la tête pour lui faire comprendre que je l’ai entendu et que je ferai ça à partir de maintenant.

Je ne remarque son aide dans la récupération de mes affaires qu’une fois qu’elle me tend certaines feuilles et je les attrape, me faisant violence pour ne pas les attraper et les cacher au plus vite, bien que faisant en sorte de ne pas trop lui montrer. Son sourire, quand je l’aperçois, ne me rassure en rien et je me retiens de justesse de déglutir d’appréhension. Quand les gens, aussi gentils puissent-ils être, me font un sourire comme celui-là...Ca n’annonce jamais rien de bon. J’ai...plus ou moins raison. En soi, sa question n’a rien de méchant ou embêtant. Mais pour moi? C’est presque l’annonce de l’Apocalypse. Inconsciemment, je resserre un peu mes mains sur les précieuses feuilles de papier. Je n’ai même pas encore pris le temps de vraiment les mettre en ordre (à défaut de les ranger à proprement parler), les feuilles sont dans tous les sens, certaines dépassant plus que d’autres. Mes yeux restent ancrés sur Pandora, cherchant comment lui dire sans la blesser et sans trop passer pour l’allumé du village.

"Je...Ce ne sont que des gribouillages par-ci, par-là. Ca en vaut pas la peine."

Ma voix a perdue de son volume à la dernière partie. On dit que les artistes, même amateurs, ont tendance à ne pas croire à leur propre talent. C’est une partie de ce qui a forgé mon aversion à montrer mes dessins. Mais principalement, c’est le fait de l’avoir toujours caché à mes parents, à mes rares amis, à tous, en fait. Dans mon esprit, c’est quelque chose qu eje n’ai pas à montrer, qui n’est pas fait pour le regard des autres.

Si j’avais seulement fait un minimum attention aux feuilles plutôt qu’à observer les réactions de Pandora à mes propos, j’aurais très certainement remarqué qu’une des feuilles qui dépasse est un dessin de Byron, tourné vers Pandora car attrapé et placé avec les autres feuilles sans y réfléchir plus que cela. Un simple portrait d’un moment quelconque, un instant volé parmi des centaines d’autres, un crayon de papier, seul medium que j’avais sous la main à ce moment-là, et que le concerné n’a jamais vu non plus. Les rares dessins que je lui montre n’ont jamais de lien avec lui ou son milieu; je n’ai pas besoin de l’effrayer avec ces dessins croqué en cachette quand je suis seul chez moi ou alors bien caché dans les places du fond de la salle quand il danse.

Mais je deviens un peu (beaucoup) stupide quand je suis stressé, c’est ma malédiction.
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Re: What a surprise! [Pandora O'Sullivan]

 par Pandora A. O'Sullivan le Jeu 12 Juil - 23:24


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On me dit souvent que je suis un peu trop familière dans certaines situations, que j'ai tendance à vouloir mettre une claque dans le dos de gens à qui il vaudrait mieux serrer la main avec déférence mais c'est plus fort que moi : je déteste cette distance induite par un trop plein de politesse. Je ne dis pas qu'il faut appeler le premier venu « ma couille » ni que je vais aller taper la bise à la reine, simplement... je ne sais pas, à partir du moment où j'ai échangé plus de deux mots avec quelqu'un, j'ai du mal à lui donner du monsieur madame. Visiblement, c'est pourtant le genre de Kirk et si ça a un côté attendrissant, je ne tarde pas à lui dire qu'il n'a pas besoin de me vouvoyer ni de m'appeler miss.

C'est qu'il m'intrigue, ce gamin... à le voir, on a l'impression de voir l'exact opposé de Byron : renfrogné, réservé, un côté ours mal léché clairement revendiqué... tout le contraire de son acolyte excentrique et extravertie. Et pourtant, en les voyant tous les deux, je ne peux m'empêcher de voir des liens d'une puissance incroyable se tisser. J'observe alors les gestes quelque peu nerveux de Kirk, sa précipitation et l'énergie qu'il met à m'ôter ses dessins des mains, comme pour les dissimuler pudiquement. Je le revoie alors, gêné, tandis que Byron s'évertuait à remettre sa cravate en place, après un spectacle. Je me souviens m'être demandée si cette gêne venait du fait que Kirk ne supporte pas qu'on le touche ou s'il n'y aurait pas autre chose. Si, par hasard, les gestes que Byron pensent amicaux n'auraient pas une toute autre signification chez Kirk. Je lui rends les feuilles, me relève et note avec amusement la panique qui se dessine sur ses traits. Allons bon... je fais peur à ce point ?

« Oula... du calme, je ne vais pas te manger ! Et puis je suis sûre que tes dessins sont beaux. De toute manière, ce n'est pas moi qui vais les juger. Je suis musicienne, pas dessinatrice, et je ne sais même pas faire un bonhomme bâton correctement proportionné... »

Je n'ai jamais eu de goût pour la pratique du dessin. J'aime les musées, j'aime les bandes dessinées, j'aime les films d'animation... mais prendre un crayon pour m'essayer à ce genre de chose, non merci, très peu pour moi. J'ai eu la patience d'apprendre la musique, c'est déjà beaucoup quand on connaît mon incapacité à persévérer quand ça prend trop de temps. Je fais alors un pas vers Kirk et mon regard tombe sur une feuille dont le croquis est tourné vers moi, contrairement au reste du paquet. C'est un portrait, esquissé au crayon avec la rapidité et l'aisance de l'habitude, pris à la volée à un moment lambda de la journée et qui représente un visage qui ne m'est pas inconnu.

Byron... C'est tout de même étrange de l'avoir choisi lui, non ? S'il avait voulu faire une séance de portrait, il aurait pu demander à son entourage, non ? Ce portrait-là a l'air d'avoir été saisi à la volée, à l'insu de son propriétaire... ou alors, c'est simplement moi qui extrapole, ça ne serait pas la première ni la dernière fois. En tout cas, le dessin est suffisamment réussi pour qu'on le reconnaisse sans problème.

« C'est Byron, non ? » Je demande avec innocence.

Bien sûr que c'est lui... mais je veux la confirmation. Je vais le cuisiner, ce gamin ! Parce que sous ses airs d'ours et sa réserve, j'ai besoin de savoir si c'est quelqu'un de bien ou pas. On peut m'en vouloir, mais je ne veux pas voir Byron souffrir d'une manière ou d'une autre.

« Je ne lui dirais rien, si c'est ce qui te fait peur ! Je n'ai pas l'intention de critiquer ton travail, Kirk, simplement... je... trouve un peu étrange que tu caches un tel talent. »

Je pourrais lui dire que c'est égoïste de se cacher, que le monde a le droit de savoir, blablabla... mais ça serait le faire culpabiliser et ça ne me ressemble pas. Quoi que... ?
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Re: What a surprise! [Pandora O'Sullivan]

 par Kirk H. Abberline le Dim 22 Juil - 12:00

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Je pince un peu les lèvres. La mettre mal à l’aise ou même lui faire croire que sa présence et ses questions me dérangent n’est absolument pas mon but. Bon, je ne vais pas mentir, les question ne me rassurent pas, mais je pourrais tout aussi bien lui mentir, inventer une excuse quelconque. Mais je ne peux pas. Quelle raison je pourrais avoir de ne pas montrer ce que je dessine à Pandora, avec qui je m’entend, relativement, bien? Ce n’est pas la franche camaraderie, mais elle est sympa, et amusante, et puis elle a un talent fou au violoncelle. Je ne suis pas musicien et ne le serait probablement jamais, mais ça ne m’a pas empêché de remarquer cela. La situation est délicate. Je suis déjà assez bizarre comme ça pour le reste de la ville, sans même parler de ma mutation, alors je ne vais pas en rajouter non plus.

Mais montrer mes dessins...C’est quelque chose que je n’ai jamais pu faire. Même Byron n’en n’a vu que deux ou trois sur les centaines que j’ai pu faire au fil des années. Certains ont fini dans une poubelle ou brûlé, d’autres sont simplement cacher aux yeux du monde, caché dans une boîte chez moi. Ce n’est pas bien difficile, je ne fais pas de grands formats, mes croquis ne dépassent pas le A4, plus généralement le A5, taille du carnet que j’ai actuellement. Suffisamment grand pour avoir de la place pour plusieurs choses. Suffisamment petit pour que je puisse ranger ce carnet dans mon sac, bien à l’abri des regards indiscrets. Elle tente de me rassurer et je tente moi-même un sourire, pour lui indiquer que ça va, ce n’est pas grave. Si j’y arrive? Bonne question, je n’ai pas exactement de miroir pour vérifier.

"Ce n’est pas le problème Pandora..."

Non, ce n’est pas son jugement le problème. Ce n’est jamais le jugement de la qualité le problème (puisque que je ne les montre pas, c’est sûr…), c’est plus le fait qu’ils voient, tout court. Plus une pudeur qu’une peur à proprement parlé. Puis elle lâche une question tout à fait innocente mais qui me fige sur place. Byron? Où ça? Il ne manquerait plus que ça. Mes yeux parcourent rapidement la salle mais pas de Byron en vue, à moins qu’il ne soit derrière moi. Quand mes yeux se posent sur l’une des feuilles qui dépasse plus que les autres, ça s’éclaircit dans ma tête et je la ramène vers moi rapidement. Je hoche seulement la tête. Elle l’a clairement reconnu, je ne suis pas dupe à ce point.

Je ne retiens pas le soupir qui me vient quand elle dit qu’elle ne lui dira pas. Un soupir léger, mais preuve que c’était un des problème avec cette histoire. Je n’ai pas besoin qu’il le sache, je n’ai aps besoin que lui vienne à l’esprit que je sois un stalker, quelqu’un de potentiellement dangereux. Certainement pas. Certes, ça ne ressemble pas vraiment à Byron, mais passons. Finalement, je hausse les épaules, un ricanement désabusé passant mes lèvres alors que je range mes dessins et mes crayons.

"A quoi ça me servirait de le montrer ? Ce n’est qu’un hobby, quelque chose qui m’est personnel. Je ne cherche pas à devenir un artiste, je suis même une quiche en histoire de l’art et la plupart des tableaux contemporains et même anciens me laissent de marbre. En plus Byron a dû te le dire, je n’aime pas l’attention. Si j’avais pu être l’homme invisible, ça me serait très bien allé, tu sais?"

Mais il a fallu que je me retrouve avec une mutation dangereuse pour tous, moi qui peut influer sur leur essence vitale, leur sang.
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Re: What a surprise! [Pandora O'Sullivan]

 par Pandora A. O'Sullivan le Ven 24 Aoû - 12:32


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J'ai toujours eu conscience que les contraires pouvaient s'attirer, que ce soit en amour, en amitié ou en que sais-je encore. Il n'y a qu'à voir la complicité de Charlie et Marcus alors même que Charlie me ressemble bien plus qu'à son jumeau. Mais tout ça ne m'empêche pas de m'étonner à chaque fois que je croire Kirk ou Byron. Il y a tellement de... comment dire... de différences étonnantes. J'ai l'impression que s'il le pouvait, Kirk se fonderait dans le papier peint et y resterait, chose qu'il finit même par me confirmer. S'il était un mutant et que les mutations se développaient en lien avec la personnalité des gens, je pense qu'il se changerait en fantôme. Ou deviendrait intangible et invisible, tant qu'à faire. Le souci, c'est qu'avec mon caractère de pile électrique, je suis d'une nullité absolue pour comprendre les gens très réservés. Ce n'est pas que je refuse de comprendre leur volonté de s'effacer mais bien que je me sens particulièrement bête parce que je ne suis pas comme eux. Alors oui, je suis quelqu'un d'étrange. De bizarre. Et je me prends la tête. Mais les yeux écarquillés alors que je regarde tour à tour le dessin et Kirk, je ne sais pas trop quoi répondre.

Dans un sens, il a l'humilité que beaucoup d'artistes bien moins doués que lui n'ont pas... j'en ai vu, des mauvais dessinateurs qui se la racontent et pensent être les nouveaux Monet ou Delacroix, mais des gens avec le talent de Kirk qui préfèrent le cacher, beaucoup moins.

« Tu... je ne dis pas qu'il faut que tu ailles voir les gens qui arpentent le musée pour leur mettre tes dessins sous le nez, mais je ne suis pas certaine qu'être nul en histoire de l'art fasse de toi un mauvais musicien. Tu sais, à quinze ans, j'étais d'une nullité incroyable en histoire de la musique parce que ça ne m'intéressait pas... je n'étais pourtant pas trop mauvaise à côté de ça. »

Je vais éviter d'ajouter qu'il a fallu me mettre le nez dans une encyclopédie de la musique pour que je finisse enfin par admettre que l'histoire, c'est chouette. Garde donc ton image de bonne élève, Pandora, la cancre c'est un mauvais plan !

« Enfin, je... j'espère que je ne t'ai pas vexé, en tout cas. Je peux comprendre que tu veuilles garder ton petit jardin secret. Mais je peux te poser une question ? »

Et j'espère qu'il dira oui parce que j'ai bien l'intention de la poser, ma question.

« Pourquoi est-ce que tu te caches comme ça ? »

C'est vrai, quoi... il se cache derrière Byron, se cache derrière ses dessins... s'il me semble sympathique, je le connais moins que Byron et inévitablement, mon côté maman poule prend le dessus : il est plus vieux que le petit danseur, cachottier, bourru... est-ce simplement de la réserve qui se cache sous cet air renfrogné ou a-t-il des cadavres sous son lit ?

« Promis, je ne suis pas de la police ! C'est juste que... j'ai remarqué plusieurs fois que tu avais l'air très mal à l'aise quand il y a du monde. »

Mon esprit un peu trop imaginatif s'en va vagabonder à droite et à gauche, imaginant un fugitif, un type bizarre avec un passé louche ou encore un criminel... ce qui est tout de même ironique puisque ici, de nous deux, c'est moi la criminelle. Ce n'est pas lui qui est venu faire du repérage pour savoir de qui il irait voler le travail à la nuit tombée.
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Re: What a surprise! [Pandora O'Sullivan]

 par Kirk H. Abberline le Mar 18 Sep - 15:39

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En l’écoutant, j’ai parfois des impressions de déjà-vu de conversations avec Byron. C’est tout au rien, la demi-mesure semble être un concept presque abstrait pour eux...Je viens de lui dire que je ne voyais simplement pas l’intérêt de montrer mes dessins aux yeux du public, et elle parle en termes d’aller presque agresser les gens pour aller leur montrer. Je me fais violence pour ne pas lever les yeux au ciel quand elle me reparle de l’histoire de l’art. Ce n’était pas le point que je voulais faire, c’était un simple argument de plus pour dire que l’art et moi on est copain que pour me vider la tête.

Me vexer? Si elle savait, il en faut beaucoup aujourd’hui pour me vexer. Désabusé, ou justement un peu trop abusé au fil des années, il y a peu de choses qui me font encore bondir quand ça me concerne. Alors je hoche la tête, lui faisant comprendre qu’elle peut poser sa question. J’allais même ajouter un “ça aurait changer quelque chose que je dise non?” quand elle pose la dîtes question, répondant à ma propre interrogation qui n’a pas eu le temps d’être énoncée. Et quelle question. Pourquoi je me cache? C’est à dire? Non parce que me cacher, c’est pas nouveau. Je fronce les sourcils, un peu, ce qui déclenche chez elle le fameux speech du “je ne suis pas flic”, ça je m’en doute. Ou du moins je pense que Byron l’aurait mentionné si c’était le cas. Passons.

Je pourrais répondre honnêtement à sa question, mais cela voudrait dire lui raconter la moitié de ma vie, et je n’ai aucune envie de le faire. D’une part parce que ça ne la regarde pas et d’autre part parce que ce n’est pas dans ma nature. Même à Byron il y a des choses sur moi que je ne lui explique pas.

“Pourquoi ça t’intéresse tant?”

Oui, bon, je l’admets, j’aurais pu être un peu plus sympathique dans ma réponse présente. Ca reste malgré tout une question légitime. Et puis j’ai une réputation d’ours mal léché à tenir moi, après tout. J’élabore tout de même un peu, sans entrer dans les détails.

“Je te l’ai dit: je n’aime pas l’attention. Or, plus il y a de monde, plus il y a des chances qu’une personne me remarque.”

Ca ne répondait pas au pourquoi je me cachais, pourquoi je n’aimais pas l’attention à ce point, mais ça justifiait le fait que je ne sois pas à l’aise quand il y a du monde. Elle allait vite comprendre aussi que je n’aimais pas les questions trop indiscrètes quand elles venaient que gens que je ne connais que très peu. Or c’est le cas avec Pandora. Je ne la connais que par Byron, c’est grâce à lui que ma vie sociale s’étend petit à petit...Pour le meilleur ou pour le pire d’ailleurs. C’est peut-être ça aussi, qui la pousse à me poser autant de questions...

“Je sais qu’on forme un drôle de duo avec Byron. Je ne suis ni aveugle, ni stupide. Mais il est la première bonne chose qui me soit arrivée depuis longtemps.”

Et ça, c’est le plus honnête vérité que je peux lui dire en cet instant.
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Re: What a surprise! [Pandora O'Sullivan]

 par Pandora A. O'Sullivan le Dim 14 Oct - 19:10


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Face à Kirk, je plisse les yeux. Il est sur la défensive et la moindre question rebondit sur un mur à la limite de l'agressivité qu'il semble avoir érigé entre lui et le reste du monde. Et il a raison, pourquoi est-ce que ça m'intéresse tant ? Après, ce n'est qu'un type parmi tant d'autres, un gamin taciturne qui n'aime pas se montrer, où est le mal ? Alors c'est vrai, je pourrais n'en avoir rien à faire, hausser les épaules et poursuivre jusqu'à la galerie qui m'intéresse en le laissant là. Seulement ça, ce n'est pas moi. J'ai cette foutue curiosité mal placée qui me titille et surtout, Kirk est entouré de tant de mystère que je ne peux m'empêcher de me méfier de lui. Byron est un ami, un bon ami, même, comme un petit frère et pour une raison qui m'échappe, je n'ai pas envie qu'il s'attire d'ennuis, j'ai envie... de le protéger, quelque part. Désolée, Kirk, il a fallu que ma méfiance se tourne vers toi. Je croise les bras, hausse les épaules et réponds d'un ton un peu plus sec que je ne l'aurais voulu.

« Comme ça, c'est tout... »

Inutile de donner davantage de détails, ça ne changerait rien. Mais il y a forcément une raison à tout ça, une explication qui a du sens. On ne cherche pas à disparaître sans raison alors qu'a-t-il bien pu faire pour avoir à ce point envie que les gens l'ignorent ? Enfin qu'a-t-il fait... au fond, peut-être est-il simplement maladivement timide et préfère disparaître dans un coin plutôt que l'attention soit tournée vers lui ? Ça serait tout aussi plausible, après tout. Et si son argument de la foule se tient, il peut facilement être contrer. Je penche la tête et fonce les sourcils.

« Sauf que plus il y a monde, moins on a tendance à faire attention au voisin. Dans une foule, on ne repère qu'un tas d'individus, tu sais. »

Ma remarque n'a rien d'une attaque ou d'une moquerie, je cherche plutôt à comprendre son raisonnement. Il ne me connaît pratiquement pas et je comprends qu'il n'ait pas très envie de me confier sa vie mais j'ai aussi du mal à croire qu'il soit aussi farouche et réticent à tout contact humain. Je sais bien que certaines personnes ont un besoin maladif de compagnie du matin au soir et que d'autres préfèrent la solitude mais là...

« Et alors ? Je veux dire... oui, vous formez un drôle de duo mais on dirait que ça te chagrine... si des gens vous disent que vous n'avez rien à faire ensemble, c'est qu'ils ont un raisonnement très binaire. Byron t'apprécie vraiment beaucoup et tu le sais déjà, j'en suis sûre, mais j'suis pas aveugle moi non plus. »

Consciente que ce que je vais dire peut le gêner plus qu'autre chose et que je risque de m'en prendre une, je m'approche pourtant et baisse la voix.

« L'autre soir, au concert, tu ne vas pas me faire croire que tu accompagnais simplement un ami. Je fais peut-être des raccourcis mais s'il y a bien quelqu'un qui se voile la face sur ses sentiments ici, c'est toi, Kirk. Et je ne dis pas ça parce que je suis fleur bleue. Je te dis ça car Byron va finir par souffrir de la distance que tu cherches à mettre entre vous et très honnêtement, je n'ai pas envie de le voir malheureux. »

C'est sûrement un peu dur comme façon de parler mais à quoi bon continuer à tourner autour du pot ? Byron est assez grand pour se défendre tout seul mais les rares fois où je l'ai croisé avec Kirk, j'ai eu l'impression que même si on lui avait envoyé des signaux lumineux et sonores, il n'aurait rien vu ni compris. Alors s'il faut mettre les pieds dans les plat, allons-y.
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Re: What a surprise! [Pandora O'Sullivan]

 par Kirk H. Abberline le Lun 15 Oct - 10:53

What a surprise!
D’accord, le ton sec, je l’ai bien cherché, c’est de bonne guerre. Même si la réponse en elle-même ne me satisfait pas du tout. Je ne sais pas pourquoi, mais j’ai l’impression qu’il y a plus à ses questions que de la simple curiosité. Il y a quelque chose qu’elle cherche pour une raison que j’ignore et je n’aime pas ça. Je doute qu’elle soit effectivement de la police, mais par contre, quelqu’un qui ne soit pas pour les mutants, ça ne serait pas impossible. Or, grâce à mon cher père (sentez l’ironie dans mon ton), il est impossible pour moi de me faire passer pour quelque chose d’autre. Il se plaint à qui veut bien l’entendre que son aîné est, je cite “une saleté de mutant”, et j’en passe et des meilleures. Même si je cache mon Epsilon sous le bracelet en cuir que m’a offert Byron, je ne me fais pas d’illusion sur le fait que la plupart des gens ayant côtoyés de près ou de loin mon père sont au courant. Elle ne l’est probablement pas (les sphères d’évolutions sont bien trop différentes), mais toutes ces questions me force à la défensive, désolé Pandora.

Je me retiens de soupirer au contre qu’elle fait à mon argument sur la foule et sur le moment, j’ai l’impression d’être Bones face à la logique de Spock et clairement irrité par cette même logique qu’il ne peut pas contrer. Je laisse tomber le sujet, de toute façon, il a migré vers autre chose, un sujet beaucoup plus dangereux pour moi, une véritable pente glissante s’il en est une: Byron. Je ne peux empêcher un vague sourire de fleurir sur mes lèvres quand elle évoque le fait qu’il m’apprécie, mais il ne dure qu’une demi seconde, un simple moment d’égarement de la part de mon esprit. Je fronce les sourcils à ses paroles. Le concert, où veut-elle en venir au juste? La suite me fige d’un coup, comme si on venait de me verser un bac d’eau glacée sur la tête et j’ouvre de grands yeux.

Dans une impulsion purement instinctive, je lui attrape le bras et l’entraîne un peu à l’écart de la foule, dans un petit renfoncement qui abrite un extincteur et une lance à incendie. C’est bien Kirk, maintenant tu fais quoi? Elle n’est clairement pas idiote et vu ma réaction, nier serait un mensonge éhonté aussi visible que le nez au milieu de la figure. Je pince les lèvres, sourcils froncés pendant un instant et finalement...soupire. Lourdement. Je n’ai pas le choix, n’est-ce pas? Je me passe une main dans les cheveux, clairement pas à l’aise et finit par parler.

“Je ne me voile pas la face sur ce que je ressens pour lui.” je croise son regard, je veux qu’elle prenne pleinement conscience de ce que mes paroles impliquent “J’ai des sentiments pour lui qui...vont bien plus loin que l’amitié.” Je ne veux pas dire que je l’aime. Pas parce que je ne l’accepte pas, pas parce que j’en ai honte, mais parce que si lui n’est pas au courant, je n’ai pas à le dire en ces termes à quelqu’un d’autre “Cependant je suis aussi lucide et réaliste.” je croise les bras “Il m’apprécie, je le sais et je remercie chaque jour le ciel de l’avoir mis sur ma route, mais je ne suis pas ce dont il a besoin. Pas...Pas comme ça.” je finis par baisser les yeux “Je compte rester auprès de lui aussi longtemps qu’il le souhaitera, mais je ne me fais pas d’illusion”

C’est la plus déchirante des vérités: il mérite mille fois mieux que moi.
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