(Byron) | The core of all life is a limitless chest of tales

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(Byron) | The core of all life is a limitless chest of tales

 par Pandora A. O'Sullivan le Ven 30 Mar - 19:43


The core of all life is a limitless chest of tales
Pandora & Byron






Ça a recommencé hier soir. J'avais un peu froid en rentrant, une averse m'était tombée dessus et j'ai commencé à tousser. Pas grand chose ni de quoi alarmer qui que ce soit. Du moins quand on a un organisme sain qui tourne bien, ce qui n'est pas mon cas. Pendant la nuit, j'ai senti mes ganglions enfler, ma gorge brûler et, aux alentours de quatre heure du matin, impossible de trouver le sommeil tant la position couchée m'était insupportable. Alors je me suis levée, me suis fait un thé et ai zappé sur toutes les chaînes possibles et imaginables à la télé. J'ai vu passer des émissions sur l'art de la pêche en eau douce, un documentaire sur la palourde bretonne et ça s'est fini par la lecture soporifique d'un ouvrage incompréhensible à la mode. Pourtant, impossible de me rendormir tant je m'arrache les poumons à tousser. J'ai vaguement jeté un œil à la porte de la chambre de Marcus, ait envisagé d'aller le réveiller pour qu'il m'emmène à l'hôpital et puis je me suis ravisée. J'en ai marre d'être faible, marre d'être une assistée et marre de voir mon frère se ronger les sangs pour moi chaque fois que mes poumons décident de partir en vacances. Il n'a vraiment pas besoin de ça. Je vois bien que l'état de Charlie l'affecte énormément, sûrement plus que moi parce que c'est son jumeau alors inutile d'ajouter à l'équation sa petite sœur fragile.

Le jour s'est pointé, sept heure à sonné et j'ai soupiré. Je n'ai vraiment plus le temps de tenter de finir ma nuit, il faut que je sois au conservatoire pour 9h30 et vu la tête que je me paye, il va me falloir un bon moment pour camoufler tout ça à grands renforts de maquillage. J'avale une dernière gorgée de thé froid, me lève en grimaçant sous les courbatures et me traîne jusqu'à la salle de bain. Je sursaute en voyant le reflet que me renvoi le miroir : je suis effroyablement pâle, mes yeux sont tuméfiés et creusés de cernes noires, mes lèvres sont sèches et j'ai vraiment l'air d'un cadavre ambulant. En me passant une main sur le front, je me fais la remarque que fort heureusement pour le moment, je n'ai pas de fièvre. Après une douche glacée pour tenter de me réveiller, je m'attelle à une tâche qu'habituellement j'aime mais qui aujourd'hui est une véritable corvée, à savoir me maquiller. Actuellement, je dois avoir sur le visage l'équivalent de ce qu'on trouve en peinture sur un Picasso mais au moins, j'ai meilleure mine et j'ai presque l'air réveillée !

En sortant de la salle de bain, je salue rapidement Marcus pour esquiver ses questions, attrape un petit pain et une barre de chocolat, mon sac à main et m'expulse littéralement de l'appartement. Tout en me dirigeant vers l'ascenseur, je consulte mon téléphone. Programme du jour : tenter de suivre un groupe de piles électriques pendant un cours de danse, puis un déjeuner avec Calixte. Je commence à vraiment l'apprécier, finalement. Même ses petits côté précieux et hautains m'amusent, il n'est jamais à cours d'anecdote à raconter et dès qu'il est question de musique, nous sommes inarrêtables. Un bon pote, quoi ! Il paraît que je me voile la face mais j'avoue ne pas bien comprendre dans quelle mesure.

Une fois en bas, j'avise ma voiture, les clés dans ma main et décide finalement de les ranger. Conduire dans mon état reviendrait à mettre en danger toute cette ville alors évitons. Je relève mon écharpe sur mon nez, enfonce mon bonnet sur mes oreilles et prends la direction de l'arrêt de bus le plus proche. Je ne sais même pas par quel miracle je tiens encore debout mais une chose est sûre, ça fait bien longtemps que je ne m'étais pas sentie aussi mal !

Arrivée au conservatoire, je dois bien avouer que je ne suis pas peu fière de ne pas m'être endormie dans le bus et me dirige tel un zombie vers le studio de danse. C'est une vaste pièce très lumineuse,  avec un mur entier fait de baies vitrées qui donnent sur un jardin. De l'autre côté, des miroirs tapissent la paroi et des barres d'entraînement sont solidement fixées. Au milieu, un piano quart de queue attend sagement qu'un pianiste daigne esquisser quelques notes. Je dois bien avouer que je l'aime bien, cette salle, elle a quelque chose de reposant... quand elle est vide. Profitant de l'avance que j'ai, pour une fois, je sors mes partitions, les feuillette en soupirant et le pose finalement sur le lutrin sans les ouvrir. Pour me dérouiller les doigts, je joue ce qui me passe par la tête, à savoir une fantaisie du fiston Bach que j'ai apprise quand j'étais gamine. C'est le genre de chose qui reste dans les doigts et ne me demande plus le moindre effort d'entraînement mais... je me rends compte que si j'ai choisi le violoncelle et non le piano, ce n'est pas pour rien. Je trouve le piano trop... rigide, je crois. Mais bon. Entre deux concerts à Londres, il faut bien mettre du beurre dans les épinards et des médicaments dans le bec de Charlie. Je continue à jouer, butte sur un accord qui semble sonner faux, reprends... et peste. Impossible de me souvenir de la suite. J'ai beau essayer toutes les constructions d'accords possibles et imaginables, rien à faire ! Je soupire à nouveau puis sursaute en entendant des pas sur le parquet de la salle. Il m'a bien fallu trente secondes pour me rendre compte que que quelqu'un était entré !

Oh la vache, Byron, tu m'as fichu une de ces frousses ! T'es en avance, dis donc. Tu vas bien ?

Byron ou Byby comme j'aime l'appeler généralement, est le genre de gamin dont on aimerait tirer les joues en faisant des bruits ridicules. Il a cette choupitude sur la bouille qui doit faire craquer toutes les filles au lycée – et les garçons, pas de jaloux – et un talent rare et certain pour la danse. Chaque fois que je le regarde, je l'imagine comme un gros muffin tout moelleux et tout doux mais là, je ne sais pas trop si ce n'est pas plutôt la fièvre montante qui me fait délirer. Mes doigts se perdent sur les touches du piano et improvisent n'importe quoi pour me maintenir éveillée.
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Re: (Byron) | The core of all life is a limitless chest of tales

 par Byron G. Saberhagen le Ven 6 Avr - 5:14

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I need to shine like I used to and I know that I'm not supposed to be for nothing ••• La boite de Pandore fut donc ouverte. Après des mois a avoir caché sa pathologie à sa propre famille, c'est Kirk qui s'est vu être aux premières loges pour le découvrir. Le lycéen s'était senti piteux, pour faire dans l'euphémisme. Il n'avait absolument pas voulu que cela se passe ainsi : dans une ruelle froide, en pleine attaque dans l'angoisse et la précipitation, et le jour de l'anniversaire son meilleur ami pour parfaire le tableau : super Byron, merci du cadeau. Pour être franc, il avait tout simplement voulu que cela ne se passe jamais au grand jamais. Il savait très bien que c'était stupide, mais on ne sait jamais : sur un malentendu, ça pourrait passer. Ou alors il aurait crevé avant, et ça aurait épargné des explications gênantes.

Mais pourtant, même si il n'aimait pas se l'avouer il était soulagé. C'était un fardeau à ne plus porter seul, et God knows à quel point il avait été lourd sur ses pauvres épaules. Il aurait préféré laisser Kirk en dehors de ça, c'est vrai. Mais le lycéen avait confiance en son meilleur ami, même si il avait juste en tête de l'épargner un sort pareil. Au moins Kirk ne dirait rien à ses parents, pour le moment, et pas sans son accord. Et d'un autre côté, il avait une nouvelle raison de se sentir plus proche de lui. Même si il avait arrêté de les compter.

Maintenant, son objectif était : continuer. Toujours danser, sauter, courir, prendre des shot d'adrénalines, mais gérer avec un cœur qui faisait du breakdance. Tant pis : ça explosera quand ça explosera. Byron ne se voyait pas ralentir la cadence pour l'heure. Pas quand il savait que c'était le moment ou jamais de taper un grand coup pour avoir accès à toutes les options possibles pour son avenir après la fin de l'année. Briller autant le rendait fébrile, et il n'avait aucune intention de lever le pied.

Mais il n'en oubliait pas sa famille et son rôle en son giron. C'était aussi ce pourquoi il avait signé quand il avait prit la place de l'aîné de la fratrie. Alors quand un de ses jeunes frères le réveilla tôt pour une histoire de cauchemar, il fut -comme toujours- sur le qui-vive pour le rassurer et l'aider à se rendormir, non sans avoir vérifier -avec un sourire attendri- l'armoire sous l'ordre direct de l’intéressé : on sait jamais, y'avait peut-être un monstre dedans.

Le temps était moche, encore trempé de la pluie de la veille, et le soleil n'était pas encore levé quand il parti immédiatement allé courir après avoir recouché le petit. Les écouteurs vrillés sur les oreilles et une capuche remontée sur le crâne. Loin d'internet – pour une fois – pour se vider la tête et calmer ses angoisses qui ne le quittaient jamais vraiment. Byron courait régulièrement, longtemps, assez pour qu'il se sente suffisamment en vie. Chaque mètres parcouru sans ressentir son cœur se serrer était une petite victoire. Une bonne heure plus tard, et Byron avait la sensation d'être parfaitement inatteignable, sourire aux lèvres et la fierté du conquérant.

C'est ragaillardit par sa prouesse matinale qu'il rentra chez lui, alors que le soleil se levait à peine. Malgré une longue douche, il avait encore du temps avant son cours de danse du matin. Mais qu'importe : il était bien trop excité par l'adrénaline pour perdre son temps, et quitta la maison pour le conservatoire de Newcastle. Sa bonne humeur ne fut même pas entachée par les murmures hostiles envers les mutants qu'il entendit de ça et là dans le trajet du bus. Il se contenta d'augmenter le son dans ses écouteurs, et de replonger dans son livre. C'était toujours un peu long de voyager jusqu'à Newcastle, mais les cours de danse à Killingworth n'avaient plus beaucoup d'intérêt à ses yeux : le syndrome du gros poisson dans une petite marre. Même si ça ne l'empêchait pas de se sentir toujours un peu à l'étroit : mais qu'importe si il pouvait danser.

Et rien ne semblait pouvoir assombrir cette journée : il avait même la salle à lui tout seul pour s'échauffer avant le cours! Presque. Il entendait déjà les notes du piano s'élever du studio de danse avant qu'il n'approche. Les mains dans les poches, l'air détaché, il se fit le plus discret possible, et de la part de Byron s'était beaucoup en demander. Les yeux brillants, il reconnu la silhouette et la chevelure de feu de Pandora, bien qui lui fut impossible de reconnaître Bach au milieu des accords qu'elle s'échinait à faire. Il grimaça un peu pour elle : c'était visiblement pas sa matinée.

Et pour parfaire le tableau, elle sursauta littéralement quand elle l'entendit s'approcher. Bordel Byron : on avait dit discret! Il se rattrapa comme il le pouvait avec un charmant sourire et une blague.

« Roh quand même : je suis pas si moche! » Il se tapota vaguement le visage, un peu stressé. Il était bel et bien pas si moche, pas vrai?

Il haussa les épaules en souriant et se mit à l'aise en posant son sac à terre. « Yup! Je suis allé courir un peu ce matin, et ensuite j'avais pas la foi de m'emmerder chez moi, donc j'ai sauté dans le premier bus. » Il écarta les deux bras 'tada!' « Et me voilà! »

Byron aimait bien Pandora. Outre le fait que c'était une charmante personnalité, avec laquelle il avait eu rapidement de la facilité à discuter, c'était une très bonne musicienne : la première violoncelle au London Symphony Orchestra! Ça le rendait presque malade que les autres du cours ne voient qu'à quelle point elle est belle -un excellent point certes, ne pouvait que souligner Byron- et ne réalisent pas l'aubaine de travailler avec une femme pareil. Quelle bande d'ingrats, j'vous jure.

N'y tenant plus, il retira d'or et déjà son pull, et s'avança vers les barres en roulant des épaules en pour commencer à s'échauffer. Faisant craquer sa nuque au passage. Après sa course à pied de la matinée, il avait largement de quoi être paré, mais Byron ne tenait jamais en place. Toujours une bonne raison de bouger. Il faisait désormais face à Pandora, a qui il adressa un sourire accueillant, avant de cligner des yeux, un peu concerné parce qu'il voyait. La jeune femme n'avait pas spécialement l'air en forme, malgré le maquillage. Ses yeux étaient un peu éteints, et surtout elle avait eu l'air de galérer comme pas deux sur un simple accord en pianotant.

« Et toi, comment ça va? Tu arrives bien tôt aussi. » Fit-il en posant le coude sur une barre d'un geste nonchalant.

Et soudain ça lui revient : Il était certain de l'avoir déjà croisé dans le cabinet de son père. Et plus d'une fois. Avant qu'il n'ait l'occasion de discuter avec elle. Et généralement les habitués du Docteur Harms, c'était pas vraiment bon signe. Il en savait quelque chose, lui qui esquivait les examens de contrôles avec l'agilité d'un tracteur. Il grimaça brièvement, l'air de ne pas vouloir paraître trop rustre.

« T'as l'air un peu fatiguée. » Euphémisme. Il pointa aussi le piano du menton. « Je t'entends pas souvent galérer sur un accord. C'est un morceau difficile? » Il en savait rien vu qu'il n'avait rien entendu d'autres que de la bouillie de notes. Ceci dit, comme d'habitude Byron se montrait avenant et compréhensif. Il avait largement assez fait de théâtre pour masquer le fait que sa propre angoisse venait de lui resurgir en plein visage.
Il datait d'à peine une petite heure et demi, mais qu'il lui semblait loin, l'instant où il s'était senti intouchable et puissant.
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Re: (Byron) | The core of all life is a limitless chest of tales

 par Pandora A. O'Sullivan le Mar 1 Mai - 19:29


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Byron doit être le genre de gamin à savoir improviser avec tout ce qu'on lui tend. Lorsque je lui dis qu'en entrant aussi silencieusement il m'a fait peur, qu'est-ce qu'il me demande ? S'il est moche. Non mais vraiment... vaut mieux entendre ça que d'être sourde, tiens !

Mais non, gros nigaud ! Si t'étais moche, ça s'saurait ! T'es choupi comme un cœur, c'est juste moi qui suis à côté d'mes pompes.

Mes doigts glissent sur le clavier, ripent une fois de trop sur ce fichu accord qui ne veut pas sortir et je finis par soupirer en me tournant sur mon siège pour faire face à Byron. On se ressemble un peu, lui et moi : hyperactifs, incapables de tenir en place et épuisant pour notre entourage. Le fait qu'il soit venu directement ici après un footing bien trop matinal ne m'étonne même pas.

Ah ouais, tu ne perds pas de temps ! Et bien tant mieux, nous serons tous les deux pendant... une bonne demi-heure, je dirais. De quoi te laisser le temps de t'échauffer.

Et de quoi nous laisser le temps de discuter sans tous les piaillements des jeunes qui ne tarderaient pas à nous rejoindre. Ça me fait toujours un peu de peine tout en me faisant sourire quand je vois le petit fan club de Byron qui le suit des vestiaires jusqu'ici sans jamais le lâcher. Il a toujours l'air un peu gêné par tout ça, à moins que ça ne soit moi qui hallucine ? En tout cas, nous avons rarement l'occasion de vraiment discuter comme aujourd'hui, alors autant en profiter. Tandis qu'il s'approche des barres d'entraînement en retirant son pull, je me tourne de nouveau vers le piano, laisse mes doigts courir dessus sur des gammes qui ne me demandent pas d'effort de réflexion comme ce foutu accord qui me résiste. Je soupire, peste et tousse en essayant au maximum de masquer à quel point c'est douloureux d'avoir l'impression qu'on a frotté du piment dans ma trachée.

Hum ? Oh heu... oui... j'n'arrivais pas à dormir alors je suis venue tôt. Mais ça va, hin !

Que tu mens mal dans des moments comme celui-ci, Pandora... Je tousse, inspire et grimace en entendant cette respiration sifflante qui sonne comme un glas et m'informe que si je ne vais pas rapidement voir un médecin, ça va mal se finir. Mais le docteur Harms va me dire la même chose que d'habitude : il va me regarder avec un air sévère, va me dire de prendre mes problèmes de santé plus au sérieux, d'arrêter « d'oublier » mes rendez-vous à l'hôpital... je n'ai pas envie d'être une assistée perfusée de partout, je n'ai pas envie de passer la moitié de mon existence à l'hôpital et je n'ai pas envie d'inquiéter Marcus en lui déballant le régime médicamenteux que je suis censée suivre. Je prends le strict minimum quand j'y pense et la plupart du temps, ça va. Sauf que mon médecin me dirait que la plupart du temps, ça ne suffit pas. Et visiblement, ça se voit. Lorsque Byron me fait remarquer que j'ai l'air fatiguée, je me mordille la lèvre et, par réflexe, dissimule mon visage derrière mes cheveux.

Ouais je... je crois que je couve quelque chose, un genre de rhume ou d'angine, c'est pour ça que je n'ai pas beaucoup dormi. Mais rien de grave, hin ! Ne t'en fais pas !

J'ai l'air tellement convaincante en disant ça que même moi j'ai envie d'y croire. Une angine c'est emmerdant pour n'importe qui, mais une angine dégénère très vite en bronchite ou en pneumonie chez les gens qui ont des poumons en papier mâché mal recyclé. Je me penche, attrape ma bouteille d'eau et en bois une gorgée pour chasser tout ce qui rend ma voix aussi rauque que celle d'une fumeuse de soixante-dix ans.

En fait, c'est un morceau assez facile. Un truc que j'ai appris quand j'étais gamine, c'est juste que je ne me souviens plus d'un accord à un endroit et c'est un peu frustrant. Mais ça va me revenir ! Tiens tu veux essayer ?

Je me décale, tapote le siège et invite Byron à venir s'y asseoir. J'ai toujours trouvé que pour apprendre à jouer d'un instrument, il faut pouvoir le faire en groupe. J'attrape la main gauche de Byron, pose son index sur un fa# et son pouce sur un fa, puis je reproduis exactement la même chose avec la main droite.

Tu connais un peu la musique et le piano ou pas du tout ? En fait, c'est un petit morceau assez sympa qui se joue à quatre mains. Appuie une fois avec tes deux index, puis tes deux pouces, et encore les deux index. Et moi, je vais jouer la partie du dessous. On essaye ?

D'un geste, je lui donne le départ et prends le morceau exagérément lentement pour le familiariser avec l'instrument, en oubliant presque la fièvre qui voile mon regard et me rend de plus en plus somnolente.
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Re: (Byron) | The core of all life is a limitless chest of tales

 par Byron G. Saberhagen le Jeu 17 Mai - 20:31

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I need to shine like I used to and I know that I'm not supposed to be for nothing ••• En guise de réponse, Byron haussa les épaules, convaincu. Ma foi, avoir du mal à dormir en plein hiver ce n'est pas rare, déjà d'une, et en plus ça expliquait par A + B son air fatigué. Alors sur le moment il s'insista pas : il avait une demi heure pour s'échauffer et commencer déjà à rouler des épaules pour se faire. Il avait encore le sourire aux lèvres après son charmant compliment. Byron était anxieux, mais il aimait bien qu'on lui dise qu'il était mignon – dans le cas ici : choupi. Pour quelle autre raison s'afficherait-il a faire des figures dangereuses sur internet après tout? Et ici ils étaient tranquilles. Personne pour le suivre en lui réclamant un selfie, personne pour réclamer son attention, alors que lui essayait juste de travailler tranquillement... Les cours se passaient toujours bien, parce qu'il était beaucoup plus préoccupé par ses performances que par autrui sur l'instant, mais avant et après? C'était rare pour lui d'être au calme. Il se félicitait intérieurement d'être venu aussi tôt : il pouvait aussi profiter de la présence de Pandora sans être interrompu. Il n'avait jamais trop pû discuter avec elle, même après son dernier spectacle où il avait trainé Kirk dans les loges pour lui présenter.

Ceci dit, Pandora tousse beaucoup pour quelqu'un qui a -juste- eu du mal à dormir. Ok, un mauvais rhume ça aidait pas à la manœuvre, mais quand elle essaya de se justifier, il plissa les yeux. Elle mentait à peu près aussi mal que Kirk, avec ses yeux qui s'égarent partout et son petit rire nerveux. D'un coup, il est beaucoup moins convaincu de la véracité des propos de la rousse. Non pas qu'elle mentirait, elle ne disait juste pas toute la vérité. Et si elle était comme lui, ça pouvait cacher quelques squelettes dans le placard. Au sens propre.

Mais pourtant, son visage s'illumina quand elle lui proposa de venir la rejoindre sur le piano. Il hocha la tête avec enthousiasme et quitta les barres de danse pour la rejoindre, bien qu'avec un peu d’appréhension : il adorait la musique, mais on ne pouvait pas dire qu'il était vraiment un virtuose.

« Euh bah... En fait j'ai fait du solfège quand j'étais plus petit, jusqu'à ce que.... » Qu'Annabelle meurt et qu'il devait prendre en charge son rôle de grand frère à sa place. « … Que je découvre la danse et du coup, vu que j'étais un sale gamin hyperactif et que je pouvais pas tout faire, j'ai du faire un choix. » Il haussa les épaules en souriant. « Du coup j'y connais plus grand chose. Me demande pas de déchiffrer une partition en clé de Fa. Mais ouais j'ai toujours voulu apprendre un instrument, mais j'ai pas trop le temps... »

Entre la danse, le théâtre, ses frères et sœurs, le karaté, des cascades, Bybyeight, et aussi le lycée... il devait déjà se lever à 5 heures du matin la plupart du temps pour tout gérer. Alors aussi apprendre la musique? Déjà ça lui semblant beaucoup trop complexe pour un petit esprit comme le sien. Il se sentait terriblement stupide devant tout ce qui demandait un minimum d'esprit. La danse était bien la seule chose qui le mettait un tant soit peu à l'aise avec lui même et son corps. Un des rares trucs auquel il était littéralement virtuose. Le théâtre, bien qu'on lui disait qu'il était sincèrement doué dans cette catégorie là, il avait toujours l'impression que c'était beaucoup trop élitiste pour lui pour qu'il y fasse vraiment carrière.

Il hocha la tête aux explications de Pandora, et s’exécuta avec grande attention. Vu la simplicité du geste, difficile pour lui d'être maladroit, mais son visage s'éclaira d'un large sourire au fur et à mesure que tout les deux arrivaient à crééer en effet une charmante mélodie à quatres mains. Okay, Pandora se chargeait de 75 % du travail, mais il n'en fallait pas beaucoup pour que le danseur s'émerveille du miracle de l'art. Il la savait très doué, mais pouvoir tirer quoique ce soit de ses dix doigts qui savaient juste faire des pirouettes sur instagram, pour lui ça tirait du génie.

Il leva la tête avec enthousiasme pour lui faire part de ses remerciements chaleureux, mais son sourire ne dura pas face au regard brumeux de la musicienne. Byron leva les mains du clavier d'ivoire en la fixant d'un air concerné.

« Ça va Pandora? T'as vraiment pas l'air bien... »

Il se tourna un peu mieux pour lui faire face, vraiment inquiet par l'état discutable de santé de Pandora. Il grimaça, il ne voulait pas vraiment la mettre mal à l'aise, mais son état le concernait quand même beaucoup. Il voulait mettre un minimum les formes pour ne pas passer pour quelqu'un qui se mêlait de ce qui ne le regardait pas, mais il ne pouvait décemment pas rester silencieux

« Euh bon... écoutes... en fait je suis au courant de certains trucs... » Il se gratta l'arrière de la nuque, pas très à l'aise mais finit par avouer quelques secondes plus tard. « Je t'ai vu en train de parler à mon père. Le Docteur Harms. Du coup si t'as chopé un rhume c'est peut-être un chouïa plus grave que tu le penses? »

Il laissa son index vagabonder sur les touches du piano sans les enfoncé pour troubler le silence pesant qui venait de tomber entre eux. Il se souvenait sans peine de la discussion vraiment douloureuse qu'il avait eu avec Kirk voilà à peine quelques jours de cela, du coup il tenu à la rassurer sur le champ.

« Je vais pas cafter à mon père hein? Non non, pas mon style. » Il faisait assez le mur et lui cachait assez de choses comme ça. « Mais si tu veux en parler... voilà. J'suis là. » Il lui offrit un sourire qui se voulait rassurant mais continua sur sa lancée. « Tout ça pour dire que c'est peut-être pas une bonne idée de t'acharner aujourd'hui si t'as juste besoin de repos. Même sans retourner forcément au lit ou quoique ce soit hein? Juste que refaire 15 fois les mêmes accords parce qu'on est pas capable de danser en rythme, ça va juste te crever pour rien! » qu'il lâche pour détendre un peu l'atmosphère. Il détesterait rentrer pitoyablement après un mauvais rhume, ça lui avait fallut pas mal de problème lui aussi, bien avant que sa pathologie se manifeste.

Son téléphone vibra dans sa poche, et il s'excusa d'un regard avant de plonger la main dans son jogging pour récupérer l'appareil. Et ses sourcils se froncèrent.

« Oh mais sérieux?! » Il tourna le message vers Pandora, et au dessus de l'écran de veille – une photo de son chat sur l'épaule de Kirk, lequel jetait un regard perplexe au félin- un message de la professeure de danse qui annulait le cours à cause d'une mauvaise angine. « Bah voilà, t'es pas la seule à être malade, mais t'es la seule à te déplacer. »

Il sourit et haussa les épaules, avant de proposer le plus naturellement du monde « Si tu veux pas rentrer, je peux t'inviter à boire un café? Y'a mon diner préféré pas loin. »

Heureusement qu'il avait cet air parfaitement innocent : on aurait pu jurer qu'il était en train de lui faire du gringue.
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Re: (Byron) | The core of all life is a limitless chest of tales

 par Pandora A. O'Sullivan le Sam 16 Juin - 22:22


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La remarque de Byron me fait sourire. C'est apparemment la danse qui a canalisé son hyperactivité, moi c'est la musique. La gamine bruyante, intenable et surexcitée que j'étais au quotidien laissait toujours place à une enfant silencieuse et attentive en cours de musique. J'étais concentrée sur mes partitions, investie, passionnée... à tel point que mes parents regardaient souvent mes profs avec de grands yeux lorsqu'ils venaient leur vanter mon calme. Mais c'est comme ça que ça marche : il faut trouver un outil, une technique, un moyen pour canaliser une énergie bouillonnante et nous nous ressemblons pas mal là-dessus. Ce débordement d'énergie ne fait pas de nous des gens plus intelligents ou plus doués que les autres, simplement plus investis parce que c'est là-dedans que nous canalisons notre passion.

Oh nooon, ne t'en fais pas ! Pas de partition, on va tout faire à l'oreille, tu vas voir.

Qui a envie de lire des partitions pour se détendre, hein ? « toi », me chuchote ma conscience avec un air blasé et malheureusement... oui. J'aime plus lire des partitions que je n'aime lire un roman et ça a toujours été comme ça. J'ai toujours adoré ce petit jeu du passage d'une clé à une autre, d'une mesure à une autre, de la complexité acharnée de certains compositeurs à la simplement d'un rythme ternaire bien classique.

Une fois Byron installé à côté de moi, je lui explique la marche à suivre et nous voilà lancés dans une prestation d'abord un peu bancale, pas très en rythme et un peu fausse, mais au fur et à mesure, la ligne mélodique s'affine, les notes se mettent en place et ça commence à ressembler à quelque chose de pas trop mal. Si ce n'est pas parfait, ce n'est pas parce que Byron n'est pas pianiste mais bien parce que la fièvre rend mes gestes de plus en plus mous et tremblants. J'ai l'impression d'avoir le corps en ébullition et lorsque Byron me demande si ça va, je n'ai plus d'autres choix que de secouer la tête en faisant la grimace.

Non. Ça ne va pas. Je suis malade et j'ai horreur de ça, je suis malade et je ne me soigne pas bien, je suis malade et mon médecin préférerait me savoir à l'hôpital plutôt qu'à jouer du piano pour des apprentis danseurs. Mais si j'écoutais mon médecin, il me faudrait une greffe et ça non merci. Et je ne peux rien dire à Byron, il n'a vraiment pas besoin de m'entendre m'épancher sur mes problèmes de santé. Pourtant, il n'attend pas que je réponde pour poursuivre et lorsqu'il m'avoue être au courant de certaines choses, je me tourne vers lui avec un regard inquiet. Si le Docteur Harms apprend que je gère ma santé comme une branquignole, il ira directement en parler à Marcus et je finirais enfermée à l'hôpital, c'est sûr !

Mais Byron est compréhensif, Byron est inquiet je m'en veux de provoquer ça chez lui. Je baisse les yeux, penaude et pianote quelques notes pour m'occuper les mains.

Je... ne dis rien à ton père, s'il-te-plaît. En fait, je ne savais même pas que c'était ton père, il m'a juste dit qu'il avait des enfants mais sans pour autant tout détailler, et comme vous ne portez pas le même nom...

C'est ça, Pandora, noie donc le poisson ! Byron est jeune, pas complètement idiot ni demeuré. Je pousse un soupir, soupir qui me brûle la gorge et m'arrache une quinte de toux tout ce qu'il y a de plus éloquente.

En fait, je... tu as raison. Ce n'est pas qu'un simple rhume. C'est jamais qu'un simple rhume. Je suis née avec des poumons défaillants, des poumons qui font mal leur boulot et au moindre virus, ça se loge là où il ne faut pas et je m'étouffe. Un vrai bonheur ! Ton père trouve souvent que je minimise la maladie mais... pour être parfaitement honnête, je n'ai pas envie de vivre dans une bulle stérile alors que je sais que je ne vivrai pas jusqu'à 80 ans. Tu vas peut-être me trouver irresponsable mais je ne veux pas qu'on me regarde comme une petite chose fragile.

En disant ça, j'ai un regard un peu trop sévère pour Byron et lui accorde finalement un sourire pour paraître moins dure.

Désolée... ma santé est un sujet qui me fait facilement grogner parce que je sais bien que c'est incurable, qu'il faut vivre avec, blablabla... mais je n'aime pas me laisser aller à la fatalité alors en général, je n'en parle pas. Donc ne t'inquiète pas, je vais bien ! J'ai besoin de repos, d'une bonne cure de sirop et ça ira !

Là aussi, ce n'est pas complètement vrai. Et je sais très bien qu'il faut que je retourne voir mon médecin, de toute manière, Marcus ne me laissera pas tranquille si je rentre dans cet état-là. Byron a raison. J'aurais dû rester à l'appart, en pyjama avec un thé et un plaid sur les genoux mais c'est plus fort que moi, je ne tiens pas en place ! Mais vraiment, j'aurais dû... parce que lorsque Byron me tend son téléphone j'éclate de rire, nerveusement.

Sérieux ? Eh bin... t'as raison, si j'avais su, je serais restée chez moi ! Mais hè ! Ça nous a permis de discuter, c'est chouette, non ?

J'apprécie beaucoup Byron et c'est un plaisir de pouvoir avoir enfin un moment tous les deux, d'autant que si son invitation sonnerait clairement comme de la drague chez quelqu'un d'autre, chez lui c'est simplement mignon. Bah oui, quoi ? Il pipou, choupi tout plein, adorable... comme un p'tit frère ! Non mais quoi ? Il est trop jeune ! Et puis il y a déjà... non non, il n'y a personne. Il n'y a pas Calixte.

Et bien avec plaisir, Byby ! Là je ne rêve que d'une chose, un thé brûlant. Il fait toujours un froid polaire, dans cette salle.

Je me lève, ramasse mes affaires et m’emmitoufle dans mon manteau pendant que Byron ramasse ses propres affaires.

Tiens ton père me disait qu'il a plusieurs enfants... tu as beaucoup de frères et sœurs ?

Tout comme tout à l'heure, quand j'ai parlé de mon dédain total vis à vis de mon existence, cette question anodine est susceptible de blesser Byron en lui rappelant sa sœur mais hè... comment pourrais-je le savoir ?

Je me laisse guider hors du conservatoire et lorsque nous arrivons dans le diner, c'est avec un soupir de soulagement que je m'installe sur une banquette face à Byron. Il règne ici une chaleur agréable qui rend l'endroit cosy et à cette heure-ci, il n'y a pas grand monde. Dans un élan de folie, je troque même mon choix initial, le thé, contre un grand chocolat chaud couvert de crème chantilly et de morceaux de marshmallow. Du sucre en excès total.

Ah ! On est tout de suite mieux, ici ! Bien bien bien, mon petit Byron... Dis m'en plus sur toi ! C'est qu'à force de répéter ensemble, je connais ton talent mais un peu moins ce qui se cache sous ta jolie frimousse !

Disant cela, je sors de mauvaise grâce de mon sac un flacon de sirop contre la toux et deux flacons de cachets censés soulager l'activité aléatoire de mes poumons.
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Re: (Byron) | The core of all life is a limitless chest of tales

 par Byron G. Saberhagen le Sam 7 Juil - 7:47

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I need to shine like I used to and I know that I'm not supposed to be for nothing ••• Le jeune homme n’était pas du genre à se vanter de toucher juste, et encore moins dans le cas présent. Il voit le visage de Pandora s’effondrer et devenir toujours plus grave au fur et à mesure qu’il énonce la terrible vérité dans laquelle elle vit, et ça ne lui fait pas plaisir. Il n’a pas envie d’être fier de son sens de la déduction, il aurait aimé se planter en beauté et que Pandora soit juste atteinte d’un petit rhume réglé en une bonne nuit de sommeil, du bouillon de légumes et un peu de repos. Mais non, il a touché juste, et il se tait respectueusement quand Pandora lui parle de la terrible épée de Damoclès qu’elle subira toute sa vie. Il se rabougrit dans son col de t-shirt quand il sent son regard sévère sur lui. Mais il n’a pas raté une miette de son discours : La rousse est peut-être malade, mais elle a décidé de vivre sa vie comme elle le voulait, et de faire la nique à sa condition. C’était quelque chose d’admirable, et qui faisait fortement écho à sa propre situation à lui. Il n’osa pas la couper pour lui dire à quel point il la comprenait et qu’elle avait tous les droits d’agir comme elle le souhaitait, quitte à ce que son médecin s’en préoccupe plus qu’elle. Mais si le Docteur Harms était inquiet de la condition d’une patiente, qu’est-ce qu’il dira quand il apprendra que son fils est malade ? Encore plus après la mort tragique d’Annabelle ? Nope, il ne pouvait pas lui en parler. Il ne dira rien au sujet de Pandora non plus.  Il lui rend son sourire pour lui dire qu’il a bien compris, et qu’il restera silencieux sur le sujet.

Malgré son état discutable, elle accepte cependant son invitation à venir le rejoindre pour boire un truc et discuter un peu mieux. Il hoche la tête et range son téléphone.

« Ouais il fait toujours froid… mais tu serais contente de ça après avoir supporté l’odeur d’une bande de danseur qui s’entrainent en plein été ! » Raille-t-il avant de remettre son pull et d’attraper son sac. Il se fige un peu quand elle lui pose des questions sur sa famille, mais Byron est un bon acteur. Il fait mine de rien et marche avec elle vers la sortie.

« On est quatre ! C’est moi le plus âgé, et j’ai deux petits frères et une petite sœur… »

S’en suit un trajet assez cours ou Byron s’égosille à parler de sa fratrie à coup d’anecdote bon enfant. Comme la fois ou Margaret a cru que c’était une bonne idée de mettre du blush sur les boutons de son petit frère alors qu’il dormait, ou de la crise d’adolescent d’Edgar, son cadet. Il adorait ses petits monstres qui mettaient sa vie en branque autant qu’ils la rendaient formidables. Il n’avait pas hâte de quitter la maison et de ne plus les avoir avec lui tout le temps. Le départ de sa sœur ainée fut si traumatisant que la simple idée de l’un d’entre eux allant dans une colonie de vacances lui arracherait presque des larmes. Bon, pas à ce point, mais vous voyez le tableau.  

Évidemment, Byron était lui-même, rater son entrainement de danse le met dans totu ses états. Il a donc passé une bonne partie du trajet à faire des flips avant, sur n’importe quelle plateforme, escaliers ou balustrade, et d’atterrir de manière contrôlée comme un super héros. Pour beaucoup, c’était une vile façon de faire son crâneur et d’attirer l’attention. Mais pour Byron, c’était pour se dépenser et passer son hyperactivité et sa tension. Rater un entrainement l’énervait, et vu qu’il allait passé les prochaines heures assit les fesses dans une banquette de Diner, autant faire le maximum maintenant.

Si Pandora jette son dévolu sur un chocolat chaud, Byron, lui se contenta d’un large milkshake a trois parfum : Oreo, caramel, et fraise. Il aimait bien les expériences. Et vu que l’heure était encore peu avancée et qu’il n’avait pas tant déjeuné que ça, il jeta son dévolu sur des tranches épaisses de pain perdues avec de la marmelade. De quoi faire passer les calories qu’il a brulé en courant ce matin.

Il offrit un large sourire à Pandora. « Ça te plait ici ? J’y traîne souvent Kirk. C’est quasiment la même carte que celui auquel on va tout le temps à Killingworth, mais il est plus grand et y’a plus de choix. Mais celui à Killingworth est plus intimiste, puis plus proche de la maison, alors on préfère. Puis vu qu’on est des habitués le personnel est super sympa avec nous. Et leur grilled cheese, est à tomber par terre ! On te montrera si tu veux ! »

Après réflexion, Kirk aimerait peut-être pas avoir Pandora au milieu d’une de leurs sortie. Quoique le courant était plus ou moins bien passée entre eux. Kirk avait l’air de l’apprécier, malgré sa perpétuelle tête de cochon. Il lui proposera avant de toute façon. Mais ça serait quand même vachement drôle. Ils pourraient inviter Marcus aussi !

Après avoir bien évidemment prit en photo son 'petit' encas pour le mettre dans sa story du jour sur les réseau sociaux -on ne change pas un addict- Byron était déjà en train de siroter son milkshake et son indécent surplus de chantilly quand il manqua de s’étrangler face à sa demande. Parler de lui ? Mais pour dire quoi. Alors ok : il retient un sourire gêné quand elle parla de sa jolie frimousse, Mais à part ça ? Bah…

« Euh bah, en fait si tu laisses instagram, je suis juste un lycéen lambda. Un peu très nul en cours en plus! » Bref rire jaune avant de grimacer. « Faudrait vraiment que je bosse plus pour mon diplôme et moins pour la danse, mais bon j’y peux rien. C’est plus fort que moi. Kirk me fait bosser tout ça pour pas que je me ramasse comme un idiot. J’ai vraiment beaucoup de chance de l’avoir avec moi… »Annonce-t-il tout a fait sérieux et d’un air un peu absent. Déjà sans lui il serait mort comme un idiot. Mais surtout il avait de la chance qu’il soit aussi patient et avenant avec lui. Malgré ce que les mauvaises langues pouvaient dire à propos de Kirk, c’était de loin une des meilleures personnes sur terre. Il ignorait ce qu’il deviendrait sans lui.

Il s’attaqua à son pain perdu avant de continuer un peu. « Sinon bah… quand je danse pas, ou que je fais pas l’andouille sur les réseaux sociaux, je préfère rester chez moi à bouquiner des comics book ou jouer avec ma PS4 ou avec mon chat. » Il haussa les épaules en souriant. « Rien de bien foufou. »Et ouais, loin de l’image du mec avec plein d’amis sur instagram, plutôt du genre casanier avec très peu d’amis, et surtout : tous mutants.

D’ailleurs Marcus était un mutant, il n’avait rien dit sur Pandora. Elle devait forcément être au courant non ? Surtout si elle était soignée par le docteur Harms, pro mutant accomplit et qui ne s’en cachait absolument pas. Il tenta de prendre vaguement la température en tentant de parler de manière détournée du sujet.

« ‘Fin… c’est plus tranquille d’être chez moi ou mon meilleur ami… parce que le monde extérieur en ce moment… C’est vachement anxiogène. » Il se gratta vaguement l’arrière de la tête. « Tous ses gens qui s’en prennent à d’autres à cause d’un tatouage… Même au lycée ça devient vraiment insupportable. C’est tous les jours, et c’est de toutes les manières possibles. »

Il surveilla les réactions de la rousse d’un coin de l’œil. Il n’y peut rien : la paranoïa et le comportement suprématiste de ses parents ont bel et bien déteints sur lui. Les humains ne prendront jamais sa défense, mais autant ne pas rompre le pain avec une anti mutant.
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Re: (Byron) | The core of all life is a limitless chest of tales

 par Pandora A. O'Sullivan le Lun 16 Juil - 23:52


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J'ai baissé les yeux lorsque je me suis retrouvée au pied du mur à devoir expliquer à Byron pourquoi je suis dans un tel état avec ce qui pourrait passer pour une banale angine. Ce n'est pas que j'ai honte, simplement... en fait si. J'ai honte de cette faiblesse, de ce corps frêle et de cette santé en mousse, j'ai toujours eu honte de ne pas pouvoir courir avec les autres élèves à l'école, honte de devoir vivre en permanence avec une épée de Damoclès au-dessus de la tête, honte de passer pour une tire au flanc lorsque je me retrouvais aliter pendant deux semaines pour un simple virus. Lorsque j'ai relevé les yeux vers Byron, ça a été pour le remercier d'un simple sourire de m'avoir laissé terminer sans un commentaire. J'ai un peu trop l'habitude des « oh mon Dieu c'est horrible ! » et « ma pauvre, tu dois tellement souffrir » avec ce regard plein de pitié qui me donne envie de hurler... mais chez Byron, rien de tout ça. Juste de l'attention, de l'écoute et un regard bienveillant. Comme s'il comprenait vraiment, lui... alors ça s'est arrêté là et on est sorti du conservatoire pour aller se réchauffer dans un endroit un peu plus chaleureux qu'un studio de danse vide.

La discussion se poursuit sur des notes un peu plus joyeuse et malgré le froid qui nous agresse le visage, nous ne nous pressons pas plus que ça. Lui décharge son trop plein d'énergie dans des pirouettes, cascades et autres acrobaties qui me font penser qu'à côté, j'ai la souplesse d'un tronc d'arbre.

La vache, quatre frères et sœurs ? Quelle fratrie ! Ça va, ce n'est pas trop dur d'être l'aîné ? Je dis ça parce que je suis la benjamine, j'ai deux grands frères et... je leur en ai fait baver plus d'une fois !

Les pauvres... je me souviens à peine de toutes les farces que j'ai pu leur faire, tant il y en a ! Dehors, tout est calme, le froid confine les gens à l'intérieur et il n'y a bien que nous et deux ou trois personnes bien pressées de rentrer qui osent s'y aventurer. Mais j'aime bien ce temps, tout est blanc de givre, le ciel est immaculé et même si l'air frais me donne l'impression qu'on me plante un couteau dans la gorge, c'est bien plus agréable à mes yeux que la chaleur étouffante de certaines régions. Et malgré ce froid, Byron continue à s'agiter dans tous les sens.

C'est vraiment impressionnant, tu n'as jamais songé à faire des cascades pour le cinéma ? Tu aurais un succès fou !

D'un autre côté, il risquerait sa vie en permanence, pas sûr que tout le monde soit de mon avis. Armée de mon chocolat chaud, j'entends de toute manière bien le cuisiner un peu, ce petit cascadeur en herbe !

C'est sympa, oui ! J'avoue que je ne viens pas très souvent, en réalité. Mon QG est un pub irlandais planqué dans une petite ruelle de l'hypercentre, je pense rarement à aller ailleurs.

La dernière fois que j'ai mis les pieds ailleurs, c'est quand Calixte m'a emmenée dans ce salon de thé bien trop chic, finalement. Sirotant mon chocolat chaud, j'observe avec amusement la gêne qui se dessine sur le visage de Byron alors qu'il manque de s'étouffer. Un lycéen lambda, qu'il me dit... un peu nul en cours... j'ai l'impression de me retrouver dans son discours ! J'ai toujours passé plus de temps à travailler mes gammes qu'à étudier les équations, mais je ne suis pas certaine qu'avoir un diplôme avec mention soit la clé de la réussite. Mais Byron a Kirk...

Il a l'air de beaucoup veiller sur toi, oui... vous vous connaissez depuis longtemps ? Je veux dire... il est plus âgé, j'imagine que vous n'avez pas été au lycée ensemble.

Et il m'intrigue, le jeune Abberline... à la fois, j'ai le sentiment qu'il veut bien faire avec Byron et d'un autre côté, je ne sais pas. Il est tellement mystérieux et secret qu'on en viendrait presque à se demander s'il ne cache pas quelque chose.

C'est chouette de pouvoir compter sur quelqu'un comme ça ! Et c'est drôle, j'étais exactement comme toi, à ton âge... sauf que c'était les gammes et non les pirouettes, mon passe-temps favori.

Moi aussi j'occupais le reste de mon temps libre à tout sauf à étudier. Seulement, mon sourire nostalgique finit par se tarir lorsque Byron embraye sur un autre sujet plus délicat mais surtout bien plus sérieux. Le tatouage, c'est une chose qui me fait froid dans le dos : non seulement j'ai une peur bleue des aiguilles, mais en plus, je trouve que ça s'apparente plus à un flicage façon bétail qu'à un simple contrôle. C'est le meilleur moyen pour accentuer les clivage et lorsque je regarde Byron, je ne peux m'empêcher de chercher sur son visage une trace de malice ou de malfaisance. Dit-il cela sans arrière pensée ? Ou attend-il de moi un avis qui lui permettra de trancher pour savoir si je suis une alliée ou une ennemie ? Finalement, j'opte pour la vérité, car si je commence à mentir à un adolescent ou à ne dire que la moitié de ce que je pense, je vais finir profondément malhonnête. Et je le suis déjà un peu.

Si tu veux mon avis, ces tatouage sont une énorme erreur. C'est une abominable façon de mettre les gens dans des petites cases et surtout, ça expose tout le monde au danger. Y a déjà des gens qui subissent la discrimination de genre, de couleur de peau, d'âge... maintenant, va y avoir ceux qui vont être maltraités à cause de la présence ou absence d'une mutation. Pour être honnête... je ne me suis pas fait tatouer. Tant que ce n'est pas obligatoire, je refuse de le faire.

Et ce n'est que mon avis, il n'engage que moi, d'autant que je me suis bien gardée de lui dire si je suis mutante ou non. Je finis même par rire nerveusement.

En fait, je... je trouve tout ça un peu bête, tu vois. Je ne sais pas trop ce que toi tu en penses mais je n'aime pas trop cacher ce que moi je pense. Y a des gens avec des mutations, y a des gens sans, tout comme il y a des gens aux yeux verts et d'autres aux yeux noirs. C'est tout. Faut arrêter d'avoir peur d'un type parce qu'il est capable de lire l'avenir dans les poils de son chien, un mutant naît mutant, point barre. Enfin bref... j'espère que je ne te fais pas trop peur ?

Un sourire franc se dessine sur mes lèvres tandis que j'avale un gros morceau de marshmallow. Il n'y a que nous dans le café, si bien que nous sommes largement à l'abri des oreilles indiscrètes, les deux serveuses étant en train de discuter pendant qu'elles rangent leur comptoir.

J'espère que tu n'as jamais été ennuyé par un débile qui pense que mutant contre non-mutant c'est le combat du siècle ? Je t'avoue que j'ai un peu peur de l'avenir, quand je vois ce que font certains pays...

Une belle merde, oui... depuis que les mutants sont connus du monde entier, c'est comme si le monde était devenu encore plus cinglé qu'avant.

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Re: (Byron) | The core of all life is a limitless chest of tales

 par Byron G. Saberhagen le Mar 7 Aoû - 4:37

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I need to shine like I used to and I know that I'm not supposed to be for nothing ••• Si c’était pas trop dur d’être l’ainé ? Non pas vraiment. Mise à part les sautes d’humeur d’Edgar avec sa crise d’adolescence et son obsession de trouver une petite copine pour crâner devant ses amis, et Margaret qui était particulièrement brillante et aussi sournoise, Byron n’avait pas à se plaindre de sa petite tribue. Il n’était pas vraiment l’ainé en soit mais il devait agir comme tel, et le faisait sans se poser de questions. On le disait un peu trop gentil et conciliant avec ses jeunes frères et sœurs, et si il se faisait marcher sur les pieds, c’était plutôt pour les laisser dormir avec lui en cas de mauvais rêve, ou accepter de se laisser maquiller pour un goûter d’anniversaire ou les très fameux ‘encore cinq minuuuutes’ devant la télévision. Il était respecté et particulièrement choyé par sa fratrie et il en était très reconnaissant. Et un peu fier aussi. Ça l’empêchait de se dire qu’il était complétement un raté si ses petits frères et sœurs était au moins mieux loti que lui.

Alors Byron, sourit en haussant les épaules en guise de réponse. Il n’a pas grand-chose à dire sur le sujet. C’est toujours un peu compliqué pour lui de parler de sa petite vie. Beaucoup moins que de parler de sa passion. Il sourit de toutes ses dents vers Pandora, et hoche la tête.

« Ouais, peut-être. Je sais pas trop encore, y’a des tas de trucs qui me plaisent, mais faut que je me décide avant la fin de l’année. » Il se recoiffa vaguement après une pirouette qui mit à mal sa pauvre coupe. « Mais tant que je peux danser, je suis content ! » Quel dommage que son coeur en avait décidé autrement....
Mordant dans son pain perdu il avala une trop grosse bouchée, trop pressé pour mâché comme à son habitude.

« Un pub irlandais. »Réplique-t-il, après tout peu surpris par le fait que Pandora fréquente ce genre d’endroit. Il rit un peu et grimace brièvement. « J’aimerai bien voir, mais c’est peu probable qu’ils me laissent entrer. » Alleeez, encore quelques mois et il est majeur. Avec le droit de faire des trucs cools. Genre boire. Anakin ne le laissait pas approcher des cocktails  à moins de 3 mètres, et ne parlons pas de ses parents…

Kirk non plus d’ailleurs. D’ailleurs le visage de Byron s’illumine quand Pandora  lui pose des questions sur son meilleur ami. Si ni le danseur, ni le charpentier n’étaient très loquace sur eux même, sur son tandem, Byron était, en revanche, très bavard. Ça ne l’empêchait pas de respecter le fait que son ami fuyait autant l’attention que son chat fuyait l’eau, mais rien et personne ne l’empêchait de complimenter Kirk en long, en large, et en travers. Il se doutait que le caractère faussement bougon de son ami était en grande partie dût à son envie de rester seul et en paix, ou quelque chose comme ça, mais c’était plus fort que lui. Il n’aimait pas qu’on lui demande toujours ce qu’il trouvait de passionnant à fréquenter un type pareil alors que lui, n’était même pas certain d’être capable de ne pas l’inonder d’sms variés pendant même une seule journée.

Il repose donc son milkshake et s’attèle.

« Non ! On ne se connait pas depuis si longtemps. Je suis dans la même classe que son petit frère, c’est lui qui me l’a présenté. Lui il avait déjà son diplôme et il travaillait. Et puis un jour on s’est revu par hasard et depuis, j’sais pas, ça a cliqué. » Byron est radieux, comme si il parlait d’un miracle. « J’ai jamais compris pourquoi il s’est intéressé à un gamin comme moi, mais moi je l’adore. Je sais qu’il a l’air un peu grognon comme ça, mais faut creuser un peu et c’est un type en or. Il juge personne, il est patient, et il est très intelligent. On est très différent mais ça marche. »

Quand elle rempile en disant qu’ils étaient pareils quand ils étaient plus jeune, il demande, extatique « C’est vrai ?! » il faut dire que Pandora donne pas vraiment l’impression d’une gamine qui a fait les 400 coups et qui a rendu ses parents chèvres. Une musicienne aussi belle et élégante, c’était un peu intimidant.  Mais Byron était ravi : ça lui donnait un peu de confiance pour le futur. Lui qui se trouvait hideux, inintéressant, et parfaitement indigent. La célébrité internet ne lui avait pas donné plus confiance en lui. Même si les compliments qui pleuvaient à la moindre photo posté était une bonne source de réconfort quand tout allait mal.

Et enfin, vint le sujet qui fâche. Byron se calma un peu, les coudes sur la table et les bras croisé, attentif et un rien plus sérieux. A la fin de la plaidoirie de Pandora, le lycéen resta silencieux quelques secondes, avant de commencer à parler avec un petit sourire.

« C’est marrant, ma mère pense comme toi. » Il eut une brève grimace. « Bon elle est un peu plus directe par contre… »

Il utilisa la paille de son milkshake pour touiller le breuvage un peu. Histoire de s’occuper les mains. Ça l’aidait à mieux réfléchir.

« Sur les réseaux sociaux, les hashtag ‘Lambda et fier’ ça pullule partout. Instagram grouille de réflexion vraiment… malsaines. J’en ai pas rencontré juste un des abrutis, j’en vois tout les jours tout le temps. Je passe mon temps à dire sur mes pages publiques qu’il faut être unis, qu’il faut s’en foutre des différences. Y’a plein de mutants qui se font emmerder à l’école et j’essaye de les défendre, mais j’peux pas vraiment changer grand-chose tout seul. Mais je peux pas juste me taire quand je les vois se faire traîner comme des moins que rien mais… » Il pousse un soupire sonore et s’effondre, dos à la banquette de son siège. « On est en 2018, sérieux ! On dirait que personne n’apprend rien de l’histoire. Ça me sort par les yeux ! »

Il marmonna en croisant les bras. « Moi aussi j’ai peur pour l’avenir. On est mal barré. Encore c’est juste l’Angleterre… t’as vu ce qui se passe en Italie ? »

La famille de son père, c’était particulier….
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Re: (Byron) | The core of all life is a limitless chest of tales

 par Pandora A. O'Sullivan le Dim 16 Sep - 20:43


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Si tu veux continuer à danser, je connais deux ou trois chorégraphes qui t'engageraient sans broncher !

Avec un sourire, je sirote mon chocolat. Byron a du talent, un talent indéniable, une ténacité hors du commun et s'il poursuit sur cette voie, il ira loin, ça j'en suis sûre ! C'est le genre de gamin à ne pas tenir en place, qui a besoin d'exprimer ce qu'il ressent par la danse et ça serait vraiment dommage de ne pas lui faire bénéficier de mes contacts. Et puis c'est vrai qu'il est encore jeune, le petiot, il a l'avenir devant lui ! C'est quand il fait cette remarque au sujet du pub que je me rappelle qu'il est mineur.

Mince ! C'est vrai que tu n'as pas encore 18 ans ! Si tu ne nous avais pas emmenés ici, je t'aurais sûrement proposé cette adresse et on aurait eu l'air de deux hors la loi en cavale !

Un léger rire me secoue les épaules alors que je manque de m'étouffer avec un marshmallow. Mâche donc avant d'avaler, Pandora, ça t'aidera sûrement à vivre plus longtemps ! Mais bon, si mes souvenirs sont bons, Byron devrait bientôt atteindre la majorité, de Saint Graal du 18e anniversaire et les portes des bars devraient s'ouvrir pour lui sans le moindre souci. Enfin ça... c'est sans compter son adorable bouille d'enfant qui risque de lui valoir des regards suspects sur sa carte d'identité. Je me fais alors la promesse d'être le petit diablotin qui le dévergondera en l'emmenant boire sa première bière bien de chez moi dans le pub en question. Je garde pourtant ma petite invitation dans un coin de ma tête car ce qui m'intéresse à cet instant, c'est d'en savoir plus sur le mystérieux Kirk et ce qui les lie. J'ai l'impression de voir une amitié fusionnelle se dessiner sous mes yeux et en même temps, je ne peux pas m'empêcher de me rappeler des gestes qu'ils peuvent avoir l'un pour l'autre. Peut-être que je me trompe, que j'extrapole, mais j'ai l'impression de voir plus de tendresse chez eux que chez de simples amis. Kirk est plus vieux, réservé, mais est-ce que ça en fait une mauvaise personne ? Loin de là.

Vous avez vraiment l'air très proches, en tout cas ! C'est vrai qu'il a un côté mystérieux et très réservé, un peu ton contraire, en fait. Et puis peut-être que c'est ce qu'il apprécie chez toi ? Il est diplômé en quoi, d'ailleurs ?

Et lorsqu'il s'étonne de savoir qu'on a été très semblables au même âge, j'éclate de rire.

Tu n'as pas idée ! J'étais hyperactive quand j'étais gamine, je ne tenais pas en place et je passais plus de temps à faire des conneries qu'à faire quoi que ce soit d'utile. La rigueur de la musique a vraiment canalisé mon énergie, heureusement !

Qu'il se rassure : on finit toujours par s'assagir un peu, il suffit de trouver le truc qui nous calme, nous canalise et nous passionne assez pour nous occuper l'esprit. Et puis finalement, la légèreté des premiers sujets évoqués laisse place à quelque chose de plus sérieux, pour lequel je suis obligée de prendre des pincettes car je ne sais pas de quel côté de la balance penche Byron. S'il a l'air d'un adorable jeune homme, qui sait s'il n'est pas un futur chasseur de mutant ? Je prends donc une grande inspiration et me lance avec toute la diplomatie dont je suis capable. Fort heureusement, Byron est bel et bien le pacifiste qu'il semble être. Savoir qu'il défend les mutants au lycée et prône l'acceptation de chacun me réconforte immédiatement et je ne peux qu'hocher la tête en signe d'approbation. Moi-même, j'ai tendance à être relativement égoïste et à sauver ma propre peau avant celle des autres, lorsqu'il est question de mutants. Pour autant, je ne supporte pas de voir le suprématisme de certains, qu'ils soient issus d'un camp ou d'un autre, ça me donne envie de vomir.

C'est n'importe quoi... comme tu dis, les gens n'apprennent rien. Quand j'ai vu ce qui se passait en Italie, j'ai été horrifiée ! Non mais dans quel monde on vit ? On se croirait en 1940 ! Sauf que le juif d'aujourd'hui est mutant et ça me fait terriblement peur... on ne peut pas discriminer quelqu'un pour son code génétique, ça n'a aucun sens...

Nerveusement, je mâchonne une guimauve avant de reprendre.

Et inversement, la politique japonaise me fait peur aussi. Ils ont le point de vue inverse, ils veulent voir la population devenir mutante et discrimine ceux qui ne le sont pas. On court à la catastrophe et je ne serais pas étonnée que bientôt, il y ait des mouvements violents dans un camp comme dans l'autre et... j'ai peur de découvrir dans mon entourage des extrémistes.

Instinctivement, c'est le visage de Calixte qui s'impose à mon esprit car sans le savoir, j'ai déjà développé des sentiments à son égard. Je n'ose imaginer ma réaction si je découvre un jour qu'il est proprement réfractaire à l'existence des mutants.

Mais comment veux-tu qu'on change les gens ? C'est malheureusement humain d'avoir peur de ce qu'on ne comprend pas et la plupart des gens transforment cette peur en haine... Personnellement, je me fiche totalement de savoir si les gens que j'aime sont mutants ou non, tant qu'ils ne font pas un mauvaise usage de leur condition.

Mais et Byron, dans tout ça ? Si sa mère semble avoir fait un gros doigt d'honneur à tous ceux qui sont contre le tatouage, est-ce parce qu'elle est elle-même mutante ? Ou simplement qu'elle trouve ça idiot au possible ?

Et toi tu... tu as des mutants dans ta famille ? Enfin tu... tu n'es pas obligé de me répondre, hein !

Ça non, je comprendrais même parfaitement qu'il esquive la question. Si j'ai appris à vivre et à aimer ma mutation, à être particulièrement fière de ma condition, je ne peux m'empêcher de me dire parfois qu'on se porterait tous bien mieux si les mutants n'existaient pas. Et après, je réalise que même sans ça, des idiots trouveraient le moyen de haïr leur voisin pour d'autres conneries.
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Re: (Byron) | The core of all life is a limitless chest of tales

 par Byron G. Saberhagen le Mer 10 Oct - 5:24

The core of all life is a limitless chest of tales
I need to shine like I used to and I know that I'm not supposed to be for nothing •••Byron avait toujours un peu de mal à comprendre la curiosité des gens sur sa relation avec Kirk. Il n’était pas assez aveugle pour ne pas comprendre qu’on lui posait régulièrement des questions dessus, en revanche il n’avait jamais au grand jamais saisit ce qu’elles sous entendaient toutes. À la place, il pensait que c’était à cause d’un intérêt certain envers son meilleur ami, qui était si réservé et pourtant si intéressant. Le danseur persistait à penser que Kirk gagnerait si il était un peu plus social, mais ce dernier refuserait catégoriquement de s’imposer un peu plus en société, pour des raisons qui ne regardent que lui. Alors le plus jeune n’insiste pas, mais ne se prive jamais de glisser des compliments envers son binôme.

Ici, il ne voit pas plus pourquoi Pandora est si intéressée par le lien qui unit les deux jeunes gens. Mais la question, cette fois, le met un peu mal à l’aise. Il ne savait pas ce que Kirk appréciait chez lui, il évitait de se poser la question parce que ça ne servait à rien, si ce n’est l’angoisser. Il n’était pas aveugle au point de ne pas voir que Kirk n’était pas bien plus patient avec lui qu’avec d’autres. Il doutait que ce soit cependant leur différence de caractère qui l’intéresse autant. Il avait été particulièrement tiède envers Polina, et ne parlons pas de Viviana, qu’il avait rapidement pris en grippe au grand désarroi du jeune lycéen qui aurait juste voulu que tous les quatre puissent s’entendent et trainer ensemble l’air de rien. Mais Kirk était probablement trop mature pour tant de lycéens. C’est juste bête qu’il passe autant de temps avec le moins mature de la bande.

Il haussa donc juste les épaules et répliqua : « Il a juste son diplôme du lycée, il travaille pour le moment.» Il ne préféra pas développer : Kirk était particulièrement amer sur ce sujet, et il manquait de confiance en lui pour tenter autre chose pour le  moment. Mais Byron lui sourit et finit par dire « Il hésite un peu pour ses études, on en parle de temps en temps. »

Et coupons ici le sujet avant que Byron ne vend la mèche en disant qu’il aimerait voir Kirk finalement tenter le concours pour la fac de médecine. C’était son plus grand rêve, et sur place il serait enfin comme un poisson dans l’eau, entouré de gens comme lui, et avec qui il peut avoir une conversation intelligente sans que ça tourne autour des séries de science-fiction ou de comic book.

Au sujet de la politique oppressante de l’Italie, Byron hocha vivement la tête. C’était une situation particulièrement angoissante pour le jeune homme, et pour cause :

« J’ai de la famille en Italie. Mon père vient de Venise. » Il grimaça en essayant de ne pas faire une crise d’angoisse. Les dernières nouvelles étaient positives alors il parvenait a contenir la pression de savoir ses oncles et tantes sous le couperet. « Une cousine a moi a réussit à venir au pays tout récemment. Elle est plus en sécurité ici que là bas, t’imagines bien. »

Mais pour le coup du Japon. Il dut se faire violence pour ne pas se pincer les lèvres. Il faut dire que son discours n’était pas vraiment le même à la maison. Une politique Pro Mutant : c’est plus ou moins le grand rêve de sa chère mère. Et Byron le comprenait, même si il préférait jouer la carte du vivre ensemble en public. C’était ce qui était une vérité pour lui, tout irait mieux si effectivement on pouvait vivre mains dans la main. Le souci : comme sa mère lui disait moult fois depuis qu’il était tout jeune, jamais les humains ne les accepterons. Mieux valait protéger et conserver l’évolution de l’humanité, que de se laisser marcher dessus. Le côté eugéniste de sa mère était largement connu dans son travail, mais en social, les Saberhagen avaient un minimum de bonne réputation à ce sujet.

Et c’est donc avec un air un peu défaitiste qu’il secoua la tête, en accord avec Pandora. « Non on peut pas changer les gens. Crois moi, j’ai assez expérimenté sur internet et au lycée pour voir que c’était peine perdu. » Il soupira un peu en se pinçant l’arrête du nez.

Cependant, quand elle lui posa la question de ses parents, il leva les yeux vers elle, et n’hésita pas :

« Oui, mes deux parents. »

Il lui offrit un sourire entendu : celui qui veut dire à moitié ‘Moi aussi’. Il n’avait pas vraiment honte, mais elle comprendrait qu’il vaut mieux se cacher quand comme lui, on est suivit partout, et qu’on est dans un lycée particulièrement retord envers ceux qui sont différents. Il a un minimum de voix parce qu’il est célèbre et respecté, et ainsi il peut défendre des Polina qui se font régulièrement ennuyé en cours. Mais si il était ouvertement mutant ? Il y avait des chances que d’un coup il en pâtisse et que quoiqu’il puisse dire n’ait plus aucun effet nulle part.

« Et toi ? » Fit-il l’air de rien. « Enfin… » Il s’accrocha d’elle en jetant des œillades autour d’eux. Une fois certain que personne ne les épiait, il souffla. « …mise à part Marcus. »

Comme dise les anglais : The cats are out of the bags.

Il espérait juste que Marcus se prendrait pas une soufflante de tous les diables par sa sœur parce qu’il en avait parlé à un gamin. Mais hey ! C’est elle qui a commencé.
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