Pandorcus | Oops, I did it again

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Pandorcus | Oops, I did it again

 par Pandora A. O'Sullivan le Sam 24 Mar - 19:27


Oops, I did it again
pandora & marcus






J'ai mal aux cheveux. C'est la première constatation que je fais en ouvrant les yeux. Les volets sont restés ouverts et le soleil vient caresser mon visage, me faisant grimacer alors que je cherche désespérément à me rendormir. Un soupir, c'est peine perdue : j'ai toujours dormi dans le noir complet, ça me rassure, étrangement. Je me redresse, passe une main dans ma chevelure ébouriffée et regarde autour de moi avec l'air d'une personne qui ne sait pas tout à fait ce qu'elle a fait la veille. On récapitule... j'ai tenté de voler un alto à plus d'un million, j'ai échoué, rencontré son – charmant – propriétaire, j'ai joué... et le propriétaire en question m'a invité à boire un thé. Bon. Très bien. Ensuite ? C'est un peu plus flou. Nous avons discuté, les heures sont passées, l'alcool a coulé et voilà où nous en sommes, alors que je baisse les yeux vers le corps endormi de l'athlète qui est à mes côtés : des draps de soie, un lit king size et oh mon dieu le meilleur coup de mon existence. À cet instant, je croise tous les doigts possible en espérant ne pas avoir dit ça à voix haute. Visiblement, la lumière ne le gêne pas du tout puisqu'il dort à poings fermés et au rythme d'une respiration lente et régulière. Y en a au moins un ici qui a l'air innocent !

Je relève les yeux avec un sourire à la fois amusé et attendrit puis regarde autour de moi. Sa chambre fait la taille de mon premier appart. Littéralement. C'est joliment meublé, sobre et élégant à la fois, il y a des photos qui raconte son histoire un peu partout, une collection de petits soldats minutieusement peints et posés en armée bien rangée sur une étagère, des livres d'Histoire qui feraient pâlir de jalousie mon universitaire de paternel s'il n'avait pas foutu le camp depuis vingt ans et un magnifique tableau représentant visiblement une bataille navale cloué au mur. Je crois que mon compagnon d'un soir aime bien les batailles et l'histoire, à en juger par sa déco. Étrange, je ne l'aurais pas du tout vu comme ça ! Tout bien réfléchit, c'est le dernier type que j'aurais imaginé avec un thé à la main et pourtant, il s'y connaît plus que moi qui m'en nourrit en intraveineuse. Tu es mystérieux, Calixte Seymour... et tu marmonnes en dormant.

Soupirant à nouveau, je me lève, attrape la chemise de mon amant d'un soir et l'enfile, comme tout bon cliché de films pourrit. Je m'approche de nos affaires respectives, lesquelles jonchent le sol car nous n'avons pas vraiment pris la peine de les ranger la veille. Sous cet amas de fringues, mon sac à main et dans le sac à main, mon téléphone. 18 appels manqués de Marcus et à peu près le double de sms. Ooook... je vais me faire tuer. Ni une, ni deux, je repose le téléphone, m'éjecte jusqu'à la salle de bain et regarde avec un air perplexe la douche. Qui est l'abruti qui a breveté un bazar pareil ? Il doit bien falloir un doctorat en mécanique pour comprendre comment on allume l'eau ! Je m'engouffre dans une douche assez spacieuse pour y caser trois personnes, rouspète après le pommeau de douche incompréhensible et me prends de l'eau dans la figure à trois reprises avant de comprendre comment ça fonctionne. Tu la sens, la bonne journée qui commence ? Parce que moi oui ! Sans complexes, je pique à monsieur sexy son shampoing de princesse, une serviette et fais comme chez moi. Je n'invente rien, c'est lui qui l'a dit la veille. Je crois. À moins que je ne l'ai rêvé ? Aucune idée.

Lorsque je m'extirpe de la salle de bain, trempée et pressée, monsieur dort toujours. J'enfile à la hâte mes vêtements, attache mes cheveux mouillés et attrape un stylo et un post-it pour y griffonner quelques mots ainsi que mon numéro de téléphone : « merci pour cette soirée, monsieur Seymour, mais je dois filer si je ne veux pas finir au pilori ». Je colle le post-it sur le réveil, hisse mon violoncelle sur mes épaules et m'empresse de retrouver la sortie. Jamais je n'ai vu de manoir aussi grand, aussi imposant, aussi... vide. À l'exception de nous deux, il n'y a personne et la bâtisse en devient quelque peu inquiétante. Pourtant, au moment de sortir, je fais un bond en arrière en voyant le majordome s'approcher en silence pour me tendre mon manteau et m'ouvrir la porte sans un mot. Ne sachant quoi faire, je le remercie et me retrouve dehors, frigorifiée à cause de l'eau qui ruisselle dans mon dos. Je sais que j'ai fait n'importe quoi, que j'aurais dû prévenir Marcus, que je suis paumée au milieu d'un domaine de riches et qu'il va me falloir deux heures pour regagner le centre-ville, mais... je n'arrive pas à avoir honte ou à regretter ce que j'ai fait. Je suis même presque triste de me dire qu'il ne me rappellera peut-être pas parce qu'au-delà cette nuit, la soirée a été vraiment chouette. Je n'avais pas rencontré de musicien aussi passionné et passionnant depuis Maximilian. J'espère simplement que Calixte n'est pas un psychopathe, lui.

Je traverse l'allée bordée d'une verdure impeccablement entretenue, délaisse la belle voiture de Calixte que j'aurais pourtant bien empruntée pour rentrée chez moi et, une fois le portail franchit, je l'entends se refermer derrière moi. Bien bien bien... Je sors mon téléphone, prête à appeler un taxi pour rentrer chez moi, et voilà que je constate que, privé de sa précieuse énergie, la batterie a décidé de me faire un bon gros doigt d'honneur avant d'éteindre purement et simplement le téléphone. PAR-FAIT ! Je soupire à nouveau, prends mon courage – et surtout ma résignation – à deux mains et prends la direction du centre-ville.

C'est au bout de plusieurs heures de marche, avec un violoncelle que j'en viens à haïr sur le dos que je finis par arriver devant l'immeuble où je partage un appartement avec mon affreux frangin. Je vais être bonne pour une autre douche, en fait... J'appuie frénétiquement sur le bouton de l'ascenseur, arrive au troisième étage et pousse un profond soupir de soulagement lorsque la porte se referme derrière moi. J'ai tout juste le temps de déposer mon instrument et mon sac avant que Biscuit et Attila, mes deux adorables chiens, ne se jettent sur moi. Accaparée par un berger qui a oublié qu'il n'était plus un chiot et un corgi qui devrait songer à moins manger, je me retrouve assise par terre à tenter d'esquiver les coups de langue.

Mais oui... moi aussi je suis contente de vous voir... vous avez été sages, les affreux ?

Un raclement de gorge attire mon attention et je relève les yeux vers le couloir. Dans l'encadrement de la porte, Marcus me foudroie du regard, avec l'expression typique des mauvais jours. Il pourrait presque avoir l'air crédible, s'il ne portait pas un t-shirt pokemon un peu trop fluo à mon goût.

Oh heu... coucou frangin ! Tu as passé une bonne soirée, c'était cool ?

C'est ça, Pandora, fais donc l'idiote... il va totalement te croire ! Pas comme si Marcus te connaissait par cœur, hin ! Je me racle la gorge, me redresse à grand peine et me passe une main dans les cheveux avec un air gêné.

Tu vas trouver ça con, hin... tu sais, le type à qui appartient l'alto que je devais analyser pour en faire une copie... bah en fait il m'a surprise... et heu... il est vachement chouette ! Enfin c'est un mec blindé de tunes qui vit dans un autre monde mais il est sympa, on a passé la nuit à... jouer à la belote ! Ahah... ah... tu ne me crois pas, hin ?

Bien sûr qu'il ne me croit pas ! Reste juste à savoir quelle partie du récit il ne croit pas...

Bon écoute, Cucus... j'suis désolée, j'ai merdé. Mais j't'avais dit de pas m'attendre, et mon téléphone n'avait plus de batterie et... je viens de passer des heures à marcher pour rentrer, j'suis fatiguée, tu me laisses passer, dis ?

Attaque yeux de chaton triste !


Spoiler:
[HRP]Non j'ai pas honte du titre... :smile: [/HRP]
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Re: Pandorcus | Oops, I did it again

 par Marcus B. O'Sullivan le Mar 3 Avr - 16:59




Oops, I did it again

« Parlez à la main, parce que la tête ne veut rien entendre. » - Dr. Denfer, Austin Powers 2


Il pouvait se montrer particulièrement chiant, lorsqu’il était nerveux Marcus. Il le savait, un peu trop bien même. Cependant, c’était plus fort que lui.
L’homme n’en avait pas voulu, au départ, de cette mission. Quelque part, il ne le sentait pas du tout. Cependant, sa chère sœur était confiante. Elle lui disait qu’il s’en faisait trop. Comme toujours. Néanmoins, il était la prudence né. Et lorsqu’il se trouvait en manque d’informations, ou de tactique fiable, il ne le faisait pas. Mais on lui avait assuré que tout irait bien… Alors qu’à cela ne tienne !

En temps normal, le mutant était aussi silencieux qu’une tombe. La concentration était souvent de rigueur. Parfois, il mettait un peu de musique, mais celle-ci n’était que pour lui-même. Sa sœur et lui ne partageant pas vraiment les mêmes gouts. Hélas, ce soir il se trouvait tellement nerveux, qu’il ne pouvait s’empêcher de fredonner ce qui pouvait bien lui passer par la tête, malgré le fait que Pandora lui dise de se taire. Il se contentait simplement de baisser le volume sonore, mais il continuait tout de même. C’était vraiment plus fort que lui. Ok, il ne chantait pas aussi bien que sa sœur. Il ne chantait pas faux non plus, seulement sa voix nasillarde, lorsqu’il poussait la chansonnette, ne plaisait pas à tout le monde.
Quelque chose lui manquait… Des informations. Un manque cruel d’information qui faisait qu’il ne pouvait pas se sentir tranquille. Et surtout le fait qu’il se trouve aussi loin, et que la seule chose qu’il pouvait faire, était de surveiller Pandora sur son écran, via les caméras de sécurité. Lorsqu’elle pénétra dans l’aile privée, le hacker se heurta à un système de sécurité un peu plus complexe, contre lequel il râla très fortement. Alors qu’il s’apprêtait à craquer le pare-feu, un mouvement attira son attention : quelqu’un rentrait dans la partie où se trouvait sa sœur. Enfer ! L’appelant dans son oreillette, Marcus commença à avoir des sueurs froides de ne pas recevoir de réponse. S’acharnant, il s’apprêta à avoir enfin la main sur les caméras de la section, quand il se trouva face à un écran noir. Il eut à peine le temps de crier le nom de Biscuit, que l'appartement fut plongé dans l’obscurité la plus totale.
Les jurons des voisins parvenaient déjà à ses oreilles et Marcus ne s'excusa même pas auprès de l'animal, qu'il avait engueulé pour rien. Ça n'aurait pas été la première fois qu'il débranchait son pc, alors que celui ci se trouvait sur secteur, en se prenant les pattes dans le cordon. Mais cette fois-ci ce n'était pas lui. Coupure générale de l'immeuble : c'était loin d'être la première fois également, et sûrement pas la dernière. Mais le brun était trop interloqué, par son écran aussi noir que l’apparentement, pour remarquer la présence de l’animal, qui le regardait avec un air de chien battu.
La coupure ne durerait sans doute pas très longtemps, seulement le mutant se trouvait partagé entre deux options : tenter par tous moyens de joindre sa soeur, en sachant qu'elle ne répondrait peut être pas, ou paniquer. Généralement, l'option deux se trouvait la plus envisageable.

***

La panique, Marcus y cédait un peu trop facilement. Souvent même… Surtout lorsqu’il s’agissait de sa petite sœur. Se retrouver tout seul dans un appartement, momentanément plongé dans le noir, sans nouvelle, il avait horreur de ça.
Cette nuit n’avait pas été particulièrement bonne, il aurait dormit sur une planche de bois, que ça aurait eut le même effet. Marcus avait passé une bonne partie de sa soirée dehors, avec les chiens, pour trouver un réseau satisfaisant, puis éplucher tous les dossiers des hôpitaux des environs proches, et poste de police, à la recherche d’un signalement correspondant à celui de Pandora. Par chance, il n’avait rien trouvé. Oui il s’était fait des films. Qui ne s’en serait pas fait ? Ce type aurait très bien put être un traqueur !
Il avait vu passer les heures, notamment celles de son concert, avant de recevoir, enfin, un message. Message dans lequel sa chère sœur, se moquait apparemment de lui. Son angoisse avait été balayée par sa colère. Colère qu’elle avait dû ressentir dans sa réponse. Colère qu’elle sentirait un peu plus ce matin. Si elle daignait rentrer, ce matin…

Marcus avait mal partout. Quelle idée d’être partit avec les trois chiens ? Evidemment ce n’était pas la première fois qu’il le faisait, seulement dans de meilleures conditions. Hier soir, ça tenait plus du sketch. Biscuit, sentant son anxiété, l’avait traîné sur tout le trajet comme une poupée de son, emportant Jack, qui parvenait à peut près à suivre, quand il ne s’emmêlait pas dans sa laisse. Quant au pauvre Attila et ses courtes pates, il volait presque derrière le trio, frôlant la crise cardiaque.
Heureusement qu’aujourd’hui c’était samedi : pas de boulot, bonjour la grasse mat’ bien mérité. Surtout compte tenu de l’heure tardive, à laquelle le sommeil avait daigné venir… lui donner un coup de pelle.

S’étirant, Marcus regretta immédiatement son geste, sentant chaque muscle de ses bras et ses jambes crier leur douleur. A côté de lui, Jack bailla à s’en décrocher la mâchoire et roula dans les couvertures. Visiblement il s’était octroyé le droit de braver cet interdit, mais bon, il n’allait pas lui reprocher. De toute façon, il se trouvait bien trop dans le pâté pour réagir sur quoi que ce soit. Le brun s’extirpa de son lit à contre cœur, enfila un simple pantalon de jogging, puis un vieux t-shirt, dont il mit du temps avant de trouver les bons trous par où sortir, puis le sens. Sa main lissa ce pauvre Porygon, aux couleurs un peu passée, puis tenta de l’ajuster au mieux sur son bassin. Cependant celui-ci sembla être vraiment trop vieux, pour être porté en tant que t-shirt pour adulte. Mais peut importe, il n’avait pas l’intention de sortir. Enfin, juste de sa chambre.
Sortant dans le couloir, Marcus se frotta les yeux, son épaule heurta le mur et il peina à marcher droit. Décidément, les nuits de stress, ce n’était définitivement pas pour lui. Faut dire qu’il avait frôlé la crise. Derrière lui, le bâtard fut un peu plus rapide. Alerté par des bruits venant du salon, il se joint à ses homologues canins, pour faire la fête à une sale gosse.
Le regard de son aîné se posa sur elle, sans vraiment la voir. Tout ceux l’aillant pratiqué au réveil savait que, sans son café du matin, il ne calculait rien. Pas même une porte, ou une chaise dans son chemin. De toute façon, il pouvait bien lui lancer un quelconque regard noir, avec sa tenue, ses cheveux en pétard, puis ces cernes qui lui tombaient jusqu’aux genoux, il n’avait plus grande crédibilité. Reniflant, il se racla la gorge, plus parce qu’elle était sèche que pour réellement signifier sa présence.

La jeune femme redressa la tête vers lui, puis sembla se confondre en excuse. A non… pardon… Elle le prit simplement pour un idiot… Un peu comme hier soir en faite. Ce qui avait quelque peu le don de l’agacer. Oui il se comportait la plupart du temps comme un gamin, cependant, ce n’était pas une raison pour lui parler, ou se comporter avec lui, comme s’il état réellement un gamin. Ou possédait l’âge mental d’un enfant de huit ans. Il n’était pas retardé mentalement, il savait très bien que "jouer à la belote" voulait dire : "boum shakala oulala". Ou bien en langage Pandora : « J’ai passé la nuit en charmante compagnie, en oubliant totalement mon angoissé de grand frère, qui pourrait certainement en faire une crise de tant s’inquiéter ».
Bon, c’était peut être dur, et certainement égoïste comme pensée, cependant, elle savait très bien ce que c’était de se trouver dans un tel état de stress que le corps décide de faire tomber le rideau. Elle le savait que pour ce genre de mission il ne fallait JAMAIS ô grand JAMAIS, rompre le contact. Mais non, comme à chaque fois, elle n’en faisait qu’à sa tête. Le jour où son épilepsie l’aura transformé en légume, elle s’en souciera peut être, de ses angoisses…

Oui il était en colère, vraiment. Et plus elle parlait, plus ça montait. Sauf que Marcus faisait partit de ces personnes calmes, dont la contrariété se trouvait muette. Jusqu’à ce que tout explose. Le mutant se contenta de l’écouter, les bras croisés, appuyé contre le mur, fronçant simplement les sourcils. Puis il fit mine de vouloir dire quelque chose, à la place il se contenta de bailler, sans vraiment le cacher, se décolla de son appuis, puis alla se faire un café. Si elle s’attendait à ce qu’il lui crie dessus, c’était râpé. Il était son frère, pas son père. Elle s’était si souvent employée à le lui faire comprendre. Elle allait savoir ce que ça faisait, tiens, de se prendre un silence lourd de sens. Ce sera sa punition.
Une fois son café prêt, il le versa dans une tasse Star Wars, puis ouvrit le placard et sortit un paquet de gâteau à petit déjeuner. Considérant le paquet d’Oréo vide, Marcus haussa les épaules et le jeta à la poubelle. Il ne l’avait pas fait hier ? Nouveau haussement d’épaules. De toute façon il détestait les Oréo…
Remettant des croquettes à Yoda, qui devait bien se balader quelque part, il se traîna dans le salon. L’homme se laissa choir dans le canapé, où il fut rejoint par Jack et alluma la télé, sur une chaine manga quelconque, dont il avait piraté les accès. Et où ils passaient des animations un peu plus adultes, que du Shonen, ou du Naruto en boucle. Si Pandora tenait vraiment à lui parler, qu’elle cause à son chien, tiens. Il lui répondra, sûrement, quand elle se sera décidé de s’adresser autrement à lui.


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Re: Pandorcus | Oops, I did it again

 par Pandora A. O'Sullivan le Dim 15 Avr - 19:26


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Je peux me tromper mais j'ai comme l'impression que Marcus m'en veut. Je ne sais pas, une intuition soudaine qui me fait dire que le regard insistant qu'il me jette vaut tous les hurlements du monde. Parce qu'il est comme ça, mon frangin, il a toujours été le moins sanguin de la fratrie – paraît que de nous trois, je suis la pire – mais celui dont on regrette paradoxalement le plus les colères. J'ai beau tenter de l'amadouer avec un regard triste et des mots qui se veulent gentils, je ne suis plus une enfant : j'ai merdé et en beauté. Sur le coup, je n'ai pas pensé aux conséquences, j'ai suivi mon instinct et l'instinct en question m'a chuchoté à l'oreille que ça aurait été vraiment dommage de ne pas poursuivre la soirée avec Calixte parce que bon... c'était chouette ! Alors oui, beaucoup moins chouette pour Marcus et quelque chose me dit qu'il n'a pas franchement envie de connaître tous les détails de la soirée. Alors non, il se contente de me faire ouvertement la tête et de m'ignorer. Ça m'avance bien, tiens... Le voilà qui me passe devant comme si j'étais transparente et il me faut toute la bonne volonté du monde pour ne pas lui mettre une tape derrière la tête et lui rappeler que je suis là.

Mais parfait, très bien, il n'a qu'à rester muet, j'm'en fiche. Je laisse là deux chiens surexcités, récupère mon violoncelle et m'enferme dans ma chambre. Bon sang que j'ai besoin d'une douche... encore. Tandis que je tente de me cuire la peau au court bouillon sous l'eau brûlante, je réfléchis à tout ce que cette soirée incongrue implique. Je n'ai pas réussi à avoir toutes les infos que je voulais sur l'alto, ça c'est un mauvais point ; je me suis rapprochée de Calixte, ça c'est un bon point ; je n'ai aucune certitude de le revoir et ça, ça pue. J'ai besoin de voir l'instrument de plus près et surtout, j'ai besoin de m'en emparer pour le remplacer par sa copie. C'est tellement plus facile quand il s'agit de voler une petite vieille à moitié sourde et cinglée ! Je ne sais vraiment pas comment je vais m'en sortir cette fois mais ça craint, clairement. Je soupire, ce qui a pour effet de faire gicler de l'eau dans mes yeux, jure avec la finesse d'un poissonnière de marché et finis par sortir de la douche au bout d'un temps compris entre deux minutes et l'éternité. Parfait.

Lorsque je ressors, vêtue d'un ravissant jogging trop grand et d'un t-shirt my little pony, le tout allié à l'élégance de la serviette de toilette nouée dans mes cheveux qui me donne un air de maharaja farfelu, c'est pour trouver Marcus, à peine plus réveillé que dix minutes plus tôt, le cul vissé sur le canapé et une tasse de café dans les mains. Face à lui, la télé qui hurle le générique d'un manga random et affalé dans le canapé, Jack.

Bon aller, Marcus, j't'ai dit que j'étais désolée ! Mais j'vais bien, tu vas bien, y a pas d'quoi en faire un fromage ! Aller Cucus... je sais très bien qu'tu m'entends, fais pas l'con...

Je m'approche de la télé, agite la main devant ses yeux mais rien à faire, il continue de m'ignorer et ça commence doucement à m'énerver. Ai-je déjà dit que j'avais tendance à partir au quart de tour ? À bout de patience – faut dire qu'on en vient vite à bout – je pousse les manettes de la console et les magazines qui encombrent la table basse, et m'y installe en tailleur. Je fixe résolument Marcus, tout à fait consciente qu'en lui interdisant l'accès à sa télé bien aimée, il va être obligé d'arrêter de faire comme si je n'existais pas.

Bon maintenant tu m'écoutes. J'ai fait d'la merde, c'est vrai. J'aurais dû t'prévenir, c'est vrai. Mais déjà si je t'avais prévenu plus tôt, j'aurais grillé ma couverture et c'est au poste que tu serais venu me récupérer, et après j'ai manqué de batterie et d'occasions pour t'envoyer plus de détails discrètement. J'suis désolée.

À force de m'excuser, il va en avoir suffisamment en réserve pour les dix années à venir sans que j'ai besoin de dire « je suis désolée ».
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Re: Pandorcus | Oops, I did it again

 par Marcus B. O'Sullivan le Mar 24 Avr - 2:19




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« Parlez à la main, parce que la tête ne veut rien entendre. » - Dr. Denfer, Austin Powers 2


Le canapé trouvait tellement grâce à ses yeux en cet instant, que Marcus se dit qu’il n’aurait jamais dû se lever. D’ailleurs, il pensait sérieusement à aller se coucher, s’il n’avait pas une sainte flemme de se décoller des coussins pour retrouver sa couette. Il était tellement épuisé, qu’il ne gronda même pas Jack, lorsque celui-ci vint s’installer – pour ne pas dire se vautrer – juste à côté de lui. Le brun était à moitié reposé sur l’accoudoir, parfaitement callé avec deux coussins – un Deadpool et un Spiderman – les jambes repliées sur le côté. Le chien, quant à lui, se trouvait tellement étalé, qu’on aurait dit du vieux fromage, la tête reposant sur les hanches de son maître. Le mutant n’avait pas du tout fait attention à Pandora, qui était partit se décrasser sous la douche. Ce n’était pas complètement volontaire, à dire vrai, il ne calculait pas grand-chose en cet instant. Ni de la scène qui se déroulait sur l’écran, et encore moins du café qui lui brûlait les doigts à travers la tasse. Son esprit partait dans d’autres strates, à des années lumières du manga qui passait sur la chaine. C’était un peu comme opposer Berserk à My Little Ponny. Ou happy three friends aux télétubbies. Ça n’avait aucun rapport, ça n’avait aucun sens même, mais le mutant ça ne le dérangeait pas. En réalité, il dormait presque les yeux ouverts, une chose qui ne lui arrivait encore, que lorsqu’il était réellement épuisé.

« Réveil toi, bon sang ! Tu vas te faire attraper par les loups ! »

- « Loup !? Qu’il s’exclama sursautant presque, manquant renverser son café sur ses genoux.
Mais le seul… animal… qui pouvait ressembler de près ou de loin à un loup, qu’il rencontra, fut la tête d’un Jack à moitié endormit, qui se demandait pourquoi il le réveillait. Puis d’un Atilla soudainement intéressé, dont la truffe apparut par-dessus ses jambes, son arrière train se dandinant fortement, dû à son absence de queue.
- Bah tiens… Si toi t’es un loup, moi je suis la reine d’Angleterre, je chante aussi bien que Freddie Mercury et je porte tellement mieux les jarretelles que Tim Curry. Qu’il soupira en lorgnant le corgi, qui ne comprenait pas un traitre mot de ce qu’il lui racontait.
Il savait bien ce qu’il voulait. Faire comme le copain à quatre pattes. Sauf que, si Attila montait aussi sur le canapé, Biscuit se précipiterait à son tour, et là, ce serait le drame… Parce qu’avec le patapouf dans l’équation, il n’était pas sûr de sortir vivant de cette partie de twister canin.
A la place, le zombie flatta la tête du chien, puis resserra les doigts autour de sa tasse, tentant vainement de se concentrer sur la série. Série dont il n’avait aucune idée du nom, ni de ce qu’il pouvait bien s’y passer. Quel épisode ? Quelle saison ? Qui ? Pourquoi ? Quand ? Où ? Dans quelle étagère ? Aucune idée…

Trempant ses lèvres dans le café, Marcus manqua bien s’y noyer en voyant, ce qui semblait être le héro, se faire planter magistralement par son cheval dans une marre de boue. Décidément, il ne semblait pas être le seul à mal démarrer sa journée.
- I feel you bro… » Qu’il lança à l’écran, en se raclant la gorge.
Cependant la récréation fut terminée lorsque que sa chère petite sœur, vint se planter devant la télé. Finit les actes chevaleresques de cet illustre inconnu, dont la musique hurlant déjà l’ending. Fronçant les sourcils face à cette agression sonore, de son crâne déjà pâteux et endoloris, Marcus attrapa la télécommande et baissa le son. Là, il s’entendait mieux penser. Puis les nouvelles excuses de Pandora aussi. Maintenant qu’il se trouvait condamné à ne voir qu’elle.
Qu’est ce qu’elle voulait qu’il lui réponde, concrètement ? Pandora avait beau être sa petite sœur, elle était majeure et, hélas, vaccinée. Lui et Charlie pouvait bien gueuler, elle faisait bien ce qu’elle voulait. Même si parfois – souvent – elle faisait un peu trop ce qu’elle voulait. Cette espèce de sale tête de mule. Mais ça, elle le tenait bien de leur père. Comme quoi, les chiens ne font vraiment pas des chats.

Haussant les sourcils, Marcus tourna la tête, pour s’adresser à son chien. Chien qui redressa à peine une oreille, se tordant le cou pour regarder son maître, d’un air parfaitement pathétique.
- « Tu te souviens pas Jack, de ce film la dernière fois ? Tu sais y avait un type, qui avait perdu son téléphone dans une course poursuite. Du coup il entre dans un bar et utilise un téléphone, publique. C’est fou, parce que sans ça, il n’aurait pas put arrêter les méchants. »
Jack ne répondit rien. Bien sûr qu’il ne pouvait pas répondre, les chiens n’étaient, hélas, pas doté de la parole. La prochaine fois, il lui fera avaler une puce gps, et planquera un micro. Histoire de ne pas finir chauve, ou prématurément blanc, ou peut être même sous anxiolytique.  
En réalité, il ne savait plus vraiment s’il devait être vraiment énervé, ou simplement inquiet. S’il devait lui foutre des baffes, ou lui faire un câlin. Elle se rendait compte qu’il s’était vraiment inquiété, parce qu’il était comme ça. Il s’en faisait pour tout et rien. A se demander comment il n’avait pas encore finit avec un ulcère. Marcus était incapable de lui en vouloir bien longtemps, mais il ne pouvait pas non plus lui pardonner si facilement. Ce qui l’agaçait, c’était surtout sa capacité à se complaire dans les plans cul, et à le considérer comme s’il avait réellement cinq ans. D’accord ils ne parlaient pas non plus de toutes leurs relations, parce que parfois, en tant que grand frère, il ne voulait pas savoir, mais quand même… Ils étaient capables de se dire ces choses.

Sentant son ventre gargouiller, le mutant finit par se désincarcérer du sofa, pour retourner dans la cuisine. Du frigo, il sortit une quantité impressionnante de pancakes. S’il se débrouillait en cuisine, il ne savait pas non plus faire grand-chose. Mais ce qu’il faisait, il ne le faisait pas à moitié. En temps normal, il pouvait presque nourrir tout l’immeuble. En état de stress, on pouvait ajouter tout le quartier. Hier soir, malgré les douleurs de sa balade forcé, il avait été incapable d’aller se coucher tout de suite. Alors il avait passé une bonne partie de sa nuit, à faire des pancakes. Ça expliquait en partie, les valises qui lui tombait des yeux, jusqu’aux genoux.
Parce qu’il se disait qu’elle aurait peut être faim, quand elle rentrerait, si elle rentrait. Puis qu’elle serait contente d’avoir un bon petit dej. La colère de l’irlandais pouvait se montrer assez paradoxale. Puis c’était toujours meilleur que ces céréales, horriblement sucrée, qu’elle consommait par paquet de dix.
Revenant vers le canapé, le brun se sentit étrangement suivit, par un Biscuit et un Attila par cette odeur alléché. Même Yoda sortit de sa cachette, lorsqu’il posa l’assiette, ainsi que la confiture, sur le peu de place qu’avait laissé son encombrante petite sœur. Parce que dans le contexte, sur la table, elle prenait une sacrée place. Se laissant retomber dans les coussins, l’homme mordit dans le pancake, généreusement tartiné, sous l’œil d’un Jack particulièrement intéressé, et trois autres paires de regards.
- « Tu crois qu’il a beaucoup gagné ? Demanda-t-il de nouveau à son homologue canin. Parce que moi j’pensais que les types blindés jouaient plus au golfe, ou au tennis, qu’à la belote. Plus dans le physique que dans la réflexion, tu vois ? »
Histoire que ça dure toute la nuit… Bien sûr qu’il voyait, oui. Plus ce qu’il avait dans les mains, que l’allusion plutôt douteuse qu’il tentait, afin de souligner l’éventuelle performance horizontale de son partenaire de la veille. Parce que, lorsqu’il en avait conscience, Marcus était parfaitement capable de jouer là-dessus. Panpan l’avait cherché, elle allait la payer, sa "partie de belote".


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Re: Pandorcus | Oops, I did it again

 par Pandora A. O'Sullivan le Sam 2 Juin - 10:53


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J'aime beaucoup mon frère. Ça a toujours été comme ça et, malgré nos quelques années d'écart, nous nous sommes toujours remarquablement bien entendus. Y a toujours eu Charlie pour imaginer les bêtises, moi pour les faire et Marcus pour suivre, bien malgré lui. Y a toujours eu la joyeuse fratrie, soudée comme jamais et prête à tout pour défendre ses membres. Et puis y a eu les disputes. C'est comme partout, on est humains et y a forcément des hauts et des bas dans notre histoire et là... là c'est clairement un bas. J'ai horreur quand Marcus joue au con qui m'ignore, quand il me prend pour une idiote et qu'il me met le nez dans mes conneries. Ouais en gros, je déteste quand il me prouve que j'ai tort parce que c'est justement lui qui a raison. J'ai merdé, je n'aurais pas dû l'inquiéter et il va me le faire payer, ça c'est certain ! Je suis prête à m'excuser, à lui dire que je n'ai pas réfléchi ou que sais-je encore mais je connais Marcus. Il va jouer au con. Au gros con. Et ça va m'énerver tout de suite parce que je démarre toujours au quart de tour.

Si seulement je pouvais rester sous la douche jusqu'à ressembler à une vieille mamie fripée de partout... mais non, il faut sortir de là, enfiler autre chose que mes fringues de la veille pour être présentable et surtout... affronter le Marcus sauvage au petit matin. Aussi, pour bien marquer le coup, je pousse tout ce qu'il y a sur la table basse et vient y poser mon derrière, face à un Marcus aussi réveillé qu'un paresseux et sous la truffe d'un Attila un peu trop enthousiaste pour son propre bien. Je me lance, ignore le chien qui veut des grattouilles et déballe ma jolie hotte pleine d'excuses pour mieux faire passer la pilule. Et j'aurais dû m'y attendre. Voilà qu'au lieu de me répondre, il se met à me sous-entendre les choses en parlant à un Jack aussi réveillé que son maître.

Tu sais que ton abruti de chien ne comprend pas un traître mot de ce que tu lui dis ? Sérieux, arrête de faire le con, Marcus... y avait pas de vieux téléphone pourrit là où j'étais.

C'est vrai, quoi ! Dans le salon de thé où Calixte m'a emmenée, je n'ai pas vu de téléphone public ! Bon dans le bar d'après, en revanche, me semble bien qu'il y en avait un mais je vais volontairement zapper ce détail. À nouveau, Marcus refuse de me répondre et ne m'accorde même pas un regard, ce qui a le don de m'énerver encore plus. Je croise les doigts, regarde mon frère se lever du canapé sans jamais m'adresser le moindre regard ni la moindre parole et reste là, comme une conne, le derrière vissé sur la table et avec l'étrange impression qu'il se paye ma tête. Quelque part, je devrais pouvoir lui concéder une chose : c'est mérité, vu mon comportement, sauf que je suis bien trop bornée pour accepter de le reconnaître. Lorsque Marcus revient avec une impressionnante pile de pancakes bien dorés et alléchant, je fais mine d'ignorer les gargouillis de mon ventre qui crie famine et garde les yeux rivés sur Marcus. S'il croit que ça va march... bon ok, ça va forcément marcher avec moi parce que je suis un estomac sur pattes. Je soupire, envisage, l'espace d'un instant, de calmer la colère qui monte pour qu'on laisse tout ça derrière nous, mais la seconde remarque de Marcus efface immédiatement toute envie de calme.

Putain mais tu t'écoutes, des fois ? J'ai plus quatre ans, Marcus, et t'es pas mon père – pour ce que ça sert d'avoir un père de toute manière – et tes petits sous-entendus à la con, tu peux t'les garder. C'est fou c'que t'es chiant.

Au revoir les excuses, bonjour le grizzli. Je me lève de la table, pousse un Attila un peu trop envahissant et fait face à Marcus.

Tu sais quoi ? Quand tu seras décidé à m'parler plutôt qu'à parler à ton chien pour me transmettre tes doléances, t'auras qu'à v'nir me voir. Mais j'vais pas passer la journée à te courir après dans l'espoir que t'arrêtes de te payer ma tête. J'me suis excusée, ça veut pas dire que j'suis prête à me prendre des cailloux dans la gueule toute la matinée.

Et sur ces mots, je me dirige à grands pas vers ma chambre, me souviens in extremis que j'ai faim, reviens, attrape trois pancakes et repars illico presto pour m'enfermer telle une adolescente contrariée. Tant pis s'il doit me faire la tête après ça, ce n'est pas comme si nous avions l'habitude de nous disputer, hein ! J'engloutis un pancake, m'essuie vaguement les doigts sur un mouchoir et entreprends de me passer les nerfs sur ce qui fonctionne le mieux avec moi, à savoir mon violoncelle. Une fois l'instrument accordé, me voilà partie à jouer tout ce qui me passe par la tête, passant de Bach à Beethoven en passant par une obscure chanson pop que j'ai en tête depuis deux jours. Ça m'énerve de ne jamais réussir à faire comprendre à Marcus que je contrôle la situation. Calixte, c'était une histoire d'un soir, d'une nuit, ça va s'arrêter là et je ne vois vraiment pas pourquoi il irait me faire la morale pour ça.
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Re: Pandorcus | Oops, I did it again

 par Marcus B. O'Sullivan le Lun 23 Juil - 22:52




Oops, I did it again

« Parlez à la main, parce que la tête ne veut rien entendre. » - Dr. Denfer, Austin Powers 2


L'embêtant de vivre à sept dans un mouchoir de poche, c'est qu'on se marche vite dessus, et surtout quand il faut apprendre à composer avec les humeurs de chacun.
Pandora avait le tempérament accordé à sa couleur de cheveux, Charlie restait plus calme et sec, néanmoins il montait vite dans les tours. Et lorsque sa sœur et lui se disputaient, ça s'entendait. Marcus, quant à lui, s'énervait rarement. Sa colère restait silencieuse, exprimant son désaccord par son silence. Son grand jeu était l'ignorance. Ça avait le don d'agacer, puis de passer plus facilement à autre chose. En revanche, lorsque la goutte d'eau faisait déborder le vase, il ne valait mieux pas rester dans les parages…

Ce matin, il n'avait pas la force de s'énerver, il était bien trop fatigué pour ça. Les nuits blanches - ou presque - ça ne lui réussissait pas. Surtout quand il passait une grande partie à se ronger les sangs pour son infernale petite sœur. Pourtant elle le savait que ça l'embêtait de ne plus pouvoir l'aider sur le terrain, dans leur méfait, sa mutation pouvant s'avérer bien plus utile pour les systèmes de surveillance, que ses propres capacités de hacker. Elle avait connaissance aussi de sa réticence pour cette mission. Mais ce qu'elle savait par dessus tout, c'était combien il pouvait s'inquiéter. Surtout lorsque sa touchait ses proches, en particulier sa famille. Sans doute voulait-elle qu'il se remette à faire des crises, à force de tourner en rond, alors qu'elle en connaissait la violence, puis la situation fortement embarrassante qui en résultait. Seulement la culpabiliser là-dessus ne servirait à rien.
D'abord c'était mesquin, ensuite Pandora était assez grande pour faire ce qu'elle voulait, mais surtout pour n'en faire qu'à sa tête. Son problème c'est qu'elle agissait bien plus qu'elle ne réfléchissait, puis prenait conscience de ce qu'elle avait fait de travers après. Ce qui était foncièrement agaçant. A l'inverse, Marcus cogitait trop. Mais au moins, il était moins sûr de se planter.
Il ne fallait pas qu'elle s'étonne après de se prendre le retour de force dans la poire. Le problème également, c'est qu'elle semblait un peu trop estimer que quelques excuses et des prétextes bidons suffiraient pour hier soir. C'était bien mal connaitre son grand frère. Et encore, elle pouvait s'estimer heureuse que Charlie ne soit pas là. Lui, il lui aurait fait son procès d'intention d'entré de jeu, et sans tour de chauffe. On aurait entendu gueuler jusqu'au bout du quartier.

Mais ce matin le mutant n'avait pas envie de lui parler, il ne voulait pas faire d'effort. Il voulait juste qu'elle comprenne ce que ça faisait, même s'il savait que ça ne servirait à rien. Elle avait la tête dure, comme tous les O'Sullivan. Puis par son mutisme, le brun avait aussi envie de lui faire comprendre qu'il en avait marre de ses idioties et que non - contrairement à ce dont la jeune femme voulait se persuader - elle ne maitrisait rien. On ne pouvait pas jouer éternellement avec les sentiments des autres, et surtout pas avec les siens. Cependant, Pandora finirait tôt ou tard par se prendre le retour de bâton en pleine figure.
A la mention "abruti", Jack releva la tête vers elle, lui lançant un regard indescriptible. Bien sûr qui si qu'il comprenait : la preuve. Il lui parlait tous les jours à son chien. Et le mot abruti, l'animal l'avait entendu tellement de fois que ça le faisait toujours réagir. Mais sur le principe, il ne lui permettait pas non plus d'insulter son chien. Il n'insultait pas les siens, lui. Bon, il appelait peut être Biscuit patapouf, et Atila dandifesse, mais jamais abruti… Puis son argument ne tenait pas. Il y avait toujours des lignes téléphoniques dans les pubs ou autres endroits. Comment pourrait-il prendre des réservations sans quoi ? Et puis il suffisait demander gentiment, pour utiliser leur téléphone. Il l'avait déjà fait, une fois. Puis ce n'était pas comme si avec sa mutation, elle ne pouvait pas être convaincante. Mais bon… C'est sur que passer sa soirée en charmante compagnie et se foutre ouvertement de gueule par sms, plutôt que de prendre la peine d'user cinq minutes de son temps pour le rassurer, puis pour le dire ce qu'il disait à leur commanditaire, c'était trop demander.
Cependant il ne dit rien. Mais elle du sans doute voir dans son regard en coin, qu'il n'en pensait pas moins.
En réalité, ses excuses bidons l'énervait encore plus, que si la rouquine n'avait même pas cherché à se justifier. En allant chercher les pancakes, il se demanda même pourquoi il s'était donné la peine d'en prévoir aussi pour elle. Alors que cette insupportable casse pied, n'avait même pas pensé à lui. Peut être parce que, raison numéro un : il en faisait toujours bien trop, et que, raison numéro deux : il était de toute façon une bonne poire. Et à trop le prendre pour un con, sa petite sœur pouvait encore remarquer qu'il savait parfaitement se comporter tout seul comme tel, et en forçant la dose. Histoire de bien marquer le coup, puis de bien enfoncer le clou. De toute façon, elle n'aurait de cesse de lui refaire le coup, alors à quoi bon se fatiguer ?
Seulement, Marcus préférait encore jouer au plus stupide, pour lui faire comprendre qu'il s'en faisait pour elle. Et surtout qu'en "mission", il faudrait songer à revoir ses priorités. Plutôt que de ne pas réagir du tout, puis donner la désagréable impression de s'en foutre.
Charlie était spécialiste pour ça. Quand une chose ne lui plaisait pas, et qu'il n'avait pas envie de se fatiguer dans une dispute plus que vaine, il gratifiait d'un regard mauvais, puis d'un claquement de langue, avant de s'éloigner. Dans ces moments là, il était un peu comme son jumeau. Quand ça pétait, valait mieux se trouver un abri anti atomique.

Mais lorsqu'elle mentionna leur père, dans cette remarque éternelle qui le faisait toujours se hérisser, un éclair traversa son regard, tandis que cette fois-ci, le brun planta ses prunelles dans les siennes. Ce qu'elle pouvait être chiante avec ça… Comme pouvait-elle balayer tous ces bons moments passés ensemble ? Faire comme s'ils n'avaient jamais existé, alors que c'était en partit pour elle qu'ils étaient venu s'enterrer dans ce triste pays ? Si Pandora préférait croire qu'il était partit en les abandonnant, plutôt que d'accepter qu'il était mort, comment réagirait-elle en apprenant la vérité ? Cette réflexion, qu'il jugeait fortement égoïste, l'énervait bien plus que ses incartades.
- « Tu sais, quand on prend les gens pour des cons, faut pas trop s'étonner qu'ils se comportent comme tel.» Lâcha-t-il assez sèchement, tandis qu'elle partait bouder dans sa chambre.
Valait mieux ça, sinon il allait finir par être mauvais. Marcus n'en avait pas vraiment finit avec elle. Pour l'heure, il était trop fatigué et peut être un peu trop prêt à monter dans les tours. Jack échangea un regard avec lui, puis se coucha un peu mieux sur le canapé, la tête toujours reposé sur sa hanche. Yoda sortit de sa cachette et lui bondit sur les genoux, plus attiré par les pancakes, que par de réels câlins. Malheureusement pour lui, le mutant le vit venir et l'emprisonna entre ses bras. Le munchkin râla pour la forme, mais il finit par s'installer pour une séance gratouille. Le son du violoncelle lui parvenant depuis la chambre de la boudeuse, l'homme attrapa la télécommande pour monter le son, mais il se ravisa et éteignit. Bercé par la musique de sa sœur et les ronronnements du chat, il finit par se rendormir.

Au bout d'un moment, il rouvrit un œil, Jack ronflait à côté de lui et Yoda dormait. La pile de pancake n'avait pas l'air d'avoir bougée, ou alors il ne s'en rendait pas compte. Sans vérifier l'heure qu'il était, Marcus abandonna la boule de poil ronronnante pour se diriger vers l'antre de l'ours. Evidemment, il avait au préalable rangé le petit dej dans le micro onde, hors de portée de la moindre bête à quatre pattes.
Respirant un grand coup, le brun frappa à sa porte, puis sans vraiment attendre de réponse, entra tout de suite après. Contournant la rousse, il se planta devant elle, les bras croisés et sourcils froncés. Malgré son visage fermé, l'aîné était prêt à discuter. Mais à la seule seconde où elle le prendrait pour un con, ou se comporterait pareil qu'avec son excuse bidon pour enfant de quatre ans, à lui servir de la belotte ou du monopoly, Pandora allait comprendre qu'il pouvait être aussi incisif qu'elle et sans forcément monter dans les tours. Elle ne la connaissait que trop bien sa colère, libre à elle de ne pas la déclencher…
- « J'ai pas de slip blanc à agiter, commença-t-il avec une référence au film de Deadpool, mais je crois que là, il va falloir être adulte deux secondes. Qui c'était ? Et qu'est-ce que je dis au commanditaire ? Et me prend pas pour un jambon, ou je passe tout par la fenêtre. A commencer par ton crincrin infernal. Tu me dois bien ça. » Lâcha-t-il en insistant très lourdement sur la derrière phrase.
Elle pouvait le sentir dans son ton, son agacement qui transcendait sa fatigue. Et ce n'était pas des paroles en l'air. Il était parfaitement capable de tout passer par dessus bord, sous l'impulsion du moment. Et il était évident qu'il voulait tout savoir. Du moment où elle avait coupé la communication à maintenant.



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Re: Pandorcus | Oops, I did it again

 par Pandora A. O'Sullivan le Dim 9 Sep - 19:23


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Ai-je déjà dit que j'aime beaucoup mon frère ? Oui ? Bon et bien je le redis. Parce que ça m'aide à ne pas le passer par la fenêtre quand il fait son caractère de cochon comme aujourd'hui. D'accord, j'ai mes torts, oui j'aurais dû le prévenir mais eh... je n'ai plus quatre ans, bon sang ! Et son silence... c'est usant... je sais bien que j'ai mes torts, dans l'histoire. Je suis trop impulsive, j'aime agir et réfléchir après et oui, j'ai un comportement à la limite de l'autodestruction parce qu'avec l'espérance de vie que j'ai, je préfère encore y aller à fond que de craindre le froid dès que je mets le nez dehors. Ça a toujours été comme ça : Marcus le rat de bibliothèque, Pandora la casse-cou et Charlie qui fait le pont entre les deux. Mais c'est plus fort que moi et je me sens constamment infantilisée à devoir lui communiquer mes coordonnées GPS à chaque instant. J'ai envie de lui hurler, de lui dire qu'il me gonfle, il abuse, qu'il exagère, mais je sais aussi que j'ai parfois, voire souvent, le comportement d'une enfant capricieuse. C'est terrible car j'en ai conscience mais... je suis la petite dernière, j'ai été élevée comme une princesse, avec un laxisme qui me plaisait quand j'étais gamine mais qui aujourd'hui me lèse de plus en plus. J'ai conscience de tout ça mais peine à aller à l'encontre de ce qui semblait tout à fait normal à la gamine et qui me gêne de plus en plus.

L'ennui... c'est que j'ai bien trop d'orgueil pour simplement m'excuser et lui dire que je ne recommencerai plus. Déjà parce que ce serait un mensonge, mais aussi parce que je sais que quoi que je dise, il va trouver le moyen de me sermonner. Alors tout ce que trouve à faire, c'est m'exiler dans ma chambre pour faire redescendre la colère sur quelques séries de croches. Non mais pour qui il se prend, à la fin ? Mais d'un côté il a raison, je l'ai inquiété... alors pourquoi il s'inquiète à ce point ? Parce que c'est le propre d'un grand frère ? Et merde... il n'y a rien de pire que ça : je suis partagée entre la colère et la culpabilité, j'ai horreur de ça. Fort heureusement, la musique a toujours eu un effet cathartique sur moi et au fur et à mesure que les notes défilent, la pression retombe et je finis par me calmer.

J'aurais même pu rester très calme si ce grand con ne s'était pas permis d'entrer avant que je lui en donne l'autorisation. Il sait pourquoi que j'ai horreur de ça... je me crispe un instant sur une corde mais continue malgré tout de jouer, du moins jusqu'à ce qu'il vienne se planter devant le pupitre, m'empêchant ainsi de voir la suite des notes. Je soupire, lève les yeux vers Marcus mais reste délibérément muette. S'il pense me faire rire avec son histoire de slip blanc, il se fourre le doigt dans l'œil de façon magistrale. Alors les voilà, les questions habituelles, les questions qui m'énervent mais qui sont légitimes, les questions qui me font soupirer une fois de plus tandis que je pose mon archet sur le lit.

« C'était le proprio de l'alto que monsieur le commanditaire, comme tu dis, nous a commandé. J'étais en train de prendre des photos de l'instrument quand il a déboulé dans la salle d'expo, ce con... c'est un malade, il ne quitte jamais son instrument des yeux et plutôt que de filer comme une voleuse, je lui ai fait le coup de la nana qui voulait simplement voir la galerie de plus près. Qu'est-ce que tu veux que je te dise ? C'est un aristo, le genre de type qui pète plus haut que son cul mais c'est aussi un mélomane et il est pas trop mal... »

Il est même carrément sexy, me murmure une petite voix dans ma tête.

« Il m'a invitée à boire un verre en sortant, c'est pour ça que je t'ai dit de ne pas m'attendre... je pensais juste pas que je ne rentrerais pas le soir. C'était ça ou je l'assommais pour récupérer l'alto, excuse-moi, mais je n'ai pas spécialement envie de finir au poste pour coups, blessures et vol. Alors oui, on a dérapé sur le tapis tous les deux, c'était un coup d'un soir qui n'aura aucune suite mais y a des avantages dans l'histoire : je sais où il habite et à passer la soirée à discuter ensemble, je connais maintenant certaines de ses habitudes. Tu sais très bien qu'il ne va pas être facile à récupérer, cet alto... »

Qu'est-ce qu'il croit ? Que mes minauderies auprès de Calixte étaient un caprice de jeune fille ? Mon cul, oui !

« Ce que tu peux dire à notre commanditaire, c'est que l'affaire suit son cours. Il faut maintenant que je trouve une solution pour approcher l'instrument à nouveau et m'assurer qu'il n'est pas équipé d'un antivol ou d'un traceur GPS. Pour le reste, je devrais pouvoir commencer la copie. Ça te va ? »

J'ai dit tout ça d'un ton particulièrement monocorde, comme si je résumais l'affaire à mon supérieur, mais pour moi, il n'y a pas de quoi s'inquiéter. Pourquoi aurais-je des scrupules à l'idée de voler un type que je connais à peine, de toute manière ? D'un geste, je pousse doucement Marcus pour récupérer ma partition.

« J'suis désolée, Marcus. Je voulais pas t'inquiéter. Et j'aime pas non plus quand on s'engueule. J'peux avoir un pancake ? »

Ça, c'est un peu ma manière à moi de demander pardon et d'entamer une trêve, et ça, il le sait très bien.
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