[Casciane] You wanna be my valentine tonight ? It's better than bottle…

Message par Louciane J. Howard le Lun 12 Fév - 23:10


You wanna be my valentine tonight ? It's better than bottle…
Cassidy ft. Louciane



Les fêtes, quelle qu’elles soient, Louciane les avait toujours détestées. Il pouvait parfaitement s’en passer, comme de son propre anniversaire. On pouvait le traiter de trouble fête, de raseur, de rabats joie, d’emmerdeur… Il n’en avait rien à faire. Ça lui passait au dessus comme un pet de mouche. Faut dire qu’avec le père qu’il avait eut, il lui fallait au moins son niveau pour lui faire hausser ne serait-ce qu’un sourcil. Le Howard avait une sacrée patience. On pouvait l’insulter, ou l’attaquer, tant que ça le concernait, il lui en fallait beaucoup pour le faire réagir. D’abord par les mots puis par les poings. Par contre, si quelqu’un avait le malheur de lâcher un pet de travers concernant sa fille, ou même sa sœur… dans ce cas il mordait avant même d’aboyer. Irrationnel, y avait des sujets sur lesquels il ne fallait pas trop chatouiller. Un peu comme les racailles, à l’image du "pas la maman, pas les habits".
Il détestait vraiment toutes les fêtes…

Alors quand son ordinateur émit ce petit son si caractéristique du : "You got a mail ! Hey, maybe you have a friend who thinks of you !", sonnant comme une clochette, comme s’il était un putain de clébard, l’homme ne se précipita pas vraiment. Déjà, il n’avait pas que ça à faire, ensuite, il n’était pas sûr d’apprécier le contenu de ce dit message. D’une nonchalance terrible, il s’installa devant l’écran, dont la luminosité de la sortie de vieille lui abima quelque peu les mirettes. Du dos de la main, il poussa sa bière un peu plus loin du clavier renifla bruyamment en ouvrant sa boite mail. L’intitulé du message lui arracha déjà un grognement, étouffé par sa main posé sur sa bouche. Qu’est ce que c’était que cette connerie ? St Valentin… Son regard glissa vers le coin droit de son écran, constatant avec amertume que c’était déjà février. Considérant ce zéro suivit de ce deux comme une insulte, il s’étonna de ne pas en avoir entendu parler plutôt. Quoi que… Dans un réflexe conditionné de préservation de son cerveau, face aux conversations type qui définisse l’entente sociale, et dont il en avait particulièrement rien à foutre, ses oreilles avaient dû se fermer à tout ça. N’offrant qu’en réponse à autrui que de simple hochement de tête, ainsi que des phrases monosyllabiques, à base de « Hmm, hm.. ». Ça devait être pour ça qu’Henry lui avait demandé s’il ne connaissait un bon restau, l’autre jour, et qu’il ne lui avait répondu qu’un « Oui c’est ça… », tout en trouvant bien plus d’intérêt dans le journal, rubrique chat écrasé, qu’à l’écouter. Comme s’il avait la tête d’un putain de guide Michelin…
Déjà cette chère fête des amoureux, qui rendaient les nanas nerveuses ou passablement chieuse pour celles vivant la joie du couple, ou particulièrement déprimante et ou bord du suicide, pour celles déplorant d’être encore célibataire en cette période. Pitié… Elles ne savaient pas ce qu’elles loupaient, à se contenter de ce qu’elles n’avaient pas. Puis le chocolat ça file des boutons, et ça fait grossir. Y en a assez comme ça à Noël. Louciane gronda un peu plus, en songeant à Kaisa qui devra sûrement passer cette soirée à roucouler avec son prétendant. Un de ceux qu’elle ne lui aurait pas présenté, de peur qu’il ne le fasse disparaitre au fond des bois, rien que pour le fait de sortir avec elle. Ou bien à se morfondre de sa solitude, en se plaignant du monstre qu’était son père, en l’empêchant d’être aimé. Pauvre petite chose sensible et ingrate. Question amour inconditionnel, tendresse et poil, elle avait Vane, c’était déjà un beau lot de consolation.
Le reste du message le laissa de marbre, s’en moquant bien comme de ses premières chaussettes. Ah Ani, ce cher Ani…. Il l’aimait bien ce gosse – un petit peu – malgré le fait qu’il soit mutant, mais ce qu’il en pensait de ces mails promotionnels. Son doigt glissa vers "delete", sans plus de considération.

Ce qu’il pouvait détester les gens… Le savaient-ils au moins ? Ne le lisaient-ils pas sur son visage, sans cesse fermé à la moindre expression de sympathie les concernant ? Que ce fleuriste aille se faire mettre un cactus, avec son petit sourire de benêt et sa phrase, qu’il avait du répéter un bon million de fois depuis le début du mois, à chaque client :
- « Je vous rajoute une carte, pour votre dulcinée ?
Le flic leva vers lui un regard si noir, que le vendeur en eut un mouvement de recul. Si le Howard était un mutant avec un don psychique, sans doute serait-il un serial killer plus prolifique que Ted Bundy. Les viols en moins.
- C’est pour ma fille… Grinça-t-il. J’ai tué sa dernière plante. »
Et peut être toi, si tu continue à me faire chier. Qu’il pensa très très fort, en réglant cette pauvre plante, qui ne fera certainement pas long feu chez eux.
Qu’est ce qu’il le faisait braire. Les commerçants, ses collègues qui en parlaient comme s’il s’agissait d’un putain de mariage. Le pire, c’est que ça revenait chaque année. Puis cette phrase de merde, presque accusatrice du « Tu sors ce soir ? » comme si c’était un crime de dire : « Non gros con, je suis célibataire et je vous emmerde. Je vais me pinter la gueule à votre santé, pendant que vous vous prendrez la tête avec vos grognasses ». Alors pour esquiver le truc, il avait trouvé la parade.
- « Bien sûr, avec une très jolie brune caractérielle.
- Bah, ça te ressemble bien au moins. Railla son collègue en remettant de l’ordre sur son bureau. Vous vous êtes rencontré comment ?
- On peut dire qu’on se connait depuis toujours.
Mais qu’est ce que ça peut bien te foutre ?
- Et bien au moins tu vas passer une bonne soirée ! Ca te détendra surement ! » Lâcha-t-il en lui tapotant l’épaule, avant de s’éclipser.
Ouais avec ma sœur, connard… Comme si ce sous entendu n’était pas assez téléphoné et lourd comme ça, il aurait put aisément se passer du clin d’œil.
Exhumant le message de l’autre jour du fond de sa corbeille, le Howard attrapa son téléphone. Et envoya un message à sa sœur. L’homme savait que Kaisa ne serait pas à la maison, et quitte à finir dans un bar, autant y aller en une compagnie dont il sera sûr qu’elle soit bonne. Ça lui évitera d’attirer les esseulées du comptoir et de devoir les éconduire. Ce serait inhumain d’être la cause d’une orgie de glace cheese cake, en regardant The Holliday ou Love actually.  

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Dernière édition par Louciane J. Howard le Ven 2 Mar - 0:06, édité 1 fois
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Re: [Casciane] You wanna be my valentine tonight ? It's better than bottle…

Message par Cassidy A. Howard le Jeu 1 Mar - 17:51




Tipili-pilili !

Le téléphone sonna sur le coin de son bureau, et Cassidy leva les yeux pour voir le numéro qui s’affichait. Il y avait toutes les chances qu’il s’agisse d’une personne à qui elle ne voulait pas parler pour l’instant -un collègue, un agent qui avait besoin d’elle, ou son actuel prétendant.
Il y avait toutes les chances, même, qu’il s’agisse de la dernière option.
A l’approche de la saint Valentin, il devenait aussi collant que de mauvaises pâtes, son Jules actuel. Ce n’était pas qu’elle n’appréciait pas le charmant cinquantenaire aux yeux sombres avec qui elle était depuis trois mois, mais juste qu’elle ne voulait pas faire une sortie entre amoureux. D’abord, elle ne l’aimait pas. C’était un gros verbe, aimer, et elle ne pouvait l’appliquer aussi facilement. Comme elle ne mentait pas, la Howard n’avait jamais daigné dire à son soupirant qu’elle était amoureuse, mais il n’avait pas encore compris l’idée. Donc il s’accrochait un peu. Et ça commençait à l’agacer.
Heureusement, elle avait tort : ce fut “Lou” qui fut marqué par dessus l’oeuvre d’art moderne -Hanmo de Kazuo Shiraga plus exactement- qui lui servait de fond d’écran.

- Tu as besoin que je garde Kaisa ?

Le téléphone ne répondit pas, mais parler à l’objet n’était pas un comportement si anormal pour Cass. Elle discutait aussi avec ses couteaux de cuisine ou avec son chien, après tout.
Le bout de métal et de circuit restant silencieux, elle l’attrapa et prit un pari mental sur l’objet du message. Une fois de plus, elle avait tort quand aux intentions de son frère. Un sourcil impeccablement dessiné se leva, le clavier de son Mac fut délaissé le temps de répondre. Chaque lettre tapée parvint à creuser le sourire de la grande femme aux cheveux sombres, et lorsqu’elle appuya sur “envoyer”, elle avait l’air absolument radieuse.

Il fallut bien sûr aller acheter une robe : si elle devait ennuyer son cher aîné, elle se devait de le faire en beauté. Le Cocktail Colors n’étant pas le genre d’établissements dans lequel elle pouvait sortir une de ses jolies robes de grand couturier, elle dut se rabattre sur plus simple… Et honteusement décolleté. Pour faire rager Louciane, il fallait au moins ça. Les chaussures furent plus rapides à choisir, elle se contenta de ses escarpins hors de prix préférés. Le coiffeur… ? Non, elle n’en aurait pas besoin décida-t-elle après un moment de réflexion long de plusieurs jours.
Il ne restait plus que la partie désagréable de la préparation de soirée. Un soir en rentrant de Londres, elle prit son téléphone, sortit une bouteille de vin blanc de la cave, et composa le numéro de son soupirant.

Le lendemain, ce avec un sourire narquois qu'elle répondit au message de son frère pour lui assurer qu’elle garderait son canapé vert canard. Le courtisan avait été fort vocal dans son déplaisir à l'idée de se faire griller sa soirée de saint Valentin et sa réservation dans un des meilleurs restaurants de Londres au passage, mais il avait fini par entendre raison. La menace très simple, mais très efficace, était que s'il ne se calmait pas le cher monsieur Stigsson -car tel était le nom du Jules- devrait trouver quelqu'un d'autre avec qui passer certaines de ses nuits.
Il devait avoir la flemme de chercher. Ou particulièrement aimer Cassidy. Le résultat était le même, quelle qu'en soit la raison : il avait accepté de se calmer et de reporter son repas romantique avec champagne et partie de jambes en l'air ensuite.
Et Louciane avait tort. Bien fait !

La belle femme qui sortit de son taxi le 14 février au soir n'était donc pas célibataire. Elle fit un sourire au conducteur, répondit de sa jolie voix à sa question concernant ses plans de la soirée par “Je vois le second homme de ma vie".
C'était encore une vérité. Le premier était Jensen, bien entendu, mais Lou était clairement le second. Personne ne pourrait lui arriver à la cheville… Ou autant lui donner envie de hurler, maintenant qu'elle y réfléchissait deux secondes, mais les deux devaient un peu aller ensemble. L'amour était une chose plus compliquée que ne le suggéraient les livres pour petites filles. Pas qu'elle n'en lise beaucoup, la Howard, mais…
Peu importait en fait. Vraiment, ce n'était pas important, elle laissa rapidement tomber le train de pensées pour se concentrer sur mieux.
Son frère d'abord, avec un nouveau message pour lui, le prévenir qu'elle attendait dans le bar. Et le bar en question ensuite, dans lequel elle entra d'un pas conquérant, les claquements de ses talons valant un bon loyer l'annonçant à qui voulait l'entendre.

Personne ne se retourna vraiment, la grande majorité des tables étant déjà réservées par des couples se regardant dans les yeux comme ces horribles statues de tragiques amoureux dans les jardins de manoirs. Répugnant. Un plissement de nez un peu dédaigneux répondit à la vue de tant de mièvrerie, puis Cassidy se trouva une table libre dans l'endroit le moins en vue qu'elle pouvait trouver et s'y posa.
Téléphone sur la table, merveilleuse robe décolletée jusqu'en dessous du plexus bien mise en valeur par son maintien aristocratique, elle se prépara à attendre en se sculptant un visage de glaciale créature prête à manger le coeur des inconvenants. Comme ça au moins, elle était à peu près sûre d'être tranquille le temps que son grand frère daigne venir pour payer son futur Caipirinha.
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Re: [Casciane] You wanna be my valentine tonight ? It's better than bottle…

Message par Louciane J. Howard le Lun 12 Mar - 1:40


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Oublier une invitation qu’on a soit même émit, c’est quand même dommage. Cependant, comme pourrait-il oublier ? On l’avait assez bassiné comme ça depuis plusieurs jours. Ce n’était qu’une foutue fête, pas le mariage de leur enfant…
Louciane n’avait pas oublié, non, bien qu’il aurait préféré. Pas que c’était dans ces aspirations de poser un lapin à sa sœur. L’homme tenait encore à sa vie, ou au moins à ses bijoux de famille. Il n’était simplement plus très sûr d’avoir l’envie de sortir ce soir.

L’horloge avançait, silencieuse, annonçant bientôt la fin de son service. Ce n’était pas pour autant qu’il avait amorcé un pas vers la sortie, suivant ses collègues pressés de partir, comme un brave mouton. Il se trouvait plus de celui qui les regardait s’éclipser un à un, les saluant vaguement, l’air plus agacé que ravis de les voir s’en aller.
L’un deux fit une halte à son bureau, soucieux de le voir traîner, mais celui-ci l’avait simplement rassuré sur quelques papiers à mettre en ordre et il partirait. Le flic avait vu Gretchen franchir les portes, le pas léger d’aller retrouver son nouveau prétendant. Cette jeune légiste pétillante, qui n’avait de cesse de lui tourner autour, depuis presque deux ans. Quelque part il était un peu jaloux, de cet homme qui partageait sa vie. Bien que ce sentiment lui parut très idiot, tout en sachant qu’il ne cèderait jamais à ses avances. A moins d’avoir un sérieux coup dans le nez.
Incapable de se concentrer sur quoi que ce soit, l’homme finit par pivoter sur son siège, attrapa ses clefs de voiture dans le tiroir et le referma d’un coup sec.

En poussant la porte de l’allée, l’homme se trouva nez à nez avec un berger des plus content de le voir rentrer. Le maître avait toujours cette espèce de culpabilité, de le laisser si longtemps sans la moindre compagnie. Yron devait sûrement être la seule créature vivante, pour laquelle il pouvait éprouver du remord. Si l’on exceptait sa sœur, ainsi que sa fille. Et il s’apprêtait à le laisser encore seul, monstre qu’il était.
Ce n’était pas un tour du quartier en sa compagnie et encore moins une douche des plus longes, qui avaient eu le mérite de chasser ses idées noires. Lui qui se faisait pourtant un plaisir, assez égoïste, d’arracher sa petite sœur des mains de son cher et tendre, il ne trouvait plus cette réjouissance, qui l’avait prit quelques jours plus tôt. La relecture de ses messages ne lui avait pas non plus arraché ce même sourire, tandis qu’il l’imaginait dans une robe ostensiblement provocante, ses pieds chaussés de grolles qui auraient largement pu payer les études de Kaisa. Ou de se prendre dans le tarin que non, il n’avait pas réussi à faire casser son nouveau Jules.
Le malinois l’observait, assis dans un coin, la tête posé sur le matelas, mirant les gouttes ruisselant dans dos, pour tomber sur le parquet de sa chambre. Comment pourrait-il rivaliser avec Cassidy, question vêtement, alors qu’il n’avait même pas la moindre envie de faire l’effort, de ressortir sa carcasse vieillissante ?

Soupir… Cette date semblait faire remonter certains souvenirs, dont il souhaitait un peu trop se persuader qu’il les avait définitivement enfouit. Et pourtant… Louciane se souvenait, comme si c’était hier, d’une de ces réflexions : « Une huitre pourrait exprimer bien plus d’émotions que toi ». Il lui avait offert, ce même foutu quatorze février. Une coquille d’huitre, sans rien de plus qu’une même réflexion tout aussi déplaisante : « T’auras qu’à te plaindre à elle, la prochaine. Et si jamais elle te répond, tu m’appel ». Il se l’était prise en pleine poire cette coquille. Comme beaucoup de chose d’ailleurs, quand elle était contrarié. Il devait être un peu maso, mais son impulsivité c’est ce qui lui plaisait chez Elsie. Une chose dont avait hérité sa fille.
Il aurait du la jeter, cette putain de coquille…

Yron se leva, pour venir se coucher sur ses pieds nus, à grand renfort de soupir. L’empathie animale était une chose qu’il savait apprécier, par moment. Cependant, ce n’était pas ça qui allait l’aider à accélérer le mouvement. Le message de sa sœur, lui signalant qu’elle se trouvait déjà sur place, lui fit lâcher un juron. Petit mensonge en retour, lui signifiant qu’il avait été retenu au poste : il faisait au plus vite. Bien que l’homme savait pertinemment que sa sœur n’était pas stupide… Elle savait très bien que la seule chose qui pouvait bien le retenir, c’était lui-même. Que risquait-il après tout ? Se faire briser les deux genoux ? Très certainement. Il n’était plus à ça près…

Au final, dans l’urgence, c’est là que les décisions se prennent le plus rapidement. Louciane n’avait pas eut besoin de faire les magasins pour s’habiller, sa garde robe se suffisait à elle-même. Le flic s’était contenté d’un jean sombre, d’une chemise anthracite, qu’il n’avait pas boutonné jusqu’en haut, au col dépourvu de cravate, ainsi qu’une veste de costume des plus décontractés. Et surtout des plus bon marché… Son seul élément vestimentaire, qui devait sûrement lui coûter nombre de rendez-vous chez le vétérinaire, se trouvait être sa paire de santiag en cuir marron. Santiag que Cass lui avait offerte pour un de ces anniversaires, qu’il préférait encore oublier. L’homme ne les portait pas souvent ces chaussures et naïvement, il espérait un peu que le fait qu’il en ait fait l’effort, passerait l’éponge sur son retard. Cependant, si son œil observateur ne loupait rien, les réflexions de sa cadette ne le loupaient encore moins.
Une autre habitude, que personne ne pouvait voir, se trouvait accroché à sa cheville. C’est qu’il sortait toujours couvert le Howard, une déformation professionnelle, dont il ne se passera sûrement jamais. D’ailleurs, il était persuadé, qu’à l’image de ce flingue d’appoint, qu’il ajustait discrètement dans le taxi, Cassidy ne sortait jamais sans avoir un couteau caché quelque part.
Du bout des doigts, il vérifia également que son alliance se trouvait bien coincé au fin fond de sa poche. Une vieille habitude dont il n’arrivait pas non plus à se défaire. Cela faisait peut être vingt-deux ans, maintenant qu’ils étaient séparés, néanmoins, cela faisait déjà vingt ans que cet anneau avait trouvé sa place dans sa poche, depuis qu’il avait trouvé la force de le retirer de son doigt. C’était peut être stupide, mais c’était un peu comme sa plaque en service : il se sentait nu lorsqu’il ne l’avait pas. Vulnérable quelque part. Comme si ce bout de métal se trouvait là, pour lui rappeler sans cesse la plus grosse erreur de sa vie.

La voiture jaune se stoppa devant le bar, et la voix du chauffeur le tira de sa torpeur. L’homme régla sa note, se prenant mentalement à prier n’importe quel Dieu, pourvu qu’ils ne le retrouve pas à leur sortit du dit bar. Car s’il y avait bien une chose qu’il détestait le Howard, c’était les chauffeurs de taxi à la langue particulièrement pendu. Son air renfrogné, ainsi que son mutisme quasi permanent ne lui avait pas mit la puce à l’oreille ? Sans doute aurait-il dû lui pointer son arme sous le nez, pour l’inciter à la mettre en veilleuse. En sortant de la voiture, le brun consentit tout de même en une once de politesse, en lui souhaitant la bonne soirée. Bien que la formule « va au diable », aurait sonné du même son de cloche dans sa bouche.

En sortant de la voiture, le Howard se dressa de toute sa hauteur, adoptant un port altier, digne de l'aristocrate qu'il était. Ses mains ajustèrent, d'un coup sec, les pans de son manteau qu'il n'avait pas fermé, remontant d'un mouvement souple et parfaitement coordonné des poignets, le large col sur sa nuque. Pas qu'il avait particulièrement froid, cependant, le vent de février se montrait encore assez frais. Surtout en soirée. L'homme acheva son manège, d'un geste soigné de la main, replaçant une mèche rebelle, parmi ses cheveux impeccablement tiré en arrière. Amorçant un pas sur le trottoir, un gonze lui passa devant le nez, chargé d’une bonne douzaine de rose. Il décida de l’un délester d’une. Une rose blanche, comme si ça pouvait lui faire pardonner ses vingt bonnes minutes de retard.
En pénétrant dans le bar, le flic ne prêta aucune espèce d’attention à l’ambiance du lieu, saluant d’un geste rapide et poli, le propriétaire des lieux qu’il ne connaissait que trop bien. Puis il se dirigea, d’un pas lourd, vers la tignasse brune, dont il entendait déjà fuser les reproches.
En voyant sa robe, honteusement décolletée, il réprima son envie de lui couvrir les épaules avec son manteau. A la place, Louciane se contenta de poser une main à la naissance de sa nuque, encore fraiche de l’air du dehors, puis lui claqua un baiser sur la joue. Ce n’était pas souvent qu’il embrassait sa sœur. Pour ainsi dire, assez rarement même. C’est bien parce qu’il avait quelque chose à se faire pardonner.
Prenant place en face d’elle, gardant grand soin de conserver un œil sur l’entrée, ses doigts posèrent délicatement la fleur devant son verre et darda l’ombre d’un sourire sur les lèvres. Se débarrassant de son manteau sur le dossier de sa chaise, son regard glissa doucement sur son vêtement.
- « Je pense que "ma plus jolie robe" aurait aisément put être remplacé par "mon plus beau décolleté". Finit-il par lâcher, brisant son propre silence. Mais tu me diras, il n’y avait qu’à lire entre les lignes, te connaissant. Louciane marqua un temps de pause, juste l’instant de bien la regarder. Tu es magnifique ce soir ma sœur. Tu damnerais un saint… »
Compliment, moquerie, sarcasme… Tout se mélangeait dans son ton, quelque peu indescriptible. Elle était magnifique oui, seulement quel grand frère encouragerait sa cadette à porter ce genre de tenue ? Pas lui en tout cas. Bien qu’il savait parfaitement que Cassidy était adulte et loin d’être une nonne. Malgré ses protestations, elle fera bien ce qu’elle voulait.
Ses doigts pianotèrent quelques secondes sur la table, avant de s’emparer de la carte des whiskys. Louciane n’accorda aucune espèce d’attention à celle spécialement faite pour cet événement, qui lui donnait plutôt envie de se pendre. Il ne s’arrêta pas non plus sur celles des cocktails, il avait horreur de ça. Puis il était encore un peu trop tôt pour ce qui était des shots. Quand aux bières, bien que le malte ambré trouvait parfois grâce à ses papilles, ce soir il avait besoin de quelque chose de plus fort. Sans doute que sa cadette remarquerait qu’il avait prit un peu d’avance sur elle ce soir. Une autre raison de son retard, sur lequel il ne s’étendra pas plus. Comme il ne s’en était pas non plus excusé en arrivant. Après tout, il avait déjà tout dit par sms et sa sœur savait que son frère détestait se répéter. Sans doute avait-elle également entamé sa soirée, il ne pourrait pas lui en vouloir.
Haussant un sourcil, le Howard releva le nez vers elle.
- « Tu veux peut être commander quelque chose à manger, aussi ? » Se hasarda-t-il.
Après tout, il n’avait pas diné.

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Re: [Casciane] You wanna be my valentine tonight ? It's better than bottle…

Message par Cassidy A. Howard le Mar 17 Avr - 20:34





- Ben voyons, Lou.

La Howard fixa son écran de téléphone avec lassitude, admirant le merveilleux message de son frère qui s'affichait dessus. Il avait été retenu au poste, bien sûr. Elle était facile celle-là. Presque fainéante, c’était ce qui la vexait plus que l’excuse qu’elle se doutait être fausse. Dans l’absolu, peu lui importait que Louciane soit en retard, ou même qu’il puisse avoir oublié : ça lui faisait une bonne occasion pour lui briser les gonades jusqu’à juillet si tel était le cas. Non, ce qui dérangeait la jolie brune, c’était qu’elle se doutait du mensonge sans rien pouvoir prouver.

- Ca te fera deux verres à me payer, vieux bouquetin. Deux.

Le téléphone ne répondit rien. Elle soupira, renvoya un très court “noté” à son frangin, se remit bien droite pour attendre.
Poireauter des heures ne dérangeait pas Cassidy. Elle avait bien appris sa patience, au point d’en rendre sa mère fière, et elle n’oubliait pas facilement ses leçon. Pour faire passer le temps, elle n’avait qu’à se perdre dans ses pensées. Très facile.

Le première fut pour son cher Alfonse, seul à la maison pour la soirée. Il fallait qu’elle lui trouve un ami avec qui batifoler en son absence, quelque chose de mieux que la dog-sitter qu’elle payait à chaque fois qu’elle partait en shooting sans son immense chien… Peut-être un autre animal ? Est-ce qu’un troupeau de moutons ferait plaisir à son Kangal ? Est-ce qu’une gentille femelle de la même race le tenterait plus ? Si elle partait sur ce choix, elle devrait toutefois l’opérer de crainte de se trouver involontairement éleveuse de chiens de chasse à l’ours… Non, pas de femelle. Pas de mâle non plus, il allait finir par l’égorger.
Les considérations canines l’occupèrent facilement dix minutes. Cinq autres furent consacrées à l’organisation de sa séance de monte à cheval du weekend, et le reste se perdit dans des sauts de puces à peine cohérents entre les appels à passer, les gens à voir, un cadeau pour sa mère et l’achat d’un nouveau chapeau.
Ce fut lorsqu’elle en était à se dire qu’un chapeau et une jolie capeline de soie bleue lui feraient plaisir qu’elle vit du coin de l’oeil la porte du bar s’ouvrir sur une silhouette familière.
Elle décida de l’ignorer, présentant son honteux décoletté au lieu de son visage, attendant la première phrase -qui avait intérêt à être pleine d’excuses.

Il n’en fut rien. Ce fut la paume de sa main qu’elle sentit dans sa nuque, contre laquelle elle se pressa presque imperceptiblement. C’était toujours comme ça, avec Cassidy : les signes d’affection étaient au mieux des étoiles filantes, un clignement d’oeil et vous les ratiez. Au pire il fallait la connaître sur le bout des doigts pour savoir quel regard signifiait son amour.

- Bonsoir, Louciane. Tu as les mains froides.

Sous le baiser sur la joue, elle écarquilla un peu les yeux, puis consentit à sourire. Très  timidement, avec une pudeur touchante, le coin de ses lèvres se leva. Il y avait quelque chose de presque enfantin là dedans… Qui mourut une seconde plus tard, laissant place à la hauteur aristocratique tout à fait adéquate pour une noble dame.
Elle prit la rose volontiers, mais elle attendait toujours les vraies excuses.
Qui ne vinrent pas. Elle aurait dû s’en douter !

- Je sais que je suis magnifique, mon cher. J’ai fait tout ça pour t’ennuyer, tu sais ? Ca marche ?

Elle pencha un peu la tête sur le côté, recula légèrement les épaules pour mettre encore plus en valeur le fait qu’il y avait une vallée de chair pâle bien visible entre les pans de sa robe.
Bien sûr que ça marchait. Bien sûr qu’aucun frère ne voudrait voir sa soeur vêtue aussi légèrement, surtout si elle était sa cadette. Mais il n’y avait que Lou qui connaissait cette facette de sa personnalité, parce qu’elle lui faisait confiance sur sa capacité à ne rien raconter à leur mère. Quelque part, il aurait dû être honoré de pouvoir voir le grain de beauté qu’elle avait sur le bas du plexus.
Elle le laissa consulter les cartes des alcools en se retenant de lui balancer en travers du visage son odeur d’alcool. Elle n’avait pas encore bu, attendant tranquillement son cavalier, mais Lou… Lou avait des soucis avec ça. Elle en avait conscience, c’était bien la seule raison pour laquelle elle retint les mots acides qui lui venaient à l’esprit.
Non, la cadette resta très polie, très souriante, et attendit.

- Ils font des frites roses, je veux tester la pomme de terre pleine de colorant pour dire que c’est très mauvais.

Une fois de plus, la Howard pencha sa tête sur le côté, clairement en signe d’amusement cette fois. Elle avait parfaitement conscience d’être une horrible saleté lorsqu’il s’agissait de juger de la cuisine des autres. Elle n’allait pas s’en excuser.
Juste se lever avec grâce, exhibant sa silhouette beaucoup plus facilement comme ça, exagérant sa démarche chaloupée en se dégageant de la table. Voilà, là elle se vengeait de son frère. Il n’aurait qu’à regarder absolument tous les types pas occupés à faire les yeux de l’amour à leurs partenaires lui mater les fesses sur le chemin, parce qu’elle partait chercher les boissons, et ce n’était pas négociable.

- Des frites roses, les petits fours certainement roses aussi, un Caipirinha et pour toi ? Je vais chercher tout ça, tu dois être fatigué après ta journée de travail et tes heures supplémentaires.

Et paf, sur le nez ! C’était gratuit, ça lui faisait immensément plaisir.

- Laisse les jeunes prendre soin de toi, frangin, tu as bien mérité un peu de calme.

Ou une crise cardiaque de grand frère protecteur. Plutôt la seconde option.

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