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le Lun 12 Fév - 23:10
Louciane J. Howard
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You wanna be my valentine tonight ? It's better than bottle…
Cassidy ft. Louciane



Les fêtes, quelle qu’elles soient, Louciane les avait toujours détestées. Il pouvait parfaitement s’en passer, comme de son propre anniversaire. On pouvait le traiter de trouble fête, de raseur, de rabats joie, d’emmerdeur… Il n’en avait rien à faire. Ça lui passait au dessus comme un pet de mouche. Faut dire qu’avec le père qu’il avait eut, il lui fallait au moins son niveau pour lui faire hausser ne serait-ce qu’un sourcil. Le Howard avait une sacrée patience. On pouvait l’insulter, ou l’attaquer, tant que ça le concernait, il lui en fallait beaucoup pour le faire réagir. D’abord par les mots puis par les poings. Par contre, si quelqu’un avait le malheur de lâcher un pet de travers concernant sa fille, ou même sa sœur… dans ce cas il mordait avant même d’aboyer. Irrationnel, y avait des sujets sur lesquels il ne fallait pas trop chatouiller. Un peu comme les racailles, à l’image du "pas la maman, pas les habits".
Il détestait vraiment toutes les fêtes…

Alors quand son ordinateur émit ce petit son si caractéristique du : "You got a mail ! Hey, maybe you have a friend who thinks of you !", sonnant comme une clochette, comme s’il était un putain de clébard, l’homme ne se précipita pas vraiment. Déjà, il n’avait pas que ça à faire, ensuite, il n’était pas sûr d’apprécier le contenu de ce dit message. D’une nonchalance terrible, il s’installa devant l’écran, dont la luminosité de la sortie de vieille lui abima quelque peu les mirettes. Du dos de la main, il poussa sa bière un peu plus loin du clavier renifla bruyamment en ouvrant sa boite mail. L’intitulé du message lui arracha déjà un grognement, étouffé par sa main posé sur sa bouche. Qu’est ce que c’était que cette connerie ? St Valentin… Son regard glissa vers le coin droit de son écran, constatant avec amertume que c’était déjà février. Considérant ce zéro suivit de ce deux comme une insulte, il s’étonna de ne pas en avoir entendu parler plutôt. Quoi que… Dans un réflexe conditionné de préservation de son cerveau, face aux conversations type qui définisse l’entente sociale, et dont il en avait particulièrement rien à foutre, ses oreilles avaient dû se fermer à tout ça. N’offrant qu’en réponse à autrui que de simple hochement de tête, ainsi que des phrases monosyllabiques, à base de « Hmm, hm.. ». Ça devait être pour ça qu’Henry lui avait demandé s’il ne connaissait un bon restau, l’autre jour, et qu’il ne lui avait répondu qu’un « Oui c’est ça… », tout en trouvant bien plus d’intérêt dans le journal, rubrique chat écrasé, qu’à l’écouter. Comme s’il avait la tête d’un putain de guide Michelin…
Déjà cette chère fête des amoureux, qui rendaient les nanas nerveuses ou passablement chieuse pour celles vivant la joie du couple, ou particulièrement déprimante et ou bord du suicide, pour celles déplorant d’être encore célibataire en cette période. Pitié… Elles ne savaient pas ce qu’elles loupaient, à se contenter de ce qu’elles n’avaient pas. Puis le chocolat ça file des boutons, et ça fait grossir. Y en a assez comme ça à Noël. Louciane gronda un peu plus, en songeant à Kaisa qui devra sûrement passer cette soirée à roucouler avec son prétendant. Un de ceux qu’elle ne lui aurait pas présenté, de peur qu’il ne le fasse disparaitre au fond des bois, rien que pour le fait de sortir avec elle. Ou bien à se morfondre de sa solitude, en se plaignant du monstre qu’était son père, en l’empêchant d’être aimé. Pauvre petite chose sensible et ingrate. Question amour inconditionnel, tendresse et poil, elle avait Vane, c’était déjà un beau lot de consolation.
Le reste du message le laissa de marbre, s’en moquant bien comme de ses premières chaussettes. Ah Ani, ce cher Ani…. Il l’aimait bien ce gosse – un petit peu – malgré le fait qu’il soit mutant, mais ce qu’il en pensait de ces mails promotionnels. Son doigt glissa vers "delete", sans plus de considération.

Ce qu’il pouvait détester les gens… Le savaient-ils au moins ? Ne le lisaient-ils pas sur son visage, sans cesse fermé à la moindre expression de sympathie les concernant ? Que ce fleuriste aille se faire mettre un cactus, avec son petit sourire de benêt et sa phrase, qu’il avait du répéter un bon million de fois depuis le début du mois, à chaque client :
- « Je vous rajoute une carte, pour votre dulcinée ?
Le flic leva vers lui un regard si noir, que le vendeur en eut un mouvement de recul. Si le Howard était un mutant avec un don psychique, sans doute serait-il un serial killer plus prolifique que Ted Bundy. Les viols en moins.
- C’est pour ma fille… Grinça-t-il. J’ai tué sa dernière plante. »
Et peut être toi, si tu continue à me faire chier. Qu’il pensa très très fort, en réglant cette pauvre plante, qui ne fera certainement pas long feu chez eux.
Qu’est ce qu’il le faisait braire. Les commerçants, ses collègues qui en parlaient comme s’il s’agissait d’un putain de mariage. Le pire, c’est que ça revenait chaque année. Puis cette phrase de merde, presque accusatrice du « Tu sors ce soir ? » comme si c’était un crime de dire : « Non gros con, je suis célibataire et je vous emmerde. Je vais me pinter la gueule à votre santé, pendant que vous vous prendrez la tête avec vos grognasses ». Alors pour esquiver le truc, il avait trouvé la parade.
- « Bien sûr, avec une très jolie brune caractérielle.
- Bah, ça te ressemble bien au moins. Railla son collègue en remettant de l’ordre sur son bureau. Vous vous êtes rencontré comment ?
- On peut dire qu’on se connait depuis toujours.
Mais qu’est ce que ça peut bien te foutre ?
- Et bien au moins tu vas passer une bonne soirée ! Ca te détendra surement ! » Lâcha-t-il en lui tapotant l’épaule, avant de s’éclipser.
Ouais avec ma sœur, connard… Comme si ce sous entendu n’était pas assez téléphoné et lourd comme ça, il aurait put aisément se passer du clin d’œil.
Exhumant le message de l’autre jour du fond de sa corbeille, le Howard attrapa son téléphone. Et envoya un message à sa sœur. L’homme savait que Kaisa ne serait pas à la maison, et quitte à finir dans un bar, autant y aller en une compagnie dont il sera sûr qu’elle soit bonne. Ça lui évitera d’attirer les esseulées du comptoir et de devoir les éconduire. Ce serait inhumain d’être la cause d’une orgie de glace cheese cake, en regardant The Holliday ou Love actually.  

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Dernière édition par Louciane J. Howard le Lun 30 Avr - 10:38, édité 2 fois

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le Jeu 1 Mar - 17:51
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Tipili-pilili !

Le téléphone sonna sur le coin de son bureau, et Cassidy leva les yeux pour voir le numéro qui s’affichait. Il y avait toutes les chances qu’il s’agisse d’une personne à qui elle ne voulait pas parler pour l’instant -un collègue, un agent qui avait besoin d’elle, ou son actuel prétendant.
Il y avait toutes les chances, même, qu’il s’agisse de la dernière option.
A l’approche de la saint Valentin, il devenait aussi collant que de mauvaises pâtes, son Jules actuel. Ce n’était pas qu’elle n’appréciait pas le charmant cinquantenaire aux yeux sombres avec qui elle était depuis trois mois, mais juste qu’elle ne voulait pas faire une sortie entre amoureux. D’abord, elle ne l’aimait pas. C’était un gros verbe, aimer, et elle ne pouvait l’appliquer aussi facilement. Comme elle ne mentait pas, la Howard n’avait jamais daigné dire à son soupirant qu’elle était amoureuse, mais il n’avait pas encore compris l’idée. Donc il s’accrochait un peu. Et ça commençait à l’agacer.
Heureusement, elle avait tort : ce fut “Lou” qui fut marqué par dessus l’oeuvre d’art moderne -Hanmo de Kazuo Shiraga plus exactement- qui lui servait de fond d’écran.

- Tu as besoin que je garde Kaisa ?

Le téléphone ne répondit pas, mais parler à l’objet n’était pas un comportement si anormal pour Cass. Elle discutait aussi avec ses couteaux de cuisine ou avec son chien, après tout.
Le bout de métal et de circuit restant silencieux, elle l’attrapa et prit un pari mental sur l’objet du message. Une fois de plus, elle avait tort quand aux intentions de son frère. Un sourcil impeccablement dessiné se leva, le clavier de son Mac fut délaissé le temps de répondre. Chaque lettre tapée parvint à creuser le sourire de la grande femme aux cheveux sombres, et lorsqu’elle appuya sur “envoyer”, elle avait l’air absolument radieuse.

Il fallut bien sûr aller acheter une robe : si elle devait ennuyer son cher aîné, elle se devait de le faire en beauté. Le Cocktail Colors n’étant pas le genre d’établissements dans lequel elle pouvait sortir une de ses jolies robes de grand couturier, elle dut se rabattre sur plus simple… Et honteusement décolleté. Pour faire rager Louciane, il fallait au moins ça. Les chaussures furent plus rapides à choisir, elle se contenta de ses escarpins hors de prix préférés. Le coiffeur… ? Non, elle n’en aurait pas besoin décida-t-elle après un moment de réflexion long de plusieurs jours.
Il ne restait plus que la partie désagréable de la préparation de soirée. Un soir en rentrant de Londres, elle prit son téléphone, sortit une bouteille de vin blanc de la cave, et composa le numéro de son soupirant.

Le lendemain, ce avec un sourire narquois qu'elle répondit au message de son frère pour lui assurer qu’elle garderait son canapé vert canard. Le courtisan avait été fort vocal dans son déplaisir à l'idée de se faire griller sa soirée de saint Valentin et sa réservation dans un des meilleurs restaurants de Londres au passage, mais il avait fini par entendre raison. La menace très simple, mais très efficace, était que s'il ne se calmait pas le cher monsieur Stigsson -car tel était le nom du Jules- devrait trouver quelqu'un d'autre avec qui passer certaines de ses nuits.
Il devait avoir la flemme de chercher. Ou particulièrement aimer Cassidy. Le résultat était le même, quelle qu'en soit la raison : il avait accepté de se calmer et de reporter son repas romantique avec champagne et partie de jambes en l'air ensuite.
Et Louciane avait tort. Bien fait !

La belle femme qui sortit de son taxi le 14 février au soir n'était donc pas célibataire. Elle fit un sourire au conducteur, répondit de sa jolie voix à sa question concernant ses plans de la soirée par “Je vois le second homme de ma vie".
C'était encore une vérité. Le premier était Jensen, bien entendu, mais Lou était clairement le second. Personne ne pourrait lui arriver à la cheville… Ou autant lui donner envie de hurler, maintenant qu'elle y réfléchissait deux secondes, mais les deux devaient un peu aller ensemble. L'amour était une chose plus compliquée que ne le suggéraient les livres pour petites filles. Pas qu'elle n'en lise beaucoup, la Howard, mais…
Peu importait en fait. Vraiment, ce n'était pas important, elle laissa rapidement tomber le train de pensées pour se concentrer sur mieux.
Son frère d'abord, avec un nouveau message pour lui, le prévenir qu'elle attendait dans le bar. Et le bar en question ensuite, dans lequel elle entra d'un pas conquérant, les claquements de ses talons valant un bon loyer l'annonçant à qui voulait l'entendre.

Personne ne se retourna vraiment, la grande majorité des tables étant déjà réservées par des couples se regardant dans les yeux comme ces horribles statues de tragiques amoureux dans les jardins de manoirs. Répugnant. Un plissement de nez un peu dédaigneux répondit à la vue de tant de mièvrerie, puis Cassidy se trouva une table libre dans l'endroit le moins en vue qu'elle pouvait trouver et s'y posa.
Téléphone sur la table, merveilleuse robe décolletée jusqu'en dessous du plexus bien mise en valeur par son maintien aristocratique, elle se prépara à attendre en se sculptant un visage de glaciale créature prête à manger le coeur des inconvenants. Comme ça au moins, elle était à peu près sûre d'être tranquille le temps que son grand frère daigne venir pour payer son futur Caipirinha.
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Dernière édition par Cassidy A. Howard le Dim 2 Sep - 10:12, édité 1 fois

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le Lun 12 Mar - 1:40
Louciane J. Howard
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Oublier une invitation qu’on a soit même émit, c’est quand même dommage. Cependant, comme pourrait-il oublier ? On l’avait assez bassiné comme ça depuis plusieurs jours. Ce n’était qu’une foutue fête, pas le mariage de leur enfant…
Louciane n’avait pas oublié, non, bien qu’il aurait préféré. Pas que c’était dans ces aspirations de poser un lapin à sa sœur. L’homme tenait encore à sa vie, ou au moins à ses bijoux de famille. Il n’était simplement plus très sûr d’avoir l’envie de sortir ce soir.

L’horloge avançait, silencieuse, annonçant bientôt la fin de son service. Ce n’était pas pour autant qu’il avait amorcé un pas vers la sortie, suivant ses collègues pressés de partir, comme un brave mouton. Il se trouvait plus de celui qui les regardait s’éclipser un à un, les saluant vaguement, l’air plus agacé que ravis de les voir s’en aller.
L’un deux fit une halte à son bureau, soucieux de le voir traîner, mais celui-ci l’avait simplement rassuré sur quelques papiers à mettre en ordre et il partirait. Le flic avait vu Gretchen franchir les portes, le pas léger d’aller retrouver son nouveau prétendant. Cette jeune légiste pétillante, qui n’avait de cesse de lui tourner autour, depuis presque deux ans. Quelque part il était un peu jaloux, de cet homme qui partageait sa vie. Bien que ce sentiment lui parut très idiot, tout en sachant qu’il ne cèderait jamais à ses avances. A moins d’avoir un sérieux coup dans le nez.
Incapable de se concentrer sur quoi que ce soit, l’homme finit par pivoter sur son siège, attrapa ses clefs de voiture dans le tiroir et le referma d’un coup sec.

En poussant la porte de l’allée, l’homme se trouva nez à nez avec un berger des plus content de le voir rentrer. Le maître avait toujours cette espèce de culpabilité, de le laisser si longtemps sans la moindre compagnie. Yron devait sûrement être la seule créature vivante, pour laquelle il pouvait éprouver du remord. Si l’on exceptait sa sœur, ainsi que sa fille. Et il s’apprêtait à le laisser encore seul, monstre qu’il était.
Ce n’était pas un tour du quartier en sa compagnie et encore moins une douche des plus longes, qui avaient eu le mérite de chasser ses idées noires. Lui qui se faisait pourtant un plaisir, assez égoïste, d’arracher sa petite sœur des mains de son cher et tendre, il ne trouvait plus cette réjouissance, qui l’avait prit quelques jours plus tôt. La relecture de ses messages ne lui avait pas non plus arraché ce même sourire, tandis qu’il l’imaginait dans une robe ostensiblement provocante, ses pieds chaussés de grolles qui auraient largement pu payer les études de Kaisa. Ou de se prendre dans le tarin que non, il n’avait pas réussi à faire casser son nouveau Jules.
Le malinois l’observait, assis dans un coin, la tête posé sur le matelas, mirant les gouttes ruisselant dans dos, pour tomber sur le parquet de sa chambre. Comment pourrait-il rivaliser avec Cassidy, question vêtement, alors qu’il n’avait même pas la moindre envie de faire l’effort, de ressortir sa carcasse vieillissante ?

Soupir… Cette date semblait faire remonter certains souvenirs, dont il souhaitait un peu trop se persuader qu’il les avait définitivement enfouit. Et pourtant… Louciane se souvenait, comme si c’était hier, d’une de ces réflexions : « Une huitre pourrait exprimer bien plus d’émotions que toi ». Il lui avait offert, ce même foutu quatorze février. Une coquille d’huitre, sans rien de plus qu’une même réflexion tout aussi déplaisante : « T’auras qu’à te plaindre à elle, la prochaine. Et si jamais elle te répond, tu m’appel ». Il se l’était prise en pleine poire cette coquille. Comme beaucoup de chose d’ailleurs, quand elle était contrarié. Il devait être un peu maso, mais son impulsivité c’est ce qui lui plaisait chez Elsie. Une chose dont avait hérité sa fille.
Il aurait du la jeter, cette putain de coquille…

Yron se leva, pour venir se coucher sur ses pieds nus, à grand renfort de soupir. L’empathie animale était une chose qu’il savait apprécier, par moment. Cependant, ce n’était pas ça qui allait l’aider à accélérer le mouvement. Le message de sa sœur, lui signalant qu’elle se trouvait déjà sur place, lui fit lâcher un juron. Petit mensonge en retour, lui signifiant qu’il avait été retenu au poste : il faisait au plus vite. Bien que l’homme savait pertinemment que sa sœur n’était pas stupide… Elle savait très bien que la seule chose qui pouvait bien le retenir, c’était lui-même. Que risquait-il après tout ? Se faire briser les deux genoux ? Très certainement. Il n’était plus à ça près…

Au final, dans l’urgence, c’est là que les décisions se prennent le plus rapidement. Louciane n’avait pas eut besoin de faire les magasins pour s’habiller, sa garde robe se suffisait à elle-même. Le flic s’était contenté d’un jean sombre, d’une chemise anthracite, qu’il n’avait pas boutonné jusqu’en haut, au col dépourvu de cravate, ainsi qu’une veste de costume des plus décontractés. Et surtout des plus bon marché… Son seul élément vestimentaire, qui devait sûrement lui coûter nombre de rendez-vous chez le vétérinaire, se trouvait être sa paire de santiag en cuir marron. Santiag que Cass lui avait offerte pour un de ces anniversaires, qu’il préférait encore oublier. L’homme ne les portait pas souvent ces chaussures et naïvement, il espérait un peu que le fait qu’il en ait fait l’effort, passerait l’éponge sur son retard. Cependant, si son œil observateur ne loupait rien, les réflexions de sa cadette ne le loupaient encore moins.
Une autre habitude, que personne ne pouvait voir, se trouvait accroché à sa cheville. C’est qu’il sortait toujours couvert le Howard, une déformation professionnelle, dont il ne se passera sûrement jamais. D’ailleurs, il était persuadé, qu’à l’image de ce flingue d’appoint, qu’il ajustait discrètement dans le taxi, Cassidy ne sortait jamais sans avoir un couteau caché quelque part.
Du bout des doigts, il vérifia également que son alliance se trouvait bien coincé au fin fond de sa poche. Une vieille habitude dont il n’arrivait pas non plus à se défaire. Cela faisait peut être vingt-deux ans, maintenant qu’ils étaient séparés, néanmoins, cela faisait déjà vingt ans que cet anneau avait trouvé sa place dans sa poche, depuis qu’il avait trouvé la force de le retirer de son doigt. C’était peut être stupide, mais c’était un peu comme sa plaque en service : il se sentait nu lorsqu’il ne l’avait pas. Vulnérable quelque part. Comme si ce bout de métal se trouvait là, pour lui rappeler sans cesse la plus grosse erreur de sa vie.

La voiture jaune se stoppa devant le bar, et la voix du chauffeur le tira de sa torpeur. L’homme régla sa note, se prenant mentalement à prier n’importe quel Dieu, pourvu qu’ils ne le retrouve pas à leur sortit du dit bar. Car s’il y avait bien une chose qu’il détestait le Howard, c’était les chauffeurs de taxi à la langue particulièrement pendu. Son air renfrogné, ainsi que son mutisme quasi permanent ne lui avait pas mit la puce à l’oreille ? Sans doute aurait-il dû lui pointer son arme sous le nez, pour l’inciter à la mettre en veilleuse. En sortant de la voiture, le brun consentit tout de même en une once de politesse, en lui souhaitant la bonne soirée. Bien que la formule « va au diable », aurait sonné du même son de cloche dans sa bouche.

En sortant de la voiture, le Howard se dressa de toute sa hauteur, adoptant un port altier, digne de l'aristocrate qu'il était. Ses mains ajustèrent, d'un coup sec, les pans de son manteau qu'il n'avait pas fermé, remontant d'un mouvement souple et parfaitement coordonné des poignets, le large col sur sa nuque. Pas qu'il avait particulièrement froid, cependant, le vent de février se montrait encore assez frais. Surtout en soirée. L'homme acheva son manège, d'un geste soigné de la main, replaçant une mèche rebelle, parmi ses cheveux impeccablement tiré en arrière. Amorçant un pas sur le trottoir, un gonze lui passa devant le nez, chargé d’une bonne douzaine de rose. Il décida de l’un délester d’une. Une rose blanche, comme si ça pouvait lui faire pardonner ses vingt bonnes minutes de retard.
En pénétrant dans le bar, le flic ne prêta aucune espèce d’attention à l’ambiance du lieu, saluant d’un geste rapide et poli, le propriétaire des lieux qu’il ne connaissait que trop bien. Puis il se dirigea, d’un pas lourd, vers la tignasse brune, dont il entendait déjà fuser les reproches.
En voyant sa robe, honteusement décolletée, il réprima son envie de lui couvrir les épaules avec son manteau. A la place, Louciane se contenta de poser une main à la naissance de sa nuque, encore fraiche de l’air du dehors, puis lui claqua un baiser sur la joue. Ce n’était pas souvent qu’il embrassait sa sœur. Pour ainsi dire, assez rarement même. C’est bien parce qu’il avait quelque chose à se faire pardonner.
Prenant place en face d’elle, gardant grand soin de conserver un œil sur l’entrée, ses doigts posèrent délicatement la fleur devant son verre et darda l’ombre d’un sourire sur les lèvres. Se débarrassant de son manteau sur le dossier de sa chaise, son regard glissa doucement sur son vêtement.
- « Je pense que "ma plus jolie robe" aurait aisément put être remplacé par "mon plus beau décolleté". Finit-il par lâcher, brisant son propre silence. Mais tu me diras, il n’y avait qu’à lire entre les lignes, te connaissant. Louciane marqua un temps de pause, juste l’instant de bien la regarder. Tu es magnifique ce soir ma sœur. Tu damnerais un saint… »
Compliment, moquerie, sarcasme… Tout se mélangeait dans son ton, quelque peu indescriptible. Elle était magnifique oui, seulement quel grand frère encouragerait sa cadette à porter ce genre de tenue ? Pas lui en tout cas. Bien qu’il savait parfaitement que Cassidy était adulte et loin d’être une nonne. Malgré ses protestations, elle fera bien ce qu’elle voulait.
Ses doigts pianotèrent quelques secondes sur la table, avant de s’emparer de la carte des whiskys. Louciane n’accorda aucune espèce d’attention à celle spécialement faite pour cet événement, qui lui donnait plutôt envie de se pendre. Il ne s’arrêta pas non plus sur celles des cocktails, il avait horreur de ça. Puis il était encore un peu trop tôt pour ce qui était des shots. Quand aux bières, bien que le malte ambré trouvait parfois grâce à ses papilles, ce soir il avait besoin de quelque chose de plus fort. Sans doute que sa cadette remarquerait qu’il avait prit un peu d’avance sur elle ce soir. Une autre raison de son retard, sur lequel il ne s’étendra pas plus. Comme il ne s’en était pas non plus excusé en arrivant. Après tout, il avait déjà tout dit par sms et sa sœur savait que son frère détestait se répéter. Sans doute avait-elle également entamé sa soirée, il ne pourrait pas lui en vouloir.
Haussant un sourcil, le Howard releva le nez vers elle.
- « Tu veux peut être commander quelque chose à manger, aussi ? » Se hasarda-t-il.
Après tout, il n’avait pas diné.

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le Mar 17 Avr - 20:34
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- Ben voyons, Lou.

La Howard fixa son écran de téléphone avec lassitude, admirant le merveilleux message de son frère qui s'affichait dessus. Il avait été retenu au poste, bien sûr. Elle était facile celle-là. Presque fainéante, c’était ce qui la vexait plus que l’excuse qu’elle se doutait être fausse. Dans l’absolu, peu lui importait que Louciane soit en retard, ou même qu’il puisse avoir oublié : ça lui faisait une bonne occasion pour lui briser les gonades jusqu’à juillet si tel était le cas. Non, ce qui dérangeait la jolie brune, c’était qu’elle se doutait du mensonge sans rien pouvoir prouver.

- Ca te fera deux verres à me payer, vieux bouquetin. Deux.

Le téléphone ne répondit rien. Elle soupira, renvoya un très court “noté” à son frangin, se remit bien droite pour attendre.
Poireauter des heures ne dérangeait pas Cassidy. Elle avait bien appris sa patience, au point d’en rendre sa mère fière, et elle n’oubliait pas facilement ses leçon. Pour faire passer le temps, elle n’avait qu’à se perdre dans ses pensées. Très facile.

Le première fut pour son cher Alfonse, seul à la maison pour la soirée. Il fallait qu’elle lui trouve un ami avec qui batifoler en son absence, quelque chose de mieux que la dog-sitter qu’elle payait à chaque fois qu’elle partait en shooting sans son immense chien… Peut-être un autre animal ? Est-ce qu’un troupeau de moutons ferait plaisir à son Kangal ? Est-ce qu’une gentille femelle de la même race le tenterait plus ? Si elle partait sur ce choix, elle devrait toutefois l’opérer de crainte de se trouver involontairement éleveuse de chiens de chasse à l’ours… Non, pas de femelle. Pas de mâle non plus, il allait finir par l’égorger.
Les considérations canines l’occupèrent facilement dix minutes. Cinq autres furent consacrées à l’organisation de sa séance de monte à cheval du weekend, et le reste se perdit dans des sauts de puces à peine cohérents entre les appels à passer, les gens à voir, un cadeau pour sa mère et l’achat d’un nouveau chapeau.
Ce fut lorsqu’elle en était à se dire qu’un chapeau et une jolie capeline de soie bleue lui feraient plaisir qu’elle vit du coin de l’oeil la porte du bar s’ouvrir sur une silhouette familière.
Elle décida de l’ignorer, présentant son honteux décoletté au lieu de son visage, attendant la première phrase -qui avait intérêt à être pleine d’excuses.

Il n’en fut rien. Ce fut la paume de sa main qu’elle sentit dans sa nuque, contre laquelle elle se pressa presque imperceptiblement. C’était toujours comme ça, avec Cassidy : les signes d’affection étaient au mieux des étoiles filantes, un clignement d’oeil et vous les ratiez. Au pire il fallait la connaître sur le bout des doigts pour savoir quel regard signifiait son amour.

- Bonsoir, Louciane. Tu as les mains froides.

Sous le baiser sur la joue, elle écarquilla un peu les yeux, puis consentit à sourire. Très  timidement, avec une pudeur touchante, le coin de ses lèvres se leva. Il y avait quelque chose de presque enfantin là dedans… Qui mourut une seconde plus tard, laissant place à la hauteur aristocratique tout à fait adéquate pour une noble dame.
Elle prit la rose volontiers, mais elle attendait toujours les vraies excuses.
Qui ne vinrent pas. Elle aurait dû s’en douter !

- Je sais que je suis magnifique, mon cher. J’ai fait tout ça pour t’ennuyer, tu sais ? Ca marche ?

Elle pencha un peu la tête sur le côté, recula légèrement les épaules pour mettre encore plus en valeur le fait qu’il y avait une vallée de chair pâle bien visible entre les pans de sa robe.
Bien sûr que ça marchait. Bien sûr qu’aucun frère ne voudrait voir sa soeur vêtue aussi légèrement, surtout si elle était sa cadette. Mais il n’y avait que Lou qui connaissait cette facette de sa personnalité, parce qu’elle lui faisait confiance sur sa capacité à ne rien raconter à leur mère. Quelque part, il aurait dû être honoré de pouvoir voir le grain de beauté qu’elle avait sur le bas du plexus.
Elle le laissa consulter les cartes des alcools en se retenant de lui balancer en travers du visage son odeur d’alcool. Elle n’avait pas encore bu, attendant tranquillement son cavalier, mais Lou… Lou avait des soucis avec ça. Elle en avait conscience, c’était bien la seule raison pour laquelle elle retint les mots acides qui lui venaient à l’esprit.
Non, la cadette resta très polie, très souriante, et attendit.

- Ils font des frites roses, je veux tester la pomme de terre pleine de colorant pour dire que c’est très mauvais.

Une fois de plus, la Howard pencha sa tête sur le côté, clairement en signe d’amusement cette fois. Elle avait parfaitement conscience d’être une horrible saleté lorsqu’il s’agissait de juger de la cuisine des autres. Elle n’allait pas s’en excuser.
Juste se lever avec grâce, exhibant sa silhouette beaucoup plus facilement comme ça, exagérant sa démarche chaloupée en se dégageant de la table. Voilà, là elle se vengeait de son frère. Il n’aurait qu’à regarder absolument tous les types pas occupés à faire les yeux de l’amour à leurs partenaires lui mater les fesses sur le chemin, parce qu’elle partait chercher les boissons, et ce n’était pas négociable.

- Des frites roses, les petits fours certainement roses aussi, un Caipirinha et pour toi ? Je vais chercher tout ça, tu dois être fatigué après ta journée de travail et tes heures supplémentaires.

Et paf, sur le nez ! C’était gratuit, ça lui faisait immensément plaisir.

- Laisse les jeunes prendre soin de toi, frangin, tu as bien mérité un peu de calme.

Ou une crise cardiaque de grand frère protecteur. Plutôt la seconde option.

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Dernière édition par Cassidy A. Howard le Dim 2 Sep - 10:12, édité 1 fois

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le Lun 30 Avr - 13:02
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Des excuses, l’ainé savait parfaitement qu’elle en attendait. Cependant, elle le connaissait assez bien pour savoir qu’elle n’aurait rien de plus que ce qu’il venait de lui offrir. Les deux Howard avaient eut le même père, la même éducation. Les sentiments sont pour les faibles, les excuses sont pour les lâches. Puis, de quoi devait-il s’excuser vraiment ? De son retard ? Il avait prévenu, puis vingt minutes ce n’était pas la mer à boire. Ou du mensonge qui voulait expliquer son retard ? Bien sûr qu’il avait conscience qu’elle savait que c’était du baratin, ce n’était pour autant qu’il allait se confondre en courbette et désolation. Il était son grand frère, il avait sa fierté et elle le connaissait surtout par cœur. Comme si elle l’avait fait.

Ses légers élans d’affection, c’est là tout ce qu’il pouvait lui offrir comme sorte d’excuse ce soir. D’ailleurs, il l’avait sentit son mouvement contre sa main, allant à l’inverse de ce qu’une personne normalement constituée aurait fait, sous l’effet d’une main glacée contre une peau à nue. Accepté ce qui ressemblait le plus pour eux à une étreinte, au lieu de s’en dérober. Elle était comme ça l’affection des Howard : furtive et des plus rare. D’ailleurs sa main s’attarda un peu plus, son pouce caressant doucement ses cervicales, jusqu’à ce qu’elle lui fasse remarquer que cette même main se trouvait trop froide à son gout. Le Veilleur avait eut le temps de capter son sourire, l’espace d’un instant, prenant place en face d’elle. C’était comme s’étendre sur l’herbe une nuit de pluie d’étoile filante. Il ne fallait pas louper la date et rester très attentif, sans quoi on loupait le meilleur moment. De toute façon, Louciane savait qu’après ça, il ne verrait pas ses lèvres s’étirer de cette même façon sincère. Il l’avait mérité après tout.
L’espace d’un instant, le brun avait eut envie de la prendre dans ses bras, de sentir sa chaleur, juste l’instant que ça devait durer. Sans doute aurait-il dû le faire. Sans doute aurait-il dû boire un peu plus, avant de partir, histoire d’avoir les idées un peu plus claires, et les sentiments un peu plus anesthésiés.

Ce qu’il pouvait détester cette période, ça avait le chic pour faire remonter quelques souvenirs, qu’il préfèrerait laisser enterrer. Mais s’il n’y avait que les réminiscences d’Elsie que tout ça remuait. Le retour de Camden n’avait pas du tout arrangé les choses. Et cet enflure de Tomasson qui remuait la merde, s’octroyant les lauriers du travail d’autrui. Ça le mettait hors de lui, d’autant plus qu’il était sous pression. S’il n’avait pas promis à Cass ce soir, sans doute serait-il resté chez lui à vider une bouteille. Au lieu de ça, l’homme le ferait quand même, mais avec de la compagnie, ainsi qu’un regard critique. Bien qu’elle fasse tout pour le cacher, Louciane connaissait parfaitement le fond de sa pensée, concernant sa dépendance dont il choisissait le nouveau poison. S’il lui était facile de décrocher aussi souvent de la clope, l’alcool était une tout autre affaire.

Louciane choisi délibérément de ne pas répondre à sa pique. Tout du moins, il se mordit l'intérieur de la joue pour ne pas y répondre. Bien sûr que ça marchait. Ne le voyait-elle pas briller au fond de son regard ? Quel grand frère accepterait que sa cadette se balade dans une telle tenue ? A part un certain imbécile égocentrique et particulièrement nombriliste ? Non, le Howard était de ses hommes assez protecteurs, surtout envers ses proches. Et bien qu'il laissait à sa sœur plus de liberté qu'il n'en accordait à sa fille, il n'en pensait pas moins. A la différence, c'est que Cass était adulte depuis bien longtemps. Techniquement, Kaisa l'était aussi. Dans la grande théorie. En pratique, elle restait sa fille. Et jamais ô grand jamais, il ne la laisserait sortie seule, dans ce genre de tenue. Jamais…
A la place, le coin supérieur droit de sa lèvre se souleva, annonçant les prémices d'un sourire. Juste une esquisse, qui disparue presque aussitôt. Aussi rapide qu'un battement de cil.
- « Si tu connais la réponse, pourquoi est-ce que tu t'évertues, encore et toujours, à gaspiller ta salive en posant la question ? Interrogea-t-il d'un ton calme et délié. Puis son regard se planta dans ses prunelles claires et ses doigts couvrirent les siens. Puis, qui suis-je pour prétendre vouloir cacher la beauté de ma sœur, à la laideur de ce monde ? » Qu'il ajouta, particulièrement mielleux, sans faire le moindre effort pour masquer son hypocrisie.
Son attention se reporta sur la carte, qu'il parcourut sans lire, incapable de vraiment se concentrer sur quoi que ce soit. Soupir au bord des lèvres, le flic se dit qu'il aurait du l'emmener dans un restaurant chic, où il aurait du prendre un crédit rien que pour la réservation. Puis laisser le serveur choisir pour le plat du jour, observer les alcools qui annonçaient une hypothèque, puis se rabattre sur du château la pompe. Ici, les prix se trouvaient si honteusement bas, que ça incitait à la consommation, plus que de raison.

La réflexion de Cass sur la nourriture le tira de sa rêverie. Evidemment, il n'avait rien écouté… Son regard se contenta de suivre sa démarche exagérément chaloupé jusqu'au bar, ses sourcils se fronçant presque à chaque pas. Elle devait se délecter de ses yeux aussi noirs que se chemise, planté dans son dos comme deux poignards. Elle savait le punir, cette salle gosse, mais elle savait aussi attirer l'attention. Un éclat de voix retentit à la table voisine, Valentin cramé par sa Valentine d'avoir fait du lèche vitrine sur le sillage de sa sœur. Ça lui arracha un sourire au Howard. Serait-il malvenu de jouer à ce jeu ? A celui qui détournera le plus le regard des amoureux ? Louciane ne se sentait pas particulièrement d'humeur joueuse. Il n'était pas vraiment d'humeur du tout. Mais si elle lançait les hostilités comme ça toute la soirée, sans doute s'y prêterait il.
Sous sa pique, il se laissa choir dans le dossier de sa chaise, échappant un  très léger rire, mordant sa lèvre supérieure, le front bas. Touché.
Passant machinalement l’index le long de l’aile de son nez, le brun le laissa s’échouer sur ses clavicules déboutonnant le bouton de son col, dégageant son cou avec bonheur. Il ne savait pas vraiment ce qui lui avait prit, d’ailleurs, de la boutonner jusqu’en haut. Lui qui ne connaissait pas l’existence des deux premiers, sauf lorsqu’il mettait une cravate.  
- « Outch… Qu’il lâcha, admettant qu’elle l’avait grillé, relevant les yeux vers elle.
Le flic s’était retenu dans sa réaction, surtout pour une réflexion touchant à son travail. Un « outch » valait mieux pour elle qu’une crasse du style : « C’est sûr que prendre des photos de sac d’os en mal de crack, ça change la face du monde. Ça doit être particulièrement stressant dans le genre, surtout pour éviter le braquage des petits fours, et nettoyer le vomi dans les toilettes. ». Et encore, là, c’était à froid. S’il y avait bien deux choses sur lesquelles il ne fallait pas le chatouiller, c’était sa fille et le boulot. Là le Howard frappait direct, bien avant de hérisser le poil. Mais s’agissant de sa sœur, du un, et qu’il l’avait un peu mérité, de deux, il pouvait seulement faire semblant de grogner. Tant qu’elle ne revenait pas à la charge sur le sujet, il était assez tendu comme ça.
- Un Glenglassaugh revival, grand et sec. Ça valait de soit, c’était une hérésie de mettre des glaçons dans du whisky… Et… Louciane fit mine de réfléchir pour la suite… je te suis pour ce qui est de la bouffe. Dit-il en rejetant la carte sur le coin de la table, d’un mouvement souple du poignet. Ça lui évitera de réfléchir. Par contre, rappel moi de ne pas compter sur toi, le jour où je finirais en maison de retraite… »
Evidemment, ça c’était d’une ironie et d’une hypocrisie sans nom. Car l’un et l’autre savait pertinemment qu’aucun d’eux ne vivraient jusque là. Lui en tout cas.
Attendant qu’elle revienne, l’homme se passa une main dans les cheveux, les lissant en arrière se massant doucement l’arrière du crâne. S’il n’était pas particulièrement réticent au moindre contact, il en aurait eu bien besoin, pour se détendre. En attendant, la boisson remplirait parfaitement cette fonction.  

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le Dim 20 Mai - 12:21
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Les mots de Louciane était peut-être parfois doux mais son ton faisait toute la différence entre ce qu’il disait et ce qu’il pensait. La flatterie sur son apparence n’était qu’un pieux mensonge -ou une pique-, vu la voix qu’il avait pris. Elle avait tellement appris à le lire qu’il aurait pu être plus subtil et qu’elle aurait quand même entendu le sous-texte : mets une veste.

- Tu es mon frère. Ainé. D’habitude ça te suffit.

C’était pour ça qu’elle n’avait fait sa crise d’adolescence que lors de ses études à l’étranger, et jamais en Angleterre sous le nez de ses frères : Cassidy n’était pas idiote. L’auraient-ils vue sortir dans une de ses robes vraiment trop courtes que Jensen et Louciane l’auraient tous les deux enfermée dans sa chambre de la maison familiale avec interdiction de sortir. Mais Jen était mort. Et Lou avait compris qu’il ne pouvait plus faire grand-chose pour empêcher sa soeur de faire sa vie de femme.
Il avait même fini par comprendre qu’il ne pouvait pas l’empêcher de faire quoi que ce soit. Depuis qu’elle avait pris son indépendance, à la mort de leur père, elle ne laissait plus grand-chose l’arrêter. Ce devait être pour toutes les années passées à essayer d’être une enfant parfaite… Enfin, c’est ce que lui disait sa psychologue.
Et ce n’était pas le moment de penser à cette vieille harpie, il y avait la commande de son grognon de frangin à mémoriser.

- Glenglassaugh revival, grand sans glaçons, et des pommes de terre roses.

Cass fit un sourire charmeur, accompagné d’un geste pour chasser une mèche de cheveux de devant ses yeux. Il n’y avait pas eu la moindre hésitation à la mention d’une maison de retraite, parce qu’elle savait aussi bien que lui qu’ils n’en verraient jamais la couleur. S’ils dépassaient les soixante ans, ils seraient miraculés.
S’ils voyaient la retraite, quelque part, ils auraient échoué. En tout cas c’était le point de vue de la cadette Howard, avec son addiction idiote à l’adrénaline, avec son fanatisme à peine tenu en respect par les lois. Non… Elle mourrait sans doute dans un pays étranger pendant une de ses petites expéditions bonnes pour les nerfs, entourée de malabars armés jusqu’aux dents. Ou d’une chute de cheval. Mais elle ne verrait probablement jamais son neveu et sa nièce redorer le blason familial. Son testament était déjà prêt depuis longtemps.

Ses pensées morbides furent interrompues au bar, alors qu’elle attendait sa commande, par le tipili-pilili de son téléphone. Encore Jules, tiens, qui lui envoyait une photo de ses jambes devant la télévision pour essayer de la faire culpabiliser. Légende : j’aurais aimé que tu sois avec moi, beauté. Comme si ça avait une chance de marcher !

- Tu m’agaces, Ruka.

Ce qu’il n’entendit pas, bien entendu, contrairement au jeune homme derrière le bar. A qui elle fit un sourire histoire de le rassurer sur le fait qu’elle ne lui en voulait pas. Il n’y avait vraiment que son propre prétendant à qui elle avait envie de casser des os là, de suite. Un regard sur Louciane jouant avec ses cheveux à leur table. Est-ce qu’il pouvait s’en charger… ?
Non, elle avait une bien meilleure idée.

Ce furent donc les boissons, la nourriture et son téléphone qu’elle plaça sur la table en revenant du bar d’un pas beaucoup moins chaloupé -faire tenir deux verres et des assiettes sans les faire tomber demandait un peu de concentration et de sérieux. Puis elle se rassit dans sa chaise avec un air grave.

- Frangin, là, j’ai besoin de compter sur toi.

Cassidy était sincère et franche, elle ne jouait plus comme une sale môme. Pour quelques minutes, elle avait vraiment besoin de son frère et elle devait lui faire comprendre. En plus, il allait apprécier l’idée, c’était évident…

- Je te présente monsieur Stigsson, fit-elle en tendant son téléphone devant le nez de Louciane, qui a du mal à digérer que je te préfère à lui ce soir.

Sur la photo qu’elle avait prise de lui, le monsieur Stigsson en question faisait la moue. Il était sur un balcon au dessus de ce qui devait être la mer et il portait un t-shirt près du corps mettant en valeur sa silhouette fine. Mis en commun avec son visage de modèle, ses pommettes hautes et ses joues creuses, tout le monde pouvait se douter qu’elle l’avait rencontré lors d’une soirée mondaine. Et que son frère allait le détester juste à l’apparence.
Histoire d’enfoncer le clou, elle lui montra ensuite le message reçu, histoire qu’il comprenne la gravité de la situation.

- J’ai besoin de lui faire comprendre qu’il doit se calmer. Tu veux bien faire une photo avec moi ? Juste une petite pour que je lui envoie. S’il te plait. Après tu peux continuer à être vexé par ma robe et les selfies.

Parce qu’il était évident, juste à regarder la dégaine du sergent-détective, qu’il détestait Instagram et les auto-portraits et la vanité. Et elle aurait bien été d’accord avec lui, la Cass, si elle ne gagnait pas sa vie en jouant de l’appareil photo.

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Dernière édition par Cassidy A. Howard le Dim 2 Sep - 10:11, édité 2 fois

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le Lun 28 Mai - 13:57
Louciane J. Howard
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Protecteur il était, peut être un peu trop aux yeux de certains. Etouffant certainement, aux yeux d’autres. Cependant c’était son devoir, en tant qu’agent de force de l’ordre, en tant que grand frère et en tant que père. Qui serait-il s’il décidait de s’en moquer complètement ? Louciane en avait côtoyé des parents qui n’en avaient qu’ure de leur progéniture. Certains s’en sortaient, d’autres finissaient en prison…
Bien sûr le Howard n’était pas tout blanc, question attention. Il n’avait jamais eu plus que ça, concernant son aîné, encore moins envers sa femme et aucunement concernant ses enfants. Mais compte tenu de la façon dont ils avaient traités sa femme et sa fille, pourquoi aurait-il fait des efforts ? Donnant-donnant…

Concernant Cassie, quelque soit son âge, elle était et restera toujours sa petite sœur. Il s’était toujours sentit plus proche d’elle, que de personne d’autre de sa famille. Il l’avait toujours protégé, qu’elle lui demande ou non, face à leur père, des amis, des copains… Jusqu’à ce qu’elle soit assez forte pour se débrouiller toute seule, puis mettre elle-même à terre ceux qui l’ennuyaient. Cependant, malgré qu’elle soit adulte et capable de se débrouiller toute seule, il avait toujours cet instinct protecteur envers elle et cet agacement qui bouillonnait au fond de ses tripes, en voyant ces hommes la regarder, comme un prédateur regarderait un bout de viande, alors qu’ils avaient une femme en face d’eux, qui ne réclamait que leur attention en cette… soirée.
- « Tu sais, soupira-t-il en se mettant à l’aise sur son siège, quand je vois nos chers neveux, je pense qu’être ton grand frère est le plus grand cadeau, de toutes les fêtes qui soient, que je puisse avoir. Ses yeux se relevèrent vers elle. Et c’est sincère. »
Comme si elle pouvait en douter. Le flic pouvait se montrer connard, acerbe et particulièrement insultant – même envers sa propre sœur – il savait aussi se montrer sincère, et bien moins incisif. C’était un peu une façon pour lui de dire « je t’aime », sans vraiment le dire. Juste deux mots qu’il n’avait pas dû prononcer depuis pas mal de paire d’année. D’ailleurs, il n’était pas vraiment sûr de les avoir prononcés depuis son divorce. Ça pouvait paraître stupide comme ça, seulement les élans d’affections, aussi bien physique que verbale, n’étaient pas une habitude chez lui. Ce n’était d’ailleurs pas une habitude des Howard tout court. Ils savaient très bien communiquer autrement, et ça leur allait comme ça. Qu’importe ce que pouvait en penser les autres, tant que ça fonctionnait pour eux.

Son regard s’ancra dans le dos de sa sœur, jusqu’à ce qu’elle arrive au bar. Fronçant les sourcils, Louciane se rendit compte que, malgré ce qu’elle avait dit, il aurait put se lever pour aller les chercher, les commandes. Après tout, c’est lui qui l’avait invité, et c’est lui qui était arrivé en retard sans même daigner s’excuser véritablement auprès d’elle, au lieu de rester sur sa chaise. Presque avachis dessus. En vérité, l’homme était un peu ailleurs. Il n’entendait presque pas le bruit des conversations, qui bourdonnaient autour de lui, ni la chanteuse rousse, qui mettait l’ambiance dans un coin de la salle, accompagnée de quelques musiciens. D’un coup il sentait quelque peu la pression retomber de ses épaules, tandis que son regard se perdait dans les vallons blancs du dos de Cassie, comme s’il ne la voyait même pas. Ses doigts massaient distraitement l’arrière de son crâne, pouvant donner l’impression qu’il jouait avec ses cheveux. En réalité, il tentait simplement de chasser un mal de tête qui commençait à poindre.
Fermant quelques instants les yeux, il les rouvrit en l’entendant revenir vers la table, quelque peu chargé.
- «  Attend, je vais t’aider. Lâcha-t-il en se levant de sa chaise.
Le brun la délesta des boissons, jetant un regard peu engageant aux assiettes de frites honteusement roses, retenant un léger air quelque peu dégouté. Se rasseyant, l’homme défit un autre bouton de sa chemise, dégageant un peu plus son cou de l’étreinte du vêtement. C’est qu’il commençait à avoir un peu chaud, et regrettait de ne pas s’être contenté d’un simple t-shirt ce soir. La regardant s’assoir, le Howard attrapa son propre verre, puis fronça ses sourcils face à son air grave, se demandant s’il allait se prendre une autre vacherie de son cru dans les dents, ou une réelle demande de service. Cependant, il ne put cacher sa surpris, ainsi que son incompréhension, face à sa demande.
- O… key… Dit-il en attrapant le téléphone, qu’elle lui tendit. Ou plutôt la main qui le tenait, plissant quelques instants les yeux, pour bien observer la tête de vainqueur qu’elle lui présentait, puis lâcha sa main. Est-ce que je dois l’imaginer avec la moue ? Genre bouche en cul de poule qu’on voit sur les selfies de nana, au style de pétasse notoire ? »
Relevant les yeux vers elle, il haussa un sourcil, faussement interrogateur. C’était pas réellement une question. S’agissant des conquêtes de sa petite sœur, c’était rarement des questions, plus des affirmations. Profondément hasardeuses, particulièrement gratuite et complètement de bonne guerre. C’était un jeu entre eux et le brun n’avait particulièrement pas mâché ses mots.
C’est sans doute ce que voulu lui faire comprendre la fille de la table voisine, qui lui lança un regard en coin, quelque peu outré. C’est vrai qu’elle correspondait un peu à la description : maquillée comme une voiture volée, manucurée avec des faux ongles qui pouvait faire penser à la progéniture de Barbie et Freddy, avec un de ce blonds si caractéristique de certaine demoiselle tarifé qu’il arrêtait à l’époque. Et compte tenu de sa réaction, son téléphone devait être bourré de ces photos qu’il venait juste de critiquer. Cependant, le flic lui fit comprendre d’une œillade que son regard était bien plus mauvais que le siens, et qu’elle ferait mieux de retourner à son Jules et sa dégaine de footballeur, plutôt que de se mêler de leur conversation.

- « T’as vraiment pas trouvé mieux que le représentant de Colgate ? Mannequin pour string ficelle en t-shirt moulant. Lâcha-t-il en reportant son attention sur Cassie. Je suis sûr qu’il doit t’appeler beauté, bébé, chérie, poupée ou un autre truc gerbant du genre. Son regard se fit faussement suppliant. Pitié dis moi que tu ne le laisse pas t’appeler comme ça, parce que rien que pour ça, je veux bien rendre son dentiste riche.
Mais il fallut qu’elle lui montre le MMS qu’elle venait de recevoir. Ce genre de message qui lui donnait envie de se taper la tête contre les murs. Pitié, c’était qu’une soirée comme une autre, en plus il y avait match et il avait parfaitement la gueule de ses abrutis qui regarde le foot. Un léger rire s’échappa quand même de sa gorge, lâchant le mobile des yeux, tandis qu’il se laissa retomber dans le siège. Portant une main à son front, il le massa quelques secondes entre ses doigts, les laissa filer des ses cheveux, puis reposa sa main sur la table. En faite il ne sut pas vraiment ce qui le fit le plus rire. Le texto, ou la proposition de sa sœur. Il aurait préféré qu’elle lui propose du pop corn, pendant qu’il lui casserait les deux jambes. Ce qui serait franchement bien plus jouissif.
S’autorisant une gorgée de whisky, Louciane se délecta de l’alcool qui lui coula dans la gorge, lui réchauffant le palais et lui brûlant les papilles. Reposant le verre sur la table, il chipa une frite dans l’assiette.
- Bah écoute, ok. Seulement je ne vois pas bien en quoi ça le calmerait. Mangeant la frite, que son palais ne jugea pas mauvaise, compte tenu de sa couleur insultante, il en prit une autre. Il sait que je suis ton frère, donc je n’aurais pas à t’embrasser pour le rendre jaloux. Est-ce que je dois lui faire un doigt d’honneur ? Montrer mes poings ? Il haussa les épaules et mangea la seconde frite. Je comprends pas trop le but de la manœuvre. »
Déboutonnant ses manches l’homme les remonta jusqu’au coude, ses doigts traînant machinalement sur le tatouage de son avant bras. Pas qu’il ait vraiment l’intention de refuser, même si ce n’était pas vraiment l’envie qui lui en manquait. Cependant, le Howard n’était pas très à l’aise, ni ami de l’objectif. En règle générale, il le fuyait comme la peste comme un réflexe conditionné. Mais aussi parce qu’il détestait ça.

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le Mar 3 Juil - 19:01
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Il y avait des “je t’aime” qui se disaient sans vraiment être prononcés exactement comme ça. Trois petits mots, ce n’était rien face à un frère qui se fendait d’un véritable compliment. C’était de la camelote alors que ce qui existait entre Cassidy et son ainé se passait de sujets et de verbes trop souvent utilisés dans le monde. Savoir qu’elle était son plus grand cadeau réchauffait quelque chose derrière les côtes de la belle brune, réchauffait également son sourire.
Et le tout sans en être réduits aux platitudes de films romantiques.

- Je sais. Et tu sais.

Que leur nom de famille venait avec un certain handicap émotionnel, d’après le reste du monde. Qu’en quatre mots elle lui disait qu’elle l’aimait aussi, plus que tout dans cet univers, plus que sa propre vie. Ils auraient pu se répandre en superlatifs ou en promesses de sacrifices mutuels que ça n’aurait pas eu autant d’impact que leur petit bout de conversation.
Certes, plus on lui disait qu’elle avait du mal à s’exprimer, plus Cass comprenait que tout le monde n’était pas aussi émoussé dans les expressions d’amour. Mais vraiment, tant que ça fonctionnait pour eux, pourquoi changer ?
Parce que certains de ses Jules ou certaines de ses Juliettes n’appréciaient pas le mutisme ? Hors de question. Elle ne changerait pour personne, si elle ne l’avait même pas fait pour mieux convenir à son père -parce qu’elle avait été assez protégée pour devenir sa propre personne, peut-être, mais le résultat était le même.

Et donc, monsieur Stigsson allait apprendre à ne pas lui courir sur les roustons.
A la réflexion de Louciane, la photographe ricana de bon coeur.

- Oui. Pour la moue, tu peux l’imaginer comme ça, fit-t-elle avec un bec de canard déçu vissé au visage, c’est la tête qu’il a fait la première fois qu’il a vu Alfonse.

Il n’avait pas non plus aimé le chien pesant deux fois son poids, le petit ami. Il n’aimait pas grand-chose. Peut-être qu’elle devrait le larguer ? Mais elle ferait ça après la soirée, là elle discutait avec le seul homme qui vaille le coup dans sa vie. Elle se délectait à chaque fois des remarques sur ses conquêtes, lui servant bien volontiers du même poison lorsqu’elle entendait parler des plans de Lou.
Rarement, donc. Plus rarement qu’elle. Mais elle avait craché tout son content de fiel sur chaque personne essayant de se faire une place dans la vie de l’autre Howard, sans hésitation, avec souvent beaucoup de justesse et d’expressions colorées.

- Il m’appelle babe aussi. Chérie parfois. Sinon…

Elle se pencha très tranquillement vers le pauvre flic effondré, cherchant vicieusement l’ouverture lui permettant de le convaincre de céder à sa demande. Ou juste un moyen de l’énerver encore plus.

- Il crie juste mon nom ?

Sous-entendu léger comme du plomb : au lit. Ce n’était pas vraiment un mensonge, juste une information dont son grand frère n’avais vraiment pas besoin. Un peu comme celle qui suivit, en somme.

- Je le garde que parce qu’il est vraiment beau, et qu’il a une belle voiture. Et oui, je le laisse m’appeler comme ça, parce que sinon il fait la moue…

Non, vraiment, elle allait le larguer et acheter le même modèle de voiture que le cher monsieur. C’était décidé là, sur le champ, elle avait même le SMS de rupture au bout des doigts. Cher Ruka, ferait-il, tu m’agaces. Tu es désormais célibataire. Les vêtements dans le tiroir chez moi te seront rendus par un ami, et tu lui donneras mes robes qui sont chez toi en échange. PS : mon ami est champion de MMA. C’était parfait. Elle était sûre que Louciane approuverait. Que l’ami en question serait ravi de lui procurer ce coup de main en échange d’un bon repas.
Mais… Il attendrait la fin de la soirée. Elle voulait vraiment cette photo avec son aîné, sans trop de raison autre que le plaisir de pouvoir la revoir ensuite. C’était pour ça qu’elle attendit que Lou finisse de réfléchir. En silence, elle l’observa boire sa gorgée, prendre des frites, et attendit la sentence appuyée contre le fond du siège.

- Ca le calmera parce qu’il se souviendra lorsque je lui ai dit que ma famille passe avant tout le reste.

De nouveau, Cassidy se tendit par dessus la table, cette fois pour effleurer l’avant-bras de l’homme à mauvais caractère en face. Du coin de l’oeil, elle vit que la fille de la table voisine avait l’air très perturbée par eux, et elle s’en amusa silencieusement. La pauvre fille n’était pas au bout de ses peines.

- Tu peux lui faire un doigt d’honneur si tu veux, montrer tes gros bras, être aussi possessif que la fois où tu as vu mon amoureux de primaire.

Etant en position de demandeuse de service, ce fut la cadette qui fit l’effort de rapprocher sa chaise pour se coller presque à son rendez-vous de Sans Valentin. Elle chippa une frite sur le chemin, se délecta de la délicieuse graisse et non moins délicieuse dose de sel, puis se concentra. Téléphone tendu devant, sourire de circonstances, caméra à selphie mis en marche.

- Tu es prêt ? Fais ce que tu veux pour le cliché !

Elle, elle colla gentiment sa joue à celle de son frère, et elle fit son petit air adorable avec le nez un peu froncé. L’image renvoyée par le téléphone était tout à fait satisfaisante. Ruka allait détester chaque pixel qu’il allait recevoir, son air heureux, la tête de Louciane, les verres, le décor. Elle regretta un instant de ne pas pouvoir assister à la crise d’apoplexie.

- Dis cheeeese !

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Dernière édition par Cassidy A. Howard le Dim 2 Sep - 10:12, édité 2 fois

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le Dim 29 Juil - 18:02
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Cassidy ft. Louciane


Quatre mots, c’est tout ce qu’avait répondu Cassi à son compliment, soulignant une déclaration qu’il ne lui dirait peut être jamais et elle non plus. Quatre mots qui eurent le mérite de lui arracher l’esquisse d’un sourire, détendant quelque peu ses traits tirés par la fatigue.
C’est fou ce pouvoir que sa petite sœur pouvait avoir sur lui. Celui d’être capable de le faire tourner en bourrique, de le faire sortir de ses gonds assez facilement – une chose très agaçante pour son égo – puis de parvenir à l’apaiser sans avoir besoin de grand discours. Parfois un seul regard suffisait entre eux. La brune était une des raisons principales, pour lesquelles ses histoires - depuis son divorce – ne tenaient jamais vraiment. Ces femmes qui l’assommaient sans arrêt des mêmes reproches : celles de manquer d’affection, celles de ne jamais s’exprimer, surtout sur ce qu’il ressentait. A quoi bon ? Ça n’avait jamais été monnaie courante au sein de la famille Howard. Pourquoi changer maintenant ? Et surtout pourquoi se borner à mettre des mots sur ce que l’on savait ? Ou sur ce que l’on n’avait pas besoin de se dire. Avec sa petite sœur ça avait toujours été comme ça. Tout avait toujours été si simple, sans avoir besoin de s’épancher pendant des heures.
Elle était celle sur qui il avait toujours put compter et ce, depuis le premier jour. Cassie était sans doute la première, la dernière et la seule femme de sa vie. Elle pouvait tout entendre, tout subir de lui, le Howard savait qu’elle serait toujours là quoi qu’il arrive. Il donnerait tout pour elle, et à l’instar de sa propre fille, Cassi sera toujours la personne qui passerait en premier dans sa vie, parce qu’elle avait toujours été celle qu’il avait le plus peur de perdre, depuis leur enfance.
La jeune femme connaissait ses sentiments par cœur. Et deux mots se suffisait à eux même, tandis qu’autour deux, les couples se bavaient leur romance, bercé par une chanson de circonstance, comme on ne peut s’empêcher de vomir après une mauvaise cuite. Ça avait le don de l’agacer, aussi sûrement que l’évènement auquel ils assistaient.

Louciane détestait tous les prétendants, homme ou femme, de sa cadette, autant qu’elle pouvait détester ses propres aventures, exclusivement féminines. Ou même le charrier, sans sous-titre, lorsque son regard avait le malheur de s’égarer sur un homologue du même sexe, en toute innocence. Pour lui, la page de cet "incident de parcours" était définitivement tournée. Enfin, c’était bien ce dont il s’était toujours persuadé, jusqu’à il y a exactement six jours. Une retrouvaille qui le perturbait tout autant, que les réminiscences de ses St Valentin passé en compagnie d’Elsie, ou bien de la trogne de pétasse pas tenté qu’affichait le futur ex de Cassie. Futur ex dont il se moquait d’un rire léger, en l’imaginant presque sauter sur la table de la salle à manger, en se retrouvant nez à nez avec ce monstres qu’était Alfonse. Le flic s’étonnait d’ailleurs souvent, qu’il n’y ait pas plus grand nombre des ses amants qui aient déserté, après la première rencontre canine. C’est qu’ils devaient sacrément apprécier sa frangine, ou avoir vraiment envie de se…
Sa propre réflexion – dont il aurait parfaitement put s’abstenir – mourut dans son esprit, alors que la jeune femme lui en balançait une autre en plein visage. Du même acabit certes, mais dont il ne voulait pas non plus avoir connaissance. Que ce soit dans le détail ou à peine suggéré. Elle pouvait bien lui parler de ce qu’elle voulait les concernant – surtout si ça pouvait lui permettre de les détester un peu plus, puis d’être d’autant plus imaginatif dans ses tirades à leur sujet – cependant tout ce qui avait attrait au plan horizontal… Ça, jamais de la vie ! Est-ce qu’il lui en parlait, lui ? Non. Si l’on exceptait le fait que, dans sa lointaine adolescence et enfance, pour elle, Cass ait put être témoin auditive involontaire de quelques uns de ses ébats. Pour ça, le passé appartenait au passé. Dans le présent, ça lui donnait juste envie de briser quelques côtes, puis de fournir d’autres castras à la profession !
- « Je pense que le "vraiment", devant le "beau", est de trop. Trancha-t-il, acerbe, son visage se fermant de nouveau. Arrête de me baver des prétextes fallacieux, ils ne valent pas un clou. T’as les moyens de t’offrir dix caisses comme la sienne, sans avoir besoin de t’encombrer de sa sale gueule de mannequin au rabais. Ce genre de gars, t’en trouve à toutes les pages de magazine pour ménagère frustrée. » Qu’il cracha en se renfonçant dans le dossier de sa chaise, portant son verre de whisky à ses lèvres.
Son regard partit se perdre quelques instants dans la contemplation de la chanteuse rousse, détournant la tête de sa cadette. Si Louciane n’était pas son grand frère, on aurait put croire au discours d’un ami jaloux comme un pou, s’agaçant ouvertement que la Howard ne remarque pas qu’elle serait bien mieux avec lui, qu’avec ce ramassis de débile.
Jaloux, peut être qu’il l’était un peu, quelque part. Tout au fond, bien enfouie. Pour l’heure, il s’était juste butté, parce que cette peste savait très bien sur quoi appuyer pour qu’il commence à s’énerver. Qu’elle continue tiens, et tout ce qu’elle gagnerait c’est devoir le ramener, bras dessus bras dessous, jusqu’à chez lui. Ou avoir pitié et le laisser dormir sur son canapé. Le Sergent-Détective avait peut être dit qu’il l’invitait, seulement il ne s’était pas interdit de boire jusqu’au coma.
Grognant pour la forme sous l’instance de la demande, son regard tomba sur sa main qui effleura doucement son bras, puis riva ses yeux gris dans les siens. Ce qu’il pouvait détester quand elle faisait ça. L’énerver pour le calmer dans la seconde, d’un simple geste. Un jouet entre ses griffes de sorcière, c’est ce qu’il était. Surtout ce soir, mais c’était bien parce qu’il voulait la laisser faire. Il ne se trouvait pas vraiment en position de protester très longtemps. A cause de son retard, puis parce que son esprit se trouvait aussi quelque peu ailleurs. Le brun ne voulait même pas se l’avouer, mais ce soir, il avait besoin de d’elle. Juste de sa présence.

Ce qu’il pouvait détester les photos… Vraiment… Depuis toujours, et quelque soit le genre de cliché. Depuis môme, il fallait toujours lui courir après, puis le forcer à rester en place pour immortaliser l’instant. Le gamin qui faisait la gueule dans le coin, ou ne faisait pas vraiment semblant de ne pas la faire, c’était lui. Une ressemblance parfaitement frappante, avec son propre père, toujours rigide face à l’objectif. Parfaite statue de pierre, arborant visage de circonstance et posture bien droite, incombée à son rang de Duc. A sa connaissance, jamais un sourire n’avait été immortalisé sur cette figure là. Ça en avait été de même pour lui, jusqu’à son adolescence, puis jusqu’à Elsie. Et le divorce avait su l’effacer de nouveau, redevenant ce vieux bougon tirant la gueule sur les photos. Pourquoi se fatiguer à se forcer, après tout ?
Seulement, au dernier moment il se ravisa, passant un bras autour d’elle, il posa sa main sur son biceps, le pressant doucement, puis colla ses lèvres sur sa joue au moment du cliché. Si ça ne lui suffisait pas, il ne pourrait rien faire d’autre pour elle. Egoïstement, Louciane espérait un peu que la photo serait accompagnée d’un message de rupture. Posant quelques secondes son front contre sa tempe, il lui pressa une nouvelle fois le bras avant de se reculer, puis de la regarder le plus sérieusement du monde.
- « C’est bon ? T’as finit maintenant, ou tu veux aussi un câlin ? Demanda le flic mi sérieux, mi moqueur. Parce que je te rappel que c’est moi qui invite, alors profite, sinon je vais finir par boire tout seul. »
Surtout s’il devait lui faire un câlin, il aurait besoin d’un second verre – quatrième – et cette soirée ne risquait pas d’être triste. Elle avait déjà bien débutée…

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le Dim 2 Sep - 12:53
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Le venin de Louciane était délicieux. Le venin de Louciane déversé sur quelqu’un qui les énervait tout les deux était comme le meilleur des alcools, la plus douce des mélodies, c’était quelque chose qui rendait réellement heureuse sa soeur. L’entendre honnir ainsi le futur-ex-actuel-petit-ami la faisait sourire avec assez de puissance pour alimenter en électricité l’intégralité du bar, au moins.
Le pire, c’était qu’il avait raison. Oui, elle pouvait s’offrir plusieurs fois la jolie voiture de monsieur Stigsson. Oui, ce genre de garçons il y en avait à toutes les pages des magazines, sur les publicités dans les transports, à la télévision… Partout. Littéralement partout.

- Je sais, c’est moi qui les prend en photo parfois.

Et elle les rendait plus intéressants qu’ils ne l’étaient, bien souvent : ils avaient la tête creuse, dix-sept ans, et beaucoup trop d’argent. Rien que de songer à ces jolis papillons inutiles en costumes hors de prix, elle fronça les sourcils d’agacement. Elle se les collait bien assez au travail sans non plus avoir besoin d’y penser pour la Sans-Valentin. Cassidy chassa donc les greluches évaporé(e)s de sa tête, se concentra de nouveau sur le moment présent et son grognon de grand frère.
Dont elle jouait comme d’un piano, il fallait bien l’avouer. C’était presque trop facile : des flammes à attiser, une caresse pour les faire retomber, des yeux de biche pour se faire comprendre -et obéir. Ses années d'entraînement payaient même si Cass était persuadée d’avoir gagné en maîtrise ce qu’elle avait perdu en facilité.
L’enfant avec un noeud dans les cheveux qu’elle avait été n’avait autrefois besoin que d’un regard larmoyant pour obtenir la protection de ses aîné… Mais l’adulte qu’elle était maintenant n’avait pas besoin de mettre des noeuds dans la soie brune de ses cheveux.
Elle remportait donc la partie.

- Hmm !

Et un baiser. Ce qui n’était pas rien, ce qui était la raison pour son petit bruit inarticulé de bonheur, qu’elle assortit d’un rire joyeux juste après la prise de photo. Elle avait été surprise, il ne fallait pas lui en vouloir de laisser filtrer du ravissement face aux preuves d’affection autrement plus précieuses que toutes les jolies voitures du monde.
Avant de répondre, elle prit le temps d’envoyer l’image assortie d’une légende proprement mesquine, basée sur le fait que son aîné était l’homme de sa vie. Rien n’était plus efficace pour déclencher une crise de jalousie… Qu’elle ignorerait, puisqu’elle éteignit son téléphone dans la foulée. Il était hors de question que Ruka l’appelle et gâche la soirée.

- Un câlin ?

Voilà qui méritait un moment de réflexion. La Howard le prit en mangeant une nouvelle frite, puis en sirotant tranquillement son cocktail. Histoire de ne pas finir alcoolique sociale, elle avait appris à faire durer le moindre verre. Les soirées se finissant par une crise de foie ne la tentaient plus trop.

- Non, pas de câlin, tu es libre. Tu ferais une crise si je t’en demandais un.

Elle avait l’air tellement malicieuse, en affirmant ce qui était la probable vérité, qu’on sentait les restes de petite peste de six ans en elle. Cachée sous le maquillage et la robe affriolante, il y avait toujours la gamine espiègle que personne n’avait vraiment eu envie de faire disparaître.

- Et moi aussi. Donc non !

Et tout le monde en sera très soulagé.

Profitant de sa liberté de mouvement retrouvée, la Veilleuse fondit sur les petits fours gnan-gnan pour les juger. Étonnamment, ça allait. Même ses papilles d’amatrice de bons restaurants ne trouvaient rien à y redire, ce qui la poussa à en engloutir deux de plus avant de tenter de se justifier.

- C’est bon et je n’ai presque pas mangé de la journée. Sers-toi, vieux carcajou, ou je mange tout et il ne te restera que ta boisson.

En parlant de ça… Elle jetta un oeil à son verre et considéra la situation avant de décider qu’il descendrait trop lentement pour vraiment profiter de l’invitation de Louciane. Il lui fallait un shot -ou plusieurs ?- pour rentabiliser la soirée sans ruiner son flic préféré. Elle y irait après. Ou elle y enverrait Lou.

- Est-ce que tu veux que je me lève pour aller te chercher un verre avant que je te demande comment ça va au travail, ou après ? Parce que je suis curieuse. Et que Mère m’a envoyé un message pour savoir comment on va tous les deux, mais surtout parce que je suis curieuse.

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le Dim 11 Nov - 14:58
Louciane J. Howard
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Le flash s'imprima sur sa rétine, aussi sûrement que leur image s'ancrera dans l'esprit du supposé futur ex petit ami. Egoïstement, Louciane espérait que cette photo serait accompagnée d'un message de rupture. A son sens bien mérité…. Si se faire poser un lapin pour la St Valentin devait déjà être difficile à encaisser, se faire larguer le même soir ne devait pas être un moment facile à vivre. Puis que de toute manière, pour le grand frère protecteur et - un brin - possessif qu'il était, aucun hommes - et femmes - ne méritaient sa petite sœur. Lui aussi, parfois, se disait qu'il ne méritait pas sa compagnie. Ou même d'être de son sang.

Par moment, il se demandait ce qu'il ferait si elle n'était pas là. Comment serait-il, s'il n'y avait eut que lui et Jensen ? Se serait-il mieux entendu avec son frère ? Ou même avec leur père ? Serait-il devenu comme lui ? Un "bon fils", digne toutou de la famille ainsi que des Veilleurs. Serait-il égal à lui même ? Ou aurait-il coupé définitivement les ponts, cessé d'être un Howard, être aussi désargenté que maintenant. Pour ce que ça aurait changé…
Sans doute qu'il serait tout de même devenu flic… Son supérieur lui avait déjà fait la remarque, par le passé, qu'il avait dû naître l'insigne et l'arme au poing. S'il savait… Il n'y avait bien que son éducation presque militaire qui avait dicté sa voie. De toute manière, l’homme ne se voyait pas fait pour être, ou faire autre chose. Les Howard n'étaient pas nés avec une petite cuillère en argent dans la bouche, mais avec un poignard. Ça illustrait parfaitement leur éducation, tout comme l'acidité de leur langage…
Seulement, il n'avait pas vraiment besoin de se poser la question, une petite sœur il en avait une, et il n'imaginait pas sa vie sa elle…

Du coin de l'œil, le brun jeta une œillade innocente au mobile de sa cadette, observant la photo qui s'y trouvait affichée, accompagnée d'un texte. Ils avaient l'air fin là, tous les deux. Il se prit à se demander ce qu'elle pourrait bien faire de cette photo. Sans doute lui envoyer à un moment, avec une petite pique. Bien dosée pour le faire s'énerver un peu, juste ce qu'il fallait, mais pas trop acerbe pour dessiner sur ses lèvres l'esquisse d'un sourire, que cette peste ne pourrait que deviner…
Un sourire qui s'ébaucha d'ailleurs, alors qu'il devinait parfaitement le contenu du message de sa cadette. Le fait qu'elle éteigne son téléphone, à la suite, afin d'éviter la scène au beau milieu du bar, parlait de lui même. Un sourire qu'il masqua derrière son verre de whisky, la laissant s'éloigner de lui pour reprendre sa place. Bien que ça ne le dérangeait pas, au final, que sa cadette soit si proche de lui en cet instant. Rien que sa présence, suffisait à chasser les nuages qui s'amoncelaient au dessus de sa tête.
Louciane ne s’étonna pas le moins du monde de son refus du câlin. De toute manière, l’un comme l’autre savaient que c’était une proposition totalement ironique, à la limite du sarcasme. Le fait qu’elle accepte l’aurait plus étonné, en revanche. Bien qu’il se remémorait sans peine, ces instants de complicité volé dans leur chambre, à l’abri du regard inquisiteur de leur père et celui moqueur de leur aîné. Pas besoin de mots, juste d’être présent dans un geste affectueux d’un frère envers sa sœur, pour consoler une peine de cœur, la frayeur d’un cauchemar, ou simplement le fait d’être là…
Mais elle était bien loin, cette époque de leur enfance, où ils pouvaient être vus comme des gamins presque normaux. Ne masquant pas ou peu leurs sentiments, étant capable de parler, sans avoir besoin de s’armer de courage pour briser le mur du silence.
Aujourd’hui, l’un comme l’autre avaient bien changé. Cassie qui s’enveloppait de plus en plus de mystère, tandis que son frère s’efforçait de dresser un peu plus de barrières autour de lui. Heureusement qu’ils continuaient à se comprendre, comme avant, sinon des moments comme celui-ci n’existeraient pas.

Finissant par reposer son verre, pour ne pas donner l’air de s’assécher sur place, le Howard haussa que très légèrement un sourcil, en la voyant presque se jeter sur les amuses gueules, comme une morte de faim.
- « Tant que tu ne te transforme pas en ces sacs d’os insipide et sans saveur, qui ne trouvent grâce qu’à ton objectif, tu n’as pas besoin de te justifier. Finit-il par lâcher, considérant l’assiette sans grand envie. Sers-toi donc, tu sais bien que je passe ma journée à m’empiffrer de donuts, en assommant mes suspects à grand renfort bottin… »
C’était foncièrement gratuit. Parce qu’il savait très bien que sa très chère sœur, considérait les flics avec tous les clichés de films et séries qui puissent exister. Du donut, au mauvais café, en passant par la flasque d’alcool dans la poche intérieure de la veste. La seule chose de vraie était cette saloperie de jus de chaussette, que leur servait la cafetière. Parce qu’évidemment, il n’y avait pas forcément les moyens pour un café de meilleure marque. L’argent que l’administration ne possédait pas, pouvait bien passer ailleurs. Il faudrait qu’il songe simplement à emporter un thermos de café, la prochaine fois… Quant à la flasque d’alcool, Louciane avait parfaitement conscience qu’il buvait un peu trop, seulement il n’en était pas encore là. Avec toutes les casseroles qui noircissaient son dossier, s’il leur tendait cette perche-ci, là il était sûr et certain qu’il finirait au placard. Et ce n’était pas un risque qu’il était près à courir. Tant qu’il n’en venait pas à rallonger sa boisson chaude du matin, il ne se considérait absolument pas comme alcoolique, mais plutôt comme un buveur à la bonne descente.

Néanmoins, alors qu’il commençait à peine à se détendre, sans doute aider par la voix mélodieuse de la chanteuse, la brune s’aventurait sur un terrain dont il aurait préféré laisser les portes closes, pour ce soir. Pourquoi avait-il fallut qu’elle parle de ça ? Du boulot, puis de leur mère. Elle voulait savoir comment ils allaient ? Comment il allait ? Cette bonne blague… Si elle voulait savoir, elle n’avait cas le lui demander, au lieu de servir de sa petite sœur comme d’un pigeon. Mais c’est vrai… sa mère il ne l’appelait pas et il ne répondait pas à ses messages non plus. C’est à peine s’il répondait au téléphone, en voyant le numéro du manoir s’afficher. De toute manière, sauf s’il s’agissait du boulot, de sa fille, ou de sa sœur, il ne répondait quasiment jamais au téléphone. A se demander à quoi pouvait lui servir sa ligne fixe. C’est juste que ça l’emmerdait profondément. Qu’est ce que ça pouvait bien lui faire, comme il allait ? Il ne le savait pas lui-même… Seulement, l’évocation du boulot lui ramena en mémoire un nom, auquel il aurait bien voulu ne penser pour ce soir…

Sa mâchoire se crispa et il sentit ses oreilles chauffer légèrement. Sans doute commençaient-elles à s’empourprer, seul son vis-à-vis pourrait en juger. Il ne voulait pas penser à lui, pas ce soir, alors que ses pensées se trouvaient occupées par une autre personne. Instinctivement, sa main gauche se porta à sa poche, où se trouvait son alliance. Puis se reprenant, Louciane vida son verre d’un trait pour le reposer assez bruyamment sur la table.
- « Si mère veut savoir comment je vais, elle n’a qu’à faire comme tout le monde : elle ouvre le journal. Si elle a encore une assez bonne vue pour parvenir à lire ! » Cracha-t-il presque comme un chat échaudé, en se redressant sur son séant.
Sans lui laisser le temps de répondre quoi que se soit, le Howard se leva un peu brusquement. Attirant quelque peu l’attention des tables voisines dont il n’eut cure, pour se diriger vers le bar.
Afin d’éviter les allers-retours, il recommanda un verre de whisky sec, puis le caipirinha que sa sœur affectionnait tant, ainsi qu’un plateau de shot. Car si la brune comptait l’interroger sur son boulot, et elle le ferait, surtout après une réaction aussi vive, il aurait besoin de plus d’un verre de whisky. Le flic savait très bien que sa réaction l’avait complètement trahi. Car d’habitude Cassie avait besoin de plus d’argument que ça, pour réellement l’énerver. Et elle saurait très bien que ce n’était pas la mention de leur mère, qui l’avait fait démarrer aussi vite.
Revenant à leur table, Louciane y déposa le plateau puis soupira un grand coup en se rasseyant, surtout pour tenter de clamer ses nerfs.
- « Et je vois vraiment pas, ce qui peut te rendre curieuse à ce point… » Bougonnait-il, en attrapant son nouveau verre, tout en sachant très bien qu’il venait de creuser sa propre tombe.

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Dernière édition par Louciane J. Howard le Jeu 24 Jan - 18:43, édité 1 fois

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le Sam 22 Déc - 14:01
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Etait-ce une flatterie ? Ça en avait l'air, au milieu des ronchonnements habituels de son frère, aussi Cassidy sourit-elle en coin. Sa main s'avança sur la table pour prendre l'avant-bras de l'acariatre homme de sa vie, sentir les muscles rouler sous les vêtements et la peau. Aucun d'entre eux n’était en mauvaise forme. Aucun d'entre eux n'était un sac d'os ou un tas de gras parce qu'ils avaient été habitués à rester au sommet de leur forme physique. Dans le cas de la cadette Howard, on pouvait ajouter là dessus une sainte horreur de l'inactivité accompagnée d'une profonde et désagréable peur de la faiblesse. Avoir la morphologie des idiotes qu'elle prenait en photo risquait de la faire finir trop tôt dans un sac mortuaire.
C'était hors de question.

- Je n'y crois pas un instant, Sergeant-Detective. Et puis, vois-tu, j'ai besoin de vraies cuisses pour courir...

Le bras de Louciane fut relâché et une frite atterrit dans la bouche de la brune beaucoup trop malicieuse, beaucoup trop heureuse pour être honnête. Où était le piège ?

- Et pour séduire mon prochain Don Juan. Monsieur Stigsson est renvoyé.

Il était là. Elle était persuadée que l'annonce de la fin de sa romance ferait hurler de joie -intérieurement bien entendu- son aîné, aussi était-elle ravie de lui laisser le scoop.
Et pendant ce temps, elle réfléchissait distraitement à sa prochaine décoration d'intérieur. Le changement de distraction humaine annonçait un changement de meubles et elle se devait de trouver quelque chose d'intéressant à faire avec sa maison. Peut-être du vert ? Il y avait des années qu'elle n'avait pas fait honneur à cette couleur. Un joli vert sapin accompagné de beige… Ce pouvait être agréable. Ou alors ce serait du prune et gris. Ou autre chose. Elle se poserait sur la question correctement en rentrant chez elle plutôt que d'y penser entre deux verres, deux bouts de conversation avec Louciane.

En parlant de ça… Elle se reconcentra sur lui. Son regard se fit plus perçant, plus fixe, le flux de nourriture engloutie diminua pour la laisser faire attention au reste.
A la crispation dans la mâchoire de son frère.
A la main qu'il monta à sa poche.
A la manière qu'il eut de se lever pour aller chercher plus d'alcool, en tous points semblable à une catastrophe naturelle.
Louciane cachait quelque chose. Il ne partait pas si vite au quart de tour habituellement, il fallait beaucoup plus de provocations pour le transformer en furie brune. Qu'est ce qui lui prenait ? Voilà qui méritait plus amples investigations. La photographe de mode s'improvisa une vocation de journaliste et fixa le dos du policier grognon comme si elle pouvait y lire quelque chose, même si ce n'était pas le cas. Elle pouvait toujours y croire.

Vu la quantité de verres que Lou claqua devant elle, elle n'aurait peut être pas besoin de jouer aux devinettes. Faire boire son frère pouvait aussi faire le travail d'interrogation.

- Le fait que tu fuies.

La jolie main aux ongles impeccablement manucurés de Cassidy se saisit d'un shot, le monta à ses lèvres et le vida là avant de le reposer sur la table avec un petit bruit. Elle avait une bonne descente lorsqu'il le fallait, l'enfant privilégiée des Howard, celle qui avait arpenté les soirées pendant ses années d'école et faisait encore dans le social-mojito régulièrement pour travailler. Elle n'était pas alcoolique mais elle savait y faire.

- Le fait que tu te défende. Rien n'est plus intéressant que lorsque tu ne veux pas me le dire, Lou, tu sais bien… Je suis ta petite soeur fouineuse.

Adorablement, elle fronça son joli petit nez. Comme ça, Cass avait l'air d'une renarde de dessin animé pour enfants, un rôle qui lui plaisait bien.

- Tu te souviens de l'été que j'ai passé à essayer de trouver qui tu avais embrassé en juin ? J'adore les énigmes. Essayer de savoir pourquoi tu fais autant d'heures supplémentaires. Pourquoi tu boudes là.

Peut-être que bouder était un terme qui n'allait qu’aiguillonner son frère. C'était presque certain même… Elle savoura donc le mot lorsqu'il passa ses lèvres, admirant sa qualité d’allume-feu. L’artificière en elle la trouvait parfaitement adaptée, cette provocation.

- Si tu veux que j'envoie à Mère un message lui disant qu'on va bien, rien à signaler, et une photo de mon rhododendron… Je peux le faire. Mais moi je veux les scoops. Crache le morceau, Lou !

Pour bien faire comprendre qu’elle ne se laisserait pas emberlificoter, elle, Cassidy claqua ses ongles contre la surface de la table en guise de point d’exclamation.

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le Jeu 7 Fév - 23:30
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Cassidy ft. Louciane


Des fois il se demandait pourquoi il s’infligeait ça. Se retrouver en tête à tête avec sa petite sœur, tout en connaissant la femme sournoise qu’elle était. Toujours à l’asticoter. Toujours à l’agacer. Toujours à jouer avec lui, comme s’il était un cobaye de laboratoire. Mais peut être que quelque part il aimait ça, d’être le jouet de Cassie. C’était un peu comme une douce punition, en quelque sorte.
Une douceur qu’elle savait lui donner aussi, même quand elle fermait la bouche. D’ailleurs, il valait mieux parfois qu’ils se taisent, tous les deux, pour laisser plus parler leur peu de gestuelle affective, dont ils étaient capables.
Alors lorsqu’elle tendit la main pour presser son avant bras, il ne pipa mot, se contentant de se concentrer sur ce geste affectif. Son regard se perdit dans la contemplation de ses doigts et il se retint de les couvrir des siens, pour la retenir et faire durer un peu plus ce moment, des plus rares entre eux. Se laisser aller à ce genre de sentiment reviendrait à exposer une faiblesse : que même parfois un bloc de glace a besoin de chaleur. Et il en aurait bien eu besoin ce soir. Seulement, le Howard se contenterait de celle que pouvait bien lui conférer son verre d’alcool. Car il ne pouvait pas se permettre de baisser à ce point sa garde, surtout devant sa petite sœur et son esprit analytique. Surtout qu’elle n’avait jamais trop eut besoin de se forcer. Si pour la plupart des gens il était semblable à la muraille de chine – ou plus honnêtement à une porte de prison – pour Cassie il était bien plus qu’un livre ouvert. Ça avait toujours eu le don de l’agacer. Aujourd’hui encore. La cadette restait en tête de liste comme étant son pire point faible.

L’homme ne dit rien lorsqu’elle retira sa main. Il demeura également muet, au moment où elle lui annonça que monsieur moue-boudeuse-tapisserie-pour-magasine-de-ménagère-en-manque-de-bagatelle, se trouvait mis à la porte de son cœur. Le petit sourire, qui étira le coin gauche de ses lippes, parlait pour lui-même tendit qu’il semblait bien plus trouver d’intérêt pour sa boisson.
Un cœur… Parfois Louciane se demandait si sa sœur en possédait vraiment un. Elle changeait tellement de conquête, comme de mobilier, que c’était à se demander si elle n’entretenait pas la flamme, que le temps d’assouvir son besoin charnel, jusqu’à ce qu’elle se lasse de  voir la même bobine. Ou de goûter le même fruit. Il devait y avoir un peu de ça. Peut être les aimait-elle un peu.
Mais qui était-il pour juger de ses sentiments, après tout ? Lui qui piétinait les siens sans vergogne et renvoyait ceux des autres dans leur retranchement. Jusqu’à ce qu’il n’en reste que haine, ou une vague indifférence…
Puis de toute manière, en tant que grand frère et quelque soit son âge, il préférait encore savoir sa sœur célibataire et chaste, que partageant son lit avec un pur produit d’une pub raté pour colgate, qui osait l’appeler "babe" ou "chérie", chaque fois qu’il se lâchait. Rien que d’y penser, ça lui donnait envie de rendre son dentiste riche. Comme d’imaginer sa fille se trouvant en tête à tête avec un pseudo prétendant à sa vertu.
Ce qu’il pouvait détester cette foutue St Valentin.

Mais il continua de ne rien répondre. Que pouvait-il lui dire ? « Parfais, ce type était un crétin ! » ? Alors qu’il ne l’avait jamais rencontré. Comme si l’homme avait vraiment besoin de ça, pour se faire une opinion, plus qu’arrêtée, sur les conquêtes de sa sœur.
Ils auraient put passer leur soirée à parler de tout et de rien. Surtout de rien, parce que le tout contenait souvent des sujets qui fâchent. Mais il avait fallut  que Cass attaque par un sujet, dont il n’avait pas envie de parler. D’un sujet dont il n’avait souvent, pas le droit de parler. Secret professionnel oblige. Bien que ça l’arrangeait grandement de se servir de cette excuse. Elle attaquait directement où ça faisait mal et avec la réaction qu’il lui avait offerte… C’était comme s’il venait de lui tendre, sur un plateau d’argent, le briquet servant à allumer la mèche. C’était surtout que la cadette n’était pas du genre à se contenter de planter le couteau, puis d’attendre sagement la mort. Ou bien de le retirer, pour que le trépas vienne plus vite. Non. Elle, elle l’enfonçait là où ça faisait mal, mais sans chercher à tuer, puis retournait la lame encore et encore, jusqu’à ce qu’il ne réside plus aucune once de volonté. Elle venait tout juste de l’illustrer, par son exemple sur cet été là. Evidement le flic avait toujours sut à quoi s’en tenir. Elle était de son sang, puis ce trait de sadisme se trouvait être une constante récurrente, du fichu caractère des Howard.
Le livre était déjà ouvert, et le frère savait parfaitement que s’il faisait durer le suspens, la brune n’hésiterait pas à lui arracher les pages.

La mention du mot "boude", n’eut que pour seul effet de lui faire vider son verre de whisky d’un trait. Une brillante idée en soit, son foie l’en remerciera plus tard. Son estomac en revanche, en avait une sale habitude. Puis, compte tenu de la ligne de shot qui l’attendait, que Cass avait déjà entamée, il fallait bien la rattraper.
Puis il n’aimait pas ce mot, bouder. Il avait passé l’âge de bouder, c’était bon pour les enfants. Quand on est un vieux con de cinquante balais, on ne boude pas. On s’octroie le droit de ne pas exprimer ses sentiments, ou le fond de sa pensée et on envoie chier ceux qui se risquent à poser la question. A cinquante putain de balais, on ne boude pas, on bougonne. Grande nuance. Sans doute comprendra-t-elle dans sept ans, quand son tour viendra. En attendant, il n’avait toujours pas envie de lui répondre.
- « Envois donc ce que tu veux à mère. Pour ce que j’en ai à foutre. Cingla-t-il, consentant à prendre quelques frites roses pour éponger l’alcool, qui lui anesthésiait le gosier. T’as qu’à même lui donner la photo que tu viens d’envoyer à feu Don Juan, elle en sera plus que ravie. Puis une d’Alphonse pour la route, soyons fou ! S’enfonçant dans son dossier, sa main balaya l’air d’agacement. Pour ce qu’elle s’en soucis. »
Sa rancune envers leur mère n’avait jamais été un secret pour personne. Elle, qui n’avait jamais eut le courage de ses opinions, devant leur père. Elle, qui avait toujours vu sa femme, comme une pièce rapportée très mal assortie. Elle, qui considérait toujours sa fille comme une bâtarde, alors qu’elle n’était pas née hors mariage. Et le fait qu’il ait divorcé de sa mère n’aurait rien dû y changer. Elle, qui devrait plutôt se contenter de Kaisa comme petite fille, pour la merveilleuse jeune femme qu’elle devenait. Mais il est vrai qui lui n’était que le deuxième fils et que sa fille n’était pas héritière. Ça faisait toute la différence pour elle. Elle ne l’avait pour ainsi dire jamais soutenu dans sa vie, encore moins quand il aurait eut besoin d’elle. Trop fière et bien trop à cheval, sur de vieux crédos de bourge à la con. Par conséquent, moins Louciane avait de contact avec sa mère, ou en entendait parler, mieux il se portait. Il avait assez de problème à gérer avec le boulot, ces temps-ci.

Sa mâchoire resta crispée après avoir envoyé bouler sa sœur. Il ne voulait pas mentionner Camden. Pas à elle, qui connaissait leur histoire. Pas à elle, qui s’amusait à le taquiner, en le faisant porter son regard sur la gente masculine.
Au bout de quelques minutes de silence, l’homme s’envoya un verre de shot, puis le retourna sur la table, le faisant claquer d’un coup sec, pour opposer son agacement face à son tapotement d’ongles.
- « Sinon tu arrêterais de jouer au fausse femme impatiente, si je te disais simplement que c’est la merde au boulot ? Que c’est tellement la merde, que je suis obligé d’me farcir un agent du NCA, en tant que collaborateur consentant, putain d’agent de liaison et pseudo partenaire. Marquant un temps de pause, le brun prit conscience des mots qu’il venait d’employer. Et puis, tu sais bien que j’ai pas vraiment le droit de t’en dire plus. »
Se farcir un agent… Mais quel con… Rien que de repenser à l’absurdité de ses paroles, surtout imputé à Baxter, il sentit ses hélix rougir. Attrapant un second shot, il le vida pour le retourner à côté du premier. Au moins ses nouvelles couleurs passeront pour l’action de l’alcool.
S’enfonçant un peu plus dans sa chaise, sa main droite s’échoua sur son avant bras, puis remonta jusqu’au coude. Un geste quelque peu calculé, car elle savait très bien pourquoi ça le dérangeait, de travailler de nouveau en binôme, avec qui que ce soit. Et ce n’était pas que par un pur caprice.
Un peu naïvement, il espérait que ce seul souvenir, l’empêcherait de le questionner sur ce fameux "collègue" qui le dérangeait. Même si c’était bien mal connaitre sa petite sœur…

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