(hel&cal) Return of the Mack, get up! What it is, what it does, what it is, what it isn’t ?

Aller en bas

(hel&cal) Return of the Mack, get up! What it is, what it does, what it is, what it isn’t ?

 par H. Calixte Seymour le Dim 21 Jan - 0:25

 
   
Return of the Mack, get up! What it is, what it does, what it is, what it isn’t ?
   helena & calixte
 
 
 
Le bruit allait déranger les voisins, oui. Les gobelets qui s’entassaient, tombaient, se vidaient de leur contenu allait abimer le parquet, oui. Les miettes, le piétinement des personnes, les corps qui se poussaient, se heurtaient, riaient de se voir tomber, les coudes qui heurtaient les murs, les vases, les bouteilles devenaient cadavres et les fumées, suspectes, entremêlées d’odeurs toutes aussi suspectes… tout, oui absolument tout ce qui environnait Calixte à cet instant aurait suscité chez Edward comme chez Papa un froncement de sourcils désapprobateurs ainsi qu’une déception, pour le second, et d’un mépris, pour le premier, des plus palpables. Mais Calixte n’en avait aise, à cet instant, parce qu’entouré de personnes joyeuses, joyeux il était. Entouré de personnes hilares et titubantes, hilare et titubant il était. Le bruit allait déranger les voisins ? Pas de problème. Les gobelets renversés qui se vidaient sur un canapé en cuir et sur un tapis persan allaient abîmer définitivement l’ensemble ? Peut-être. Calixte n’en avait aise, à cet instant, parce que cet appartement, ce canapé et ce tapis, ce n’étaient pas les siens. Rien de tout cela n’était à lui, tout n’appartenait qu’à un camarade de promotion qui avait organisé, sur un coup de tête, ce genre de fête qui n’existait que dans le monde que Calixte n’aurait pas dû fréquenter mais dans lequel il avait sauté à pied joint avant même d’être majeur, et qu’il n’avait jamais quitté totalement malgré tous les efforts, conjoints de Papa et Maman pour l’en arracher. Il avait de l’argent, il avait du charisme, il avait des contacts : il possédait en main les clés de toutes les soirées, de tous les appartements, de tous les cercles de jeunes qui savaient se faire plaisir.

Et de ces clés, il usait sans scrupule. Sans faire de pause. Sans excès, sans modération. Comme ce soir. Calixte riait, Calixte chantait, Calixte défiait, Calixte n’était pas un homme à se taire ou à se faire discret, surtout lorsqu’il pouvait avoir du public pour rire à ses âneries ou pour écouter ses bêtises. Surtout lorsqu’il avait un public. Comme ce soir, finalement, ou sans se soucier de la succession des événements l’ayant guidé à cet instant, il leva son verre, debout sur une table, semelle claquant sur une nappe trop de fois tâchée au cours de la dernière heure, il montrait à qui réclamait de voir, le lambda qui s’enroulait sur ses côtes, débraillant sa chemise passée. Il déclamait à qui voulait entendre que ses gènes étaient humains, que son sang était humain et que l’homme, finalement, n’était pas moins qu’un mutant. Il était convainquant, Calixte, il savait être convainquant du moins, porte drapeau des veilleurs, héritier, quoiqu’en dise Edward, des ducs de Somerset et de leur mission ancestrale. Les soirées comme celles-là, il restait lucide, Calixte, il restait cohérent, ou presque. Il restait convainquant. Ou presque. « Lambda, alpha, kappa, finalement… », acheva-t-il dans un éclat de rire… « Té, vé ! Je suis peut-être qu’un lambda mais moi, je n’ai pas la trouille de me faire tatouer, bande de lopettes ! » Il avait l’éloquence d’un Ciceron, à cet instant, Calixte. Et lorsqu’il sauta en bas de son estrade improvisée, ce fut pour éclater de rire, encore, et taquiner une amie qu’il n’avait pas vue depuis bien trop de mois maintenant. Colleen sortait du lot par bien des aspects. Y compris celui de savoir argumenter et d’entretenir le débat. Oh, elle n’était en rien liée aux Veilleurs mais… il lui lança un regard amusé, se frayant un chemin dans sa direction, volant un verre dans une main, un second dans une autre, qu’il lui remit avec une révérence des plus grâcieuses. Il riait, Calixte, il défiait, il chantait, mais contrairement à la plupart des autres jeunes présents, il avait encore toute sa lucidité, ou presque. S’enivrer, si c’était clairement l’un des objectifs à atteindre, n’était pas dans son viseur pour le moment : il n’était que vingt-deux heures après tout, et la nuit allait être longue. Et c’était l’occasion unique de… « Alors Colleen, qu’est-ce que tu en penses, toi ? » Elle goûta une gorgée de bière, considéra les centilitres que contenait le récipient, le déposa sur la table la plus proche avant de délaisser Calixte, une fraction de seconde, pour aller prendre l’air à la fenêtre la plus proche et allumer une cigarette, l’un des vices qu’elle possédait et qui la rendait plus sympathique encore. Quoique… ce n’était pas une cigarette, qu’elle était allumée. « J’en dis que tu bois trop, Calixte, et que je trouve ça ridicule de souhaiter tatouer comme ça toute une population. Autant mettre l’information sur un papier d’identité, non ? Ca évite d’avoir à… » Il agita un doigt sous le nez de la juriste. « Une carte d’identité, ça se perd, mon chaton, alors qu’un bout de peau… » Grimace forcée, grimace comique… « Ca peut se perdre aussi mais… c’est quand même plus délicat. » Elle leva les yeux au ciel.

Elle s’apprêtait d’ailleurs à le contredire à nouveau, quand du coin de l’œil, Calixte avisa une silhouette trop de fois perdue de vue, elle aussi, ces dernières années. Que faisait-elle là ? En voilà une excellente question, dont Calixte brûlait véritablement d’avoir une réponse. Helena et lui se fréquentaient, pour ainsi dire, depuis leur plus tendre enfance, deux rejetons de veilleurs dans la même tranche d’âge, quand leurs parents se voyaient, ils jouaient dans la cour, dans les jardins, grimpaient aux arbres ou se battaient avec des épées en bois, sans cesser de se courser, afin de revenir les plus crottés possibles. Avec l’âge, les jeux avaient changé, pris de l’âge eux aussi et ce n’était plus aux arbres qu’ils grimpaient, mais les arbres qu’ils fumaient, ce n’était plus avec des épées en bois qu’ils se battaient, mais avec leurs poings, et ce n’était certainement pas les plus crottés possibles qu’ils cherchaient à rentrer, mais les plus ivres, quand la soirée était bonne et la nuit était longue. Seulement, il y avait de cela déjà… huit ans, vraiment ? Helena l’avait abandonné, le pauvre Calixte, qui s’était retrouvé tout seul, à devoir se chercher des compagnons de soirée et de sortie. Et malgré tous ses efforts, pas à un seul instant il n’avait réussi à la ramener dans le droit chemin. Un sourire s’étira sur ses lèvres. Persévérant. Il était persévérant, Calixte. Un index levé, il réclama deux minutes de sursis à Colleen pour attraper une chaise, monter dessus, équilibriste du dimanche. Ses yeux couvrirent la pièce. « Mes amis ! » Attention attirée, il gonfla le torse sous les regards posés sur lui, tendit une main qu’on remplit d’un verre clapotant d’alcool. « A la santé d’Helena Percy qui daigne ce soir nous ravir de sa présence… » Il se décala sur la chaise, pour lui faire un peu de place sur sa scène et l’inviter à le rejoindre. Aux yeux de tous. « Qu’on lui donne un verre et qu’on lui porte un toast ! »

Elle allait adorer ça. Telle qu’il la connaissait, elle adorait ça. Calixte prépara un sourire, un de ses sourires qui plissaient ses yeux et illuminaient son visage, pour mieux encaisser une colère qui n’allait pas tarder à venir.
 
 by marelle  
avatar
Messages : 933
Date d'inscription : 15/12/2017
Crédits : (avatar) inconnu.
Métier : analyste financier ; altiste
Voir le profil de l'utilisateur

Revenir en haut Aller en bas

Re: (hel&cal) Return of the Mack, get up! What it is, what it does, what it is, what it isn’t ?

 par Helena M. Percy le Ven 26 Jan - 22:02


♛ Calixte & Helena
you again. pissing me off. bringing me down.

▼▲▼


Malgré la privation d’alcool et d’autres substances qui incitaient à davantage encore de folies, Helena n’avait jamais cessé d’aimer les fêtes. Elle s’en était totalement privée pendant un moment, le temps de faire le vide, ou de faire le point et à la reprise, les choses avaient été aussi difficiles que prévu. Le plus compliqué pour la belle blonde avait été de faire accepter aux autres qu'elle ne prendrait jamais rien de plus fort qu'une eau plate de la veille. Ses rares anciens amis comme ses nouveaux avaient souvent eu du mal à approuver cette jeune femme nouvelle qui ne ferait plus jamais le fête comme eux. Personne n'aimait les gens qui ne faisaient pas tout comme tout le monde, on pouvait faire semblant de l'accepter, on pouvait passer outre, mais quelque chose chez nous tiquait, ça dérangeait, l'humain était ainsi fait. Mais si on avait fini par faire mine de laisser couler – et cela suffisait amplement à la satisfaction de l'ainée des Percy – certains continuaient à s'accrocher, à affirmer leur désaccord et à mettre des bâtons dans ses jolies roues si durement formées. Calixte en était le plus terrible exemple. Une plaie qui allait et revenait toujours mieux comme un boomerang entêtant. C'était toujours dangereux de trainer dans des endroits pareils pour Helena, bondés de monde, de fêtards à l'extrême et de tentations... C'était sa petite dose d'adrénaline, mais ça l'était plus encore quand le cadet des Seymour trainait dans les parages. Si la blonde avait su qu'il était là ce soir, elle aurait évité cette soirée comme la peste. Elle serait resté chez elle, serait sortie ailleurs, aurait fait une partie d'échec dans une maison de retraite, tout aurait été mieux que ça.


La première partie de la nuit avait été agréable, comme on la lui avait présenté lorsqu’elle avait été invitée à venir. Helena avait croisé quelques collègues de travail et quelques natifs de Killingworth avec qui elle avait discuté en sirotant son jus de pomme. Et tout allait pour le mieux, habituée aux verres filant d’un côté à l’autre de la pièce et aux jeunes trop vite saouls qui rendaient les biscuits apéritifs au cuir des canapés, jusqu’à ce qu’une voix se fasse entendre au dessus de toutes les autres. 
Calixte Seymour. Le cadet de la famille, celui avec qui elle avait certainement passé la plupart des heures les plus sombres de sa vie, celui qui l’avait entraînée vers le bas comme peu de gens avaient su le faire et qui ne lui rappelait maintenant plus que de mauvais souvenirs. 
Helena écouta son discours sur la supériorité de l’humain par rapport aux mutants avec un mépris apparent. Et dire que son père avait voulu la mariée à ce type. Et dire qu’ils avaient été amis... Mais cela semblait être à des années lumières de temps et il s’était passé bien trop de terribles choses entre temps pour que cela ait encore une quelconque importance. 

 ‹‹  Faut que je me barre d’ici.  ››

Elle dit à ceux qui l’entouraient avec une exaspération presque palpable. Mais on la retint par le bras en riant, on lui colla un nouveau verre entre les mains - qu’elle posa, sans y toucher, sur le rebord d’une cheminée et qui serait assurément vidé par quelqu’un au cours de la soirée - et on l’entraîna dans des débats que finalement, Hel ne souhaita pas ignorer. Après tout, peut-être que Seymour ne la verrait pas, peut-être qu’il lui foutrait la paix. Jetant un dernière regard dans sa direction et voyant qu’il était maintenant occupé avec une femme, la jeune Percy ce rasséréna et entra parfaitement dans la conversation. 

‹‹ Mes amis ! ››

Aux premiers mots, Helena sentit que quelque chose allait mal se passer. Peut-être une intuition, peut-être de la paranoïa... Quoi qu'il en soit, la suite lui donna raison.

‹‹ A la santé d'Helena Percy qui daigne ce soir nous ravir de sa présence... Qu'on lui donne un verre et qu'on lui porte un toast ! ››

Les yeux de la veilleuse s’écarquillèrent sous le coup de la surprise. Ce n'était pourtant pas la première fois que le jeune Seymour s'amusait à lui mettre des bâtons et elle aurait du savoir qu'il n'abandonnait que rarement lorsqu'il pouvait poser problème...
La jeune femme voulu s'en aller, avant que tous les regards ne passent de Calixte à elle. Mais elle était connue. Et même si sa famille n’avait pas été aussi impliquée dans la vie de Killingworth (bien que n’ayant jamais officiellement avoué l’intégralité et la teneur de leur implication) était là depuis trop longtemps pour ne pas l’être. Les regards se tournèrent trop vite vers elle, puis dans un éclat de voix elle se sentit soudain entraînée, poussée par des mains qui la faisaient avancer puis qui la forcèrent presque à monter sur la chaise. Monter sur une chaise, merde ! Mais la jeune femme ne pouvait faire autrement, c’était à peine si elle avait réussit à ne pas rentrer en collision avec le meuble tellement l’enthousiasme de la foule l’avait poussée vers Calixte. Un instant plus tard elle était perchée en hauteur sur un tout petit espace, rehaussé encore par la taille de ses talons. Sa main qui ne contenait pas le nouveau verre qui lui avait refilé, s’agrippant bien malgré elle au bras de Calixte alors que la hauteur se faisait de plus en plus insupportable. 

 ‹‹ Tas toujours pas appris à être intelligent.  ››

Elle souffla à son ancien amis alors que son regard jaugeant de la hauteur n’arrivait même pas à le fixer avec toute la colère dont elle aurait voulu le gratifier. Son corps entier tremblait et ça aurait pu être de rage si ça n’avait pas été de peur. Les doigts de sa main libre accrochés au veilleur lui laisseraient assurément des marques pour un petit moment. Mais Helena n’était plus en mesure de provoquer un scandale, ni même de lui dire ses quatre vérités maintenant, devant tout le monde. Son acrophobie était plus forte que sa fierté, son orgueil ou que tout le mépris qu’elle pouvait ressentir à l’instant contre Seymour.
Les regards semblaient soudain tous collés à elle. A une époque ça ne l'aurait pas dérangée, mais la situation n'était plus la même. Sa situation n'était plus la même. Pourtant elle savait encore parfaitement comment agir. Rassemblant un peu de son énergie pour se sortir de cette situation au plus vite, elle mima un sourire et leva son verre au dessus de la foule attentive.

 ‹‹ Santé ! ››

Avant de porter le verre à ses lèvres, mimant l'action de boire sans qu'en réalité l'alcool ne passe la barrière de ses lèvres...
La jeune femme attendit que les gens finissent par prendre une gorgée de leur verre, puis avec la force qu’il lui restait et un malaise évident, elle se laissa tomber aux pieds de la chaise, lentement, difficilement. De là en bas elle pu enfin reprendre les forces nécessaires pour darder Calixte de son regard le plus sombres. 

 ‹‹ Tu l’as fait exprès pas vrai ?!  ››

Ce n’était pas vraiment une question. Quoi qu'il dise, Helena en était persuadée. Pas juste pour la boisson, pour la hauteur aussi. Parce qu’il savait, ils avaient passé assez de temps ensemble étant enfants pour découvrir les phobies des uns et des autres. Et si les enfants Seymour s’étaient peut-être débarrassés des leurs, Helena elle était toujours incapable de supporter la hauteur. 

 ‹‹ J’espère que tu es fier de toi.  ››

Elle siffla comme désireuse de lui jeter un venin corrosif au visage puis sans attendre sa réponse, elle fendit la foule qui était revenue à ses occupations et parti rejoindre la cuisine.

Appuyée au comptoir de la pièce seulement occupée par des petits groupes qui se chargeaient de représenter l’habituelle contre-soirée de la cuisine et par un couple déjà beaucoup trop dénudé, Helena tentait de redonner un rythme normal à sa respiration et de remettre en ordre son estomac mal mené par la peur et le stresse. Et quand tout irait mieux, elle rentrerait bien gentiment chez elle, là où elle aurait du aller depuis le début... Ou bien elle irait dire ses quatre vérités à Calixte une bonne fois pour toutes...

CODAGE PAR AMATIS

avatar
Age : 23
Messages : 616
Date d'inscription : 14/01/2018
Crédits : CrazyDiva
Métier : Designer Graphique
Voir le profil de l'utilisateur

Revenir en haut Aller en bas

Re: (hel&cal) Return of the Mack, get up! What it is, what it does, what it is, what it isn’t ?

 par H. Calixte Seymour le Dim 28 Jan - 16:28

 
   
Return of the Mack, get up! What it is, what it does, what it is, what it isn’t ?
   helena & calixte
 
 
 
Calixte, par bien des aspects, était un homme remarquable : on le remarquait, où qu’il soit, où qu’il aille. Il ne savait pas, il ne pouvait tout simplement pas rester dans l’ombre. Le cadet des Seymour cherchait le soleil avec la détermination d’un héliotrope, il quêtait la lumière comme en guise de revanche, pour reléguer dans l’ombre Edward, pour inverser les rôles, pour imprimer dans l’esprit des personnes, des anglais en général, des médias, que les Seymour n’avaient pas un mais deux fils, qu’il n’y avait pas qu’un futur duc, mais un potentiel duc. Calixte, depuis des années, s’était lancé dans une quête illusoire et vaine de popularité et de légitimité. Où qu’il aille, on le voyait. Où qu’il soit, on le remarquait. Et qu’importent les soirées dans lesquelles il était invité, nombreuses, très nombreuses, il finissait toujours par attirer les regards et parler de sa voix charismatique et trop chargée de conviction, pour représenter les Seymour, parler au nom d’Edward et de Papa, le plus souvent sans réellement leur demander leur avis et avoir leur consentement. Comme à cet instant. Calixte savait parler. Pire encore : il savait mieux que quiconque être écouté. Ce n’était qu’une affaire de volume sonore – bien qu’il avait véritablement appris à avoir du coffre, c’était une question de charisme. De magnétisme. Et de culot. Comme à cet instant. Un verre, oui, un verre, ouais, un verre, encore un et trinquons mes amis, yoho ! Il ne lui avait suffit que de deux mots pour être à nouveau le centre de l’attention, il ne lui en avait guère fallu davantage pour qu’Helena le devienne elle aussi, soit obligée de le rejoindre et de monter sur la chaise. Calixte eut un sourire amusé, presque trop, certainement trop, lorsqu’il leva son verre, lorsqu’il attendit avec patience qu’Helena ne puisse se dépêtrer du filet qu’il venait de lancer sur elle, pour la ramener à lui, la tracter, contre son gré. A la santé d’Helena, oui, qui était en train de le foudroyer du regard mais qui ne put véritablement lutter contre le mouvement de foule. Tremblante, elle monta sur la chaise. Tremblante, elle fut contrainte non seulement de tenir un verre rempli d’alcool, mais aussi de se retenir à Calixte qui passa sans même lui demander son avis un bras derrière son dos pour la retenir, histoire que leur équilibre précaire ne se termine pas en chute ridiculisante. « Tas toujours pas appris à être intelligent. » Il eut un petit rire, chuchota à son tour à l’oreille de son ancienne amie une réponse amusée et surtout volontairement provoquante. « J’ai un grand esprit d’adaptation » Une œillade en direction d’amis transforma son chuchotement en toute autre chose, laissant l’imagination de leur public fantasmer sur les mots prononcés quand il déposa un chaste baisé sur sa joue. Comme deux amis, non ?

La main d’Helena s’accrochait à son bras, Calixte l’observa avec attention. Il jouait, oui, il jouait le Veilleur, il jouait le Seymour, il jouait, le Calixte, avec Helena. Il attendait de voir, comment elle allait réagir, si elle allait jouer selon ses règles à lui, comment elle allait se dépêtrer de tout ça. Indifférent à l’acrophobie de la jeune femme, tout ce que Calixte voyait, à cet instant, c’était le jeu, hilarant, qu’il avait déclenché et dont il attendait avec impatience le dénouement. Après un temps qui lui paru interminable, elle leva son verre. Offrit un sourire aux autres fêtards. « Santé ! » Leva son verre derechef, « Santé ! » reprit Calixte en écho, vidant le sien cul sec, non sans observer le niveau de celui d’Helena qui ne bougea d’un pouce. Une grimace déçue se dessina sur les lèvres du Seymour, mais avant qu’il ne puisse lui faire la moindre remarque, elle avait déjà fui, retrouvé la stabilité du sol. Un sol que Calixte rejoignit sans plus tarder, d’un petit bond plein d’énergie, arborant un sourire enfantin d’un petit prince ayant obtenu ce qu’il voulait. Ou presque. « Tu l’as fait exprès pas vrai ?! » Pour toute réponse, Calixte éclata de rire. S’il l’avait fait exprès ? La question ne se posait presque pas. Oui, il savait qu’elle fuyait les excès, l’alcool, les soirées débridées et inconvenantes avec application. Oui, il savait que l’année où elle avait pris du recul, c’était également l’année où lui avait complètement plongé, avait failli complètement plongé, rattrapé in extremis par Papa, à quelques centimètres de l’addiction et de la prison. Mais oui, aussi, il avait momentanément oublié l’acrophobie d’Helena. Aurait-elle été, à sa place, assez cruelle pour proposer à l’ensemble des fêtards une excursion nocturne en ville ? Calixte en doutait, croisait les doigts pour que ce soit effectivement le cas. Alors s’il avait fait exprès d’attirer l’attention sur Helena ? Oui. De la faire monter sur une chaise pour la sentir trembler contre lui ? Pas vraiment. Et s’il en était fier… ? « J’espère que tu es fier de toi. » Cette fois, pas d’éclats de rire, non. Calixte était un menteur, mais pas à ce point-là : il n’était pas vraiment fier de lui, non. « Tes espoirs sont exaucés, Helena. » Il récupéra de ses mains le verre plein pour le troquer avec le sien, vide. On ne gâchait pas de l’alcool comme ça, et puisqu’Helena avait décidé de jouer malgré tous ses efforts les trouble-fêtes… « Il doit y avoir du jus de pomme. Ou du jus de goyave, c’est à la mode chez les filles, non ?, dans un autre coin de la salle. » Son regard dériva sur un couple plus vraiment vêtu, Calixte ne put s’empêcher de sourire, mais également de leur tourner le dos, pour mieux garder Helena dans son champ de vision. « Alors, laisse-moi deviner… Tu es ici parce que Thomas t’a invitée ? Ou alors on t’a proposé de faire la Sam de la soirée ? » Qu’ils avaient changé, depuis leurs vingt ans, tout de même. Calixte soupira. Avala une nouvelle gorgée. « Ca va, c’était qu’une toute petite chaise. Je t’ai pas invitée à monter sur la table. » Et pour quiconque connaissait Calixte, oui, ça aurait pu tout à fait être une possibilité.

 
 by marelle  
avatar
Messages : 933
Date d'inscription : 15/12/2017
Crédits : (avatar) inconnu.
Métier : analyste financier ; altiste
Voir le profil de l'utilisateur

Revenir en haut Aller en bas

Re: (hel&cal) Return of the Mack, get up! What it is, what it does, what it is, what it isn’t ?

 par Helena M. Percy le Sam 10 Fév - 22:28


♛ Calixte & Helena
you again. pissing me off. bringing me down.

▼▲▼


A l’image d’Helena et de sa sœur, Calixte et son frère étaient parfaitement opposés et si avec Edward, la jeune Percy s’efforçait de maintenir auprès de tous une impression de haine réciproque, les ragots concernant une liaison avec Calixte, eux, n’étaient plus à inventer. Ça avait commencé quand la presse avait fait le rapprochement que les deux nobles avaient le même âge, qu’ils se connaissaient depuis longtemps et qu’ils étaient tous deux célibataires. Ça avait suffit à noircir des pages de suppositions romantiques dignes d’un conte de fées moderne. Et puis l’idée était, comme par magie, arrivée à papa Percy de marier son aînée au fils Seymour. À se demander d’où ce brillant projet lui était venu... Quoi qu’il en soit, Helena avait catégoriquement refusé. Quand bien même le cadet du duc de Somerset lui aurait plut, ce n’était plus le moyen-âge et la jeune Percy refusait qu’il lui soit imposé quoi que ce soit et surtout pas quelque chose d’aussi personnel. Elle n’était pas une marionnette au sein de la cause des Veilleurs. Elle ne l’avait jamais été et ne le serais jamais. Son refus avait calmé les imprimantes pendant un petit moment...
Et puis il y avait eu la période où Helena s’était mise à sortir avec Calixte beaucoup trop souvent. Il avait eu une horrible influence sur elle, mais assurément que si ça n’avait pas été lui, Hel aurait trouvé quelqu’un d’autre pour prendre ce rôle... Il n’y avait rien eu entre eux - rien dont elle se souvienne ou veuille se souvenir en tout cas - mais ils s’étaient fait voir, entendre, remarquer plus que de raisons et toujours pour les pires motifs. Ça n’avait pas tardé à réalimenter la presse... Heureusement les années étaient passées depuis cette sombre période et tout le monde avait fini par se rendre à l’évidence : il était vain d’espérer un mariage entre Percy et Seymour.
Par contre pour la romance, au vu des yeux brillants levés vers eux, Helena doutait que tout le monde en ait abandonné l'idée...
La blonde lança un regard meurtrier au brun alors qu'il se déclamait fier de ses méfaits. Ouais, elle n'en doutait pas qu'il était fier de sa connerie !
Dans la cuisine, à l'abri de la plupart des regards curieux, Helena avait espéré pouvoir reprendre correctement son calme, l'intégralité de ses esprits, mais c'était sans compter Calixte qui l'avait suivit comme un chasseur ayant choisi sa nouvelle cible.

« Il doit y avoir du jus de pomme. Ou du jus de goyave, c’est à la mode chez les filles, non ?, dans un autre coin de la salle. »

Non mais il ne pouvait pas voir ailleurs si elle y était pas hasard ?

 ‹‹ Je n'ai pas soif. Juste une terrible envie de vomir. Tu ferais mieux d'aller mettre tes chaussures ailleurs du coup, avant que je ne les ruine malencontreusement.  ››

Elle avait dit ça à voix haute, évidemment. La blonde n'était pas du genre à retenir ses pensées au bord de ses lèvres.

‹‹ Alors, laisse-moi deviner... Tu es ici parce que Thomas t'a invitée ? Ou alors on t'a proposé de faire la Sam de la soirée ? ››

Parfois la jeune femme avait du mal à savoir si Seymour se foutait d'elle ou s'il ne savait juste pas s'exprimer avec gentillesse. Pourtant il était un incroyablement bon orateur, doté d'un charisme fou et d'une capacité toute particulière à obtenir l'attention... Mais il était désagréable, insupportable et terriblement mal intentionné. Il aurait du être un politicien, Helena en était certaine.

 ‹‹ Et toi tu es invité d'office à toutes les soirées d'Angleterre, non ? ››

Se redressant un peu, maintenant qu'elle avait un peu regagné de son énergie, la jeune femme se tourna complètement vers Calixte, le bassin tout de même appuyé contre la table, pour le jauger franchement et le regarder descendre son verre dans une vision qu'Hel semblait avoir vue et revue des dizaines de fois.

‹‹ Ca va, c'était qu'une toute petite chaise. Je t'ai pas invitée à monter sur la table. ››

Le regard clair de la jeune femme se fit plus dur, presque défiant.  

 ‹‹ Tu crois que ça aurait fait une différence ? Tente moi encore et je crie à l'extinction des feux pour voir ce que ça fait.  ››

CODAGE PAR AMATIS

avatar
Age : 23
Messages : 616
Date d'inscription : 14/01/2018
Crédits : CrazyDiva
Métier : Designer Graphique
Voir le profil de l'utilisateur

Revenir en haut Aller en bas

Re: (hel&cal) Return of the Mack, get up! What it is, what it does, what it is, what it isn’t ?

 par H. Calixte Seymour le Dim 25 Fév - 23:57

 
   
Return of the Mack, get up! What it is, what it does, what it is, what it isn’t ?
   helena & calixte
 
 
 
Par bien des aspects, Calixte se comportait souvent comme un petit con, prétentieux, arrogant, sans une once de sensibilité et encore moins d’intelligence. Quand il se mouvait dans ce genre d’environnement, des fils et filles de fortunes anglaises, où l’alcool et les substances illicites se mêlaient aux rires et aux conversations aussi vides de sens que passionnées – parce que oui, même si beaucoup tournaient autour des dernières rumeurs en ville et de la politique, les arguments échangés ne dépassaient guère le niveau des médias et des a priori les plus insipides – Calixte se démarquait. Roi de la soirée, seigneur parmi ses sujets, il avait cette manière de se déplacer, de s’exprimer, de se comportait qui le plaçait sans nul doute possible comme Empereur des petits cons. Et il aimait ça. Il aimait ça, Calixte, parce qu’il aimait qu’on se tourne vers lui quand il parle, il aimait quand on le regardait avec envie, admiration et même jalousie, il aimait avoir une cour pour se pavanait, des parasites qui lui tournaient autour et cherchaient à obtenir des faveurs. Par bien des aspects, Calixte était précisément dans son élément à cet instant, du haut de sa chaise, quand il invita Helena à le rejoindre, quand il l’embarrassa, tenta du moins de l’embarrasser devant tout le monde, et il le fut même également quand elle descendit du perchoir avec une colère parfaitement compréhensible. A la source de laquelle on trouvait une négligence de sa part. Il le savait, pourtant, il ne le savait que trop bien que si lui était incapable de supporter la moindre zone d’ombre, elle, c’était le haut de ses talons qui la faisait paniquer. Il le savait, il ne le savait que trop bien, et pourtant, dans ce genre de situation, avec l’excitation de la soirée, ce jeu du m’as-tu-vu qu’il remportait sans cesse, il l’avait oublié. Négligé, plutôt. Et au fond, tout au fond, Calixte en était mortifié. Il mentit, bien sûr, en avançant qu’il était fier de lui. Il mentit, bien sûr, tout plutôt que de perdre la face, mais ce ne fut pas avec l’aisance qu’il aurait souhaité, ce n’était même pas avec la jovialité qu’on lui connaissait d’ordinaire en de pareilles circonstances. Le regard noir d’Helena ne le récompensa en rien, il lui sourit en retour, d’un sourire insistant, forcé, exagéré. Est-ce qu’il était fier d’avoir oublié l’acrophobie de son amie d’enfance ? Non, bien sûr que non, et il le regrettait plus que jamais maintenant. Mais… Mais. Il n’allait pas pour autant s’aplatir devant elle en la suppliant de lui pardonner sa connerie, il n’allait pas non plus commencer à geindre et à se flageller, ce n’était absolument pas son genre.

Et il avait une réputation à tenir. Calixte prit plutôt le parti de se faire pardonner, en la suivant jusque dans son refuge, en changeant la conversation de sujet, en présentant, avec effort et courtoisie, à ses yeux, les avantages qu’Helena pourrait, éventuellement, retirer à être venue à cette soirée. Après tout, si elle voulait du soft – quelle tristesse bon sang, que son existence – et bien elle allait bien pouvoir trouver quelques jus par là-bas. Et si elle n’était toujours pas contente… bon sang, qu’Helena avait bien perdu en fun et en fréquentabilité il y avait maintenant huit ans de cela ! Qu’elle était devenue ennuyeuse, à toujours maugréer, à toujours s’éloigner de ce qui rendait les fêtes si intéressantes. Calixte en était presque énervé pour elle, de la voir si sage. Il en était même vexé, tout simplement. Huit ans plus tôt, il avait eu l’impression de perdre une amie, et s’il était conscient de ne pas avoir vraiment eu un comportement des plus adéquats pendant la même période, et bien… et bien. Il avait des circonstances atténuantes et Helena pouvait tout de même cesser son cinéma de sainte nitouche, maintenant. Boire un peu. Autre chose que du jus de goyave. Rétablir le dialogue. Avoir de l’humour, peut-être, rien qu’avoir de l’humour ce n’était plus envisageable ? ‹‹ Je n'ai pas soif. Juste une terrible envie de vomir. Tu ferais mieux d'aller mettre tes chaussures ailleurs du coup, avant que je ne les ruine malencontreusement. ›› Sans se faire prier, Calixte recula instantanément d’un pas prudent, qu’elle soit en train de le faire mentir sur son absence d’humour ou qu’elle soit sincère lui important peu, au final. « Hum, merci de viser plutôt de l’autre côté au prochain haut-le-cœur, j’aime vraiment beaucoup ces chaussures, tu sais… » Demander à Calixte de retenir ses commentaires relevait le plus souvent de l’impensable. Et de l’utopie.

Tout comme demander à Calixte de faire preuve de sensibilité, d’intelligence, de tact et de délicatesse quand il n’en avait pas envie : le cadet Seymour savait jouer avec talent et maîtrise le rôle de l’emmerdeur de service, et il ne se faisait jamais prier pour monter sur scène lorsque l’occasion se présentais. Comme maintenant. Il pourrait même argumenter sur le fait qu’il n’y était vraiment pour rien dans cette affaire, dans cette histoire, si on le lui demandait. Après tout, Helena ne se montrait que trop peu en société, trop peu à son goût, et il ne fallait donc guère s’étonner qu’il cherche à discuter avec elle dans ces cas-là, n’est-ce pas ? D’autant plus qu’il avait des questions non seulement sur les derniers potins Percy – à défaut d’avoir jamais pu réellement s’intéresser aux popotins Percy, et ce n’était pas faute d’avoir voulu essayer – mais également sur les raisons qui avaient pu la pousser à déplacer son auguste popotin – justement puisqu’on en parlait – en ces lieux. Thomas, peut-être ? ‹‹ Et toi tu es invité d'office à toutes les soirées d'Angleterre, non ? ›› Ce n’était pas la réponse qu’il attendait – pour discuter avec Helena, il fallait tout de même avoir sacrément du courage, elle avait autant de conversation qu’un paquet de chips, ce soir tout particulièrement – mais Calixte sût parfaitement s’en contenter en explosant de rire pour mieux acquiescer et pointer une chips – justement – piquée dans une assiette qu’il avait rapatriée vers lui en direction d’Helena. « Tout juste, tout juste, ma jolie. » Il était, de fait, invité dans un nombre un peu trop conséquent de soirée. En continu. Constamment. Et il ne pouvait satisfaire qu’une infime partie des cartons d’invitation, c’était un drame auquel il ne parvenait pas à se faire, il fallait l’en croire. Quoiqu’il en soit, Calixte s’octroya quelques chips supplémentaires lorsque son rire cessa et qu’il reposa réellement son regard sur Helena.

Diable, elle n’avait, de fait, réellement aucune conversation. Etait-ce parce que c’était lui qui était venu lui parler ? Probable. Certain, même. Etait-ce à cause de sa petite bavure d’un peu plus tôt ? Il ne fallait pas être sobre pour se rendre compte que oui, ce devait être lié. Et le visage de Calixte perdit, une nouvelle fois de sa jovialité, quand il se rendit compte que oui, il avait vraiment merdé avec la chaise. Mais ce n’était qu’une petite chaise, pourquoi s’était-elle sentie obligée de prendre la mouche pour si peu, hein ? Ce n’était qu’une histoire de quelques centimètres. Pas grand-chose, il ne lui avait tout de même pas demandé de danser la valse avec lui sur la table, aux dernières nouvelles, non ? ‹‹ Tu crois que ça aurait fait une différence ? Tente moi encore et je crie à l'extinction des feux pour voir ce que ça fait. ››

Calixte recracha son verre. Il était en train de boire une nouvelle gorgée, il la cracha, autant sur Helena que sur lui-même, à ces derniers mots. Pâle comme la mort. « Tu ne ferais pas ça. » Sa peur du noir, si elle n’était malheureusement pas un secret gardé précieusement par ses proches, n’était guère connue et son intensité, méconnue également. Tétanisante, terrifiante, Calixte n’était pas un homme particulièrement courageux, et il ne l’était certainement pas sur ce terrain-là. A la seule évocation d’une extinction des feux – tout à fait probable dans ce genre de soirée – il en avait des sueurs froides. Des palpitations. Et oh, misère, risquait-il de faire une syncope ? Si quelqu’un avait la mauvaise idée de brutalement faire sauter les plombs, oui. « Helena, tu ne ferais pas ça tout de même, non ? Pas pour une petite blague de rien du tout ! Bon sang, ça n’a rien à voir, entre grimper sur une petite chaise et… » Et ça, la terreur absolue. « Tu n’es quand même pas cruelle à ce point ! Bon sang, je vais finir par croire que si tu évites les soirées, ce n’est pas parce que tu as peur de boire un verre mais bien parce que tu es terrifiée à l’idée qu’on remarque à quel point tu… tu… tu es odieux, et absolument sans humour, sans aucun sens de la fête, et… » Et Calixte regarda avec angoisse les lumières – fort heureusement encore multiples – qui noyaient les pièces dans un éclairage des plus rassurants. « Bois un peu, sérieux, ça ne pourra que te faire du bien. Tu es coincée au possible. Je veux être sympa avec toi, je te fais la conversation, tout ça, et tu me sors des menaces venues de nulle part, non mais ça va pas bien dans ta tête, Percy, vraiment. » Oui, Calixte n’aimait vraiment pas l’obscurité. Et oui, Calixte n’avait plus aucun sens des réalités lorsqu’il avait peur, comme maintenant. Combien de nuit avait-il passées dehors, pourtant, mis dans les bois par Papa que sa phobie agaçait au plus haut point ? Combien d’après-midi avait-il passé dans une pièce sans lumière, quand Papa avait encore l’espoir de l’en guérir ou quand il avait été – une fois de trop – particulièrement insolent ? Rien, rien n’y avait fait. Et à près de trente ans, Calixte était incapable de comprendre que sa peur, en plus d’être ridicule, égalait celle des hauteurs chez Helena. Et que quelques centimètres, c’était pour la Percy la différence qui existait entre jour et pénombre.

 
 by marelle  
avatar
Messages : 933
Date d'inscription : 15/12/2017
Crédits : (avatar) inconnu.
Métier : analyste financier ; altiste
Voir le profil de l'utilisateur

Revenir en haut Aller en bas

Re: (hel&cal) Return of the Mack, get up! What it is, what it does, what it is, what it isn’t ?

 par Helena M. Percy le Sam 3 Mar - 14:57


♛ Calixte & Helena
you again. pissing me off. bringing me down.

▼▲▼


Aux yeux d’Helena, les fils Seymour étaient des garçons bien. Des garçons, pas des hommes, bien qu’Edward, lui, savait mimer la maturité bien mieux que son frère. Mais pour la belle blonde ils n’étaient encore tous que des enfants - elle y compris - qui ne savaient pas comment gérer avec leurs émotions et qui ne pouvaient répondre aux douleurs de la vie qu’avec les armes qu’on leur avait un jour donné. Peut être que d’eux trois, c’était le plus âgé qui s’en était le mieux sorti, tandis que Calixte jouait toujours de sa personnalité excentrique et prétentieuse et qu’Hel se cachait irrémédiablement derrière ses sarcasmes... Mais aucun n’était foncièrement mauvais. Elle ne pouvait pas le croire, pas après ce qu’elle avait vu d’eux enfants, et Helena ne se basait toujours sur ce que sur ce dont elle pouvait témoigner. 

Et lui ? Après toutes ces années avait il encore en tête l’image de la jeune fille irresponsable et autodestructrice ? N’avait il pas su abandonner ce souvenir dans un coin de sa tête pour laisser place à la nouvelle Helena ? 
Non, il semblait bien que personne n’arrivait à faire ça. L’ainée des Percy la première. C’était comme si sa réputation passée, malgré tous ces efforts, n’avait jamais totalement su la quitter. Quand elle croisait certains regard, elle arrivait à le lire. Qu’ils doutaient d’elle, qu’ils attendaient sa rechute. Que c’était son caractère sage qui était feint et que derrière le rideau de cette scène de théâtre, il y avait une salle bondée de gens qui attendaient que l’actrice laisse enfin à nouveau tomber son masque. 
Après huit longues années de reconstruction, il manquait toujours quelque chose à Helena. Une stabilité peut être, mais une stabilité en quoi ? Sous quelle forme ? Elle n’en savait rien et là était tout le problème. La jeune femme était juste conscience de ce manque qui la laissait au bord du précipice sans rien pour la rattraper si elle menaçait à nouveau de tomber... 

C’est au moment où la jeune femme évoqua sa pire peur que l’héritier des Somerset sembla commencer à la prendre au sérieux. Peut être un peu trop au sérieux... Elle avait voulu le menacer, l’effrayer, mais pas à ce point ! Une panique faisant écho à celle de Calixte - bien que bien moindre - s’alluma dans les yeux de la jeune femme.

 ‹‹ Calixte... ››

Elle vint poser une main qui se voulait rassurante sur le bras du brun. 

 ‹‹ Calme toi... Bien sûr que je n’aurais pas fait ça ! 

« [b]Tu n’es quand même pas cruelle à ce point ! Bon sang, je vais finir par croire que si tu évites les soirées, ce n’est pas parce que tu as peur de boire un verre mais bien parce que tu es terrifiée à l’idée qu’on remarque à quel point tu… tu… tu es odieux, et absolument sans humour, sans aucun sens de la fête, et…
»

Helena le considérait inquiète. Il devait vraiment être paniqué pour déblatérer toutes ces paroles à cette vitesse là...

« Bois un peu, sérieux, ça ne pourra que te faire du bien. Tu es coincée au possible. Je veux être sympa avec toi, je te fais la conversation, tout ça, et tu me sors des menaces venues de nulle part, non mais ça va pas bien dans ta tête, Percy, vraiment. »

Elle soupira en baissant les yeux, laissant doucement retomber son bras le long de son corps alors qu’une vague douloureuse l’envahissait. Peut être avait-il raison. Helena semblait moins drôle comme ça, moins détendue, elle aurait voulu pouvoir prendre un verre sans avoir peur d’une rechute fatale. Encore une fois, elle aurait voulu pouvoir être normale. Cette normalité après laquelle elle courait depuis des années mais qu’elle ne pouvait pas accéder sans se borner... et se borner la privait de la normalité. Un cercle vicieux interminable. Après tout, si Helena était mauvaise avec celui qui avait pendant longtemps été son compagnon de soirées, c’était uniquement parce qu’elle avait peur de son influence. Parce qu’elle espérait que sa méchanceté finirait par le faire capituler pour toujours afin que plus jamais il ne représente une menace à son équilibre encore tangent après tant d’années... Et en même temps, voulait elle vraiment couper définitivement les ponts avec le jeune Seymour ? Non. Tout comme elle ne pouvait plus s’amuser aux soirées comme avant mais n’arrivait pas à ne plus y aller du tout.
Au final peut être qu’Helena n’était pas aussi prudente qu’elle voulait se le faire croire, peut être qu’elle jouait avec le feu sans cesse. Elle aurait sûrement mieux fait d’arrêter tout ça, définitivement. De grandir une fois pour toutes et de passer ses samedis soirs autour de repas entre amis ou à grands renforts d’émissions télévisées... C’était peut être ça, ce qui lui manquait...

 ‹‹ Tu as sûrement raison Cal... Je ne suis plus la même. Mais je ne suis pas cruelle. Je ne voulais pas te faire peur.››

Elle soupira à nouveau. Elle n'aurait pas du venir ici, mais elle n'allait certainement pas partir avant d'avoir ramassé les pots cassés.

 ‹‹ Tu sais que je ne te ferais jamais de mal, pas vrai ?››

La jeune femme parlait à un enfant. Mais elle parlait à son égal et elle parlait sincèrement. Les peurs n'étaient pas pour les grandes personnes. Les adultes n'avaient pas peur des cauchemars parce qu'ils savaient que ce n'étaient que des images issues de l'imagination. Helena n'était pas une adulte. Et elle n'en connaissait pas beaucoup.

CODAGE PAR AMATIS

avatar
Age : 23
Messages : 616
Date d'inscription : 14/01/2018
Crédits : CrazyDiva
Métier : Designer Graphique
Voir le profil de l'utilisateur

Revenir en haut Aller en bas

Re: (hel&cal) Return of the Mack, get up! What it is, what it does, what it is, what it isn’t ?

 par H. Calixte Seymour le Dim 18 Mar - 11:31

 
   
Return of the Mack, get up! What it is, what it does, what it is, what it isn’t ?
   helena & calixte
 
 
 
Calixte n’était pas un mauvais bougre, mais il avait tendance à avoir l’alcool facile, à ne pas se souvenir de détails aux moments cruciaux et d’avoir un regard un peu trop tourné vers son propre nombril. Constantes chez les fils Seymour, son égoïsme et son égocentrisme se retrouvaient autant chez l’aîné et que chez le cadet, mais quand le premier avait au moins la délicatesse d’être également méprisant et distant, histoire de rester cohérent sur l’ensemble du portrait, Calixte était exubérant. Inconscient. Insouciant. Désinvolte. Et cette désinvolture, actuellement, menaçait d’être réprimandée de la plus douloureuse des façons : Helena connaissait son point faible, le connaissait bien, trop bien, bien trop bien, et le petit Seymour se décomposa sous la menace après s’être étranglé dans l’alcool qu’il était en train de boire. Pâle comme la mort, il réagit aussitôt. Pâle comme la mort, son imagination prit le relai, sans demande son reste, sans se faire attendre, sans se faire prier, pour le projeter dans une pièce sombre, où de multiples sources d’éclairage insuffisants allaient créer des ombres et des monstres, où les gens continueraient d’évoluer pour le heurter, le pousser, l’effleurer… imagination trop fertile, crainte trop ancrée, peu importait au final ce qui prédominait dans son esprit, le Seymour s’affolait déjà. Perdait le contrôle, point serré. Comme Helena osait-elle lui faire ça ? Jouer de ça ? Incapable qu’il était de faire un rapprochement avec ce qu’il venait précisément d’imposer à la Percy, Calixte paniquait, s’offusquait, s’énervait de tant de cruauté. Qu’est-ce qu’elle croyait, bon sang ? Qu’en le ridiculisant en public, elle allait moins lui en vouloir ? Que c’était drôle de s’amuser de sa peur panique de l’obscurité, du noir, des endroits pas assez éclairés à son goût, de tout ce qui était un peu trop sombre à ses yeux ? Elle était odieuse, voilà, vraiment odieuse. Elle était méchante, elle était cruelle, elle n’avait aucun savoir vivre, aucun sens de la mesure et Calixte, lui, n’avait plus aucun humour, plus aucun contrôle sur ses pensées, sur ses mots. Il la connaissait, Helena, il l’avait bien connue du moins. Trop, pas assez, il ne savait pas trop mais ce qu’il savait, c’était qu’il ne la connaissait plus aussi bien qu’avant et que si elle aurait été incapable par le passé de le forcer à séjourner dans une pièce mal éclairée tout comme il ne lui serait jamais venu à l’esprit, à lui, de la forcer à grimper sur un petit promontoire, ce n’était certainement plus le cas aujourd’hui. Ils avaient en grandis, et pas uniquement en taille, en sagesse et en âge, mais aussi en connerie et en méchanceté. ‹‹  Calixte... ›› La main qu’elle posa sur le bras de Calixte, ce dernier la chassa d’un mouvement brusque, d’un mouvement de recul. ‹‹  Calme toi... Bien sûr que je n’aurais pas fait ça ! ›› Il secoua la tête. Dans ce cas pourquoi en avoir évoqué la possibilité, hein, sincèrement ? Il passait une bonne soirée, jusque-là, pourquoi l’avait-elle ruinée avec ses mauvaises idées, avec ses idées sadiques, perverses, avec… Qu’est-ce qu’elle était venue le menacer de cette manière alors qu’ils s’amusaient bien ? Qu’avait-il fait pour mériter ça ? Pour mériter d’avoir perdu de cette manière une amie, et maintenant un peu de confiance ? Parce qu’il suffisait que quelqu’un ait entendu son idée d’extinction des feux pour que… pour… Calixte était terrifié.

Il en fallait peu pour lui faire perdre à ce point le contrôle, mais en l’occurrence, tous les voyants étaient au vert. ‹‹ Tu as sûrement raison Cal... Je ne suis plus la même. Mais je ne suis pas cruelle. Je ne voulais pas te faire peur. Tu sais que je ne te ferais jamais de mal, pas vrai ?›› Absolument tous. Est-ce qu’il savait effectivement qu’elle ne lui ferait jamais de mal ? J’en sais rien, Helena, c’est justement ça le problème. Et pour être un problème, et un gros. Je te reconnais plus ! Et cela faisait des années qu’il ne la reconnaissait plus. Je ne te connais plus, même. Il secoua la tête. Un enfant, il n’était plus qu’un enfant, à cet instant. Il n’était plus que le petit de sept ans qui hurlait à la mort dans le noir, à l’extérieur du manoir Seymour, enfermé dehors par Papa pour toute la nuit, pour l’aider à vaincre sa terreur. Des nuits qui n’avaient fait que renforcer sa phobie, qu’accentuer sa panique, que stimuler son imagination d’enfant déjà bien trop fertile. Il suffisait que la lumière décline pour qu’il soit à nouveau dans la forêt du domaine, à entendre des bruits autour de lui, à ne pas voir où poser ses pieds, à s’imaginer des monstres, des dragons, des ogres mangeurs d’enfant et des mutants démoniaques qui le poursuivaient. Il n’était qu’un enfant, Calixte, quand l’obscurité gagnait du terrain, il n’était qu’un enfant. Sauf qu’en face de lui, Helena n’en était plus une. Et qu’il avait l’air ridicule. Qu’est ce que tu fous là, d’abord ? Tu dois détester cet endroit. Presque autant que tu me détestes, tiens. Pourquoi t’as changé à ce point, je ne comprends pas… Il ne voulait pas comprendre, pour être exact. Je suis désolé de t’avoir imposé de monter sur une chaise, d’accord ? J’avais oublié, je n’avais pas pensé à… c’était pas de ma méchanceté de ma part, juste un oubli. Et le verre d’alcool, dans ce cas ? C’était de la provocation, juste de la provocation, juste un jeu, un jeu qui l’amusait, qui lui plaisait, au Seymour, dans l’inconséquence de ses vingt-neuf ans bien tassés, de ses presque trente ans, de ses yeux pétillant d’alcool. Egocentrique, ce n’était pas par méchanceté qu’il ne voyait pas toujours le tort qu’il causait aux autres et se vexait de celui qu’on pouvait lui infligeait en retour, c’était par aveuglement naïf et immature.

Il ne voyait par exemple que la distance imposée par Helena, que leur amitié tombée en désuétude, tombée dans l’oubli, comme un regret nostalgique de ce qu’ils avaient partagé et de leur complicité d’enfants. Il ne voyait que ce qu’ils avaient perdu. Et il ne voyait pas les changements opérés dans la vie d’Helena. Il ne voyait pas l’équilibre qu’elle avait trouvé, la satisfaction qu’elle avait dans un travail, son épanouissement certain dans un domaine qu’il lui aurait envié. Dessinateurs tous les deux, artistes, même sensibilité, ils étaient le reflet l’un de l’autre, sauf qu’Helena s’était débattue pour grandir, pour s’épanouir, quand Calixte ne trouvait la paix réelle que dans ces soirées qu’il fréquentait, que dans ses escapades dans le monde de la musique, loisir et non métier comme il l’aurait voulu. Calixte refusait de voir ce qui ne pourrait attiser chez lui qu’une violente jalousie, et une rancœur et une envie destructrice. Alors tout ce qu’il contemplait dans des moments comme celui-là, c’était la distance, le gouffre qui s’était creusé entre elle et lui. Je suis incapable de savoir ce que tu es capable de faire et de ne pas faire, Helena. Mais je sais que je n’aime pas quand tu dis des trucs dans le genre. Ce n’est clairement pas quelque chose de drôle. Honnêtement, parfois je me demande vraiment ce que tu viens faire dans ce genre de soirées, tu t’amuses clairement pas et tu n’amuses personne. Il glissa un regard vers l’extérieur, se rendit compte que, sans surprise, la nuit était clairement tombée. Et qu’à lui aussi, on pourrait poser la question : pourquoi s’obstinait-il à fréquenter des soirées qui ne se termineraient que par l’obligation pour lui de se confronter à sa plus grande peur ? Parce qu’il terminait systématiquement ces soirées suffisamment ivre pour ne plus avoir à s’en soucier. Il secoua la tête, encore une fois. Je suis sûr que tu danses même pas, et on sait l’un comme l’autre que les mondanités et toi… sauf si je me trompe, là aussi ?

 
 by marelle  
avatar
Messages : 933
Date d'inscription : 15/12/2017
Crédits : (avatar) inconnu.
Métier : analyste financier ; altiste
Voir le profil de l'utilisateur

Revenir en haut Aller en bas

Re: (hel&cal) Return of the Mack, get up! What it is, what it does, what it is, what it isn’t ?

 par Helena M. Percy le Sam 24 Mar - 14:16


♛ Calixte & Helena
you again. pissing me off. bringing me down.

▼▲▼


Lorsqu’Helena avait réussit - non sans aide - à se couper définitivement de tous ses vilains travers, elle s’était jurée de ne plus revoir tous ceux qui, un jour, l’avaient tirée vers le bas. Elle s’était aussi jurée de ne plus fréquenter tous les endroits débordant de drogue et d’alcool et la voilà qui trainait finalement toujours dans les fêtes étudiantes pour les doux yeux de ses nouveaux amis... Pour le risque peut être un peu aussi et pour la normalité, comme toujours. 
Alors si elle avait dérogé à sa règle dans un but tout nouveau d'évolution, la jeune femme n’avait en revanche pas transgressé le fait de fuir ses anciennes fréquentations comme la peste. Calixte ne faisait pas exception, d’ailleurs dans un sens, il était peut être le pire de ses anciens démons, le plus influent. Mais il était dur de se tenir éloigné de quelqu’un qu’on avait tant apprécié. De quelqu’un qu’on appréciait toujours. Helena aurait souhaité qu’il grandisse aussi, qu’il devienne lui aussi un adulte réfléchi et responsable pour qu’ils puissent se retrouver, amis, comme avant. Mais à l’évidence, ce n’était pas le cas.
Aux réactions disproportionnées et enfantines du brun, Hel poussa un soupire plus peiné qu’agacé. Elle n’avait pas voulu tout ça...

Non le jeune Seymour ne la connaissait plus. Elle en revanche, elle pouvait dire qu’elle le connaissait encore comme si les huit ans passés n’avaient strictement rien changés à sa façon d’être. Avait il seulement prit une ride ? Sûrement pas... Sauf que la belle blonde n’étant plus la même, elle ne pouvait plus vraiment traiter son ami comme elle le faisait avant. Quoi que... 
Saisissant un gobelet - le deuxième pas le première, on prenait toujours au moins le deuxième, par sécurité - elle récupéra quelques bouteilles aux alentours. 

‹‹ Qu’est ce que tu fous là, d’abord ? Tu dois détester cet endroit. Presque autant que tu me détestes, tiens. Pourquoi t’as changé à ce point, je ne comprends pas… Je suis désolé de t’avoir imposé de monter sur une chaise, d’accord ? J’avais oublié, je n’avais pas pensé à… c’était pas de ma méchanceté de ma part, juste un oubli. ››

La jeune femme releva un visage réprobateur vers le brun - pas pour la chaise, pour ses suppositions - avant de reprendre sa tâche.
Manier les bouteilles de verre, mélanger les liquides... Helena avait fait ça tellement de fois que les années ne semblaient pas avoir effacé sa dextérité. Remplissant le verre de différentes strates, elle fini par agiter un peu le récipient avant de le tendre a Calixte comme s’il s’était agit d’un médicament. 

‹‹ Tiens, parles un peu moins et bois, ça aura l’effet d’une tisane. ››

Elle regarda le liquide en constatant avec soulagement qu’il ne lui donnait pas envie de boire.

‹‹ Et je ne te déteste pas. ››

Prononcé sincèrement. Elle ne pouvait faire que ça de toute manière, car Helena aurait bien ajouté que l’histoire de la chaise était déjà oubliée, mais la jeune femme avait une fâcheuse tendance à oublier tout un tas d’évènements importants au profit de ce genre de choses. Une rancune tenace, alors comme elle ne savait pas mentir, elle préféra se taire. 
Peut-être qu'elle aurait du lui expliquer. Tout lui expliquer. Après tout, ils n'avaient jamais eu de réelle conversation sur leur relation qu'Helena s'était contentée d'arrêter du jour au lendemain. Elle lui devait des raisons, elle devait lui faire comprendre qu'elle avait presque été obligée de tout arrêter brutalement quand un matin elle s'était réveillée comme libérée par magie de tous ses vices. Elle n'avait juste plus pu continuer. Mais ce n'était pas le moment, Calixte n'était pas prêt. Elle non plus.

‹‹ Je suis incapable de … ››

Soudain la jeune femme le fixa le regard alerté, juste l’espace d’un instant avant de regarder ailleurs. Elle venait de zapper une phrase toute entière. Une tirade sûrement. Il venait de parler, elle en était certaine – mais de quoi ? Qu’avait elle oublié ? L’affaire de quelques secondes ? Une minute ? Plus ? Helena n’en savait rien. Elle ne se souvenait plus de s'il lui avait fait des reproches, s’il s’était excusé ou si même il lui avait posé une question. Bordel elle ne se souvenait plus de rien ! Ça avait beau lui être arrivé des dizaines de fois, Hel ne pouvait s’empêcher de ressentir une panique profonde, tordant au passage son cœur, son estomac et tout ce qui semblait se trouver sur son chemin. 

‹‹ Je suis sûr que tu danses même pas, et on sait l’un comme l’autre que les mondanités et toi… sauf si je me trompe, là aussi ? ››

Comme à une bouée de sauvetage, la jeune femme s'accrocha à cette remarque. Légèrement plus détendue qu'avant, mais toujours prise dans ce malaise dévorant. Ignorant son absence, la belle blonde répondit par rapport à ce qu'elle avait encore en tête.

‹‹ Tu pourrais arrêter d’affirmer des choses au petit bonheur la chance ? Tu commence à me ficher un mal de crâne. ››

Et il n'en était pas loin ! Elle l'avait peut-être effrayé mais lui il l'épuisait. Encore une fois, la jeune femme accrocha une main à la table. C'était stupide, mais c'était quelque chose à quoi s'accrocher. Comme si ça pouvait se substituer au fait que sa mémoire ne tenait à pas grand chose.

‹‹ Tes pire qu’un shot de vodka tu sais ça ? ››

Ce n’était pas dit méchamment, c’était franc, prononcé avec un petit sourire, c’était de l’humour, un des meilleurs moyen d’expression d’Helena quand elle se sentait perdue. Et elle se sentait souvent perdue... 

‹‹Et bien sur que j’aime danser ! J’ai toujours aimé ça et je ne vois pas pourquoi j’aurais arrêté, ça ne m’a jamais fait de mal. ››

Ca, ça n'avait pas fait de mal. Ca comparé à l'alcool, comparé à la drogue.
La demoiselle se retient d'ajouter que les mondanités – fêtes mises à part – n'étaient pas non plus son domaine de prédilection. Ca lui couta un peu, mais il fallait croire qu'il y avait tout de même un certain filtre protecteur à son franc parler...

CODAGE PAR AMATIS

avatar
Age : 23
Messages : 616
Date d'inscription : 14/01/2018
Crédits : CrazyDiva
Métier : Designer Graphique
Voir le profil de l'utilisateur

Revenir en haut Aller en bas

Re: (hel&cal) Return of the Mack, get up! What it is, what it does, what it is, what it isn’t ?

 par H. Calixte Seymour le Jeu 5 Avr - 23:23

 
   
Return of the Mack, get up! What it is, what it does, what it is, what it isn’t ?
   helena & calixte
 
 
 
Au fur et à mesure que Calixte comprenait qu’Helena n’allait pas mettre sa menace à exécution, il se détendait, le bougre. Au fond de lui, il était encore cet enfant terrifié que Papa mettait à la porte, enfermait dehors dans le nuit et le froid d’une nuit sans lune, pour le forcer à surmonter son angoisse. Il était l’adulte, parfois, lorsqu’il prenait sur lui pour ne rien laisser paraître en public, mais il était également l’enfant, souvent, lorsqu’on le prenait au dépourvu. En traitre. Et qu’il ne pouvait alors que céder à la panique la plus pure et la plus primitive. Mais était-il pour autant excusable ? Non. Pas vraiment. A ses yeux oui, bien évidemment, mais en toute objectivité, Calixte se savait agressif, ridicule et immature dans ce genre de situations, et face à une Helena foncièrement désolée, face à la sensation qu’un poids s’envolait peu à peu de sa poitrine, il ne put que s’en rendre compte. Sans pour autant cesser d’être mauvaise langue, sans pour autant cesser d’être de mauvaise humeur, sans pour autant chercher une seule seconde à contenir l’amertume et la rancœur qu’il avait au bord des lèvres et qui avaient menacé d’exploser brutalement sous cette montée de terreur. Calixte n’était pas un homme parfait, loin de là, et parmi ses trop nombreux défauts il avait celui de ne pardonner qu’avec la plus grande difficulté et de se complaire dans sa rancune, comme maintenant. Helena avait été méchante avec lui, elle méritait donc qu’il lui offre ses quatre vérités, qu’il soit franc, honnête, direct avec elle et qu’il ne tente même pas de garder un point de vue mature, lucide et objectif sur ce gouffre qui s’était creusé au fil des années entre eux deux, elle s’éloignant de ce qui jadis les liait, lui s’y complaisant et s’y noyant pour oublier le reste. Helena et Calixte s’étaient ressemblés à une époque, les miroirs l’un de l’autre, et s’ils n’avaient jamais – dans le souvenir du Seymour du moins – cédé à une attirance et un désir qui avaient pourtant bel et bien été là – du côté du Seymour du moins – ils avaient longtemps flirté dans les mêmes eaux sombres, dans les mêmes milieux troubles, s’étaient entraînés l’un l’autre dans des travers de plus en plus oppressants. Helena et Calixte avaient fonctionné de la même manière à une époque : rien n’était moins vrai maintenant. Et il lui en voulait, pour ça. Entre autres.

Il lui en voulait, vraiment, et elle pouvait faire tous les cocktails du monde – bon sang, elle jouait peut-être à la nonne question alcool, mais elle n’avait en rien perdu la main – il continuerait à lui en vouloir, parce qu’il était comme ça, Calixte : stupide. D’autant plus qu’il ne la connaissait plus, plus vraiment, que les années avaient fait bien plus que de les différencier, elles les avaient éloignés. Vraiment. Durablement. Et… ‹‹ Tiens, parles un peu moins et bois, ça aura l’effet d’une tisane. ›› Sans réfléchir, le Seymour attrapa le verre qu’elle lui tendait, en contempla les strates et se retint de demander si c’était du jus d’épinard ou de chaussette, ayant vu de ses yeux, vu que ça n’avait rien d’un jus de fruit. Mais bel et bien quelque chose de comestible, de vraiment comestible, quelque chose dont il avait bien besoin. Dans un sourire, il la remercia, porta le verre à ses lèvres et… ‹‹ Et je ne te déteste pas. ›› et manqua d’en recracher la moité. Ah ouais ? Elle avait l’air vraiment sincère. Et il ne put s’empêcher de la croire, parce qu’il voulait la croire, au fond. Calixte se força à avaler sa gorger, en but une deuxième, une troisième et rééloigna le verre de sa bouche pour en revoir les différentes strates, agiter un peu le liquide, inspirer à fond. Et soupirer.

Il était vraiment incapable de savoir jusqu’où son amie risquait d’aller. Et c’était presque le plus douloureux, dans l’affaire. Le plus effrayant. Edward, Calixte pouvait le gérer parce qu’il s’attendait tout, strictement tout, de la part de son grand frère. Même Papa, dans un sens, était prévisible dans sa cruauté gratuite et sa dureté sans égale. Tous, Calixte pouvait les gérer, parce qu’il les connaissait de longue date, pouvait anticiper leurs réactions et jauger de la véracité des menaces. Mais Helena ? Il n’avait en tête que l’image de celle qui avait partagé bien des choses avec lui, et le reflet déformé de cette Helena qu’elle lui offrait aujourd’hui et qu’il était, vraiment incapable de comprendre. Alors ouais, franchement, il ne pouvait pas anticiper ses faits et gestes, il ne pouvait pas anticiper ce qu’elle avait dans le crâne, il ne pouvait même pas comprendre ce qu’elle foutait dans le coin, à draguer ce qu’elle semblait fuir comme la peste, à s’enivrer de ce dont elle s’interdisait, à se pavaner en brandissant sa sobriété et son détachement comme faire culpabiliser les autres. Sans parler que les mondanités, au souvenir de Calixte, n’était pas sa tasse de thé… quant à danser…

La proposition de Calixte, sous couvert d’une provocation à peine voilée, sortit de nulle part et il en aurait été le premier surpris s’il ne s’était pas suffisamment connu pour ne pas s’en étonner. Après tout, danser ensemble, ça faisait un bail qu’ils ne l’avaient pas fait, c’était presque son dernier espoir, Obi-Wan Kenobi, et devant l’air perdu qu’Helena lui lançait depuis quelques secondes, Calixte commença à croire que ce nouvel espoir n’était en réalité qu’un dernier espoir piétiné, qu’une dernière désillusion et qu’il allait bientôt pouvoir composer une marche funèbre définitive pour pleurer la mort d’Helena drôle, amusante et délurée qu’il appréciait vraiment. Et qu’il cherchait en vain depuis quoi… six ans ? Sept ? Huit ? Oui, voilà, bien huit ans et il se demandait même si ces huit années ne devaient pas se transformer en décennie à ce rythme-là. Au détail près qu’elle… Qu’elle répliqua enfin, alors que les premières notes des funérailles de la reine Mary résonnaient déjà dans son esprit : ‹‹ Tu pourrais arrêter d’affirmer des choses au petit bonheur la chance ? Tu commences à me ficher un mal de crâne. ›› Calixte avala une nouvelle gorgée, lui offrit son regard le plus innocent : Quoi, faut bien que je tente, non ? Il fallait bien qu’il parle – c’était le meilleur moyen pour se détendre – et il fallait bien aussi qu’il lance un peu partout des perches pour qu’elle finisse par en saisir au moins une. Elle n’était tout de même pas un cas désespéré à ce point, non ? ‹‹ T’es pire qu’un shot de vodka tu sais ça ? ›› Calixte haussa les épaules, entendit dans le mot shot une invitation à finir son verre cul-sec, argumenta en retour ce qui lui semblait l’évidence même : Tu sais que pour moi, c’est un compliment qui tranchait avec sa mauvaise humeur un peu plus tôt : l’alcool faisait des miracles chez lui, et la sobriété maintenue jusque-là pour des besoins d’éloquence et de propagande commençait à lentement laisser la place à une ivresse rassurante, joyeuse, détendue et surtout décontractée, pour mieux l’aveugler et ne pas lui faire voir la nuit bien tombée, bien établie, qu’il allait forcément devoir affronter à un moment où à un autre. Et puis, il avait une déception à noyer, et de surcroît, il devait… ‹‹Et bien sûr que j’aime danser ! J’ai toujours aimé ça et je ne vois pas pourquoi j’aurais arrêté, ça ne m’a jamais fait de mal. ››

Calixte écarquilla les yeux. Alléluia ! Misericordiae Dei Patris, Helena Marjory Percy a encore un soupçon de fun en elle, je n’y croyais plus ! Sans lui demander son avis, il la tira vers la piste de danse, se creusant un passage en commençant à bouger au rythme de la musique, traînant Helena derrière lui, un sourire aux lèvres. Tu n’es donc pas perdue pour l’humanité ? Montre moi ce que tu sais encore faire, tiens… La musique bascula sur un air entraînant, sur un air qui ne faisait qu’inviter à danser le rock. Ce que Calixte savait bien faire. Ce qu’Helena devait savoir encore faire. Parce que danser le rock, c’était comme faire du vélo, ça ne s’oubliait pas et qu’ils avaient bien deux voire trois minutes devant eux pour retrouver l’ancienne complicité qui les avait jadis liés. Calixte lui tendit une main taquine, dans un sourire charmeur. Et un regard chargé de sous-entendu : allez, Helena, tu ne peux pas refuser, parce que si tu refuses, je t’en voudrais. Beaucoup. Enormément. Et on savait à quel point Calixte pouvait s’avérer rancunier, si Helena refusait, elle risquait non seulement de devoir lui refaire un cocktail comme le précédent – voire plus corsé encore – mais en plus de subir sa mauvaise humeur d’enfant capricieux, ses cris et sa colère, ainsi qu’une déception infinie exacerbée par l’humeur morose que l’alcool savait faire naître chez lui, tout comme il savait le rendre léger et souriant. Comme à cet instant. T’as tout de même pas oublié comment on faisait ?

 
 by marelle  
avatar
Messages : 933
Date d'inscription : 15/12/2017
Crédits : (avatar) inconnu.
Métier : analyste financier ; altiste
Voir le profil de l'utilisateur

Revenir en haut Aller en bas

Re: (hel&cal) Return of the Mack, get up! What it is, what it does, what it is, what it isn’t ?

 par Helena M. Percy le Mar 17 Avr - 22:18


♛ Calixte & Helena
you again. pissing me off. bringing me down.

▼▲▼


Helena se retrouva soulagée devant le fait qu’il avait l’air de la croire quand elle disait ne pas le détester. Se souvenait il qu’elle ne savait pas mentir ? Savait il que c’était toujours le cas ? Sûrement pas, mais c’était chose facilement vérifiable... Elle fut satisfaite aussi qu’il ne repousse pas le verre qu’elle lui avait tendu. Il semblait même ne pas le trouver dégoûtant. Tout du moins ne l’avait il pas encore recraché. Dans tous les cas, Helena se sentait maintenant bien plus apaisée. Comme s’il était possible d’imaginer une trêve dans la querelle qu’elle avait elle même entamée... 
Même après la remarque de la jeune femme pour calmer un peu les propos de Calixte, le ton de la conversation semblait rester plus léger. 

‹‹ Quoi, faut bien que je tente, non ? ››

Tenter de recoller les morceaux, la jeune femme voulait bien. Tenter de l’entraîner à nouveau dans sa chute, même malgré lui, elle ne pouvait pas le risquer. Et en même temps, retrouver même un semblant de complicité était bien agréable. 

‹‹ Tu sais que pour moi, c’est un compliment. ››

Bien sûr qu’elle le savait. La belle blonde lui offrit un petit sourire et continua sur sa lancée, incapable qu’elle était parfois de se taire au moment opportun. Alors elle avoua qu’elle aimait toujours danser et c’est quand elle vit l’expression sur le visage de Calixte changer qu’Helena sut à quel moment elle aurait dû arrêter de parler, qu’elle aurait dû laisser planer le mystère, le suspense ou le mensonge sur son desamour de la danse. Mais c’était trop tard, au fond des yeux du jeune Seymour brillait déjà une détermination que la belle blonde savait plus forte que sa capacité à résister. Elle s’était laissé avoir comme une débutante, tombant dans le panneau sans même qu’on fasse vraiment beaucoup d’efforts pour l’y inviter ! 

‹‹ Alléluia ! Misericordiae Dei Patris, Helena Marjory Percy a encore un soupçon de fun en elle, je n’y croyais plus ! ››

En l’entendant parler en latin, suivi de son nom complet, Hel leva les yeux, moins sincèrement exaspérée que ce qu’elle aurait voulu. Ah ouais on en est là quand même... La suite était toute tracée et la jeune Percy savait exactement ce que son ancien ami allait faire. Après tout elle venait de lui offrir une danse sur un plateau d’argent, ce n’était certainement pas Calixte qui allait manquer l’occasion ! 
En quelques instants, le jeune homme avait tiré une Helena quelque peu réticente sur la piste, il n’empêchait qu’elle l’avait tout de même suivit. Elle avait fait la moitié du chemin. Elle pouvait toujours partir. 

 ‹‹ Tu n’es donc pas perdue pour l’humanité ? Montre moi ce que tu sais encore faire, tiens… ››

La musique se changea en un rock connu qu’Helena adorait, avec le timing parfait digne d’un film. Craquer n’en était que plus tentant. Mais si ça commençait par ça, puis retoucher à un verre, puis sombrer à nouveau ? La jeune Percy connaissait la force de persuasion du benjamin des Seymour. Elle connaissait l’effet que son enthousiasme contagieux avait sur elle. La belle blonde ne pouvait pas se permettre de risquer tout ce qu’elle avait reconstruit. Et elle n’avait pas non plus envie que les potins endiablées sur une liaison entre elle et Calixte reprennent. Que des raisons dissuasives, la seule bonne chose à faire était de s’en aller, au détriment de la bonne humeur de son ancien ami. Ça creuserait le fossé plus encore. Ça le décevrait sûrement beaucoup, mais c’était ce qu’il y avait de mieux à faire pour elle, et lui s’en remettrait. 

‹‹ T’as tout de même pas oublié comment on faisait ? ››

Les yeux d’Helena qui, un instant plus tôt, cherchaient encore une issue, se tournèrent soudain vers Calixte et sa main tendue. 
La jeune femme était piquée à vif dans son adoration des challenges à relever, dans sa fierté même qui pourtant n’était pas disproportionnée. Mais elle adorait danser, elle avait toujours aimer ça et Hel ne pouvait pas supporter l’idée qu’il puisse croire qu’elle en avait oublié un seul pas. 

‹‹ C’est un défi, ça, M Seymour ?  ››

Elle prononça, dans un air de provocation amuseé avant de saisir sa main et de se laisser emporter par le rythme. 
C’était enivrant, autant que l’était pour elle ses longues courses à pied, autant que l’avaient été l’alcool et la drogue à une époque révolue... Mais cette fois ci c’était sain, c’était juste, elle ne faisait que s’amuser. S’amuser avec un ancien ami avec qui elle n’avait pas prit autant de plaisir d’être dans une même pièce depuis plus de huit ans. 
Alors Helena se laissa aller, suivant son cavalier et la cadence affolée de la musique, oubliant les autres, oubliant le passé et ce qui pourrait arriver, se laissant, comme elle le faisait avec l’art, totalement absorber par le moment.
Les minutes s'égrainèrent et la jeune femme, entrainée par l'euphorie du moment ne s'arrêta qu'après une seconde chanson pas moins passionnée. Les joues en feu, le souffle court, Hel se rendit soudain compte du nombre de paires d'yeux qui étaient posés sur eux deux. Pour ne pas attirer l'attention, c'était bien joué !

‹‹ Il faut que j'ailles boire quelque chose. ››

La jeune femme intima au jeune Seymour avant de s'extirper de la piste de danse, le spectacle était terminé et maintenant, Helena comptait bien de nouveau se faire oublier.
Se rapprochant des bouteilles, elle en choisit une de jus d'orange encore fermée pour s'en servir un verre, avant de se retourner vers Calixte, le souffle déjà un peu plus régulier.

‹‹ Tu es toujours un excellent danseur en tout cas.  ››

CODAGE PAR AMATIS

avatar
Age : 23
Messages : 616
Date d'inscription : 14/01/2018
Crédits : CrazyDiva
Métier : Designer Graphique
Voir le profil de l'utilisateur

Revenir en haut Aller en bas

Re: (hel&cal) Return of the Mack, get up! What it is, what it does, what it is, what it isn’t ?

 par H. Calixte Seymour le Mar 1 Mai - 22:08

 
   
Return of the Mack, get up! What it is, what it does, what it is, what it isn’t ?
   helena & calixte
 
 
 
Dans l’entourage direct de Calixte, il y avait sa famille, avec la relation pour le moins particulière qu’il entretenait avec Maman, avec Papa, avec Alice et Edward. Il y avait également ses amis proches, son meilleur ami, Cyrus, inébranlable avec les années, tenu à distance des Veilleurs mais toujours aussi fidèles, toujours aussi constants. Et il y avait les autres : tous ces autres, ces amis et ces connaissances, qui tournaient et tournoyaient autour de Calixte, qui étaient en orbite autour de son centre de gravité. Certains par intérêt, d’autres par curiosité, d’autres par simple amitié, mais ces amitiés de surface qui étaient si faciles à forger lorsqu’on parlait d’un homme aussi sociable que pouvait l’être Calixte, mais qui étaient également plus que périssables. Et en marge de tout ce système héliocentrique, Calixte s’octroyant la place du Soleil avec l’humilité qu’on lui connaissait, il y avait des personnes comme Helena. Jadis aussi proche que Cyrus, aujourd’hui… aujourd’hui, Helena s’était transformée en OVNI. Elle ne suivait pas l’ellipse attendue, elle ne suivait pas l’orbite attendue, elle était imprévisible. Elle avait été imprévisible quand elle était partie, comme ça. Le rejetant, l’ignorant, l’écartant de sa vie. Elle l’était tout autant maintenant, avec son inquiétude, avec ses sourires, avec cette réconciliation timide qu’elle lui proposait. Parce que c’était ça, non, la véritable signification du cocktail préparé ? Parce que ce n’était ça, non, la véritable signification de ce je ne te déteste pas qu’elle venait de lui dire ? Calixte hésita à la croire, ne put que la croire et continua de boire son verre, avant d’en regarder à nouveau les strates qui oscillaient à son invitation et qu’il rechignait, un peu, à briser.

Helena, ça avait été l’une de ses meilleurs amis, un de ses soutiens, puis tout s’était effondré à vingt-et-un ans et il n’avait jamais vraiment réussi à remettre la main sur elle jusqu’à aujourd’hui. Honnêtement, il restait sceptique, Calixte. Parce qu’après tout, ce n’était pas comme si les mondanités offertes lui plaisaient autant qu’à lui, ce n’était pas comme si elle était venue dans le seul but de terminer la soirée à se demander si son prénom s’épelait avec un ou trois w - et oui, Calixte savait très bien qu’il n’y avait aucun w dans h.e.l.e.n.a, c’était pour l’exemple. Ce n’était pas comme elle n’avait aucune raison tangible de venir ici, si on en croyait ses nouvelles convictions. Alors qu’est-ce qu’elle faisait là ? Est-ce qu’elle dansait, au moins ? La question, la provocation plutôt, de Calixte, sortit de nulle part mais il ne la regretta pas un seul instant. Son regard attendait une réponse, espérait une réponse. Il ne pouvait quand même pas la connaître aussi peu, même si ça faisait plus de huit ans qu’ils n’avaient pas partagé une vraie discussion ? Il ne pouvait pas ne rien rester de l’Helena avec qui il avait fini plus d’une paire de fois au poste de police, avec qui il avait organisé des soirées mémorables, avec qui il avait – une fois, juste une fois – couru dans la rue en caleçon à l’occasion d’un pari (Calixte ne se souvenait d’ailleurs plus vraiment des termes du pari, ni même de la tenue d’Helena cette fois-là, mais le fait était qu’il se souvenait à merveille de la gifle de Papa qui avait suivi tout ça). Helena ne pouvait pas avoir autant changé. Alors oui, il comptait bien continuer à balancer des affirmations au hasard en espérant tomber sur une constante. Il fallait bien qu’il tente, non ? Qu’il cherche ? Ce n’était pas un grand optimiste, Calixte, mais il avait quand même de bonnes bases dans le domaine. Surtout lorsqu’il avait déjà quelques verres dans son organisme, surtout lorsque l’alcool commençait enfin à faire des miracles en matière d’éloquence. Être pire qu’un shot de vodka, n’en déplaise à Helena, c’était un compliment : et elle le savait, la bougresse, parce qu’elle lui sourit en réponse. Avant d’enfin, enfin, enfin, répondre à la provocation de Calixte.

Et éveilla chez le Seymour un soulagement qui n’avait d’égal qu’en la satisfaction d’avoir trouvé un terrain sur lequel ils pouvaient évoluer tous les deux sans trop de risque. Le latin se fit péteux, le sourire se fit simple, et il la tira sans plus tarder vers la piste de danse, parce qu’affirmer qu’elle aimait toujours danser, c’était accepter une invitation à danser, ni plus ni moins. Et il était heureux, vraiment heureux, Calixte, à cet instant. De ce genre de bonheur grapillé dans ce genre de soirée, et sans aide extérieure, de ces aides qu’il prenait encore, parfois, exceptionnellement. Un pétard par ci, autre chose par là… D’un bonheur un peu moins artificiel : il aimait danser, vraiment. Et plus encore avec une amie. La musique changea, il lui attrapa la main, s’imposa en guide, parce que c’était à lui de mener la danse. ‹‹ C’est un défi, ça, M Seymour ?  ››  Il partit dans un éclat de rire, en répondant un Toujours avec moi, miss Percy qui se fit aspirer par la danse. Tempo rapide, souplesse, grâce et élégance, il alla sans dire qu’ils retrouvèrent rapidement leurs marques : et bientôt, Calixte oublia les autres, se contenta d’échanger des regards complices avec Helena, tout en ayant conscience qu’ils se faisaient remarquer. Vraiment. Parce que Calixte, parce qu’Helena, parce que dans ce genre de milieux, les rumeurs allaient bon train et que ce n’était pas un Cyrus amusé qui allait les faire taire, parce qu’ils n’étaient pas du genre à se faire discret, parce que dans de grands mouvements, techniques et sans fautes, ils s’étaient creusés un trou sur la piste de danse, l’avaient élargi au fur et à mesure pour y trôner en reine et roi. Et la musique s’arrêta bien trop vite au goût de Calixte, et tarda bien trop également à reprendre : cette fois-ci, il ne parvint pas à retenir Helena. ‹‹ Il faut que j'ailles boire quelque chose. ›› Attends ! Trop tard, Calixte pesta dans sa barbe, repoussa une proposition de danse et tenta de se frayer un passage vers Helena qu’il retrouva un verre de jus d’orange à la main.

Du jus d’orange. Vraiment. C’était une honte, une honte qu’il considéra dans un soupir navré mais sans faire le moindre commentaire : il s’agissait de ménager la trêve, après tout. Il se servit un verre dans un tout autre mélange, hésita à y rajouter d’autres goûts, se souvint qu’il n’avait pas la dextérité d’Helena dans ce domaine, se contenta du liquide orange et inoffensif. ‹‹ Tu es toujours un excellent danseur en tout cas.  ›› Adossé à la table, verre en main, il le leva comme pour trinquer avec du jus d’orange – du jus d’orange, sérieusement ? – et fermer les yeux sur toutes les règles élémentaires du savoir vivre. Il pouvait bien faire ça : elle venait de lui faire un autre compliment. C’est la partenaire qui fait tout, c’est pour ça rétorqua-t-il, malicieusement, avant de porter le verre à ses lèvres. Mais merci. Ça me fait vraiment plaisir, tu sais ? Et… oh, merde, c’est juste du jus de mange… Non c’était un mensonge, c’était un sacré mélange vodka-mangue, une sacrée horreur également, mais il fallait bien sacrifier un peu son palais et son honnêteté pour une expérience, c’était pour le bien de la science. Il le lui tendit, dans un air dégoûté et déçu, voire navré Tiens, je te l’offre, je ne suis pas venu ici pour boire du soft. La bouteille n’avait pas d’étiquette, elle ne pouvait pas se douter de la réelle nature du verre. Et Calixte avait vraiment envie qu’elle cesse de faire sa mijaurée, parce qu’il comptait bien redanser avec elle, il comptait bien qu’elle apprécie la soirée. Et il comptait aussi profiter de cette trêve pour… pour quoi ? La piétiner en la prenant en traître ?

Ce n’était pas une bonne idée. Mais on ne pouvait pas demander à Calixte d’avoir des bonnes idées à cette heure avancée. Il se servit un grand verre d’un alcool quelconque, qu’il mélangea à un autre alcool quelconque, un vrai de vrai celui-là. Pour grimacer devant son contenu. Tu es bien meilleure que moi pour les cocktails en tout cas.

 
 by marelle  
avatar
Messages : 933
Date d'inscription : 15/12/2017
Crédits : (avatar) inconnu.
Métier : analyste financier ; altiste
Voir le profil de l'utilisateur

Revenir en haut Aller en bas

Re: (hel&cal) Return of the Mack, get up! What it is, what it does, what it is, what it isn’t ?

 par Helena M. Percy le Mer 2 Mai - 21:07


♛ Calixte & Helena
you again. pissing me off. bringing me down.

▼▲▼


A les voir danser ainsi, dans une complicité que peu de gens savaient atteindre, il n’était pas étonnant que la presse les ait vus mariés plus d’une fois. Mais ce n’était jamais arrivé, malgré tous ceux qui avaient activement œuvré dans ce sens. Et ça n’arriverait jamais, quand bien même certains continuaient à soutenir l’idée. 
C’était un défi d'accepter de danser avec lui, il le lui avait dit, et Helena avait accepté, parce que malgré le fait qu’elle ne savait pas s’illusionner avec des idées comme « peut être qu’il est devenu plus mature », « peut être qu’il est devenu plus sage », son ancien ami lui manquait. Il lui manquait terriblement et leur complicité ravivée le lui rappela plus durement encore. C’était pour ça qu’elle risquait de remettre sur le tapis de vieilles histoires poussiéreuses que les journalistes allaient certainement s’empresser de déterrer. C’était pour ça qu’elle risquait jusqu’à sa sécurité chérie. Mais ça valait le coup. Leurs pas parfaitement synchronisés, le sentiment de bonheur, de liberté du moment, ça valait de prendre des risques. Ça valait un écart. 
Puis la musique cessa pour un rythme plus électro et Helena, après avoir prit congé, s’enfuit de la piste. A bout de souffle mais ravie, elle s’appuya à une table, son verre de jus d’orange en main, complimentant Calixte qui était venu la rejoindre. 

‹‹ C’est la partenaire qui fait tout, c’est pour ça. ››

La belle blonde sourit, sachant pertinemment que la charmant brun n’avait jamais été insensible aux compliments.
Ça lui rappelait des souvenirs, tellement de bons souvenirs, à l’époque où sa descente en Enfer n’en était qu’à ses débuts. A l’époque où elle se tuait à petit feu dans des soirées animées et pas dans des entrepôts lugubres à grand renforts de moyens mortels. Au début, c’étaient des nuits entières que le jeune Seymour et elle passaient à danser, battant à plate couture tous ceux qui tentaient éventuellement de se mesurer à eux. C’était Calixte qui avait apprit à la jeune Percy à danser aussi bien, à force de soirées arrosées et de répétitions (pas moins arrosées) dans la chambre de l’un ou de l’autre... C'était une belle époque.C'était il y avait de ça si longtemps...

‹‹ Mais merci. Ça me fait vraiment plaisir, tu sais ? Et… oh, merde, c’est juste du jus de mange… Tiens, je te l’offre, je ne suis pas venu ici pour boire du soft. ››

Pouffant de rire devant l’expression dégoûtée de son ancien ami, Helena libera sa main pour prendre le verre qu’il lui tendait après avoir vidé le sien. 

‹‹ Tu n’as pas changé... ››

Elle dit, peut être un peu plus pour elle même que pour lui. Ne sachant même pas à quel point elle disait vrai. Lançant un regard circulaire à la salle, la jeune femme croisa quelques paires d’yeux curieuses qui attendaient avidement la suite logique à une danser pareille. Ils seraient déçus. Ils l’étaient à chaque fois. 

‹‹ Tu es bien meilleure que moi pour les cocktails en tout cas. ››

Terminant son tour de salle, Helena lança un regard malicieux à son ancien ami, se redressant doucement pour lui faire face, un petit air de supériorité faussement installé sur ses traits.

‹‹ J’ai toujours été meilleure que toi pour les cocktails. ››

Mais peut-être n'était-ce pas si faux que ça... Puis elle porta le verre à ses lèvres. 

Peut être que si la jeune Percy avait eu une mémoire moins défaillante, elle n’y aurait même pas touché. Peut être qu’elle aurait juste reposé le verre que lui avait tendu Calixte et aurait fini par partir à cause de l’heure avancée et tout se serait passé à merveille. Mais parce que son esprit choisissait bien ce qu’il voulait, la belle blonde prit une gorgée en s’attendant au goût de l’orange. Au moment où Hel remarqua que le goût n’était pas celui qu’il aurait dû être, quand elle sentit l’alcool descendre dans sa gorge et qu’elle croisa le regard de Calixte, son sang ne fit qu’un tour. C’était lui qui lui avait donné l'alcool. Elle ne savait plus quand ni comment, mais c’était lui et l’air sur son visage n’aurait su l’innocenter. Alors dans un réflexe de colère qui ne ressemblait pas beaucoup à Helena, elle leva son verre dans un mouvement rapide, vidant tout le contenu au visage du brun. 

‹‹ Tu ne comprends rien du tout ! ››

Elle tenta de ne pas hurler, mais c’était peine perdue. S'ils ne faisaient pas la une des journaux de Killingworth, c’était que le monde ne tournait plus rond. 

‹‹ T'es vraiment le dernier des abrutis, Calixte. Je ne veux plus te revoir ! ››

Dans un grognement plus silencieux, pour qu'il soit le seul à l'entendre. Avant même qu'il n'ait le temps de répliqué, blessée et déçue, la jeune femme quitta la soirée à grands pas et sans plus se retourner.
CODAGE PAR AMATIS

avatar
Age : 23
Messages : 616
Date d'inscription : 14/01/2018
Crédits : CrazyDiva
Métier : Designer Graphique
Voir le profil de l'utilisateur

Revenir en haut Aller en bas

Re: (hel&cal) Return of the Mack, get up! What it is, what it does, what it is, what it isn’t ?

 par Contenu sponsorisé

Contenu sponsorisé

Revenir en haut Aller en bas

Revenir en haut

- Sujets similaires

 
Permission de ce forum:
Vous ne pouvez pas répondre aux sujets dans ce forum